Your request is in progress
Finding aid - Reference codes:

Fonds Sully (1593-1626)

Top of page
Reference codes
120AP/1-120AP/48
Date
1593-1626
Name of creator
Sully, Maximilien de Béthune (1559-1641 ; duc de)
Physical location
Pierrefitte
Access conditions

Accès libre, sous réserve du règlement de la salle de lecture des Archives nationales.

Les articles cotés 120AP/1 à 120AP/37 ont été numérisés et sont consultables en salle des inventaires virtuelle.

Conditions of use

Reproduction libre, sous réserve du règlement de la salle de lecture des Archives nationales.

Description

Presentation of content

Le fonds tel qu’il est entré aux Archives nationales ne comprend pas la correspondance de Sully, dont toute trace semble actuellement perdue : cette perte est cependant secondaire, Sully ayant pris soin de transcrire, dans ses Royales Œconomies, le texte de nombreuses lettres reçues par lui, notamment celles du roi. Rien non plus, ou presque rien, d’intérêt privé, familial, religieux, domanial ; pas même cet inévitable chartrier qui constitue généralement une part si importante des archives de famille (ce chartrier est aujourd’hui conservé aux Archives départementales du Loiret). En revanche il contient l’inestimable documentation de première main, réunie ou conservée par Sully lui-même en tant que ministre : il s’agit là d’un véritable fonds d’archives publiques, demeuré comme si souvent, entre les mains des particuliers.

Nous y voyons en effet les documents mêmes du maniement des finances royales. Des registres, les uns sont les originaux eux-mêmes, arrêtés en Conseil et signés du roi, de Sully, du chancelier et des secrétaires du roi ; les autres sont des copies établies à l’intention du surintendant ; mais, indistinctement, les uns et les autres ont été revêtus de la magnifique reliure de maroquin beige aux armes de Sully. Un grand nombre d’entre eux sont, presque à chaque page, annotés de sa propre main, de cette belle écriture haute et nette. On y peut voir à quel point Sully fut un ministre infatigable : il s’informe de tout, revoit tout, contrôle tout, refait même à chaque instant les totaux de ses subordonnés... pour y découvrir à tout coup une erreur de calcul, vieil héritage de la comptabilité médiévale.

Le fonds nous livre d’abord les États au vrai des finances pour les années 1605-1609 : document fondamental pour l’histoire financière de l’époque. Puis une série de registres de l’Épargne, contenant les rôles des acquits de comptant, et d’assignations de 1605 à 1610, ainsi que des états remontant à 1593. Quand on sait l’importance des sommes passant alors par cette voie, et leur variété d’emploi, on peut bien estimer détenir une des clefs de l’histoire du règne. Nous n’y insisterons donc pas. Qu’il nous suffise de dire qu’on trouve absolument de tout dans ces registres, qui parfois (qu’on veuille bien à cet égard se reporter à ce qui en est dit dans l’inventaire) se complètent de façon indispensable l’un par l’autre. C’est ainsi qu’on peut y lire le détail des sommes payées aux ligueurs pour le « rachat du royaume » : les 629.600 écus payés au duc de Guise, à sa famille et à ses gens le 4 avril et le 6 novembre 1592 pour prix du ralliement, les 285.000 écus du duc de Brissac, les 50.000 écus du gouverneur de Paris, M. de Belin, etc. Nous y voyons aussi les pensions et les dons, les gratifications à des princes étrangers et à leurs gens, les voyages et les missions diplomatiques, toute la petite et la grande histoire du règne.

À l’exposition Huit siècles d’histoire de France où, en 1957, ces documents ont été pour la première fois présentés au public, on pouvait voir à une même page d’un registre de 1607, à la fois des payements de pensions aux maîtresses, Mlle de Verneuil, la comtesse de Moret, Charlotte des Essarts, à des courtisans, des présents à l’Aga Mustapha, les gages des Comédiens français, des aumônes, les pierreries jouées par le roi à la foire Saint Germain, l’entretien de la garnison de la Bastille, des dépenses privées du roi, une mission secrète confiée à un certain capitaine Gentil, etc. Il sera sans doute difficile à un historien de toucher désormais aux événements de cette période sans recourir à ces comptes et leur publication serait peut-être à considérer.

D’autres registres nous ont conservé les départements des tailles et des crues de 1598 à 1606 et de 1609 à 1610, l’état des dons faits par le roi, les comptes des dettes de Suisse, les fermes et rachats de l’ancien domaine de Navarre, partiellement réuni à la Couronne. Un autre encore contient la copie en ordre méthodique des règlements faits en Conseil d’État sur rapport de Sully.

Grand voyer de France, Sully avait également gardé par devers lui les comptes des ponts et chaussées pour 1605 et 1606, 1608 à 1610. Ces registres permettront de juger son oeuvre pour l’établissement d’une viabilité nouvelle du royaume : dépenses pour le « pavé » du roi, construction de routes et de ponts, canal de Briare, grands travaux parisiens de voirie, dépenses pour la Place Royale, le Pont Neuf, le Louvre, les palais et bâtiments royaux, la décoration de l’Arsenal...

Grand maître de l’artillerie, Sully avait lancé en 1605 une grande enquête sur l’état des pièces et des munitions dans les divers arsenaux, le prix des matériaux, les facilités de transport, etc. Trois des réponses nous ont été conservées, celle du Lyonnais, de la Picardie et de la Guyenne ; elles n’offrent pas seulement de l’intérêt pour l’histoire militaire, mais, et peut-être plus encore, pour l’histoire économique.

En dehors de ces registres, Sully avait également conservé de très importants dossiers de documentation. De son temps, ceux-ci étaient soigneusement classés et mis en chemises et un grand nombre de pièces portent au dos des analyses de sa propre main ; dans certains dossiers, les pièces avaient même été numérotées par lui (ces numéros ont été portés sur l’inventaire quand l’occasion s’en présentait, ils sont indiqués de la façon suivante : [1]) et nous avons encore un bordereau du contenu ; cela n’a pas été un de nos moindres étonnements que de découvrir ainsi un Sully archiviste. Pourtant après lui le désordre s’installa, qui fut définitivement consommé quand on fit relier ces dossiers en gros volumes de carton recouvert de parchemin ; ces volumes factices avaient été faits avec si peu de soin que certaines pièces, pliées, avaient été prises ainsi dans la reliure et ne pouvaient être lues sans être découpées : bien des analyses autographes de Sully, souvent nécessaires pour comprendre la portée des documents, n’étaient plus visibles. Aussi avons-nous estimé nécessaire de défaire ces recueils factices de mélanges, pour reconstituer des dossiers. Ceux-ci portent sur tous les aspects de l’administration des Finances : rentes, fermes, gabelles, monnaies, offices, etc.

On y trouve de nombreuses notes autographes, des mémoires et avis remis à Sully par des officiers, des estimations de recettes et de dépenses, des contrats notariés etc. Bien que d’un aspect souvent technique, spécialement en ce qui concerne les fermes et les rentes, l’ensemble est du plus grand intérêt. On y trouve aussi des documents fort divers, comme une liste des joyaux de la Sainte-Chapelle, quelques mémoires diplomatiques, un état de ce qu’il faut faire pour construire une galère, des projets de percement d’un Canal des Deux-Mers par le Centre, un devis d’installation pour une manufacture, un plan de travaux pour le port de Toulon, etc.

Mais ce qui présente sans doute l’intérêt le plus considérable, ce sont les trois volumes sur les comptes du royaume en 1609 et le projet de budget pour 1611. Nous assistons à la préparation minutieuse par le ministre lui-même, de ce qu’on peut considérer comme le premier véritable budget général de prévisions de la France. Sully a demandé méthodiquement aux comptables leurs résultats pour l’exercice précédent et les a étudiés, vérifiés, confrontés, annotés ; puis il a établi, service par service, un budget de recettes et de dépenses, et dressé la balance générale, le montant des recettes étant estimé à 25.034.816 £ 19 s. 4 d., celui des dépenses à 20.394.817 £., le « revenant bon » prévu étant de 4.639.999 £. 19 s. 4 d. La Régence n’allait d’ailleurs pas tarder à annihiler des efforts si méritoires et à dissiper le trésor réuni à grand peine derrière les murs de la Bastille.

Mieux qu’avec les bavardages de Sully lui-même et les approximations des auteurs de deuxième et de troisième main, les historiens pourront donc, en recourant à ses propres dossiers et à la comptabilité royale, juger désormais sur pièces l’œuvre de Sully. Ils verront avec lui le Royaume se dégager de la situation confuse où les Guerres de Religion l’avaient plongé ; ils assisteront aux tentatives inlassables pour liquider le passé, apurer la dette, pour enfin parvenir à un budget largement en excédent et constituer un trésor considérable, tout en rendant le pays puissant sur le plan diplomatique et militaire, tout en construisant aussi des routes, des manufactures, des palais.

Ils ne découvriront sans doute en Sully ni un spécialiste, ni un homme de génie, mais un homme méthodique et lucide, qui veut rendre claires et ordonnées les finances embrouillées de l’État. Un homme sans grandes idées novatrices, mais qui prétend assainir la comptabilité publique, régler les monnaies ; qui établit de façon lumineuse le premier budget du pays ; qui, à la différence de ses prédécesseurs, estime, écrivant pour lui-même, qu’ il ne suffit pas d’interdire l’abus, mais bien de l’empescher. Surtout un travailleur inlassable qui, pendant une douzaine d’années, n’a cessé de tout revoir par lui-même et de tout contrôler.

Dans la minute d’une lettre en 1615, en sa demi-retraite, il se découvre à nous : des inondations ont causé de graves dégâts aux digues et des régions entières sont menacées par les eaux ; c’est en vain qu’il est intervenu auprès du roi, de la régente, du Conseil. On se contente de plaindre le pauvre peuple, mais on ne fait rien pour lui. Les gens sont débordés, par les multiples affaires qui les accablent ; chacun s’occupe d’abord de son intérêt particulier. Mais, écrit-il, ce qui importe c’est de travailler « à faire obéir le roy, à le rendre puissant et opulent, et tenir le roiaume en pais et repos». Lui-même, et nous pouvons l’en croire, n’a jamais manqué une occasion pour « servir son roy et sa patrie ».

Classification method

120AP/1-37. SULLY, SURINTENDANT DES FINANCES.

120AP/1. Règlements faits au Conseil du roi. 1598-1610.

120AP/2-31. Trésor de l’Épargne. 1593-1610.

  • A. Rôles de comptant et d’assignation. 1605-1610.
  • B. États de comptant. 1593-1608.

120AP/12. Dons. 1589-1596.

120AP/13. Recettes générales. 1598-1610.

120AP/14-15. Domaine. 1609.

120AP/16-18. Tailles. 1598-1610.

120AP/19-20. Fermes. 1599-1610.

120AP/21-24. Dettes du roi. 1602-1606.

120AP/25-37. Dossiers de documentation.

  • A. Préparation du budget de 1609.
  • B. Préparation du budget de 1610.
  • C. Autres dossiers (Trésor de l’Épargne, domaine, impôts, fermes, dettes du roi, rentes, officiers du roi, monnaie, économie).

 

120AP/38-48. SULLY, GRAND VOYER DE FRANCE, GRAND-MAITRE DE L’ARTILLERIE, SURINTENDANT DES FORTIFICATIONS.

120AP/38-42. États annuels des ponts et chaussées. 1605-1610.

120AP/43. Canal de Briare. 1610.

120AP/44-47. Enquêtes sur l’artillerie en Lyonnais, Beaujolais, Forez, auvergne, Picardie, Guyenne. 1605-1608.

120AP/48. Documentation diverse (ponts et chaussées, bâtiments royaux, fortifications, armée, marine). Papiers personnels de Sully. 1597-1626.

Creator history

Maximilien de Béthune naquit à Rosny le 13 décembre 1559 dans une famille protestante de moyenne noblesse. Dès 1572 le jeune garçon, qui ne pouvait, étant cadet, prétendre hériter des biens paternels, fut envoyé à la Cour d’Henri de Navarre qu’il ne quitta plus. Les guerres du règne de Henri III et de la Ligue constituèrent pour lui un très solide apprentissage militaire, mais c’est au moins autant par des missions diplomatiques délicates qu’il se distingua au service de son maître.

Lorsque Henri IV, en 1594, eut acquis, par son abjuration, le trône de France, son compagnon d’armes qui restait résolument protestant et dont on craignait l’influence sur le roi, fut tenu quelque peu à l’écart par les courtisans nouvellement ralliés. Cependant, dans l’été 1596, le roi l’imposa aux membres du Conseil des finances comme l’un des leurs. Dans ses nouvelles fonctions Sully déploya une grande activité : vérification des comptes, poursuite des malversations, réorganisation de l’administration financière, etc. De sa fameuse tournée d’inspection dans quelques généralités il ramena 1.500.000 livres qui permirent à Henri IV d’achever la pacification du royaume et d’arrêter les Espagnols.

Dans le courant de l’année 1598, les membres du Conseil des finances furent peu à peu éliminés et Sully devint en fait - sinon en droit (la question n’a jamais été élucidée) - surintendant des finances. Grand maître de l’artillerie depuis 1599, il s’installe à l’Arsenal. Également grand voyer de France, surintendant des fortifications, chambellan ordinaire, gouverneur de la Bastille, du Poitou, de Mantes et de Jargeau, Sully est le « premier ministre » de Henri IV, son confident, son conseiller le plus écouté, celui à qui reviennent toujours les missions les plus délicates et, surtout, la tâche d’équilibrer le budget du royaume. En 1606 l’élévation de Maximilien de Béthune, baron de Rosny, seigneur de Sully, à la duché-pairie vint récompenser tous ces services.

La mort d’Henri IV, en 1610, entraîna la chute rapide du ministre, détesté et jalousé des autres courtisans. La régente Marie de Médicis épuisa rapidement en folles prodigalités le trésor amassé par Sully qui, découragé, se démit en 1611 de sa charge de surintendant des finances et de gouverneur de la Bastille et se retira dans ses terres. En 1616 il abandonna ses fonctions de grand voyer de France et de surintendant des bâtiments au profit de son second fils.

Il occupa sa longue vieillesse à administrer ses domaines de Rosny, de Villebon, de Sully et autres, et à poursuivre d’innombrables procès.

Considéré comme l’un des chefs du parti protestant, il rentra quelquefois dans la vie publique pour servir d’arbitre entre le roi et ses coreligionnaires, par exemple à Saumur en 1611.

En 1638 il fit imprimer, dans son château de Sully, ses Mémoires des sages et royales Œconomies d’État, récit de sa longue carrière, et mourut trois ans plus tard, le 22 décembre 1641.

Entry and conservation

Mode of entry

Achat, 19521956.

Conservation history

Les Mémoires des sages et royales Œconomies d’État, œuvre personnellede Sully - véritable plaidoyer pro domo - dans laquelle la vie et l’activité de son maître sont systématiquement exaltées pour mieux faire ressortir la folie des temps nouveaux, a jusqu’ici été la source essentielle de notre connaissance du rôle de Sully et de l’histoire financière du règne de Henri IV ; source complétée, il est vrai, par les registres des arrêts du Conseil du roi, que possèdent les Archives nationales depuis l’année 1593. Les archives de Sully avaient cependant été conservées par ses descendants ; elles comprenaient les registres mêmes de l’administration des finances royales, les dossiers de travail de Sully, sa correspondance. Il ne semble pas que les rares historiens y ayant eu accès, aient jamais rien publié, à l’exception de M. G. de Mun (voir A. CHAMBERLAND, Le budget de l’Épargne en 1607, d’après des documents inédits, dans Revue Henri IV, t. 2, 1908, p. 312-330).

Dans le courant du XIXe siècle des pièces durent être distraites, et l’on peut voir de temps à autre, dans le commerce des autographes, quelques belles lettres de Henri IV à Sully ou quelque correspondance adressée à l’un des membres de la famille de Béthune au XVIIe ou au XVIIIe siècle. L’ensemble était cependant encore réuni à la veille de la Seconde Guerre mondiale. En 1944 commença la dispersion : la Bibliothèque nationale acquit alors la très intéressante correspondance diplomatique de Philippe de Béthune, ambassadeur (nouv. acq. fr. 24.159 à 24.163). Par suite d’une erreur, plusieurs volumes des papiers de Sully lui-même vinrent aussi à la Bibliothèque, furent cotés et estampillés, puis restitués à la famille (il s’agit des articles 120 AP 7 et 120 AP 29 en partie). En 1940, les menaces sur le fonds s’étant précisées, ce fut l’un des premiers auxquels fut appliquée la nouvelle législation sur la protection des archives privées : les archives du château de Sully furent classées monuments historiques. La mesure venait malheureusement trop tard : les circonstances la rendirent inopérante. La dispersion commença : un petit dossier de pièces (qu’on trouvera ici sous la cote 120 AP 48) a été découvert chez un brocanteur ; un libraire nous vendit d’autre part le « toisé » du canal de Briare sans d’ailleurs se rendre compte de sa provenance, ni même de l’inscription autographe de Sully au titre (cote : 120 AP 43). Mais la partie de loi la plus précieuse avait été envoyée aux États-Unis : après de longues tractations et d’innombrables démarches, la personne qui venait d’en acquérir judiciairement la possession, un Français, accepta de s’en dessaisir au profit des Archives nationales et le Directeur général des Archives de France, M. Charles BRAIBANT, put obtenir en 1954 les crédits nécessaires avec l’appui de M. Edgar Faure, alors président du Conseil et ancien ministre des Finances.

Sources and references

Other finding aids

Cet instrument de recherche est issu de la dématérialisation de l’inventaire imprimé suivant : R.-H. Bautier et A. Vallée-Karcher, Les papiers de Sully aux Archives nationales. Inventaire, s.l.n.d. [Paris, 1959], 92 p. (Archives nationales).

Warning! Communication restrictions. Click here to find out more.

Add finding aid
to my favourites
Download
the finding aid in PDF format
Finding aide permalink
Finding aid XML export