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Inventaire - Cotes :

Fonds Fernand de Brinon (1905-1980)

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Cotes
411AP/1-411AP/8
Date
1905-1980
Nom du producteur
Brinon, Fernand de (1885-1947)
Localisation physique
Pierrefitte

Description

Présentation du contenu

Ce fonds comprend quatre parties : avant la Seconde guerre mondiale (411AP/1), la Délégation générale du gouvernement français dans les territoires occupés (411AP/2 et 3), les coupures de presse, les écrits de Brinon et des photographies (411AP/4 et 5), enfin le procès (411AP/6).

Dans le premier carton (411AP/1), les historiens remarqueront surtout les documents relatifs au voyage de Brinon en Allemagne en septembre 1933 : lettres et télégrammes de Ribbentrop, comptes rendus dactylographiés des conversations de Brinon avec Hitler et le général von Blomberg, avec des notes manuscrites, et également le rapport adressé à Laval le 24 juillet 1935 par Brinon sur ses entretiens avec les dirigeants allemands (1). La correspondance reçue par Brinon entre les deux guerres intéressera le chercheur ; les dossiers les plus fournis sont ceux de Pierre Benoit, du général Bourret, de Chavenon, de Daladier, de Génébrier, de Tardieu et de Ward-Price. Aucune lettre personnelle de Laval, à part une carte de voeux ; à noter une lettre de Françoise Rosay envoyée le 25 mai 1934 de Charlottenbourg où elle tournait un film grâce à la recommandation de Brinon.

Les papiers de la Délégation générale du gouvernement français dans les territoires occupés (411AP/2 et 3) comprennent une abondante documentation sur les interventions du délégué général en faveur de personnes arrêtées ; et entre autres d'Israélites. Par contre, on trouvera peu de correspondance entre Pétain, Laval et Brinon. Citons parmi les autres correspondants de Brinon à cette époque : Pierre Benoit, encore lui, Jaujard, directeur des Musées nationaux, et le cardinal Suhard. Les divers dossiers concernant les affaires traitées sont disparates mais ne sont pas dépourvus d'intérêt. Il faudrait vérifier si l'on trouve dans d'autres fonds tel rapport sur la situation en Afrique du Nord en date du 13 mai 1941, des lettres de responsables du groupement "Collaboration", 1943-1944, ou des documents sur le projet d'installer Pétain au château de Voisins, dans le département actuel des Yvelines, en mai 1944 ; la réquisition de l'hôtel de la princesse de Faucigny Lucinge, 2 rue Rude, par la Délégation en 1941, nous vaut un état des biens, des inventaires de la bibliothèque, des meubles et des objets conservés dans cette demeure.

Sans doute les cartons 411AP/4 et 5 renferment-ils beaucoup de documentation imprimée, mais il sera sans doute agréable au chercheur de trouver ici regroupées les coupures de presse relatives à Brinon (411AP/4, dossiers 1 et 2) et rassemblés les articles écrits par lui dans divers journaux et revues ou les coupures de presse relatives à son livre France-Allemagne (411AP/5, dossier 1). Le manuscrit d'un livre qu'il avait commencé à écrire en 1939 sous le titre "La marche vers la guerre" est, lui, resté inédit (2). De nombreuses photographies (411AP/5, dossier 2) permettront d'illustrer maintes études sur Brinon avant et durant la guerre.

Des documents relatifs au procès de Brinon en Haute-Cour sont déjà consultables aux Archives nationales dans le fonds de ladite Haute-Cour, sous les cotes MIC/3W/106 à 112 ; les papiers conservés en 411AP/6 en constituent un précieux complément : dossier de l'instruction, avec les dépositions de témoins et les interrogatoires de Brinon, des notes de l'accusé et les comptes rendus dactylographiés des audiences des 4, 5 et 6 mars 1947. Signalons que des comptes rendus identiques sont répertoriés dans cette même série AP où sont classées les archives du cabinet de sténographie judiciaire Bluet (334AP/37) et au Département Justice et Intérieur (DJI) en 3W/34.

À titre de relique a été laissé à part le dossier que Brinon avait entre les mains lors de son procès et qui, resté dans sa cellule, fut restitué à Mme Mittre après son exécution.

D'autres papiers privés d'anciens collaborateurs du maréchal Pétain sont parvenus aux Archives nationales. Cette même année 1980 a vu le don des papiers Brinon, mais aussi des papiers Lucien Romier et des papiers Henry du Moulin de Labarthète.

Un second don de Mme Mittre a complété le fonds par de nouveaux documents sur le procès et un certain nombre d'écrits de Brinon ou sur Brinon (411AP/7), auxquels s'ajoute un dossier plus personnel sur Simone Mittre et Brinon (411AP/8).

Les papiers du procès, assortis de nombreuses coupures de presse de l'époque, complètent ceux conservés en 411AP/6 ; quelques noms célèbres se comptent parmi les signataires du recours en grâce : Jean Cocteau, Maurice Goudekett, Madeleine Renaud, Tristan Bernard . Des écrits de Brinon et de nombreux textes sur lui se trouvent ici rassemblés.

Le carton 411AP/8 contient des papiers plus personnels et des renseignements sur la donatrice, Simone Mittre : le dossier de son incarcération nous fournit sa biographie jusqu'en 1945 (3), ainsi que des détails concrets sur le fonctionnement de la Délégation. La plus grande partie est formée par la correspondance presque quotidienne entre elle et Brinon pendant les deux années de détention de celui-ci : très émouvante, elle contient aussi de nombreux renseignements sur l'organisation de la défense de Brinon et la rédaction de ses Mémoires.

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1. Assez curieusement, sur la fameuse interview du 16 novembre 1933, on ne trouvera que des coupures de presse : voir 411AP/4, dossier 1.

2. On peut aussi considérer comme des écrits de Brinon les notes qu'il rédigea durant sa détention. Voir 411AP/6.

3. Simone Mittre (1897-1981) monta de Nice à Paris à 17 ans pour travailler comme sténodactylo. C'est Joseph Kessel, un ami de sa famille, qui la fait entrer en 1920 au Journal des débats où elle rencontra F. de Brinon. Elle le suivit en 1929 à L'information et devint sa secrétaire particulière, l'accompagnant dans ses voyages de 1928 à 1932, date à laquelle il rencontra Mme Ullmann-Franck. Elle fut enfin sa secrétaire à la Délégation générale. Emprisonnée comme lui à Fresnes en mai 1945, mais libérée en septembre, elle s'occupa de la défense de Brinon. Elle fut sa légataire universelle.

Historique du producteur

Fernand de Brinon naquit le 16 août 1885. Licencié en droit et diplômé des Sciences politiques, il opta pour le journalisme après un bref passage au barreau de Paris. Sa carrière se déroula d'abord au Journal des débats, que dirigeait un parent, Etienne de Nalèche, de 1909 à 1929 (1), puis à l' Information de 1932 à 1939, en tant que chef des service de politique étrangère. Après la Première Guerre mondiale, il s'était montré partisan d'un rapprochement franco-allemand, partageant les idées de Mandel, Reynaud, Tardieu et surtout de Daladier. C'est en songeant à préparer une entrevue entre celui-ci et Adolphe Hitler qu'il se rendit à plusieurs reprises en Allemagne. Il fut reçu par le Führer en septembre 1933 puis obtint de lui le 16 novembre suivant une interview qui eut un grand retentissement à l'époque.

La parution du livre de Brinon, France-Allemagne, 1918-1934 en 1934, la fondation l'année suivante du Comité France-Allemagne, ses missions à Berlin et ses relations avec de nombreux Allemands firent de lui un spécialiste des rapports franco-allemands. Aussi, après une retraite dans les Pyrénées commencée au printemps de 1939, fut-il appelé dès juillet 1940 par Pierre Laval pour le représenter à Paris auprès des autorités allemandes. Le 3 novembre de la même année, il était nommé ambassadeur de France par décision du maréchal Pétain, puis, le 17 décembre, délégué général du gouvernement français dans les territoires occupés, en remplacement du général de La Laurencie. Brinon exerça ces fonctions durant toute la guerre, ayant reçu en outre, dans le ministère Laval contitué en 1942, le titre de secrétaire d'Etat auprès du chef du gouvernement (2). Brinon suivit à Sigmaringen le maréchal Pétain et Pierre Laval et présida durant quelques mois une Commission gouvernementale française pour la défense des intérêts nationaux qui devait assurer la protection des intérêts français en Allemagne. Le jour même de la capitulation allemande, le 8 mai 1945, Brinon se trouvait à la frontière suisse, ayant demandé le passage afin de rentrer en France où il souhaitait se constituer prisonnier. L'officier américain. auquel il se présenta le fit conduire au quartier général de de Lattre à Lindau, où il arrivait le 9 mai au soir ; le 20 il était incarcéré à Fresnes. Fernand de Brinon subit durant sa détention deux opérations, l'une à l'infirmerie de Fresnes où il séjourna de juin 1945 à mars 1946, l'autre à l'hôpital Cochin le 2 avril 1946. Fin mai il sera conduit à l'hôpital de Nanterre, d'où le 20 février 1947 on le reconduira à Fresnes. Les 4, 5 et 6 mars il comparaissait devant la Haute-Cour de justice (3). Condamné à mort, il sera exécuté le 15 avril 1947 au fort de Montrouge.

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1. Certains datent de 1930 le départ de Brinon du Journal des débats.

2. Ministère Pierre Laval du 18 avril 1942 au mois d'août 1944.

3. Voir Les procès de collaboration. Fernand de Brinon Joseph Darnand, Jean Luchaire, Paris, Albin Michel, 1948, 634 p. Voir aussi M. Vaïsse, Sécurité d'abord. La politique française en matière de désarmement, 9 décembre 1930-17 avril 1934, Paris, 1981 (Publication de la Sorbonne), p. 109, 363-364, 446-447, 460, 476, 484, 495, 497-498, 501.

Entrée et conservation

Historique de la conservation

Les six premiers cartons de documents inventoriés ci-dessous ont été donnés aux Archives nationales par Mme Simone Mittre, secrétaire particulière de Fernand de Brinon depuis 1920. Des papiers de Brinon avaient été saisis par la Haute-Cour ; certains furent conservés dans les dossiers de celle-ci, d'autres furent rendus à Mme Mittre sur sa demande. Les scéllés restitués ont été classés ici à leur place logique (1).

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Fernand de Brinon avait épousé le 15 novembre 1934 Mme Franck, divorcée et mère de trois enfants. Aucun enfant ne naquit de cette union.

Sources et références

Sources complémentaires

2AV/1-2AV/3. Enregistrement d'entretiens avec Mme Simone Mittre (1897-1981) les 10 et 16 mars 1981 portant sur sa jeunesse, son entrée au Journal des Débats où elle fit la connaissance de Ferdinand de Brinon, sur sa vie durant la Seconde Guerre mondiale et sur le procès de Brinon : trois bandes (environ deux heures et demie).


Détail des entretiens enregistrés de Simone Mittre.

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