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Inventaire - Cotes :

Fonds Simone VEIL (1882-2014)

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Cotes
688AP/1-688AP/420
Date
1882, 1950-2014
Nom du producteur
Centre des démocrates sociaux (France ; 1976-1995)Veil, Simone (1927-2017) - 
Importance matérielle
et support
56 mètres linéaires ; 420 cartons.
Localisation physique
Pierrefitte-sur-Seine
Conditions d'accès

Reproduction sur autorisation

Conditions d'utilisation

Communication sur autorisation

Description

Présentation du contenu

Le fonds Simone Veil conserve principalement les archives de ses activités ministérielles au gouvernement de 1974 à 1979 et de 1993 à 1995, à la présidence de l'Europe de 1979 à 1982 ou comme députée au parlement européen jusqu'en 1993, ainsi que les articles ou interviews publiés dans de nombreux médias au cours de sa longue carrière politique en France ou en Europe et à l'étranger.

Plusieurs séries de discours, de correspondance et de dossiers thématiques ou documentaires cloturent l'ensemble du fonds.

SOMMAIRE GÉNÉRAL :

  • 688AP/1-35. Papiers personnels et œuvres autobiographiques. 1959-2014.
  • 688AP/36-117. Carrière professionnelle et politique. 1957-2008.

- 688AP/36-71. Fonctions ministérielles et gouvernementales. 1957-2008.

- 688AP/72-117. Mandats au Parlement européen (PE). 1950-2006.

  • 688AP/118-130. Hautes juridiction françaises et internationales. 1985-2010.
  • 688AP/131-169. Commissions, fondations ou associations françaises et internationales. 1977-2013.
  • 688AP/170-228. Discours, interviews, déplacements et participations. 1974-2012.
  • 688AP/229-232. Pétitions et refus divers. 1980-2012.
  • 688AP/233-336. Correspondance sérielle. 1963-2014.
  • 688AP/337-420. Dossiers thématiques, personnels, revue de presse et documentation. 1882, 1958-2013.

- 688AP/337-340. Dossiers personnels. 1965-2010.

- 688AP/341-349. Politique française, européenne et divers. 1975-2013.

- 688AP/350-361. Politique internationale et droits de l'homme. 1882, 1965-2010.

- 688AP/362-365. Mémoire de la Shoah et du judaïsme. 1977-2012.

- 688AP/366-391. Séries de coupures de presse. 1974-2013.

- 688AP/392-395. Travaux universitaires, biographiques et scolaires sur Simone Veil. 1958-2013.

- 688AP/396-420. Documentation thématique, publications, affiches et enregistrements. 1978-2013.

Mode de classement

Répertoire numérique détaillé.

Langue des documents

Français
Allemand
Anglais

Institution responsable de l'accès intellectuel

Archives nationales

Historique du producteur

Simone Jacob est née le 13 juillet 1927 à Nice. Après Madelaine « Milou », Denise et Jean, Simone est la cadette du couple André Jacob (1891-1944), architecte et Yvonne Steinmetz. La famille Jacob est d'origine juive de Lorraine, mais non pratiquante.

Malgré la Seconde Guerre mondiale et l'occupation de la France par l'Allemagne nazie, Simone passe son baccalauréat le 29 mars 1944. Le lendemain elle est arrêtée à Nice par la police allemande, conduite à l'Hôtel Excelsior, occupé alors par la Gestapo, puis elle est envoyée le 7 avril au camp de Drancy près de Paris, où elle retrouve Madeleine et sa mère. Sa sœur Denise, résistante est arrêtée et déportée à Ravensbrück, Jean et André Jacob sont déportés et assassinés en Lituanie. Ensuite, Madelaine, Yvonne et Simone sont transférées au camp de travail de Bobrek (camp du complexe d'Auschwitz-Birkenau en Pologne), où elles parviennent à rester ensemble. Avec l'arrivée des forces Américaines en Allemagne, les Nazis décident de transférer les déportés à Bergen-Belsen à la fin du mois de janvier 1945, c'est la « marche de la mort », infligée aux derniers prisonniers des camps. En mars, Yvonne Jacob meurt du typhus à Bergen-Belsen et le mois suivant le camp est libéré par les troupes britanniques. Le 23 mai 1945, Simone et Madeleine Jacob sont de retour en France où elles retrouvent Denise.

Cette dernière année, Simone ayant obtenu son diplôme de baccalauréat débute ses études à l'Institut d'études politiques de Paris où elle rencontre Antoine Veil. Simone Jacob et Antoine Veil se marient le 26 octobre 1946 à Paris. Le couple aura 3 garçons : Jean (1947), Nicolas (1948) et Pierre-François (1954). Tandis qu'Antoine Veil travaille dans des cabinets ministériels, Simone achève ses études à l'École nationale de la magistrature et obtient le concours en 1956. Entre 1957 et 1964, elle inspecte les établissements pénitentiaires pour le ministère de la Justice, puis en 1959, elle devient membre de la Société internationale de Criminologie comme déléguée nationale. En 1964 elle est nommée à la Direction des Affaires civiles et du Sceau, sous-direction de la Législation : à ce titre elle participe à la réforme du Code Civil pour ce qui relève du droit de la famille. En 1966, elle assume simultanément le poste de secrétaire de la Commission de Réforme de la loi de 1938 sur l'internement des malades mentaux et de secrétaire de la Commission d'études sur les problèmes relatifs à l'adoption. De plus, elle est également conseillère ministérielle de 1964 à 1969, notamment dans le cabinet de René Pleven, garde des Sceaux du gouvernement Chaban-Delmas qu'elle intègre en 1969, comme conseiller technique chargée de suivre les affaires civiles, avant d'être nommée par le Président de la République, secrétaire du Conseil supérieur de la Magistrature en 1970. Elle est ensuite désignée comme membre des Comités d'experts du Conseil de l'Europe, par le ministre de la Justice (ces comités sont chargés de préparer les conventions européennes sur l'âge de la majorité ainsi que sur la filiation naturelle). En 1971, elle est nommée par le président de la République, Georges Pompidou, membre du Conseil d'administration de l'Office de Radio Télévision Française (ORTF).

Du 28 mai 1974 au 4 juillet 1979, elle est nommée ministre de la Santé sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing. Pendant son mandat elle fait adopter la loi sur l'Interruption volontaire de grossesse (IVG) le 29 novembre 1974. Cette loi rentre en vigueur le 19 janvier 1975.

Peu après la fin de ses fonctions au gouvernement, elle s'engage en faveur du Parlement européen. En juin 1979, elle conduit la liste UDF pour les premières élections au Parlement européen au suffrage universel direct. Simone Veil devient la première femme présidente du Parlement européen entre juillet 1979 et janvier 1982. Elle préside également pendant deux ans, la commission juridique. Réélue en juin 1984 au Parlement européen sur la liste RPR-UDF qu'elle conduit, Simone Veil mène ensuite une campagne pour devenir présidente du Groupe libéral, démocratique et réformateur, de 1985 à 1989.

Durant son mandat, elle est successivement Présidente du Comité français pour l'année Européenne de l'Environnement en 1987, et du Comité Européen pour l'année européenne du cinéma et de la télévision en 1989. Fervente citoyenne de l'Europe, Simone Veil, s'engage l'année suivante dans une troisième législature au Parlement européen entre 1989 et 1993. Durant ce mandat elle s'occupe principalement de la commission européenne chargée d'une assistance financière de la crise du Golfe en 1990.

À la demande d’Édouard Balladur en avril 1993, Premier ministre sous François Mitterrand, Simone Veil est nommée ministre d'État des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville, poste qu'elle assume deux ans, jusqu'à mai 1995. Entre 1997-1998, elle préside le Haut Conseil à l'intégration (HCI), et de 2003 à 2009, le Comité directeur du Fonds au profit des victimes relevant de la Cour pénale Internationale (CPI), tout en siégeant au Conseil constitutionnel jusqu'en 2007. La même année elle soutient Nicolas Sarkozy en vue de son élection à la Présidence de la République.

Quarante années après sa déportation en Pologne, elle retourne au camp de Birkenau en 1994, avec une délégation du Parlement européen ; elle y revient en janvier 2005, pour participer aux cérémonies du 60e anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz par l'armée soviétique, accompagnée de sa famille, d'anciens déportés et de journalistes. Depuis 2001, Simone Veil est présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, dont le siège se trouve au Mémorial du Martyr juif inconnu, rue Geoffroy l'Asnier à Paris, dont elle devient Présidente d'honneur en 2007.

En parallèle de ses engagements gouvernementaux et européens, elle est membre de partis politiques : l'Union pour la démocratie française (UDF) puis en octobre 2012, l'Union des démocrates et indépendants (UDI), présidé par Jean-Louis Borloo. Par ailleurs, elle rédige son histoire personnelle dans son ouvrage autobiographique Une vie, publié chez Stock en 2007. Elle est élue à l'Académie française l'année suivante au fauteuil de Pierre Messmer le 20 novembre 2008.

Simone Veil est docteur honoris causa de multiples établissements universitaires dont Princeton (New Jersey, États-Unis, 1975), l’Institut Weizmann de Réhovot (Israël, 1976), l’université de Cambridge (Royaume-Uni, 1980), l’université de Georgetown à Washington (États-Unis, 1981), l’université libre de Bruxelles (1984), les universités de Yale (États-Unis, 1980), de Glasgow en Écosse (Royaume-Uni, 1995), de Pennsylvanie (États-Unis, 1997), de Montréal au Québec (Canada, 2007), de Netanya (Israël, 2008), de Bologne (Italie, 2009), Ben Gourion (Israël, 2010), de Tel Aviv (Israël, 2011), et de Meiji (Japon, 2011).

Pour ses engagements, Simone Veil a reçu de nombreux prix et distinctions honorifiques : prix « Athènes » de la Fondation Onassis (1980), prix Charlemagne International (Karlpreis 1981), prix Heinrich Heine (2010), elle a également été distinguée par la grand'croix de la Légion d'honneur en juillet 2012 qui lui sera remise au palais de l'Élysée par le Président de la République François Hollande deux mois après.

Denise Vernay (née Jacob), sœur de Simone et ancienne résistante, décède en mars 2013 à 88 ans. Un mois après, Antoine Veil, époux de Simone, disparaît en avril 2013. Simone Veil décide alors de se retirer de toute activité publique et elle interrompt sa carrière politique. Durant de nombreuses années, des enquêtes d'opinions indiquent régulièrement qu'elle figure toujours parmi les personnalités les plus populaires aux cœurs des Français. Simone Veil décède à son domicile parisien le 30 juin 2017 à 89 ans.

Sophie Ravary et Pascal David-Dormien

Entrée et conservation

Modalités d'entrée

Don de la famille Veil, février 2014

Historique de la conservation

Le fonds Simone Veil est le premier fonds d'archives privées entré directement sur le nouveau site des Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine en septembre 2012, quelques mois avant le transfert de l'ensemble des fonds et séries du site parisien du Département des archives privées (DAP). Il a été complété fin 2013, par un important supplément en provenance du secrétariat particulier de Simone Veil, rue de Rome à Paris. Afin de rendre le classement du fonds cohérent les deux entrés ont été fusionnées au cours de l'année 2015.

Évaluation, tris et éliminations

Aucune élimination n'a été effectué au cours du classement du fonds.

Existence et lieu de conservation des documents originaux

Pierrefitte-sur-Seine.

Sources et références

Sources complémentaires

Les Archives nationales, site de Pierrefitte-sur-Seine, conservent certains dossiers ou fonds d'archives relatifs à Simone Veil, ou sa famille :

  • AJ/52/588. André Jacques Jacob, élève architecte aux Beaux-Arts entre 1921 et 1930.
  • AJ/16/8850 et 8865. Simone Jacob, dossiers individuels des boursiers de l'enseignement supérieur accordés pour faits de guerre de l'Académie de Paris (1945-1958).
  • 742AP. Fonds Antoine Veil (1926-2013).

Plusieurs autres fonds ou sous-séries complètent le fonds Simone Veil, notamment les références ci-dessous (liste non exhaustive) :

  • 19930592/6. Santé ; Direction générale de la santé ; conseiller technique (1974-1979). [Politique ministérielle de santé publique : Discours du ministre de la santé]
  • 19960368/1-150. Santé ; Cabinet et services rattachés au ministre de la Santé ; Cabinet (1987-1995). [Cabinet commun de Simone Veil, ministre d'état des affaires sociales, de la santé et de la ville et de Philippe Douste-Blazy, ministre délégué à la santé]
  • 19970081/18-23. Santé ; Service information, communication. Discours et retombées de presse (1993-1995).
  • 19970090/4. Justice ; Direction des affaires criminelles et des Grâces, sous-direction de la législation criminelle. Élaboration de la « Loi Veil » et débats parlementaires (1974-1975).
  • 19980401/15-22. Services communs à la santé et au travail ; Cabinet et services rattachés au ministre ; Bureau presse, information, œuvres (1993-1995).
  • 19990286/1. Condition féminine ; Service du droit des femmes et de l'égalité ; Bureau de la communication, de l'information et de la culture - Bureau de la communication (1993-1995).
  • 20060283/3. Santé ; Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). 1974-1976.
  • 20120246/1-107. Division des cabinets courrier parlementaire et courrier des élus adressé aux Ministres chargées des affaires sociales et de la santé. Classement alphabétique (1993-1995).

Les tables nominatives des interventions devant l'Assemblée nationale du ministre Simone Veil, sont consultables sur le site internet suivant :

  • http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/tables_archives/simone-veil.asp

A l'étranger, les archives historiques du Parlement européen disposent d'un centre archivistique et documentaire (CARDOC) établi dans la ville de Luxembourg, ce dernier conserve des archives Simone Veil dans les fonds des présidents.

(Fonds classé en 3 séries organiques et 2 annexes) :

  • Personnage public. PE1 P1 100/PERS.
  • Présidence du Parlement. PE1 P1 200/PRES.
  • Secrétariat du Parlement. PE1 P1 300/SEC.
  • Élection au Parlement européen. PE1 P1 400/ANN1.
  • Intégration européenne. PE1 P1 410/ANN2.

Bibliographie

Bibliographie et ouvrages autobiographiques :

  • Briand (Sarah), Simone, éternelle rebelle, éd. Fayard, Paris 2015.
  • Pfaadt (Laurent), Simone Veil, une passion française, éd. City, 2011.
  • Sarazin (Michel), Une femme, Simone Veil, éd. Robert Laffont, Paris 1987.
  • Sauvard (Jocelyne), Simone Veil, la force de conviction, éd. de L'Archipel, Paris 2012.
  • Szafran (Maurice), Simone Veil, Éd. Flammarion, Paris 1994.
  • Veil (Simone), Les hommes aussi s'en souviennent, éd. Stock, Paris 2004.
  • Veil (Simone), Une vie, éd. Stock, Paris 2007.
  • Veil (Simone), Une jeunesse au temps de la Shoah, extraits d'Une vie, Librairie générale française, Paris 2010.

Sélection d'articles biographiques :

  • Genestar (Alain), « Simone Veil, retour à Auschwitz », dans Paris Match, n°2904, 13-19 janvier 2005, pp. 23-49.
  • Kupferman (Fred), « L'atout-cœur de l'opposition », dans L'Express, 30 mars 1984, pp. 126-127.
  • Manceaux (Michèle), « Magré tout, je suis optimiste », dans Marie Claire, n°455, juillet 1990, pp. 26-34.
  • Pégard (Catherine), « Opposition : Simone Veil fait la loi », dans Le Point, n°592, 23 janvier 1984, pp. 34-39.
  • Pincas (Eric), « Simone Veil, une conscience politique », dans Historia, n°714, juin 2006, pp. 80-85.
  • Provence (Myriam), « Simone Veil l'Européenne », dans Généalogie Magazine, hors série n°282, juillet 2008, pp. 28-31.
  • Rimmer (Rachel), « Simone Veil, déportée et femme politique », dans L'Arche, hors série, n°642, juin 2013, pp. 46-49.
  • Schemla (Elisabeth), « Simone Veil, un destin français », dans Le Nouvel Observateur, n°1564, 27 octobre-2 novembre 1994, pp. 72-76.

Ouvrages collectifs et discours imprimés :

  • Bothorel (Jean), Julliard (Jacques), Kahn (Jean-François) et Konopnicki (Guy), « Simone Veil - Un destin français », dans Marianne, n° hors série, mars 2016.
  • Launay (Clément), Soule (Michel), Veil (Simone), L'adoption, données médicales, pasychologiques et sociales, Édions sociales françaises (ESF), Paris 1968.
  • Pavard (Bibia), Rochefort (Florence) et Zancarini-Fournel (Michelle), Les Lois Veil, Contraception 1974, IVG 1975, éd. Armand Colin, Paris 2012.
  • Veil (Simone), Discours, 2002-2007, Fondation de la mémoire de la Shoah, 2007.
  • Veil (Simone), Mes Combats - Les discours d'une vie, éd. Bayard, Montrouge, 2016.

Documentaires, DVD et divers :

  • Adler (Laure), interview filmée de Simone Veil dans « Les grands entretiens du siècle », 2 décembre 1997, vidéo consultable sur le site de l'Institut national de l'audiovisuel (ina.fr).
  • Faure (Christian), La Loi, adaptation en téléfilm de l'histoire de la loi sur l'IVG de 1974 (DVD), avril 2015.
  • Gosse (Jean-Marc), Simone Veil - Destin courage (DVD), janvier 2017.
  • Huppert (Isabelle), Simone Veil, la loi d'une femme, France Télévision, collection "Empreintes" (DVD), 2008.
  • Poblete (Maria), Simone Veil - Non aux avortements clandestins, éditions Actes Sud (ebook), 2012.
  • Teboul (David), Simone Veil : une histoire française, Paris, Adav, Doc & co (éditeur), 2004.

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