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Inventaire - Cotes :

Fonds Ploeuc (1439-1912).

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Cotes
272AP/1-272AP/33
Date
1439-1912
Nom du producteur
Plœuc (famille de ; 1401-1900)
Localisation physique
Pierrefitte

Description

Présentation du contenu

INTRODUCTION

La famille de PLOEUC, originaire du gros bourg commerçant de Ploeuc-sur-Lié (Côtes-d'Armor, arrondissement de Saint-Brieuc) où existait un château féodal aujourd'hui disparu, tire son origine des ducs de Penthièvre dont elle semble être une branche cadette. Une tradition familiale attestée depuis le XVIIe siècle mais par ailleurs difficilement vérifiable, la fait descendre des anciens rois de Bretagne.

C'est en se fondant principalement sur les riches archives des marquis de PLOEUC, dont ces 33 cartons ne semblent que la partie la plus essentielle, que Denis de THEZAN, après Anatole de COETLOGON que la mort empêcha de terminer son travail, put rédiger, entre 1868 et 1873, l'importante Histoire généalogique de la maison de Ploeuc qui utilise la meilleure part des documents de ce fonds où les pièces de procédure tiennent une grande place.

Il est peu de pièces en effet qui ne soient exploitées et confrontées par l'auteur du lourd volume in-folio qui figure sous la cote 272AP/1, dossier 3 du présent inventaire.

L'historien moderne, cependant peut trouver à glaner dans ces documents. La famille de PLOEUC présente en résumé la destinée de la plupart des familles bretonnes dont les différents membres, suivant leur rang de naissance, occupent des charges en rapport avec la fortune du moment et les aptitudes plus ou moins grandes dont la nature - à moins que ce ne soit la volonté de leurs pères - les a dotés.

Les PLOEUC, qui apparaissent comme purement terriens aux XVe et XVIe siècles, deviennent marins et militaires avec Vincent de PLOEUC, chevalier de KERHARO (+ 1753) capitaine de vaisseau et Nicolas-Joseph (1658-1695), commissaire du ban et de l'arrière-ban de Cornouaille.

Le frère cadet de Vincent, l'abbé Hyacinthe (1662-1739) montera pour sa part sur le siège épiscopal de Quimper où sa charité causera des ennuis posthumes à ses héritiers et des difficultés financières au chapitre et à ses successeurs. Les cartons 272AP/5 à 7 apportent à ce sujet d'intéressantes précisions sur la vie économique de l'évêché de Quimper et de ses habitants.

Emigrés durant la Révolution, les enfants mineurs du marquis de PLOEUC rentreront en 1812 en possession de leurs biens.

Mais c'est le fils de l'émigré Jean-Sébastien, le marquis Alexandre-Marie-Sébastien (1815-1888) qui illustrera le plus la famille de PLOEUC.

Les 12 cartons 272AP/14 à 25 composent l'un des fonds les plus complets de documents manuscrits et d'imprimés que conservent les Archives privées en ce qui concerne la période de la guerre da franco-prussienne, le siège de Paris et les suites de la Commune.

Pour les hommes de la fin du siècle dernier, en effet, le marquis de PLOEUC qui après avoir gravi les échelons de l'Inspection des finances et avoir été l'un des fondateurs de la banque Ottomane devint sous-gouverneur de la Banque de France, est resté celui qui, au milieu des désordres de la Commune, sut, sans faire couler de sang, sauvegarder par sa seule autorité professionnelle et son courage, le stock d'or de la Banque de France en s'entendant, au dessus des considérations de partis, avec le ministre des finances de la Commune, le breton BESLAY. Une sympathie de race et d'estime devait lier les deux hommes au point que c'est le gentilhomme qui devait plus tard adoucir par ses lettres et ses envois de livres et d'argent, l'exil du communard. Les anciens compagnons de lutte des deux amis ne devaient d'ailleurs pas comprendre leur attitude puisqu'en même temps que les hommes de gauche suspectaient BESLAY de complicité, les hommes de droite du gouvernement de Versailles devaient reprocher au marquis son manque de fermeté envers les insurgés.

C'est encore en tant que breton qu'Alexandre de PLOEUC créa à l'intention des mobiles des départements de l'Ouest qui n'entendaient pas le français, la Société bretonne dont les papiers (272AP/14, dossier 6) fournissent de précieux renseignements historiques et biographiques sur le role joué par les bretons durant le siège [voir entr'autres, les lettres des maires de communes bretonnes relatives à des demandes de renseignements sur le sort de volontaires blessés ou disparus].

L'histoire de Paris, aussi, n'est pas absente de ce fonds si typiquement provincial. On trouvera, par exemple, outre les souvenirs personnels et journaux autographes tenus par le marquis durant les "67 jours de la Commune" (272AP/18, dossier 1) et les "28 jours de la Commune" (20 mars-31 mai 1871, 272AP/19), un récit détaillé de la prise et de la défense de l'Hôtel-de-Ville (31 octobre 1870 et 22 janvier 1871) auxquels prirent part les mobiles du Finistère. On trouve également dans les papiers de la famille alliée GUYONNET de MERVILLE (272AP/26), un récit vécu du 10 août 1792.

Dans le domaine de l'histoire économique, le rôle joué par le marquis de PLOEUC dans la création de la Banque Ottomane de 1857 à 1865 et l'intérêt qu'il manifeste durant toute sa vie aux questions bancaires font de ses archives une source d'un intérêt non négligeable pour l'histoire financière de l'Egypte et du moyen-orient au moment des guerres de Crimée et de 1870. A ces documents sont joints d'intéressants dossiers de notes et d'études sur les finances des Etats Pontificaux et sur la création de l'Union générale dont le marquis fut le fondateur en même temps que, député, il s'intéressait à un projet de tunnel sous la Manche.

Devenu populaire dans les premier arrondissement de Paris à la suite de son attitude durant les évènements de 1871 - il évité, par son intervention courageuse, l'incendie de la Banque qui eut ravagé tout le quartier - Sébastien de PLOEUC fut élu, en grande partie grâce aux voix des commerçants, aux législatives de 1871 puis réélu à nouveau en 1876 avant d'abandonner la carrière politique eu lendemain de la publication des procès-verbaux de la Commission d'enquête de 1871, du krach de l'Union générale et du célèbre procès dit "de la défense de la Banque" au cours duquel la sincérité de ses interventions et leur utilité même furent mises on doute par ses adversaires politiques et aussi par plusieurs de ses amis du gouvernement de Versailles.

Les paiers des familles alliées, comme nous l'avons déjà signalé, contribuent à l'intérêt de ce fonds, on y trouve, outre les habituels souvenirs de famille et les généalogies, d'utiles correspondances et de nombreux titres de propriétés.

Les cinq derniers cartons, enfin, groupés par la famille elle-même sous la mention "sans intérêt" comprennent un important lot de livres et de brochures imprimées relatifs aux divers épisodes récents de l'histoire de la maison de PLOEUC des cartes et plans de l'Empire ottoman et, classés par dossiers de terres, les nombreux titres féodaux et pièces de procédure des multiples domaines possédés ou vendus par la famille dans un grand nombre de bourgades bretonnes du XVe au XIXe siècle.

Déposés aux Archives nationales en 1962 par la comtesse de FLERS, née PLOEUC, ces documents ne paraissent pas, cependant représenter l'ensemble des archives familiales. La plupart des dossiers personnels anciens ont été extraits, suivant une note conservée en tête du fonds, des "Archives du Prince de LUXEMBOURG" à une époque indéterminée mais sans doute récente.

Sources et références

Bibliographie

Bibliographies : Denis de THEZAN, Histoire généalogique de la Maison de Ploeuc, Beauvais, E. Laffineur, 1673. 495 p. in-folio.

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