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Inventaire - Cotes :

Fonds Pointard : listes alphabétiques des noms de personnes et de localités pour les dossiers de rentiers et de communautés religieuses (XIVe-XVIIIe siècle)

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Cotes
26AP/1-26AP/62
Date
XIVe-XVIIIe siècle
Localisation physique
Pierrefitte

Description

Présentation du contenu

PAPIERS POINTARD

Claude-Charles Pointard né à Paris le 10 mai 1745, fils d'un marchand de vin de la rue Sainte-Avoye, était avocat au Parlement et tenait un cabinet d'affaires, lorsqu'il épousa par contrat du 20 septembre 1775, Adélaïde Pulchérie Aulagnier, fille elle-même d'un homme d'affaires et receveur de rentes de la même rue Sainte-Avoye.

Le contrat de mariage portait association entre le beau-père et le gendre pour la fusion et la gérance commune de leurs deux cabinets. M. Aulagnier, ayant perdu sa femme à la fin de décembre 1780, céda à son gendre la totalité de ses affaires. Au mois de mai 1781, Pointard alla habiter rue Pavée au Marais, à l'hôtel Lamoignon, où il demeura jusqu'à sa mort. En l'an II (1794) il fut nommé juge de paix de la Section des Droits de l'homme (quartier du roi de Sivile), et il exerça en même temps les fonctions de trésorier de la même section. Il mourut le 29 fructidor an III (15 septembre 1795) ; son inventaire après décès fut fait le 3° jour complémentaire (19 septembre). Après sa mort, sa femme, qui avait été associée nominalement à ses affaires (car toutes les procurations données à Pointard comme homme d'affaires ou receveur de rentes le sont toujours aux deux époux), s'adjoignit pour les continuer ou peut être simplement pour les liquider ; un certain Louis-Joseph Laforêt, aussi homme d'affaires, établi rue Neuve des Petits-Champs, et chez lequel elle alla demeurer. Il y eut entre eux à cet égard association régulière, et c'est ce qui explique que, dans les papiers dont il va être parlé, il ne trouve quelques liasses relatives aux affaires personnelles du sieur Laforêt.

A une époque qu'il est impossible de préciser, peut-être au décès de Mme Pointard, qui semble n'avoir pas eu d'enfants, les papiers provenant du cabinet de son mari furent transportés dans un dépôt public. Il semble qu'ils sont arrivés aux Archives nationales en 1843, avec une masse de documents qui se trouvait dans les greniers de la mairie du VIII° arrondissement (place Royale ou des Vosges) et dont les fonds des Messageries et des Consignations formaient la plus grosse part. On ne peut cependant l'affirmer avec certitude ; aucun renseignement n'existe sur ce point dans les papiers très peu nombreux qui se rapportent au transfert aux Archives des documents déposés à cette mairie (carton AB vd 1). Le seul argument qu'on puisse faire valoir à cet égard, c'est que, dans les papiers de la mairie, il existait des documents relatifs à la liquidation des biens de divers établissements religieux parisiens et que ces documents ont été inventoriés sommairement en 1853 par l'archiviste Garnier comme faisant partie du fonds Pointard. Mais il y a lieu de distinguer - parmi ces papiers provenant des communautés et actuellement dans le fonds Pointard, - ceux des établissements dont Pointard était l'homme d'affaires (voir ci-après N° III) et qui à cause de cela pouvaient régulièrement se trouver dans son Cabinet, de ceux de communautés dont il n'avait pas à s'occuper, et c'est le plus grand nombre. Ne peut-on penser que ce sont ces derniers qui existaient à la mairie du VIII e arrondissement et que, en 1853, l'archiviste Garnier, les trouvant matériellement auprès des papiers de Pointard, les ait compris dans ce fonds, parce qu'il y rencontrait des documents de même nature qui, eux, provenaient certainement du cabinet de l'homme d'affaires ? C'est là une hypothèse qui peut être erronée, mais qu'on doit néanmoins poser. On peut ajouter que les papiers des communautés dont Pointardé était le procureur ne renferment pas de pièces postérieures à sa mort, tandis que les autres en contiennent des années IV à VIII. Il semble donc bien probable que ces derniers ont une toute autre origine.

Quoi qu'il en soit, d'une part de la manière dont les papiers de Pointard sont parvenus aux Archives, et, d'autre part, de l'origine, sans doute différente de quelques-uns des dossiers qui y sont compris actuellement, Garnier, en les classant en 1853 y établit trois divisions, qui ont été respectées : 1° Papiers personnels et de famille de Pointard ; - 2° - Dossiers des rentiers ; 3° - Dossiers relatifs à des établissements religieux. Il convient de donner quelques détails sur chacune de ces trois catégories.

Les fiches utilisées par Garnier sont conservées dans le dossier de fonds.

1° - Papiers personnels de Pointard.

En dehors de ses papiers de famille et de ceux de la famille de sa femme, il s'y trouve des documents d'ensemble relatifs à ses affaires (répertoires, listes etc..), des pièces se rapportant à l'association intervenue entre la veuve Pointard et M. Laforêt, et deux liasses de papiers personnels dudit Laforêt. Mais on y rencontre en outre une liasse de pièces de comptabilité relatives à la gestion de Pointard comme trésorier de la section des Droits de l'Homme ; c'est la seule chose de cette première partie qui présente quelque intérêt historique.

II° - Dossiers des rentiers.

Ces dossiers se rapportent aux individus de toutes catégories sociales dont Pointard percevait les rentes, gérait les affaires ou régla la succession. Ils sont classés par ordre alphabétique de titulaires. La plus grande partie sont très minces et ne contiennent que des bordereaux, des quittances et des lettres d'affaires sans intérêt ; parfois on y trouve les titres de rente et la procuration donnée à l'homme d'affaires, moins souvent des actes notariés, des actes d'état-civil, des titres de propriété etc..

Ces dernières espèces de documents se rencontrent particulièrement dans les dossiers de gérance et de succession. La plupart des titulaires de ces dossiers sont des gens tout à fait inconnus ; dans l'inventaire qui va suivre et qui comprend environ 1800 noms, on a toujours indiqué la qualité ou profession, et de domicile, quand cela a été possible. Certains de ces dossiers sont importants, soit par leur volume, soit par la qualité des titulaires. Citons entre autres : le maréchal prince de Beauvau, - la marquise de Bourdeilles, M. Cillart de Villeneuve, - le marquis d'Estampes, - les Fleury de Chambault (du Canada), - la maison de banque Girardot-Haller, - Huguet, dit Armand, concierge de la Comédie Française, - Mlle Clairon (Claire de Latude) la célèbre tragédienne (quelques quittances signées), - la veuve du poète Ecouchard-Lebrun, - la dame Lemoine, veuve d'un valet de garde-robe du roi, fils et petit-fils de valets de chambre du roi, dont les papiers sont joints aux siens, - Moras de Lavaud, commissaire d'artillerie,-Mme de Murat veuve d'un président au parlement de Dauphiné, - Nollent, notaire à Amiens et ses trois prédécesseurs, Pigasson, chirurgien à Sèvres, avec un curieux contrat d'apprentissage, - Ch. Régnier, bailli de Versailles et concierge des écuries de la reine, - l'avocat Rumel, assassiné avec sa femme et ses domestiques à Sermaise près Melun en Germinal an IV (Documents relatifs à la Manufacture role d'horlogerie de Paris), l'académicien Saint-Lambert (son dossier renferme quelques autographes de lui).- le président Tascher, intendant aux îles du Vent, de même famille que l'impératrice Joséphine, - le gènevois Thélusson, - l'académicien Thomas (plusieurs autographes) le sieur de Tornézy, fournisseur des armées de la République, - l'Abbé Trois, ministre ou directeur de l'hôpital du Saint-Esprit, à Paris (gros dossier de papiers de famille), - le maréchal de Vaux, - l'abbé de Voisenon, membre de l'académie française (sa succession, avec beaucoup de papiers de famille). - etc.. Tels sont les principaux de ces dossiers, mais on en pourrait trouver encore qui présenteraient quelque intérêt.

III° - Dossiers des Etablissements religieux

Ces dossiers sont classés par ordre alphabétique de localités. Il faut y distinguer trois espèces de documents qui qui semblent avoir des origines différentes.

1° - De simples quittances de remboursements de rentes constituées sur le clergé de France, remboursements effectués de 1772 à 1775. Ces quittances délivrées par les représentants d'établissements religieux de toutes les régions du royaume, sauf Paris (fabriques, chapitres, couvents, confréries, petites écoles, hôpitaux, etc.), sont données à M. (toujours en blanc). Il est possible que Pointard ait été chargé d'effectuer ces remboursements, mais rien ne l'indique, et il est possible que ces documents aient une toute autre origine que son Cabinet.

2° - Des dossiers plus importants relatifs à des communautés dont Pointard était l'homme d'affaires, particulièrement de Paris et de la région parisienne, par exemple : les couvents de la Congrégation Notre-Dame à Corbeil et à Compiègne, les Dames de l'Adoration perpétuelle, à Charonne, les Bénédictines de Conflans-Charenton, les Fabriques de Dampmart, Limours, Louveciennes etc.., les Ursulines de Mussy-l'Evêque, les Annonciades célestes à Saint-Denis (voir Carton M 711, documents analogues où Pointard figure) le couvent de Saint-Eutrope à Saint-Germain les Arpajon, etc, etc. et aussi l'hôtel Dieu Saint-Joseph à Montréal au Canada, - pour Paris même : les annonciades célestes, les Augustins déchaussés de la place des Victoires dits Petits-Pères, les Bénédictines de la rue Cassette (voir S. 4755), le couvent du Bon Pasteur (voir S.4646), les Dames du Calvaire rue de Vaugirard (voir S. 4649), les Dames de l'Enfant Jésus ou de Saint-Maur, l'Abbaye de Port-Royal et les Visitandines de la rue Saint-Antoine. Dans l'inventaire ci-après, on a toujours mentionné pour Paris les établissements représentés par Pointard, afin de les distinguer de la troisième catégorie, dont il va être parlé immédiatement).

3° - Des dossiers d'établissements religieux parisiens (fabriques de Paroisses et couvents), dossiers constitués au moment de la suppression de ces établissements (1792-93 et années suivantes) et relatifs à leur liquidation. Ces dossiers contiennent des déclarations de biens, revenus et charges établies en 1790, des inventaires de mobilier, linge, argenterie, ornements etc.. des procès-verbaux de vente ou d'envoi à la Monnaie desdits objets, des comptes de fabriques pour les années voisines de la Révolution, auxquels sont joints des titres de propriété, constitutions de rentes, baux etc.. Ainsi qu'on l'a dit plus haut, aucun de ces dossiers ne semble avoir de rapport avec Pointard, son nom n'y est jamais mentionné ; il ne s'y trouve aucune trace de son écriture, bien reconnaissable. Il y a donc lieu de penser qu'ils ne viennent pas de chez sa veuve. Ils semblent plutôt prevenir de l'administration des domaines nationaux du Département de Paris, comme les nombreux documents analogues qui se trouvent dans les séries M et S, et particulièrement dans cette dernière. On peut y signaler comme plus spécialement intéressant :

Grands Augustins : inventaires d'objets d'histoire naturelle remis au Museum, signés par Daubenton et Lamarck ; - Saint-Etienne du Mont : transfert de divers objets d'art au Musée des Petits-Augustins ; remise du cercueil de plomb ayant contenu les restes de Mirabeau à Mme du Saillant sa soeur ; - Saints-Geneviève (abbaye de) : vente de divers objets, tableaux, tombes en provenant ; divers documents relatifs à la Châsse de la Sainte et aux pierreries qui l'ornaient se trouvent dans le dossier de Saint-Etienne-du-Mont ; - Saint-Germain des Prés : une lettre de Dom Poirier, membre de la Commission temporaire des Arts, au sujet de divers manuscrits de la Bibliothèque ; - Saints-Innocents : dossier relatif à la maîtrise des enfants de choeur ; description des monuments et épitaphes existant au moment de la suppressionde l'église et du cimetière (1786) ; - Val-de-Grâce : enlèvement de l'orgue, des tableaux et des stalles de l'église ; quelques pièces relatives aux coeurs de la famille royale.

Les papiers du fonds Pointard forment actuellement 65 liasses, sous 61 numéros, les liasses 21, 36, 44 et 54 se divisant en A et B, par suite de dossiers retrouvés après le numérotage, à savoir :

I - Papiers personnels de Pointard : 7 liasses : N os 1 à 7

II - Dossiers des rentiers : 46 liasses : N os 8 à 50 (les liasses 21, 36 et 44 sont doubles)

III - Dossiers des établissements religieux : 12 liasses : N os 51 à 617 (la liasse 54 est double).

25 novembre 1920

Léon Lecestre

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