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Inventaire - Cotes :

Greffiers des bâtiments de Paris : procès-verbaux d’experts (1643-1649). Règne de Louis XIV (1643-1649).

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Cotes
Z/1j/261-Z/1j/269
Date
1643-1649
Localisation physique
Paris

Description

Présentation du contenu

INTRODUCTION

L'histoire de la Chambre des greffiers des bâtiments a été clairement exposée par Madame Krakovitch dans son introduction à l'inventaire des minutes du fonds des greffiers sous le règne de Louis XIII [Odile Krakovitch, Greffiers des Bâtiments de Paris : procès-verbaux d'expertises ; règne de Louis XIII (1610-1643), Z/1J/ 256 à 261, Paris, 1980. L'auteur renvoie aux travaux d'Élie Berger ( Répertoire numérique autographié, 1 cahier, 1889, inv. 496), de Suzanne Clemencet ( Guide des recherches dans les fonds judiciaires de l'Ancien Régime, Paris, 1958, p. 327-332), et de Mme Reynaud, qui, dans son inventaire des minutes pour les années 1764-1794, a mis au point la méthode utilisée ici], à laquelle le lecteur se reportera.

Poursuivant l'inventaire de mai 1643 à décembre 1649, le présent volume vient tout naturellement à la suite du travail de Madame Krakovitch. La masse imposait ces limites : le règne de Louis XIV représente à lui seul 966 articles ; la minorité du roi, de 1643 à 1661, 24 articles. Pour mettre plus rapidement à la disposition des chercheurs ces archives mal connues et d'une écriture très cursive, il a semblé préférable de scinder la période de la minorité, en réservant la décennie 1650-1661 à un inventaire ultérieur. La répartition des actes est la suivante :

Z/1J/ 261 : 224 pièces, de mai à décembre 1643 (sur les 315 pièces totalisées par l'article).

Z/1J/ 262 : 256 pièces, de janvier à décembre 1644 (le mois de novembre 1644 est lacunaire).

Z/1J/ 263 : 242 pièces, de janvier à juillet 1645.

Z/1J/ 264 : 251 pièces, d'août 1645 à avril 1646.

Z/1J/ 265 : 315 pièces, de mai à décembre 1646 (répartition inégale : 65 pièces pour le mois de juillet, 20 seulement pour le mois de novembre).

Z/1J/ 266 : 311 pièces, de janvier à septembre 1647.

Z/1J/ 267 : 260 pièces, d'octobre 1647 à décembre 1648 (avec une lacune importante du mois de juin au 15 décembre 1648).

Z/1J/ 268 : 273 pièces, de janvier à septembre 1649.

Z/1J/ 269 : 98 pièces, d'octobre à décembre 1649.

Soit un total de 2 230 pièces inventoriées. Cet état numérique est bien révélateur de l'accroissement du fonds, déjà manifeste dans les dernières années du règne de Louis XIII.

Neuf offices de greffiers sont connus depuis 1639, mais nous ne possédons que les minutes des greffiers Charles Hobbes, Julien Amelot, et Antoine Le Proust. À ce dernier, mort en novembre 1644, succède André Messier, jusqu'alors expert en maçonnerie [Au dos d'un acte du 23 novembre 1644, une correspondance privée adressée à un destinataire inconnu évoque la nomination d'André Messier : "Monsieur, vous estes prié de vous trouver demain matin huict heures chez Monsieur Amelot pour veoir les lettres de provision de l'office de greffier des oeuvres de massonnerie et charpenterie dont Monsieur Messier est à present pourveu par le deced de Monsieur Proot" (Z/1J/ 262)]. Les minutes de ce greffier deviennent largement majoritaires à partir de 1648. Un dernier greffier, Antoine L'Héritier, est cité dans un acte d'avril 1649 [Z/1J/ 268, n° 69] ; mais aucune minute de son écritoire n'a été conservée. Ni Hobbes, ni Le Proust, ni Messier n'ont d'attributions particulières. Amelot, en revanche, appose son paraphe au bas des expertises de fontaines, chemins, ponts royaux, bâtiments officiels ou grands travaux de l'époque. Ses minutes sont à ce titre très précieuses.

Les répertoires des minutes de deux de ces greffiers sont également conservés aux Archives nationales : celui de Julien Amelot pour les années 1624 à 1664, très complet à partir de 1638 (Z/1J/ 1255) ; celui de Charles Hobbes, tenu de janvier 1642 à août 1646 (Z/1J/ 1242/b/). Là sont les seules archives complémentaires résultant de l'activité des greffiers au début du règne de Louis XIV.

Rappelons brièvement le rôle des greffiers des bâtiments : rédiger les rapports des experts jurés, en conserver les minutes, en délivrer des expéditions. Estimations de travaux, alignements de murs et d'encoignures, visites de mitoyennetés sont donc les actes les plus fréquemment consignés dans ces minutes. Les experts, choisis par les parties ou les juridictions concernées, sont des artisans maçons, charpentiers, couvreurs, serruriers, vidangeurs, peintres ou sculpteurs. Les simples bourgeois faisant office d'experts sont rares et s'effacent au profit des vrais professionnels. Les minutes sont souvent signées par deux experts, dont certains, tels Jean Gourgouron et Alexandre Girard, Antoine Amelot et François Denis, Claude Convers et Maturin Dury, ont l'habitude de travailler ensemble. L'usage veut que les greffiers des bâtiments ne fassent fonction d'experts que dans le cas de contentieux opposant des experts. Ainsi le greffier Hobbes signe-t-il l'expertise d'ouvrages de charpenterie entrepris chez l'expert Guillaume Lefebvre, en 1647 [Z/1J/ 266, 2 mars 1647].

Le ressort des greffes se borne à la vicomté de Paris et ses six prévôtés. En fait, moins d'un dixième des expertises (172 sur 2 230) ont pour objet des bâtiments situés hors de Paris. Le lecteur trouvera donc des renseignements sur des édifices de Seine-et-Marne, des Yvelines, de l'Essonne, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et du Val-d'Oise. Mais les experts s'éloignent rarement de ce périmètre, a fortiori durant les mois d'hiver. Quand l'un d'eux se rend à Champignolle (Eure), c'est à la demande expresse du prince Henri de Bourbon [Z/1J/ 262, 28 novembre 1644]. D'autres, chargés de la surveillance des ponts et chaussées, peuvent s'aventurer jusqu'aux sources de la Seine, et remonter l'Yonne ou l'Armançon. D'autres encore acceptent de se rendre à Orléans, où s'élève alors le nouveau clocher de l'église Sainte-Croix, dessiné par Le Mercier [Z/1J/ 263, 3 juillet 1645]. Mais ces exemples sont rares.

Les procès-verbaux d'expertises présentent les mêmes caractéristiques qu'au règne précédent : hâte de la rédaction, omissions et lacunes, écriture très cursive. Tout laisse à penser qu'un personnel restreint suffisait mal à la demande. Parfois un croquis, griffonné au dos de la minute, vient préciser les dimensions, les tenants et aboutissants de l'édifice en cause. Les croquis offrant quelque utilité à la compréhension des minutes, ou témoignant d'une certaine qualité graphique ont été indiqués dans l'inventaire. Mais rares sont les véritables dessins d'architecture rencontrés ici. Pour mémoire, rappelons l'existence des deux cartons de plans, cotés Z/1J/ 1313 et 1314, conservés au service des plans des Archives nationales. Ces plans ont été extraits de leurs dossiers d'origine, ne comportent le plus souvent aucune indication de date ou de localisation, et sont rarement antérieurs à la fin du XVII/e/ siècle [Ces deux articles sont en cours d'inventaire et feront prochainement l'objet d'une publication]. À ma connaissance, aucun d'eux n'a trait aux expertises inventoriées ici.

L'intérêt du fonds des greffiers des bâtiments n'est plus à démontrer ; on y sent la respiration même de la cité et, en marge de la vie grouillante des vieux quartiers du centre, les envolées des nouveaux projets d'urbanisme nés de la fièvre des spéculateurs : la poursuite des lotissements de l'île Saint-Louis, l'exploitation des anciens terrains de la reine Margot sur la rive gauche et, sur la rive droite, la rapide poussée de la ville vers l'Ouest par le prolongement de la rue Saint-Honoré, alors en perpétuel chantier, ainsi que l'émergence du nouveau quartier de la rue Saint-Honoré, alors en perpétuel chantier, ainsi que l'émergence du nouveau quartier né des extensions du Palais-Cardinal. Ces derniers travaux, entrepris dans le périmètre de la nouvelle enceinte dite "des fossés jaunes", firent dire à Corneille dans le Menteur en 1643 :

"Toute une ville entière, avec pompe bâtie Semble d'un vieux fossé par miracle sortie..."

Au regard de ces créations ambitieuses et bien ordonnées, la vieille ville affiche son surpeuplement. Ainsi, la rue Saint-Denis, siège d'éternels contentieux immobiliers, mitoyennetés, partages successoraux, reflète bien l'extrême morcellement de la propriété dans les quartiers séculaires.

Loin de se borner à l'intérêt topographique et architectural de ces minutes, le lecteur trouvera ici une peinture des Parisiens à l'époque de la Fronde et de leurs conditions de vie : tel propriétaire de la rue Saint-Honoré contraint de restaurer sa maison mise à mal "tant par les gens de guerre que par l'inondation des eaues l'hiver dernier" [Z/1J/ 268, 14 avril 1649] ; tel précieux marquis incommodé par l'évidente faiblesse des lieux d'aisance de sa maison, rue Neuve-Saint-Louis ("on ne peut demeurer ung moment sous la porte cochère, attendu la puanteur insupportable capable de donner la peste" [Z/1J/ 269, 30 octobre 1649] ; tel "faiseur de las" ou "boulanger de petits pains", images de ces innombrables petits métiers parisiens dont les archives ont gardé trace. On pourra également chercher ici des indices relatifs au prix des maisons, au loyer des boutiques, et à toutes les transactions immobilières, témoignages précieux pour l'histoire économique, l'histoire sociale et l'étude des comportements.

Orienter le lecteur vers telle ou telle bibliographie n'est pas l'objet de cette introduction. Pour mémoire, je me contenterai de citer les livres de Maurice Dumolin ( Études de topographie parisienne, Paris, 1929-1931, 3 vol. in-8°), et de Jean-Pierre Babelon ( Demeures parisiennes sous Henri IV et Louis XIII, Paris, nouv. éd. 1977), qui m'ont été souvent précieux. Des recherches complémentaires seront également poursuivies avec profit dans les séries suivantes :

H 1778 à 2081 : Bureau de la Ville.

N et NN : Cartes et plans.

O/1/ 1324 à 1906 : Châteaux et bâtiments du roi.

Q/1/ 1039 à 1369 : Titres domaniaux de Paris.

S 1 à 3209 : Titres des chapitres, prieurés d'hommes ou abbayes dépendant de l'archevêché de Paris.

Y 3847 à 3851 : Répertoires des saisies réelles à partir de 1643.

Y 9541 à 9634 : Police de Paris.

Z/1F/ 1018 à 1071 : Voirie et ponts et chaussées.

ZZ/2/ 835 à 1114 : Saisies réelles à Paris.

Minutier central des notaires de Paris.

Les fonds des Archives de Paris, les collections de la Bibliothèque historique de la ville de Paris et du Musée Carnavalet offriront enfin maintes précisions à une recherche approfondie.

Je ne saurais clore cette introduction sans exprimer toute ma gratitude à Monsieur Babelon, inspecteur général des Archives de France, qui, alors conservateur en chef de la section ancienne, a été l'instigateur de ce travail, Madame Krakovitch, qui m'a généreusement fait part de son expérience, Madame Felkay et Monsieur Cloulas, qui ont relu mon manuscrit avec amitié et vigilance, Monsieur Le Moël, Mesdames Houriez et Mulon, qui m'ont aidée à effacer les incertitudes de cet inventaire, Monsieur Ganeval et Madame Mochkovitch qui l'ont dactylographié. dactylographié.

NOTE POUR SERVIR À L'UTILISATION DE L'INVENTAIRE

Pour le présent volume, a été suivie la méthode choisie par Madame Krakovitch : l'inventaire lui-même, présenté dans l'ordre alphabétique des noms de lieux à Paris et hors Paris, est suivi d'un état récapitulatif des édifices, puis d'un index des noms de personnes relevés dans les analyses.

Rappelons brièvement l'essentiel :

L'inventaire.

Les analyses sont placées sous leurs identifications topographiques anciennes, telles qu'elles apparaissent dans les minutes. Entre crochets carrés et en italiques, l'identification moderne a été ajoutée. De nombreux renvois permettront au lecteur de se reporter des toponymes modernes aux toponymes anciens, ou d'un nom à un autre, lorsque la minute elle-même comporte une localisation multiple. La teneur de l'analyse est la suivante : nature de l'expertise (estimations d'ouvrages ou d'édifices, alignements d'encoignures ou de mitoyennetés, etc.) ; noms des parties [entrepreneurs, propriétaires, locataires, à l'exclusion des noms des experts [Afin de ne pas encourager la confusion si fréquente des rôles distincts de l'entrepreneur et de l'expert, les noms des experts n'ont pas été mentionnés dans l'analyse mais seulement relevés dans l'index] ; lieu de l'expertise ; date ; cote. Apparaissent aussi les mentions d'enseignes ou d'édifices connus pouvant faciliter la localisation de l'acte (exemple : "proche le Palais").

L'inventaire des expertises faites à Paris renvoie aux limites actuelles de la ville (les vingt arrondissements). Une seconde liste répertorie les expertises faites à l'extérieur de Paris, classées par ordre alphabétique des toponymes (communes ou écarts), avec mention entre parenthèses du département.

Faute d'indications suffisantes, trente-six expertises sur les 2 230 n'ont pu être localisées. Elles ont été regroupées dans une troisième liste, par ordre alphabétique des noms des propriétaires ou, à défaut, des occupants des maisons, voire des gens des métiers. Tous ces noms figurent dans l'index, assortis de la mention : ( expertises non localisées).

L'état récapitulatif des édifices.

Ont été rassemblés dans cette liste alphabétique tous les types d'édifices rencontrés dans l'inventaire (châteaux, couvents, hôtels, jeux de paume, portes, etc.) ainsi que les enseignes des maisons suivies de leur localisation.

L'index des noms de personnes.

Figurent dans l'index les noms des propriétaires, locataires, entrepreneurs, maîtres et compagnons des métiers, experts, suivis des prénoms entre parenthèses, des éventuels titres de noblesse, de la profession. Pour les femmes, la vedette a été faite au nom de jeune fille, suivi, le cas échéant, du nom du mari.

Pour les raisons citées plus haut, les noms des experts n'apparaissent pas dans les analyses, mais sont répertoriés dans l'index. Il aurait été absurde de vouloir citer toutes les minutes où chacun d'eux exerçait ses fonctions : une telle méthode n'aurait donné qu'une longue liste de références sans grand intérêt pour le lecteur. On a donc préféré :

- indiquer tous les experts dans l'index, par la mention expert juré, à la suite des noms, prénoms, professions et qualités des personnages ;

- dans le cas d'un artisan ou entrepreneur faisant accessoirement fonction d'expert, ne pas faire référence aux minutes où le personnage apparaît comme expert ;

- dans le cas d'un personnage apparaissant uniquement dans la fonction d'expert, faire référence à la première minute où il a été rencontré. La cote de l'article, indiquée à la suite de référence à la première minute où il a été rencontré. La cote de l'article, indiquée à la suite de la référence, permettra au lecteur de retrouver l'acte facilement, à l'aide de l'inventaire.

Exemples :

AMANT, maître plombier, expert juré. Voir : Célestins, couvent des (Z/1J/ 264).

Signifie que le plombier Amant a expertisé des travaux réalisés au couvent des Célestins.

AMELOT (Antoine), maître maçon, expert juré. Voir : Blancs-Manteaux, rue des.

Signifie que le maçon Amelot, par ailleurs expert, a été l'entrepreneur d'un chantier rue des Blancs-Manteaux.

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