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Fonds de la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France (1902-2012).

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Reference codes
AS/205(I)/1-AS/205(I)/259, AS/205(II)/1-AS/205(II)/24
Date
1902-2012
Material importance
and support
283 cartons, 32,30 mètres linéaires.
Physical location
Pierrefitte-sur-Seine
Access conditions

Communication libre, sous réserve du règlement en vigueur dans la salle de lecture des Archives nationales, à l'exception des articles AS/205(I)/12-AS/205(I)/15 (protection de la vie privée).

Conditions of use

Reproduction selon le règlement en vigueur aux Archives nationales.

Substitute document

Une seconde collection des publications, moins complète que celle constituée dans le fonds, est conservéé, au sein de la bibliothèque historique.

Description

Presentation of content

 

Une association plus que centenaire mais un fonds amputé de son premier demi-siècle d’existence

 

Sauf quelques bribes, les archives antérieures à la Seconde guerre mondiale ont disparu pendant celle-ci ou à la suite d’une dégradation matérielle irréparable. Nous devons ainsi nous contenter seulement de la collection partielle de la revue initiale, le Bulletin de la SPPF (1902-1939), puis de la correspondance de la présidence Boivin-Champeaux interrompue par la guerre, enfin des traces de la refondation avec les nouveaux statuts et le refinancement après-guerre autour de la personnalité d’Henri Texier.

 

Une mémoire à double-fonds : deux associations sœurs dans un second demi-siècle d’existence

 

Sur le plan thématique, le cœur du fonds de la SPPEF, qui se retrouve idéalement au centre du plan de classement, est véritablement constitué par la correspondance des délégations départementales, qui représente la partie la plus volumineuse, soit 45 %. Le reste se répartit comme suit : 6 % pour les parties administratives (administration, finances-comptabilité, personnel), 27 % pour les documents d’activités (internes, et secondairement, externes), 12 % en terme de documentation. Sur le plan chronologique, il apparaît que le volume d’archives est substantiel à partir de la présidence Silvestre de Sacy, et que la diversification des activités s’intensifie sous la présidence Albrecht. La partie ANPVA, constituée aussi d’une correspondance importante des délégués des villes d’art, représente 10 % de l’ensemble.

 

Limites et passerelles chronologiques

 

Il convient de signaler des lacunes notables dans le fonds. Il s’agit des coupures dans la collection de dossiers des assemblées générales (1960-1984) puis des conseils d'administration (1967-1992), le courrier général de la direction pouvant offrir des compensations pour ces périodes, plus certaines à partir de 1978, date de début du chrono départ. La remarque est valable pour la partie ANPVA depuis sa création en 1964 et pendant toute la présidence de Silvestre de Sacy : la collection commune des assemblées générales et des conseils d'administration n’étant pas constituée avant 1994 peu après l’arrivée de Paule Albrecht, il faut se référer au courrier général de la direction disponible à partir de 1972, et avant cela, éventuellement dans celui de la SPPEF sous la présidence Palewski, Silvestre de Sacy en étant vice-président depuis 1954.

 

Par ailleurs, il faut signaler la constitution tardive de séries importantes telles que les affaires judiciaires (pas avant 1987) et les groupes de travail (pas avant 1992) dans le cadre des activités internes, et les commissions (pas avant 1971) dans le cadre des activités externes. Concernant les affaires, il faut considérer qu’avant l’arrivée de Maître Olivier Chaslot, les dossiers contentieux ne sont pas séparés de ceux des délégations départementales. A propos de la conservation des dossiers des colloques annuels, 1985 apparaît comme un jalon : à partir de cette date, on dispose d’un sous-dossier dans chaque assemblée générale pour les journées d’étude SPPEF (les dossiers d’assemblée générale manquent jusqu’à 1984 et il semble que les journées d’études n’existaient pas avant) ; parallèlement, on dispose d’un dossier conséquent pour chaque congrès ANPVA (ces derniers, qui existent dès l’origine depuis 1964, ne laissent qu’un dossier limité jusqu’en 1984). Enfin, la chronologie comparée de la correspondance des délégués dans chaque association n’est pas complètement synchrone : contrairement à la correspondance des délégués SPPEF qui court jusqu’à 2011, celle de l’ANPVA ne dépasse pas 1990.

 

SOMMAIRE

 

AS/205(I)/1-AS/205(I)/259. SPPEF. 1902-2012.

AS/205(I)/1-7. Administration. 1930-2011

AS/205(I)/8-10. Finances-comptabilité. 1945-2011.

AS/205(I)/11-15. Personnel. 1970-2011.

AS/205(I)/16-161. Correspondance. 1936-2011.

- AS/205(I)/16-25. Direction. 1936-2008.

- AS/205(I)/26. Trésorier. 1998-2009.

- AS/205(I)/27-161. Délégations. 1952-2011.

  • AS/205(I)/27-39. Paris, par arrondissement. 1961-2011.
  • AS/205(I)/40-57. Ile-de-France, par département. 1966-2010.
  • AS/205(I)/58-159. Province, par département. 1952-2011.
  • AS/205(I)/160-/161. Revues de presse. 1953-2008.

AS/205(I)/162-224. Activités organisées en interne. 1960-2012.

- AS/205(I)/162-187. Travaux internes. 1970-2011.

  • AS/205(I)/162-171. Groupes de travail. 1992-2011.
  • AS/205(I)/172-178. Veille juridique, lobbying, action législative. 1977-2010.
  • AS/205(I)/179-187. Contentieux, action judiciaire. 1987-2006.

- AS/205(I)/188-224. Événements publics. 1960-2012.

  • AS/205(I)/188. Conférences et colloques. 1984-2011.
  • AS/205(I)/189-AS/205(I)/217. Concours et prix. 1960-2012.
  • AS/205(I)/218-AS/205(I)/223. Campagnes de sensibilisation. 1978-1998.
  • AS/205(I)/224. Centenaire. 1999-2001.

AS/205(I)/225-238. Participation à des activités extérieurs. 1971-2011.

- AS/205(I)/225-236. Travaux communs. 1971-2011.

  • AS/205(I)/225. Conseils nationaux. 1994-2008.
  • AS/205(I)/226-230. Commissions de protection. 1971-2011.
  • AS/205(I)/231-236. Associations. 1996-2010.

- AS/205(I)/237-/238. Événements publics. 1991-2011.

AS/205(I)/239-259. Documentation produite. 1902-2012.

- AS/205(I)/239-245. Bibliothèque, publications internes. 1902-2012

  • AS/205(I)/239. Bulletins de la SPPEF. 1902-1939.
  • AS/205(I)/240-245. Revues Sites et Monuments. 1958-2012.

- AS/205(I)/246-258. Photothèque. 1968-2001.

- AS/205(I)/259. Audiothèque. 1987-2010.

 

AS/205(II)/1-AS/205(II)/24. ANPVA. 1961-2011.

AS/205(II)/1. Création et administration. 1964-2011.

AS/205(II)/2-10. Correspondance. 1961-1992.

- AS/205(II)/2. Correspondance générale. 1972-1992.

- AS/205(II)/3-10. Correspondance par ville d'art. 1961-1992.

AS/205(II)/11-24. Congrés annuels. 1966-2011.

Classification method

État de classement

Fonds classé, à l'exception de :

  • certaines délégations départementales :

- indicatifs 01, 02, 03, 07, 08, 09, 11, 14, 15, 18, 19 et 20 (pré-classés) ;

- indicatifs 21 à 74, 76 et 78 à 95 (non classés).

  • la photothèque, hors exposition : cotes 246 à 256.

Language of documents

Français

Institution responsible for intellectual access

Archives nationales (France)

Creator history

La SPPEF, pionnière des associations de rang national de sauvegarde du patrimoine

 

La Société pour la protection des paysages de France (SPPF), selon l'appellation d'origine, est créée le 11 novembre 1901, inaugurant le statut même du contrat d'association légalisé en juillet. Dans un contexte où la conscience patrimoniale s'affirme, elle apparaît après le Touring Club de France (1890) avec lequel elle est étroitement liée à ses débuts, mais bien avant La Sauvegarde de l’art français (1921) qui aide à la restauration du patrimoine non protégé, et La Demeure historique (1924) qui fédère les propriétaires de monuments historiques privés. Dès l'origine, l'association s'attache à défendre l'harmonie esthétique de nos paysages, dans leur dimension naturelle et anthropique, prenant en compte dans une large mesure le patrimoine bâti. Elle s'oppose ainsi aux intérêts particuliers qui défigurent notre environnement présent et ruinent l’héritage du passé : affichage publicitaire sauvage, industrialisation envahissante, urbanisme ravageur ou inadapté.

 

Liste chronologique des présidents  :

 

- période SPPF

  • Sully Prudhomme (1901) ;
  • Charles Beauquier (1901-1916) ;
  • Honoré Joseph Cornudet (1916-1930) ;
  • Jean Boivin-Champeaux (1930-1954), en parallèle à la SDEGF (1930-1954) ;
  • Henri Texier, fondateur (1930-1952) ;
  • Jean Boivin-Champeaux (1952-1954) ;

 

- période SPPEF

  • Jacques de Maupeou (1954-1963) ;
  • Jean-Paul Palewski (1963-1976) ;
  • Jacques Silvestre de Sacy (1976-1993) ;
  • Paule Albrecht (1993-2011) ;
  • Alexandre Gady (2011-).

 

L'histoire de la SPPEF peut se découper en deux phases, avec d'abord un grand demi-siècle durant lequel elle apporte une contribution essentielle à la construction de notre législation patrimoniale. « Jusqu’en 1962, la SPPEF accomplit tout un travail dont l’objectif est de donner des bases juridiques à l’action en faveur du patrimoine, des sites et de l’esthétique en France ». Ces avancées décisives sont l'héritage de l'implication de personnalités marquantes qui se sont succédées à la présidence de l'association, lui permettant de conquérir rapidement sa notoriété et gagner une influence jusqu'aux plus hautes sphères du pouvoir. La SPPF des origines est menée par des personnalités littéraires. Elle est fondée par le médecin Henri Cazalis, plus connu sous son nom de plume Jean Lahor, poète et grand voyageur, qui en confie la direction à Sully Prudhomme, également poète, philosophe et premier prix Nobel de littérature. Celui-ci passe aussi la main, pour des raisons de santé, à un homme de transition, éclectique, à la fois chartiste, journaliste critique d'art et député du Doubs : Charles Beauquier, qui s'illustre dès son arrivée avec une première affaire victorieuse, la préservation des sources du Lison à Nans-sous-Sainte-Anne dans son département (1902), et devient le père de la première loi des sites (1906). Honoré Joseph Cornudet, qui lui succède au cœur de la première guerre mondiale, fustige la laideur des reconstructions et part en devenant le père de la seconde loi des sites (1930). A partir de lui, l'association entre dans une ère où sa destinée est prise en main par des personnalités politiques dont la position et la détermination renforcent sa légitimité. Jusqu'à 1976, chaque président est issu de la classe politique avec une carrière qui cumulera au moins deux types de mandats : ils ont tous été parlementaires, certains ont aussi été maires, parfois même élus à la tête d'assemblées.

 

Œuvre législative des présidents  :

- loi Beauquier du 21 avril 1906 organisant la protection des sites et monuments naturels de caractère artistique et instituant les CDS ;

- loi Beauquier du 10 avril 1910 contre les abus de l’affiche-réclame ;

- lois du 14 mars 1919 sur les plans d’extension et d’aménagement des villes, du 19 juillet 1924 sur les lotissements, du 15 mars 1928 sur la viabilisation de nouvelles agglomérations, initiées par Cornudet ;

- loi Cornudet du 2 mai 1930 relative à la protection des monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, et création de la CSSMN ;

- loi Boivin-Champeaux du 7 mars 1924 interdisant les panneaux-réclame dans les stations thermales et touristiques ;

- loi Malraux du 4 août 1962 sur les secteurs sauvegardés rapportée au Sénat par Maupeou, puis Palewski premier président de la CNSS ;

- projet de loi Palewski de 1972 pour faciliter le droit d’action en justice des associations de défense de la nature.

  

La seconde phase s'ouvre à la suite d'un renouveau institutionnel. La seconde guerre mondiale donne un coup d'arrêt à la vie de l'association, à mi chemin de la direction de Jean Boivin-Champeaux. Sous sa direction d'avant-guerre, elle obtient la reconnaissance d’utilité publique le 7 novembre 1936. Or, il est impliqué dans deux autres associations, à la Ligue urbaine et rurale (LUR) créée en 1943 et surtout à la Société pour la défense de l'esthétique générale de la France (SDEGF) créée en 1930 par Henri Texier qu'il seconde comme vice-président jusqu'au décès de celui-ci en 1952, puis qu'il remplace comme président. Préparée dans l'évolution de cette double-présidence, la fusion entre la SDEGF et la SPPF se concrétise au début de la présidence Jacques de Maupeou : une fois la SDEGF dissoute le 2 juillet 1954, la SPPF devient la SPPEF le 20 janvier 1955, prenant son nom actuel de Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France, et s'affiche comme Fondation Henri Texier. Avec l'arrivée de ce nouveau président secondé dès 1954 par Jacques Silvestre de Sacy, l'installation du siège actuel en 1957, puis, grâce au legs Texier, la relance de la publication en 1958 après 20 ans d'interruption, on assiste alors à une véritable refondation.

 

Jean-Paul Palewski représente une nouvelle transition, puisqu'il ferme la tradition politique de la direction tout en amenant un profil d'historien qui s'impose par la suite. Auteur de nombreux ouvrages, dont des essais, des biographies et des études historiques, il est spécialiste du Grand Siècle et de la région francilienne. Cette orientation historique sera confirmée, sous l'angle de l'histoire de l'art, avec ses successeurs dont les travaux ont une affinité évidente : Jacques Silvestre de Sacy publie sur le vieux Paris dans les années 1960 et Alexandre Gady sur l'architecture moderne et largement parisienne, depuis les années 1990. La SPPEF, qui obtient le 10 février 1978 plusieurs agréments ministériels (culture, environnement, aménagement du territoire), donc une compétence étendue pour agir en justice, trouve en Sacy une figure incontournable. Déjà vice-président de la SPPEF depuis 1954 et président de l'ANPVA qu'il fonde en 1964, maître d'œuvre et auteur prolifique de la revue Sites & Monuments, Sacy témoigne d'une mobilisation continuelle dont la « Bataille des Halles » (1967-1970) et la campagne nationale pour la Sauvegarde des églises de France (1978-1981) marquent deux jalons symboliques. Paule Albrecht qui l'a longtemps secondé et s'est forgé une patiente expertise, donne ensuite une couleur féminine et moderne à l'association. La longévité de leur action est remarquable et comparable, tant dans la durée respective de leur vice-présidence que de leur présidence. Grâce à Albrecht, les liens internes sont renforcés vers les délégués départementaux, correspondants locaux, associations affiliées pour former un réseau actif, tandis que les liens externes sont démultipliés autant que possible partout où la voix de la SPPEF peut être portée : la représentation se développe tant dans les instances publiques (conseils nationaux, commissions de protection à tous les échelons) que privées (associations de rang national et même européen). Des groupes de travail internes aux thématiques diverses, aux débats externes des instances, en passant par le dialogue permanent avec les élus et les pouvoirs publics, le rôle de conseil et de concertation s'intensifie. Enfin, le rôle d'information et de sensibilisation s'élargit : cycle de conférences internes et contributions à des colloques extérieurs, présence au Salon international du patrimoine culturel de Paris dès 1995, site internet depuis 1998, succès du concours des municipalités et nouveaux concours en direction des jeunes et des auteurs. Au-delà des archives conservées, une nouvelle page se tourne depuis l'arrivée d'Alexandre Gady en 2011 ; l'association déclare l'année suivante environ 4000 adhérents, dont plus de 300 associations affiliées.

 

Activités :

 

L'action de la SPPEF, plus que centenaire, s'inscrit tout au long du XXème siècle et de ses soubresauts. Le caractère pionnier de ses préoccupations en faveur du patrimoine paysager et bâti, l'ancienneté de l'entreprise, l'empreinte souvent charismatique de ses responsables au fil du temps, les avancées juridiques dont on lui est redevable, les victoires patrimoniales précoces et renouvelées, tout cela contribue à en faire une référence encore très écoutée et sollicitée dans le paysage associatif florissant de son domaine. Après les dévastations de la guerre, elle fera face aux affres de la Reconstruction : construction expéditive, fragile et même dangereuse, jugée uniforme ou informe, démolition facile voire frénétique, spéculation immobilière, immeuble, barres et building implantés dans des quartiers anciens plutôt que limités aux nouveaux, vandalisme étatique et édilitaire au profit de l’intérêt financier et politique à court terme sous couvert de modernisme, rénovation audacieuse ou provocatrice des années 1960-1970 y compris en zones protégées, bétonnage des littoraux et fièvre des marinas, insertion de l’art contemporain dans des écrins anciens, défense des espaces verts, des arbres isolés ou alignés aux forêts, des grands domaines au petit patrimoine rural. Jusqu'à nos jours, les combats esthétiques menés par l'association sont constants, au regard des risques omniprésents sur tout le territoire national, en ville comme en campagne, devant les atteintes nombreuses, les menaces répétées de dénaturation, de dégradation, de destruction.

 

Historiquement implantée dans la capitale, la SPPEF s'appuie sur un réseau départemental de délégués entourés de correspondants, bénévoles, sympathisants, sur un vivier d'adhérents d'associations affiliées et de particuliers, des fidèles abonnés à sa revue, et est soutenue par des spécialistes du patrimoine. Pour assurer sa mission de vigie des sites naturels et du patrimoine bâti, l'association joue des rôles complémentaires, présentés ici dans une hiérarchie d’implication. D'abord, il s'agit d'une veille générale sur l'urbanisme et l'aménagement du territoire, en particulier en contexte de projets immobiliers et de travaux en cours (constructions neuves, et bien sûr, démolition) susceptibles d'avoir un impact visuel ou patrimonial, mais aussi sur la restauration de l'ancien, protégé ou non. Elle s'accompagne au besoin d'un contrôle du respect de la législation (droit de l'urbanisme, de l'environnement, du patrimoine) et des procédures, et plus généralement d'une vigilance sur l’évolution juridique (déréglementation des travaux) et des responsabilités administratives (pouvoirs de l’ABF). Ensuite vient la fonction de conseil et d'expertise juridique auprès des propriétaires et des associations, et au-delà, de concertation : sur le mode du dialogue avec les élus et les pouvoirs publics, sur le mode de la représentation au sein des instances patrimoniales dans lesquelles siègent le président et les délégués désignés. Par ailleurs, des groupes de travail, internes mais associant souvent des représentants et des spécialistes extérieurs, ont été mis en place sur des sujets sensibles. Parmi ces groupes de travail, on en distingue notamment quatre principaux, répartis comme suit :

  • "Art sacré" : groupe de travail destiné à lutter contre le pillage des églises et créé à la suite d’une journée d’étude (AS/205(I)/188) ;
  • "Cimetières, mémoire des lieux" : préfiguré au sein du ministère de la Culture, ce groupe de travail présidé par Jean-Pierre Ehrmann est à l’origine de deux journées d’étude (AS/205(I)/188) ;
  • "Énergie solaire" : groupe de travail associant la Fondation du Patrimoine, l’ADEME, des CAUE et des ABF, et menant une réflexion militante afin de mieux encadrer les installations de panneaux et ainsi limiter les nuisances visuelles ;
  • "Énergie éolienne" : placé sous l’égide de la SPPEF, Paysage en périls, groupe national associatif de réflexion et de proposition sur l’éolien, fédère les associations de défense des sites menacés par l’implantation invasive des éoliennes. Il milite pour exiger la prise en compte de cônes de visibilité dans les études d’impact et est relayé par les fédérations patrimoniales Europa nostra et G8 Patrimoine - réseau d'association nationales de sauvegarde du patrimoine fondé en 2002 -, ainsi que par les collectifs anti-éolien.

 

Ses autres rôles font passer l'action de l'association de l'ombre à la lumière. Après, c'est le moment de l'information à travers les canaux de la diffusion interne, tout d'abord au travers de la revue initiale Bulletin de la SPPF (1902-1939), puis, presque deux décennies plus tard, via la revue annuelle Sites & Monuments (depuis 1958), ainsi que sur le forum d'actualités du site internet ou dans la presse, notamment locale. Le travail de réflexion s'exprime directement, soit sur initiative de l'association, soit sur invitation, lors de conférences, journées d’étude et autres colloques, dont le contenu a souvent donné lieu à des publications internes, tandis que le travail de sensibilisation fait son œuvre au fur et à mesure des visites ponctuelles, des campagnes nationales telles que celles de 1980 relative aux édifices religieux ou de 1995, pour le patrimoine bâti, des expositions photographiques (on pense ici par exemple à l'exposition de 1968 intitulée "Trésors du quartier des Halles", suite à ce que la mémoire collective a appelé la "Bataille des Halles" opposant pouvoirs publics et opinion mobilisée contre de vastes projets de réaménagement menaçant le cœur historique de la capitale, et tenue avec l'aide d'une association d'habitants, l'Union des Champeaux, au foyer paroissial de la rue Montorgueil puis au cloître de l'église des Billettes, rue des Archives) et des concours, notamment :

  • le Prix Boivin-Champeaux, dans le cadre du concours de la Semaine de la plus belle France (1960-1966), manifestation créée par la LUR en 1948. La SPPEF s'est associée à l'événement plusieurs années en y introduisant un prix en hommage à son ancien président qui a également été actif dans cette autre association encore jeune (1943) et aux préoccupations proches. Il semble que la SPPEF ait repris le principe du concours des maires des communes rurales lancé par la LUR dans les années 1950 pour le relancer bien plus tard. De son côté, la LUR créée en 2001 un concours des entrées de ville ;
  • Le concours des municipalités (1987-2011) : ouvert aux communes jusqu'au seuil de 10 000 habitants, ce concours vise à reconnaître et encourager les actions de sauvegarde, de restauration et de valorisation des petites communes, spécialement en contexte rural. Elles concourent dans la section du prix interne et des prix des partenaires publics (ministériels) et privés (Fondation du patrimoine, entreprises) ou dans la section des diplômes d’honneur, dans les catégories suivantes : édifices religieux, bâtiments civils, sites, petit patrimoine (à partir de la 8ème édition), patrimoine funéraire (à partir de la 18ème édition).
  • Le concours pour le prix du legs Alphonse Jacolin (2005-2012) pour la restauration d’une chapelle ou d’une église ancienne, ouverte au culte, dans une petite commune rurale.

Enfin, l'engagement le plus visible de l'association se joue dans l'action médiatique et juridique. En cas d'urgence, elle active la mobilisation de son réseau, à même d'informer l'opinion publique locale ou nationale, et si nécessaire, porte l'action en justice, soit indirectement en soutien, soit directement en son nom. Après un effort continu pour obtenir les fondements juridiques justifiant son action, elle s’est impliqué davantage sur le plan judiciaire : non respect des servitudes d’urbanisme, annulation de décisions administratives abusives facilitées par la décentralisation comme les permis de construire et de démolir, les POS, modification des PLU, refus de grands aménagements de voirie, d'ouvrages d’art, de parcs de loisir. Forte de son expérience, la SPPEF parvient à faire retirer des projets, en général après jugement, ou après une décision de sursis à exécution, parfois à la suite immédiate de la saisie du juge administratif. Sa recevabilité est admise soit au regard de l’atteinte que l’exécution des actes attaqués aurait portée au patrimoine, soit de la méconnaissance de la loi, ce qui a conduit à une riche jurisprudence. Au pénal, pouvant se constituer partie civile, elle obtient la condamnation de responsables d’actes de vandalisme.

 

L'ANPVA, la « filiale », ou Union des comités locaux de sauvegarde

 

L'Association nationale pour la protection des villes d'art est créée le 30 septembre 1964 « à la demande d’André Malraux et sous le haut patronage de ce ministre pour intéresser l’initiative privée à la restauration des villes d’art, à la suite du vote de la loi du 4 août 1962 sur les secteurs sauvegardés ». Fondée par Jacques Silvestre de Sacy, alors vice-président de la SPPEF depuis 1954, l'ANPVA est indissociable de son œuvre militante et de la SPPEF. Sacy en cumule les deux présidences à partir de 1976 jusqu'à son décès. Hébergée dès l'origine par la SPPEF, elle obtient son agrément la même année que celle-ci, le 28 février 1978, au titre de la protection de la nature et du code de l’urbanisme. Elle reste dans son giron sous la présidence de Paule Albrecht jusqu'en 2011. Au delà de la période de conservation des archives, la double-présidence est supprimée, l'association étant confiée à Jean-Louis Hannnebert, administrateur à la SPPEF, préalable à sa dissolution le 21 février 2013, ou plutôt sa fusion avec la SPPEF.

 

Liste chronologique des présidents  :

  • Jacques Silvestre de Sacy (1964-1993) ;
  • Paule Albrecht (1993-2011) ;
  • Jean-Louis Hannnebert (2011-2013).

 

Complémentaire à la SPPEF, l'ANPVA agit sur un périmètre qui lui est propre : les quartiers anciens, dont elle souhaite assurer la sauvegarde, la protection, la restauration et la valorisation. Elle fonctionne comme un relais à la loi Malraux, favorisant la création des secteurs sauvegardés et attentive à leur évolution. Sous-titrée Union des comités locaux de sauvegarde, elle s'appuie sur un réseau d'associations affiliées formant un groupe de pression. Ce réseau est indépendant de celui qui se structure sous la forme des conventions Villes d'art créé dès 1965 par le ministère de la Culture, puis relancé dans un concept élargi en 1985 à travers le label Villes et pays d'art et d'histoire (VPAH). Cependant, ces deux réseaux, l'un administratif, et l'autre, associatif, sont nés et se sont structurés parallèlement avec les mêmes enjeux, et sans aucun doute avec des acteurs communs. En 2000, l'association déclare fédérer jusqu'à 70 villes, en réalité presque le double dans la durée.

 

Activités :

 

L'action de l'ANPVA est comparable à celle de la SPPEF, à ceci près qu'elle est circonstrite au domaine d'action de l'urbain et des quartiers anciens. Son rôle de contrôle, de conseil, de mobilisation publique voire judiciaire, se retrouve dans une vaste correspondance dont l'essentiel est distribué par villes, 119 étant dénombrées. Cette correspondance avec les délégués locaux des associations affiliées dans ces villes reflète notamment le soutien de l'action des associations locales, les interventions auprès des administrations et des municipalités, et la recherche de financement privé. Son rôle d'information et de sensibilisation passe par la voix de la SPPEF dans la revue Sites & Monuments, dans des pages dédiées.

 

Aussi, à l'instar des journées d'étude de la SPPEF, l'ANPVA a organisé une série de congrès annuels, tenus chaque automne et dont les actes sont publiés dans Sites & Monuments jusqu’en 2001. Cependant, contrairement à la SPPEF, les congrès de l'ANPVA ne se déroulaient pas à Paris, mais en province, dans les communes appartenant au réseau des villes d'art.

Entry and conservation

Mode of entry

Don, 11 avril 2014.

Sources and references

Documents from the same source

Biliothèque nationale de France

gallica.bnf.fr ( Bulletins de la SPPF [1902-1939], Sites et Monuments [1958-2016])

Additional sources

Archives nationales

 

  • archives privées

 

53AS : Touring club de France (TCF) (1890-1983) : association de promotion du tourisme cycliste puis automobile, impliquée dans l’aménagement et l'équipement des routes et des sites ainsi que leur préservation. Voir les activités du Comité des sites et monuments, du Comité de l’art régional et des musées, du groupe d’archéologie antique, et le fonds photographique.

71AS : Les monuments historiques de la France (1919-1949) : association créée pour la publication du Bulletin des monuments historiques.

127AS : Association pour les espaces naturels (ASPEN) (1960-2000).

 

  • archives publiques

 

Bureau des sites :

19890126/25-128, sélection : dossiers de procédure, par département puis commune (1908-1973), incluant les extraits de procès-verbaux de la CSSMN et des CDS ; et ponctuellement, 19850359/4 (1980-1981).

20090321/1-11 : section cartes et plans, fiches cartographiques, par département puis date d'arrêté [1970-vers 1980].

 

Secteurs sauvegardés :

19930521/4-12, circulaires, dossiers de subventions et de réunions de la CNSS (1962-1979).

19890320/1-64 (1961-1987), 19880253/1-221 (1963-1987) : études historiques et architecturales, par commune, et 19880192/1-126 (1910-1983) en section cartes et plans, incluant des études antérieures à la loi Malraux, 19880193/1-189 (1961-1983).

compléments dans les dossiers de cabinets ministériels : 19770829/2 (1963-1964), 19940632/11 (1992-1993) ; et ponctuellement, 19850359/4 (1980-1981).

 

Médiathèque de l’architecture et du patrimoine

mediatheque-patrimoine.culture.gouv.fr/pages/recherche/ressources/inventaire_archives.html

1998/068 - Touring Club de France (TCF), fonds photographique (1895-1970), par Anne Cook (2009) ;

2016/032 - La Demeure historique (LDH) (1924-2015), par Matthieu Couchet (2017) ;

prochainement, La Sauvegarde de l’Art Français (SAF).

Bibliography

Publications

 

  • Historique des associations

"100 ans au service du patrimoine, 1901-2001", in Sites et Monuments, n°172 bis (supplément), janvier 2001 : numéro entièrement consacré à l’histoire de la SPPEF ;

"100 ans au service du patrimoine, 1901-2001, colloque du 26 janvier 2001", in Sites et Monuments, hors-série, 2001 :numéro élargi dans le cadre du centenaire de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d'association.

 

  • Biographies des présidents

"Hommage à Jacques de Sacy, sa vie, son œuvre, 1896-1993", in Sites et Monuments, n°148 bis (supplément), 1995 ;

Bénard, Pierre, "Charles Beauquier et la SPPF", in Sites et Monuments, n°195, octobre 2006, pp. 5-6 ;

Bénard, Pierre, Paule Albrecht, 1922-2011, in Sites et Monuments, n°215, octobre 2011, pp. 5-7 ;

Barbe, Noël (dir.), Les mondes de Beauquier, Sekoya, Les Cahiers de l’ethnopôle, Besançon, 2014 ;

Jolly, Jean (dir.), Dictionnaire des parlementaires français, 1889-1940, PUF, Paris, 1960 : notice sur Honoré Joseph Cornudet ;

Collectif, Dictionnaire des parlementaires français, 1940 à 1958, vol. 2, La Documentation française, Paris, 1992 : notice sur Jean Boivin-Champeaux.

 

Sites Internet et resssources en ligne

 

  • Associations

SPPEF : sppef.fr ;

G8 Patrimoine, devenu Réunion nationale du patrimoine : reunionnationalepatrimoine.fr ;

Sites respectifs des associations membres ;

Fondation du Patrimoine : fondation-patrimoine.org ;

Europa Nostra  : europanostra.org.

 

  • Droit du patrimoine

Journées juridiques du patrimoine, colloque annuel organisé par l’association Patrimoine Environnement (LUR-FNASSEM) : patrimoine-environnement.fr/journees-juridiques-du-patrimoine ;

Portail OpenEdition, plate-forme Hypotheses, catalogue des Carnets de recherche :

- projet "Mémoloi" sur la mémoire des lois patrimoniales  : blog scientifique : memoloi.hypotheses.org ; guide des sources et données : memoloi.huma-num.fr/sources-et-donnees/pages/index.html ;

- projet "Droit, patrimoine et culture" : blog scientifique : dpc.hypotheses.org.

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