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Inventaire - Cotes :

Fonds chevalier de Broval (1798-1850)

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Cotes
224AP/1
Date
1798-1850
Nom du producteur
Localisation physique
Pierrefitte

Description

Présentation du contenu

Le fonds 224AP des Archives privées est un fonds d'apparence factice, constitué d'un ensemble de documents sans doute rassemblés par le chevalier de Broval, fidèle serviteur de Louis-Philippe d'Orléans, ensemble auquel l'on a ajouté un certain nombre de pièces annexes concernant la famille d'Orléans.

Parmi les pièces annexes, le plus important document semble être le testament de Ferdinand-Philippe d'Orléans, fils aîné de Louis-Philippe et de la reine Marie-A mélie, mort en 1842 (224AP/1, dossier 7).

Mais l'intérêt fondamental de ce fonds réside dans la découverte de documents inédits intéressant les activités et la vie difficile de Louis-Philippe pendant ses années d'exil en Angleterre et en Sicile (1800-1814). En particulier, le journal autographe de Broval, rédigé au jour le jour de 1810 à 1813, éclaire d'une lueur nouvelle et originale la vie quotidienne des émigrés à Londres ; on y découvre plusieurs renseignements sur la vie de la petite cour réunie autour de Louis XVIII, de Monsieur comte de Provence, et leurs relations avec les souverains anglais. Chambellan du duc d'Orléans Broval était en rapports fréquents avec les Français exilés, comme Madame de Staël et Dumouriez (224AP/1, dossier 4).

Certains documents intéressent l'histoire des Bourbons de Sicile et expliquent leur attitude devant la politique italienne de Napoléon, la "cour muratique" ou l'intervention manquée en Espagne. Un autre sujet mal connu est celui des relations de la duchesse Louise-Adélaïde d'Orléans, de sa vie en Espagne avec Rouzet de Folmon et de ses relations avec ses enfants (224AP/1, dossier 5).

Historique du producteur

Nicolas-Thomas-François Manche de Broval naquit en 1756 à Joinville (Haute-Marne). Fils de Thomas Manche de Broval receveur des domaines et bois de Joinville et des droits régaliens, il entra très tôt au service du duc d'Orléans. En 1778, il devint secrétaire des commandements du duc, et lecteur des enfants princiers : il noua alors avec les jeunes princes de Chartres, Montpensier et Beaujolais des liens d'amitié qui ne se relâchèrent jamais. Lorsque le duc d'Orléans confia l'éducation de ses enfants à Madame de Genlis en 1781, Broval quitta son service pour entrer à celui du comte de Pignatelli-Fientes, Grand d'Espagne qui résidait à l'hôtel d'Egmont à Paris.

Vers 1787, Broval embrassa la carrière des finances ; premier commis sous Necker, il s'occupa de l'administration des Postes et Messageries sous les ministères Tarné et Clavière.

Au printemps 1792, il s'embarqua sur le Molly partant du Havre, porteur d'un passeport du gouvernement français l'autorisant à se rendre à Saint-Domingue en qualité de propriétaire. Les Espagnols s'étant emparés de ses domaines, il dut rester en Amérique, et séjourna quatre années à Norfolk en Virginie, et à Philadelphie.

Le 29 octobre, il quittait New-York sur le brig américain Clio en direction du Havre. Sur le même navire voyageait Georges-Washington de La Fayette, fils du marquis américanophile (Arch. nat., F 7 7366). La tempête obligea le bateau à se dérouter vers Calais, où les passagers débarquèrent, épuisés.

En 1799, Broval dut se rendre en Espagne, où un long procès l'opposait à la maison de Pignatelli. A Sarria, près de Barcelone il vit la duchesse d'Orléans, qui vivait avec Rouzet de Folmon, avocat, ancien Conventionnel, celui-ci fit tout pour détacher la duchesse de ses enfants, et s'opposa à leur réunion. Broval rejoignit à ce moment Louis-Philippe qui s'était installé à Mahon pour y attendre sa mère. Le duc d'Orléans se décida enfin à venir s'installer en Angleterre, emmenant avec lui comme seuls fidèles le comte Gustave de Montjoie et Broval.

En 1801, Louis-Philippe et ses frères louèrent une maison à Twickenham ; Broval les servait comme chambellan. Il apprit à faire des prodiges d'économie avec la maigre pension que leur allouait le gouvernement anglais. Peu à peu, la vie des princes d'Orléans s'organisa ; Louis-Philippe introduisit à sa suite Broval dans les demeures de ses protecteurs et amis anglais.

Le chevalier de Broval qui parlait mal l'anglais et ne savait pas monter à cheval, devint rapidement la tête de Turc de la petite compagnie qui se réunissait en été et à l'automne chez Lord Moira, à Donington en Ecosse. Louis-Philippe - qui lui était très attaché - l'avait surnommé " Gros - Bras" ; connaissant son goût pour le porto, il le consignait dans la bibliothèque du château ou dans sa chambre, que les ronflements sonores du malheureux chambellan avait fait appeler le " yawning den ", l'antre du ronfleur (CASTILLON DU PERRON (Marguerite), Louis-Philippe et la Révolution française, Paris, 1963.

Les relations de Louis-Philippe s'enrichirent par le retour en Angleterre, en 1802, du duc de Kent et de Madame de Saint Laurent, que le duc d'Orléans avait connus à Halifax. En 1803, ce fut le général Dumouriez qui vint s'installer à Londres ; Broval noua ainsi des connaissances qui devaient lui être de grande utilité les années suivantes.

A la mort du duc de Montpensier en mai 1807, ce fut Broval qui intervint auprès de Monsieur, afin que celui-ci se chargeât d'organiser la cérémonie de sépulture à Westminster. La santé du comte de Beaujolais nécessitant un rapide départ vers des pays plus chauds, Louis-Philippe décida de partir pour Malte, laissant à Londres Broval chargé de ses intérêts. Le chevalier se trouva dans des difficultés financières graves, que l'appui fidèle du duc de Kent lui permit de surmonter.

En 1809, Louis-Philippe, désireux de revoir enfin sa mère et surtout de l'arracher à l'emprise de Folmon, tenta de Palerme plusieurs démarches pour la faire sortir d'Espagne. Il délégua auprès d'elle Broval ; celui-ci partit pour Séville demander à la Junte l'autorisation pour le duc de venir voir sa mère à Mahon sur une frégate espagnole ; il n'obtint pas cette autorisation, et de retour à Minorque, se heurta violemment à Folmon ; la duchesse refusa alors de le suivre.

En 1810, Broval participa aux côtés de Louis-Philippe à l'expédition des Bourbons de Sicile en Espagne, et après leur échec, retourna en Angleterre, comme attaché à la légation de Sicile, et représentant en fait le parti orléaniste à Londres. Il entretint à ce moment une correspondance suivie avec la reine des Deux-Siciles, belle-mère du duc d'Orléans ; sur l'instigation du duc de Kent, il écrivit plusieurs articles dans divers journaux anglais. Un accord était intervenu entre le duc d'Orléans et le prince de Belmonte, ministre de Ferdinand IV, afin que ces articles des gazettes anglaises soient traduits dans les journaux siciliens. En 1811, pour complaire au duc d'Orléans, le roi Ferdinand nomma Broval chevalier de l'ordre de Constantin.

Pendant que Broval était en Angleterre, sa famille en France était étroitement surveillée par la police impériale ; ses soeurs Félicité et Marie de Broval vivaient retirées dans leur ville natale de Joinville, et aux diverses interrogations de la police, prétendirent n'avoir aucun rapport avec leur frère. Broval fut soupçonné d'être l'un des chefs du parti orléaniste qui relevait la tête en Angleterre dès 1810 (Arch. nat., F/12/2759).

En août 1814, Broval quitta enfin Londres et rejoignit Louis-Philippe qui rentrait en France avec Louis XVIII ; pendant les Cent Jours, il resta à Paris et employa le crédit de ses soeurs et de son frère Joseph Marcel, qui était inspecteur de la régie des domaines, à se faire nommer représentant. A la seconde Restauration, Broval n'eut pas plus de succès pour les élections.

Orléaniste convaincu, toujours soupçonné par la police générale, il était surveillé aussi étroitement depuis le retour des Bourbons sur le trône. Dès 1817, il loge au Palais-Royal, comme secrétaire des commandements, et en 1826, il est inscrit dans l'Almanach royal comme " Directeur général des maisons, domaines, forêts et finances " du duc d'Orléans.

En 1827, il est considéré comme l'un des principaux chefs à Paris de la conspiration orléaniste, dont l'action amènera Louis-Philippe sur le trône en 1830. Dès 1825, les rapports de police prouvent qu'il fréquentait à Paris, ou à Plombières, les opposants libéraux, et que le duc d'Orléans n'était pas étranger à ces menées. Après 1830, il demeure auprès du roi, et meurt en 1834.

Sources et références

Sources complémentaires

Aux Archives nationales ont été consultés les documents de la série F/7/7366 et F/12/2759.

Il sera intéressant de rapprocher ce fonds 224AP du fonds 300/AP III des Archives privées, constitué par les papiers d'Orléans

Bibliographie

Les sources utilisées pour l'étude sommaire de la biographie du chevalier de Broval sont essentiellement l'ouvrage de M. CASTILLON DU PERRON, Louis-Philippe et la Révolution française, I : Le Prince, II : Le Proscrit (Paris, 1963).

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