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Les combattants de la Guerre 1914-1918

 

Huit millions de mobilisés, près de 1,4 million de morts, 4,2 millions de blessés, 500 000 prisonniers de guerre, la gestion de cet effort humain sans précédent a produit des masses d’archives.

 

Le centenaire de la Première Guerre mondiale a été l’occasion de mettre en valeur et aussi de rendre accessible par la numérisation des fonds d’archives aujourd’hui dispersés entre de nombreux dépôts : Archives départementales, sites du Service historique de la Défense ou Archives nationales.

 

Cette fiche a pour objectif de proposer des orientations concises à qui souhaite documenter toutes les étapes d’un parcours de combattant. Pour une vision d’ensemble des sources archivistiques de la Première Guerre mondiale, voir :

  • NIVET Philippe, COUTANT-DAYDE Coraline, STOLL Mathieu (dir.), Archives de la Grande Guerre. Des sources pour l’histoire, Rennes, PUR/Archives de France, 2014 ;
  • Archives de la Grande Guerre. Guide des sources conservées par le Service historique de la Défense relatives à la Première Guerre mondiale, SHD, 2014.

Sommaire

 

1. Les mobilisés

    • 1.1 Les officiers

    • 1.2 Les soldats et sous-officiers

    • 1.3 L’aéronautique

    • 1.4 Les journaux des unités

 

2. Les pertes

    • 2.1 Les Morts pour la France

    • 2.2 Les autres morts

    • 2.3 Les fusillés

    • 2.4 Les sépultures de guerre

    • 2.5 Les blessés et malades

    • 2.6 Les prisonniers de guerre

 

3. Les décorations

    • 3.1 L’ordre de la Légion d’honneur

    • 3.2 Les décorations militaires

    • 3.3 Les médailles commémoratives et honorifiques

 

4. Les anciens combattants

    • 4.1 Les pensions

    • 4.2 La carte du combattant

 

1. Les mobilisés

1.1 Les officiers

 

Le Service historique de la Défense à Vincennes conserve les dossiers individuels de carrière (sous-série Ye) et de pension (sous-série Yf) des officiers d’active et de réserve, ainsi que des registres de contrôle collectifs d’officiers par unité (sous-série 34 Yb).

 

1.2 Les soldats et sous-officiers

 

1.2.1 Les registres matricules

 

Les tableaux de recensement, registres matricules et dossiers individuels des appelés et engagés, hommes du rang et sous-officiers, sont conservés aux Archives départementales dans la série R. Cette série contient également d'autres documents qui peuvent apporter un complément : demandes de dispense et secours, de congé ou libération, listes de décès dans les hôpitaux militaires, listes de réfractaires, insoumis et déserteurs.

 

Le registre matricule est le document essentiel : il retrace le parcours militaire de chaque soldat. On y retrouve les informations figurant sur le livret militaire souvent conservé dans les familles.

 

Dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre, les Archives départementales ont entrepris la numérisation et la mise en ligne des registres matricules militaires des classes 1887 à 1921 ayant participé au conflit. Le Grand Mémorial permet d'accéder à ces registres matricules et au fichier des Morts pour la France du Ministère de la Défense, réunis dans une base nationale. Une carte régulièrement mise à jour sur le site, indique l'état de la numérisation et de l'indexation dans les départements. En 2021 sont associés dans le projet :

  • 91 services d’Archives départementales ;
  • les Archives nationales d’outre-mer (ANOM) avec les registres matricules des citoyens français établis en Algérie et dans les colonies ;
  • les Archives diplomatiques avec les registres matricules des citoyens français établis dans les territoires sous protectorat français, Tunisie et Maroc. [Actuellement, seules les données d’indexation sont disponibles sur Internet ; les registres sont quant à eux consultables sous leur forme numérisée dans les deux salles de lecture des Archives diplomatiques (La Courneuve et Nantes)]

1.2.2 Cas particuliers

 

Les archives relatives aux soldats originaires des colonies et protectorats ne disposant pas du statut de citoyen français (tirailleurs sénégalais, nord africains et indochinois, spahis…) sont conservées au Service historique de la Défense, Centre des archives du personnel militaire (CAPM) à Pau.

 

Les archives de l’Inscription maritime (série P) et les registres matricules du personnel militaire de la Marine nationale (série M) sont conservés dans les sites du Service historique de la Défense à Brest, Cherbourg, Lorient, Rochefort et Toulon.

 

1.3 Les combattants de l'aéronautique

 

La base de données des personnels de l'aéronautique militaire au cours de la Grande Guerre est en ligne sur le site Mémoire des hommes. Elle résulte de la numérisation et l’indexation d'un fichier conservé par le Service historique de la Défense à Vincennes qui comprend plus de 74 000 fiches de personnes ayant appartenu à l'aéronautique militaire au cours de la Grande Guerre, qu'il s'agisse du personnel navigant (pilotes, observateurs, mécaniciens de bord, mitrailleurs) ou du personnel au sol (mécaniciens, météorologues, techniciens photographes, voiliers, charpentiers et tout le personnel d'intendance).

 

1.4 Les journaux des unités engagées dans la Première Guerre mondiale

 

Les journaux des marches et opérations (JMO), carnets de comptabilité en campagne et journaux de bord et de navigation de toutes les unités militaires conservés au Service historique de la Défense à Vincennes, sont en ligne sur le site Mémoire des hommes. Ils permettent de reconstituer la vie au jour le jour des combattants.

 

2. Les pertes

 

2.1 Les Morts pour la France

 

La mention « Mort pour la France » a été instaurée pour les militaires par la loi du 2 juillet 1915 avec effet rétroactif pour le début de la guerre. C’est une mention honorifique posthume ajoutée à l'état civil d'une personne pour récompenser son sacrifice au service de la France. Elle est accordée aux militaires des armées tués à l'ennemi ou morts de blessures de guerre ou aux militaires décédés de maladie ou lors d'un accident survenu en service entre le 2 août 1914 et le 24 octobre 1919.

 

2.1.1 La base de données des Morts pour la France

 

Une recherche sur un combattant décédé au cours du premier conflit mondial doit obligatoirement commencer par la consultation sur Internet de la base de données des Morts pour la France sur les sites Mémoire des hommes ou Grand Mémorial. Cette base qui présente près de 1,4 million de militaires décédés au cours de la Grande Guerre, est le résultat de la fusion du fichier des Morts pour la France, du fichier des marins Morts pour la France établi à l’origine à part et des fiches des soldats n’ayant pas obtenu la mention « Mort pour la France » (infra 2.2).

Elle a été constituée par la numérisation et l'indexation des fiches élaborées au lendemain de la Première Guerre mondiale par le ministère des Pensions et aujourd’hui conservées par le Service historique de la Défense, Division des victimes des conflits contemporains (DAVCC) à Caen.

Les fiches comportent les informations suivantes : nom, prénoms, lieux et dates de naissance et de décès, grade, corps, recrutement, matricules au corps et au recrutement, circonstances du décès, lieu et date de transcription de l'acte de décès. Le dernier champ de la fiche : « N° du registre d’état civil » renvoie – quand il est rempli – à l’acte de décès conservé aux Archives nationales (infra 2.1.3).

Les Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine conservent le microfilm du fichier des Morts pour la France sous les cotes 323MI/1 à 323MI/339. Cependant la base des Morts pour la France reproduisant exactement les mêmes fiches que celles du microfilm, le lecteur n'aura en principe pas besoin de recourir à ce dernier.

Le Service historique de la Défense à Caen conserve par ailleurs plus de 25 000 dossiers de militaires réformés, décédés après la guerre, pour lesquels la famille a demandé la mention « Mort pour la France » (sous-série 36 N).

 

2.1.2 Le Livre d’or des Morts pour la France

 

Les listes nominatives de soldats Morts pour la France classées par départements, communes et pays pour l'étranger, composant le Livre d'or de la Première Guerre mondiale, un projet pour honorer les combattants voté en 1919, sont conservées aux Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine sous les cotes 19860711/1 à 19860711/594.

Le Livre d'or a été numérisé et les images sont disponibles en ligne dans la salle des inventaires virtuelle sur le site Internet des Archives nationales ; saisir dans le champ de recherche : « morts pour la France » suivi du nom du département ou de la commune recherchés. Une carte interactive permet également d’accéder aux listes communales en cliquant sur le département recherché.

Pour plus de détails, voir la fiche d’aide à la recherche : Les livres d'or des Morts pour la France de la Première Guerre mondiale.

 

2.1.3 Les registres d'état civil des unités

 

Les registres d’état civil des régiments, ambulances et hôpitaux militaires contenant les actes de décès qui ont été constatés dans les unités, sont conservés aux Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine sous les cotes 19860726/1 à 404 et 19860727/1 à 666.

Pour plus de détails, voir la fiche d’aide à la recherche : Les registres d'état civil des régiments de la Guerre 1914-1918.

 

2.2 Les autres morts

 

Les morts n'ayant pas eu droit à la mention « Mort pour la France » (mention refusée, cas non tranchés) sont également recensés dans un fichier conservé au Service historique de la Défense à Caen dont les Archives nationales détiennent le microfilm sous les cotes 324MI/1 à 324MI/28. Ces 95 000 fiches ont été intégrées dans la base de données des Morts pour la France de la Première Guerre mondiale en ligne sur le site Mémoire des hommes (supra 2.1.1).

 

2.3 Les fusillés

 

Une base de données sur le site Mémoire des hommes recense 1009 fusillés militaires et civils en application d'une décision de la justice militaire ou exécutés sommairement durant la Première Guerre mondiale.

Pour tous les militaires traduits devant des juridictions militaires pendant le conflit, il convient de s’adresser au Service historique de la Défense à Vincennes qui conserve dossiers de procédure et jugements (série J).

 

2.4 Les sépultures de guerre

 

Une base de données concernant les sépultures de guerre de 660 000 soldats morts durant le conflit et enterrés dans les nécropoles nationales, les carrés militaires communaux et les cimetières militaires à l'étranger entretenus par le ministère des Armées, peut être interrogée sur le site Mémoire des hommes.

Après la guerre, de nombreuses familles ont souhaité récupérer les corps pour les inhumer dans les sépultures familiales. Les archives concernant ces transferts sont à rechercher dans les services d’Archives départementales ou communales.

 

2.5 Les blessés et malades

 

Un fonds d'archives important concernant les militaires blessés ou malades, leur évacuation du front, leur convalescence, leur éventuelle réforme, ainsi que le fonctionnement des hôpitaux et ambulances est conservé par le Service des archives médicales et hospitalières des armées (SAMHA) à Limoges.

Il existe un guide exhaustif sur la question : Sandrine HEISER, Retrouver un ancêtre blessé en 1914-1918, Archives & Culture, 2017.

 

2.6 Les prisonniers de guerre

 

Les sources nominatives sur les prisonniers de guerre sont peu abondantes : voir le guide d’Alain ALEXANDRA, Retrouver un prisonnier de guerre XVIIIe–XXe siècles, Archives & Culture, 2021, p. 27-48. Le fonds le plus complet est constitué par les archives de l’Agence internationale des prisonniers de guerre du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) concernant les prisonniers militaires et civils de tous les belligérants, en ligne depuis 2014 : https://grandeguerre.icrc.org/fr.

 

Deux ressources conservées aux Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine sont à signaler :

  • les fiches de contrôle du versement d’un pécule à environ 80 000 anciens prisonniers de guerre en ayant fait la demande en 1963. Ces fiches conservées dans le versement 19830438 ne donnent cependant aucune information sur le parcours militaire ou la captivité ;
  • des documents (listes, fiches et dossiers individuels) concernant des prisonniers de guerre alsaciens et mosellans incorporés dans l’armée allemande (1915-1920), cotes AJ/30/277 à AJ/30/295/2.

 

3. Les décorations

3.1 L’ordre de la Légion d’honneur

 

La Légion d'honneur fut attribuée aux civils comme aux militaires. La plupart des dossiers des légionnaires morts avant 1977 est conservée aux Archives nationales ; ils ont été numérisés et sont consultable en ligne sur la base de données Léonore.

Pour les légionnaires décédés après 1977, il convient de s'adresser à la Grande Chancellerie de la Légion d'honneur à Paris.

Voir les fiches d’aide à la recherche en ligne : L'ordre de la Légion d'honneur et Vous recherchez le dossier d'un membre de la Légion d'honneur ?

Il manque cependant de nombreux dossiers d'anciens combattants de la Première Guerre mondiale pour lesquels l'attribution de la Légion d'honneur semble avoir fait l'objet d'une procédure simplifiée, notamment à titre posthume.

Les Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine conservent des dossiers de propositions individuelles civils et militaires pour la période 1865-1930, mais très peu concernent la Première Guerre mondiale (LH//3185 à LH//3267). Il existe aussi une série de propositions individuelles et de lettres de candidature pour la Légion d’honneur et la Médaille militaire entre 1918 et 1925 (LH//3268 à LH//3270).

 

3.2 Les décorations militaires

 

En 1914 la France ne possède aucune distinction pour honorer de façon spécifique les actes de bravoure en temps de guerre. La Légion d'honneur (1802) et la Médaille militaire (1852) récompensant à la fois les actes de bravoure et les longs services, pouvaient par défaut remplir ce rôle. Devant le nombre croissant d’actes à récompenser, une loi d’avril 1915 institue la croix de guerre en faveur des combattants cités individuellement pour faits de guerre. Au 1er mars 1920, le ministère de la Guerre estimait à plus de deux millions le nombre de citations attribuées aux combattants des armées françaises et alliées.

Les citations sont en général mentionnées sur les registres matricules ; pour en obtenir le texte complet, il convient de s’adresser au Service historique de la Défense, Centre des archives du personnel militaire (CAPM) à Pau qui conserve le fichier des citations de 1914 à nos jours.

La Médaille militaire a été conférée à 950 000 sous-officiers et soldats, souvent à titre posthume ou à des soldats grièvement blessés. L'administration de la Médaille militaire est confiée à la Grande Chancellerie de la Légion d'Honneur qui conserve fichiers et décrets  mais tous les dossiers ouverts entre 1852 et 1957 ont disparu.

Les dossiers d’attribution de la médaille des évadés créée en 1926, sont conservés au Service historique de la Défense, Centre des archives du personnel militaire (CAPM) à Pau.

 

3.3 Les médailles commémoratives et honorifiques

 

Après la guerre, plusieurs médailles ont été créées pour commémorer la participation au conflit, la présence sur un théâtre d’opérations particulier ou pour honorer la qualité de combattant :

  • médaille commémorative française de la Grande Guerre (1920) ;
  • médaille de la Victoire ou Interalliée (1922) ;
  • médaille des Dardanelles (1926) ;
  • médaille d’Orient (1926) ;
  • croix du combattant (1930) ;
  • croix du combattant volontaire (1935).

Ces médailles concédées en très grand nombre sont en général inscrites sur le livret militaire ou simplement attachées à la possession de la carte du combattant pour les deux dernières ; elles sont parfois remises avec un diplôme, officiel ou non. Elles ne donnent pas lieu à la constitution d’un dossier de proposition et ne sont pas mentionnées sur le registre matricule.

 

 

4. Les anciens combattants

 

4.1 Les pensions

 

La loi du 31 mars 1919 reconnaît le droit à réparation pour les militaires affectés d’infirmités résultant de la guerre et aux veuves, orphelins et ascendants des morts pour la France. Le Service historique de la Défense, Division des victimes des conflits contemporains à Caen, conserve des fichiers et des dossiers de pension d’invalidité subsistant après des tris et éliminations sévères.

Le Service historique de la Défense à Vincennes conserve des dossiers de pension de soldats engagés volontaires dans les troupes coloniales et indigènes, dont une part importante concerne des combattants de la Grande Guerre (sous-série 13 Yf).

 

4.2 La carte du combattant

 

La carte du combattant, instituée par la loi de finances du 19 décembre 1926, était attribuée par l’Office national des anciens combattants (ONAC) aux anciens militaires ayant appartenu à une unité combattante pendant au moins 90 jours et qui en faisaient la demande.

Les dossiers nominatifs de demande contiennent différentes pièces nécessaires à l’obtention de la carte ou au versement de certaines prestations, ainsi que la carte périmée que le bénéficiaire devait restituer lors de chaque renouvellement.

Les dossiers étant réglementairement détruits lorsqu’ils n'ont plus d'utilité administrative, leur conservation dans les services d’Archives départementales, où ils sont versés par l’ONAC en série R ou W, est très inégale.

 

Les Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine conservent dans le versement 19900206 environ 20 000 dossiers individuels de carte du combattant d’anciens militaires de l’armée française originaires d’Afrique occidentale française (AOF), en grande majorité de la Première Guerre mondiale. Comme les dossiers métropolitains, leur intérêt est de comporter parfois une photo d’identité.

 

© Archives nationales, 2021. Fiche rédigée par Olivier Chosalland (septembre 2021).

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