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Service central d’identification et sûreté nationale. (1885-1944)

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Reference codes
F/7/14616-F/7/14885
Date
1885-1944
Name of creator
France. Ministère de l'Intérieur. Direction de la Sûreté nationale (1876-1966)
Physical location
Pierrefitte

Description

Presentation of content

Sous les cotes F 7 14 616 à 14885 et F 7 14938 à 15002 ont été regroupés les dossiers qu'il a été jugé utile de conserver, après tri de papiers versés à peu près en vrac par le Ministère de l'Intérieur (Sûreté nationale) à différentes époques. Au mois d'octobre 1952, en effet, était transférée aux Archives nationales une première série de liasses dont l'inventaire fut alors établi par Melle Chabord conservateur aux Archives nationales ; elle rendit compte de la manière suivante du procèssus de versement :

"En août 1952, M. Cézard, conservateur aux Archives nationales, eut l'occasion d'examiner, dans les caves du Ministère de l'Intérieur, 11 rue des Saussaies, un lot de dossiers fort disparates, émanant des services de la Sûreté. Un état de ces dossiers fut dressé au Ministère et envoyé à la Direction des Archives pour observations. A la suite des décisions prises aux Archives nationales, le Service central d'identification de la Direction générale de la Sûreté fit mettre au pilon certains dossiers sans intérêt et verser, aux Archives nationales, 33 caisses de papiers en vrac, accompagnées d'un bordereau sommaire, qui ne correspondait d'ailleurs pas exactement au contenu des caisses.

"Celui-ci représentait, en réalité, les résidus de l'opération Nénuphar", c'est-à-dire un triage des dossiers de résidus retrouvés à la P.J. au moment de la reconstitution du Fichier central".

Des versements beaucoup plus considérables intervinrent en 1960 et en 1963, grâce aux démarches du Conservateur en mission au Ministère de l'Intérieur, Mme Devos, qui rédigea à ce sujet le rapport suivant : "En septembre 1960, à la suite de contacts pris par la Mission des Archives de France au Ministère de l'Intérieur avec l'administrateur GUENON, chef du Service Central d'Identification, le Conservateur chargé de mission, Mme Devos, visita, sous la conduite d'un Commissaire, le sous-sol de l'immeuble 127, Faubourg Saint-Honoré, siège de la 1ère brigade Mobile, et du Service des Voyages officiels et de la Sécurité des Hautes Personnalités. Elle y trouva, dans trois couloirs entourant une pièce centrale à usage de fichier, une masse considérable d'archives entassées à même le sol, montant jusqu'à 1m80 de haut sur une profondeur d'environ 18 mètres. Les dossiers comblaient les galeries ; tout cubage était impossible à évaluer".

"Les indications données par le Commissaire et des sondages directs à l'entrée d'un couloir révèlèrent qu'on se trouvait en présence des éléments d'un fichier englobant les années 1906-1907-1940. Exploité entre 1941 et 1944 par les Services allemands (Sicherheitspolizei SD Kommando IV) installés rue des Saussaies, ce fichier devint quasi inutilisable et, après la libération, fut descendu en cave. Il servit encore quelque temps sans être remis en ordre : des dossiers furent extraits et intégrés dans de nouvelles affaires. Enfin, son utilisation devenant de plus en plus problématique, il fut considéré comme "archives mortes" et, en 1950, transféré 127 Faubourg Saint-Honoré".

"En 1960 ce fonds fut proposé à la Direction des Archives, sans tris ni relevés préalables, les couloirs dans lesquels il était entassé réduisant d'ailleurs à l'extrême les possibilités de manipulations. Le principe du versement aux Archives nationales une fois acquis, les dossiers furent transférés entre le 27 et le 30 novembre 1960 au 54 rue des Francs-Bourgeois, où ils furent stockés en cave et dans des garages, leur mise sur rayonnages n'était pas possible. On ne peut calculer le nombre de mètres linéaires qu'ils représentaient alors, mais la charge totale des 13 camions nécessaires au transport, soit 50 tonnes environ, donne la mesure de l'importance du versement".

"Le Service Central d'Identification, par l'intermédiaire de la Mission des Archives de France, effectua un deuxième versement aux Archives nationales du 29 août au 18 septembre 1963."

"Ce versement comportait des dossiers provenant de la Délégation générale du Gouvernement en territoires occupés ; ils furent confiés sur place à la Mission qui achevait alors le classement des archives de la DGTO découvertes en 1960 dans une autre cave du Ministère, et intégrés dans leur fonds d'origine" (F60 1477-1637).

La masse de ces papiers formait un magma emplissant deux sous-sols et trois garages des Archives nationales ; une partie des dossiers étaient en caisses ou en cartons, le reste fut empilé à même le sol jusqu'aux plafonds. D'un premier examen, il apparut que les documents, dans leur majorité, se présentaient sous deux formes : des portéfeuilles (dossiers personnels) qui provenaient des archives du Service central d'identification, et des dossiers d'affaires de même origine, les premiers remontant à 1906-1907 environ, les autres un peu plus tardifs. A ce fonds primitif s'étaient trouvés mêlés, au cours des déménagements successifs intervenus au Ministère même, des dossiers provenant de la P.J., du Contrôle général des recherches judiciaires, du Contrôle général des services de police administrative, de la Direction des Renseignements généraux et du Service financier, de la Direction de la police du territoire et des étrangers, etc. Il a été fait mention plus haut des documents provenant de la D.G.T.O. A cet ensemble, déjà très disparate, étaient jointes des caisses de documents saisis, soit au début de la guerre 1939-1945 au domicile d'étrangers ou de suspects d'activités antinationales, soit pendant la guerre même par la police allemande ou française, au cours de perquisitions. Dans des cartons étiquetés "F.F.I." avaient été entassés sans aucune vérification, et dans un état de désordre total, ceux des papiers qui étaient censés provenir des groupes parisiens des Forces Françaises de l'Intérieur après la libération (entre août 1944 et janvier 1945 environ) : en réalité on y trouva, en vrac, des correspondances d'affaires et des papiers personnels probablement saisis par des F.F.I., des tracts, des exemplaires en nombre d'une série (très fragmentaire) d'individus recherchés par la D.S.M., de nombreuses lettres familiales reçues d'Allemagne par les soldats allemands en service dans les locaux de la place Beauvau, une partie des feuilles de transports d'une agence maritime allemande ; à des papiers provenant de la Direction des F.F.I. (qui dépendait du Ministère de la Guerre), ou du Bureau de Sécurité militaire 407 relevant du Gouvernement militaire de Paris, étaient joints les résidus de dossiers concernant les Yougoslaves en France entre 1926 et 1940 et une soixantaine de classeurs portant l'indication 26000 (documentation sur le communisme) qui provenaient du Secrétariat d'Etat à la Guerre (S.R.), et avaient été découverts et saisis par les Allemands après leur entrée en zône libre

V. Missions secrètes en France (novembre 1942 - juin 1943) par le colonel Passy (Plon, 1951), Deuxième bureau Londres, 10 Duke Street Londres, du même auteur, et La Guerre secrète des Services spéciaux français (1935-1945), par Michel Garder (Plon, 1967).

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Parmi les dossiers qu'avait classés Melle Chabord certains ne constituaient qu'un résidu, resté rue des Saussaies, du fonds déménagé rue du Faubourg-Saint-Honoré. Ils furent donc joints à l'ensemble des papiers versés en 1960-1963. Les archives du Bureau des Requêtes (rattaché au Secrétariat général auprès du Chef du Gouvernement de Vichy) qui, ayant été retrouvées dans les caves de la rue des Saussaies, faisaient partie du versement de 1952, furent cotées dans la série F60 (F60 1638 à 1665) réservée aux documents provenant de la Présidence du Conseil.

Pour achever l'historique de cet ensemble de dossiers il y a lieu de mentionner le fait que 10 liasses de documents de même provenance que les classeurs 26000 indiqués ci-dessus, c'est-à-dire émanées du S.R. du Secrétariat d'Etat à la Guerre (M. A.) furent remises, en mars 1966, par l'Ambassadeur d'U.R.S.S., au Général de Gaulle qui les a fait déposer aux Archives nationales. Ces liasses de renseignements concernant la Résistance, étaient tombées aux mains de l'armée soviétique lors de la campagne d'Allemagne.

F 7 15003 à 15012

Les diverses manipulations qu'avaient subies ces papiers, leur long séjour dans des caves humides (certaines liasses constituaient des blocs compacts dont il a été impossible de séparer les feuillets, d'autres étaient en partie déchiquetées par les rats), le mélange quasi inextricable de documents de diverses provenances, ont rendu nécessaire un long et minutieux travail de tri pièce à pièce, et de mise en ordre, avec la collaboration de Mme Daudet, avant qu'on puisse entreprendre un classement. L'ensemble de ces opérations a pris près de trois années.

La masse de beaucoup la plus importante en volume, sinon en intérêt, comportait, grosso modo, les archives du Service central d'identification (ancien Fichier central) pour la période comprise entre 1906 et mai 1940, auxquelles se trouvaient joints des documents émanés d'autres services dépendant de la Sûreté générale. Ainsi qu'on l'a indiqué plus haut, les dossiers étaient de deux sortes : des portefeuilles, classés par ordre numérique

Le fichier alphabétique qui devait exister pour permettre les recherches de dossiers personnels n'a pas été versé.

, contenaient les pièces se rapportant à chaque individu ayant fait l'objet d'une arrestation, d'une surveillance, d'une dénonciation, de recherches, ou de vérifications, à des forains ou des étrangers, des dossiers d'affaires c'est à dire comportant, pour une affaire déterminée, les rapports de police, les résultats d'enquêtes sur commissions rogatoires, les demandes de renseignements, surveillances diverses, procès-verbaux d'auditions de témoins, transmissions de pièces aux autorités judiciaires, coupures de presse, etc. Ces dossiers semblent avoir été groupés par matière : assassinats, jeux, recherches de déserteurs, stupéfiants, surveillance de suspects, trafics d'armes, traite des femmes, etc. Il va sans dire qu'aucune série n'était, de loin, complète, non plus que la suite des portefeuilles. L'ensemble constituait, du fait des circonstances, un échantillonnage de diverses catégories de dossiers bien plutôt qu'un fonds d'archives proprement dit. Après tri, seuls les dossiers pouvant présenter un intérêt historique, si minime fût-il, ont été conservés, et regroupés par sujets, comme dans leur classement primitif, avec cette différence que, le cas échéant, on a joint, aux dossiers des affaires conservées, le ou les portefeuilles individuels des personnes impliquées, lorsque ceux-ci ont pu être retrouvés.

La période de l'occupation (de juin 1940 à août 1944) n'était finalement représentée que par six liasses de documents divers (F7 14880 à F7 14885) en dehors de ce qui avait pu être récupéré des papiers saisis par la Gestapo au domicile de résistants arrêtés, ou sur eux. Ces papiers ont rempli sept cartons à joindre aux séries de dossiers émanés des autorités allemandes d'occupation.

Il a paru utile de classer alors à leur place chronologique : le fonds d'archives du Secrétariat général à la Police, devenu, à la fin de 1943, Secrétariat général au Maintien de l'ordre (ces dossiers, classés à la mission du Ministère de l'Intérieur ont été versés en 1967) ; et des papiers provenant du corps des Gardes des communications et des Contrôles techniques, respectivement entrés aux Archives nationales en 1946 et 1952 (F714886 à 14937).

Enfin, à la suite des dossiers de la Direction des F.F.I., du Bureau de sécurité militaire 407, et de l'Inspection générale des camps d'internement (ces derniers versés en 1967 par la Mission du Ministère de l'Intérieur) ont été groupés les classeurs provenant du Secrétariat d'Etat à la Guerre (F7 14974 à 15012).

J. Mady.

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