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Greffiers des bâtiments de Paris : procès-verbaux d'experts. Règne de Louis XIII (1610-1643)

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Reference codes
Z/1j/256-Z/1j/261
Date
1610-1643
Physical location
Paris

Description

Presentation of content

INTRODUCTION
LES GREFFIERS DES BÂTIMENTS.

Les plus anciennes minutes du fonds des Greffiers des bâtiments de Paris datent de 1610, bien que leurs offices aient été créés dès 1557. Encore les pièces antérieures à 1636 sont-elles très rares et les actes, plus nombreux à partir des six dernières années du règne de Louis XIII, sont loin de représenter la totalité de ce qu'aurait dû comporter le fonds si la production des cinq greffiers alors en activité avait été conservée [Les minutes des greffiers des bâtiments de Paris, versées au dépôt des Archives judiciaires en 1809, puis à l'hôtel Soubise en 1847, firent d'abord partie de la série ZZ/2/, et ne constituèrent un fonds particulier qu'en 1891, lors de la rédaction du premier État sommaire des fonds des Archives nationales de 1891. Ces minutes réparties en 1314 articles ont été étudiées par Suzanne Clémencet, dans le Guide des recherches dans les fonds judiciaires de l'Ancien Régime, Paris, 1958, p. 327-332. Elles ont fait l'objet d'un Répertoire numérique, rédigé par Élie Berger, autographié, 1 cahier, 1889, [Inv. 496], et d'un Inventaire analytique pour les années 1764-1794, rédigé par M/me/ Reynaud, photocopié en 9 vol. pour 1774-1794 et dactylographié pour 1764-1774].

On sait, par le Traité de la police de Nicolas Delamare [Nicolas Delamare, Traité de la police..., Paris, 1738, livre VI, titre IV, p. 56, De la Voirie ] , que furent créés par arrêt du Conseil du 26 février 1639, à côté de trente-deux jurés maçons et de quatre-vingts jurés charpentiers, quatre greffiers, en plus des cinq déjà existants. Or seules sont actuellement conservées les minutes des greffiers Le Proust (à partir de 1610) et Charles Hobbes (à partir de 1642), ainsi qu'une cinquantaine d'expertises (parmi les plus importantes, il est vrai) provenant de l'" écritoire " de Julien Amelot. L'ensemble des actes, pour la période 1610-8 mai 1643, représente un peu moins de 2 000 actes, dont plus des trois quarts sont signés de Le Proust.

Leur répartition est la suivante :

Z/1J/ 256 : 321 pièces, du 20 février 1610 au 31 mars 1638 (en fait il n'y a que 16 actes pour les années 1610 à 1634, 34 actes pour l'année 1635, 24 pour 1636). La collection devient plus importante à partir de 1637.

Z/1J/ 257 : 366 pièces, du 7 avril 1638 au 28 juin 1639.

Z/1J/ 258 : 388 pièces, du 1/er/ juillet 1639 au 31 juillet 1640.

Z/1J/ 259 : 385 pièces, d'août 1640 à décembre 1641.

Z/1J/ 260 : 383 pièces, de janvier à décembre 1642.

Z/1J/ 261 : 91 pièces, de janvier au 8 mai 1643.

Soit un total de 1 934 pièces.

Où sont passées les minutes des autres greffiers dont nous ne connaissons d'ailleurs pas les noms et que nous avons vainement cherché à identifier dans les Registres du Bureau de la Ville de Paris [Registres des délibérations du Bureau de la Ville de Paris, 19 volumes, jusqu'en 1628, dans Histoire générale de Paris, Imprimerie nationale, Paris, 1883-1958], et dans les provisions d'office (sous-série V/1/), aux Archives nationales ?

Pour cette même période, le fonds possède, en outre, deux répertoires de minutes cotés Z/1J/ 1242/B/ et Z/1J/ 1255. Le registre Z/1J/ 1255, déposé à la Révolution par le greffier Govel, est celui de l'écritoire de Julien Amelot, plus particulièrement chargé de la rédaction des minutes des travaux des bâtiments du roi ; on y trouve donc recensées, à partir de 1650, les expertises des maîtres généraux comme Villedo, Meseretz, de L'Espine et Bruand. Z/1J/ 1642/B/ recense, pour les années 1642 et 1643, 153 expertises réalisées par Charles Hobbes. L'examen de ces registres montre que toutes les minutes enregistrées n'ont pas été conservées et qu'à l'inverse, toutes les minutes n'ont pas été enregistrées. L'édit d'octobre 1574, qui créait la charge de clerc de l'écritoire pour répondre au besoin grandissant qui s'en faisait sentir, ordonnait pourtant aux greffiers de tenir, au fur et à mesure de la rédaction des minutes et des rapports, des registres et répertoires. Mais les ordres ne semblent pas avoir été exécutés.

Anciennement, les clercs étaient choisis par les jurés maçons et charpentiers ; après la création des offices de greffiers en 1574, pour ne pas concurrencer le Châtelet, les rapports ordonnés par justice continuèrent à être versés au greffe du Châtelet. La disparition des minutes du XVIe siècle peut s'expliquer ainsi [Suzanne Clémencet, Chambre des Bâtiments et greffiers des bâtiments, dans Guide des recherches dans les fonds judiciaires de l'Ancien Régime, Paris, 1958, p. 329 à 332]. Déposées au Châtelet jusqu'au règne de Louis XIII, elles n'ont pas été conservées.

Quel était le rôle des greffiers des bâtiments ? Ils étaient chargés de " rédiger par écrit tous les rapports des experts jurés, tels que les visites, alignements, prisées, estimations et autres actes que font les experts, d'en garder la minute et d'en délivrer des expéditions à ceux qui en requierraient " [Encyclopédie méthodique, Jurisprudence, t. IV, Paris, 1784, p. 812].

Le ressort des greffes était celui de la vicomté de Paris, comportant les six prévôtés de Paris, Châteaufort, Corbeil, Gonesse, Poissy et Saint-Germain-en-Laye. Les actes concernant la ville de Paris sont, pour la période qui nous occupe, trois fois plus nombreux que ceux de la région parisienne. Il ne semble pas qu'aucun de ces clercs ait eu un ressort spécial, soit juridique, soit géographique. Les greffiers se contentaient de répondre à la demande des juridictions et des parties. Il convient cependant de souligner ici le caractère tout particulier des quelques cinquante minutes rédigées par Julien Amelot. C'est à lui en effet que s'adressaient les maîtres généraux des bâtiments du roi : Villedo, Meseretz, Bruand et de L'Espine, et c'est dans son écritoire que furent rédigés les rapports les plus importants sur les châteaux, ponts, quais, fontaines et élargissements de rues.

L'expertise pouvait faire l'objet d'une simple demande à l'amiable, ou être ordonnée en vertu d'un jugement. Les parties ou les juridictions faisaient alors appel à des experts jurés pour la maçonnerie comme pour la charpenterie, la couverture, la serrurerie, la sculpture, la peinture, ou même la vidange. Ces experts étaient gens de métier, pour la plupart, et possédaient la maîtrise. Le Traité de la police insiste cependant sur le fait qu'en vertu de l'arrêt du Conseil du 26 février 1639 le roi continuait encore à autoriser des bourgeois, d'ailleurs souvent préférés par le public, pour faire fonction d'experts. Le lecteur verra que les expertises dressées par de simples bourgeois sont relativement rares parmi celles inventoriées ici. Citons le nom de Louis de Verdun mentionné comme "bourgeois", et pourtant seul expert pour beaucoup d'estimations. Appartenait-il à la famille des greffiers citée par Delamare pour l'année 1588 ? D'autres expertises étaient faites par les maîtres généraux (Michel Villedo pour la maçonnerie), chargés par les trésoriers généraux et grands voyers de France d'inspecter les bâtiments publics, ou d'empêcher un particulier de construire si l'alignement des rues n'était pas respecté. Dans leurs visites, les maîtres généraux, comme les autres experts, devaient être accompagnés d'un greffier.

En 1576, les jurés maçons et charpentiers étaient au nombre de 24, dont 15 à Paris. Ils passèrent en 1639 à 52 : 32 jurés maçons et 20 jurés charpentiers [Nicolas Delamare, op. cit., t. IV, p. 57 et suivante]. D'après un arrêt du Parlement du 1er juin 1619 [J.-J. Letrait, La Communauté des maîtres maçons de Paris aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, 1948, dans Revue historique de droit français et étranger, 4e série, t. XXIII, p. 217, et t. XXIV, p. 96]., les maçons pouvaient être experts jurés s'ils avaient été cinq ans maîtres maçons ; mais, comme on l'a vu, cet arrêt ne fut pas plus respecté que les édits, et les visites étaient souvent faites par des compagnons ou de simples bourgeois. Certains de ces jurés étaient attachés tout particulièrement ou même exclusivement à un quartier, comme le faubourg Saint-Germain-des-Prés.

Comment se passaient ces visites ? Les jurés et maîtres maçons assistés d'un huissier étaient désignés chaque mois par le maître général. Les visites se faisaient habituellement le mardi de chaque semaine et plus souvent si cela était nécessaire. Les experts étaient choisis par ordre d'inscription sur une liste. Le ressort géographiquement restreint n'intervenait plus dans les cas d'expertises ratione materiae et personae.

Un personnage important, une localité, un hôpital, situés loin de la capitale, pouvaient recourir aux services des experts jurés parisiens en vertu de leurs privilèges. Des motifs d'ordre public et collectif pouvaient également conduire les maçons parisiens loin de leur ressort. Ces cas, rares pour le début du XVIIe siècle, se multiplient au XVIIIe siècle.

LA RÉDACTION DES PROCÈS-VERBAUX D'EXPERTISE.

La minute, dans le cas le plus simple, c'est-à-dire celui d'une demande des parties, commence par l'exposé du motif, par exemple : "ensuivent les travaux de maçonnerie ... faits par untel, à (lieu)". La date, portée à la fin, est suivie de la signature des parties, de l'expert juré et du greffier. Dans le cas d'une visite demandée par une juridiction, la minute débute toujours par la mention de la cour demanderesse (Parlement, Châtelet, ou Bureau des Saisies réelles). Certains experts étaient systématiquement attachés à une cour, comme Nouret au Châtelet.

Pour la période qui nous concerne, les minutes sont très succinctes, comportant rarement plus d'un ou deux feuillets et n'ont pas toujours les indications nécessaires de noms de lieux et de personnes. Leur écriture est très cursive ; elles n'ont rien à voir avec les cahiers épais que sont les expertises du XVIIIe siècle recensées par Mme Reynaud [Les minutes de 1764 à 1794 ont été dépouillées par Mme Reynaud. Voir p. 1, note 1. Ce travail considérable qui porte sur les cartons Z/1J/ 884 à 1222, est divisé en : un fichier topographique, comprenant les analyses des actes ; un fichier de noms de personnes, faisant référence au fichier topographique ; un fichier de noms des métiers, maçons, architectes, etc. ; un fichier matière, recensant les châteaux, églises, prieurés, etc.]. Il ne s'y trouve pas, comme il est habituel au XVIIIe siècle, une analyse de l'acte, en haut, dans la marge. Pour donner une idée de la différence d'importance des actes entre les règnes de Louis XIII et de Louis XVI, les six cartons cotés Z/1J/ 256 à 261 contiennent chacun de 370 à 390 documents, liasses épaisses il est vrai, qui couvrent en moyenne une année. Au XVIIIe siècle, par contre, les actes sont classés, à raison d'une cinquantaine par carton, pour une période de deux mois ou même d'un mois.

Le manque de conscience des experts jurés est visible ; dans les actes, sont signalés les fréquents défauts de comparution des jurés, plus rarement ceux des parties. Les expertises étaient rapidement dressées avec des omissions pour les noms de rues ou des parties. Les plans enfin sont à cette époque très rares, et souvent remplacés par de rapides croquis crayonnés au verso de l'acte, qui n'ont rien à voir avec les nombreux dessins détaillés du XVIIIe siècle [On trouvera à la rubrique "croquis et plans", dans l'état récapitulatif des édifices, p. 268, la liste de ces dessins placés au verso des expertises de travaux faits dans certaines maisons des rues du Bon-Puits, de la Clef, de Condé, etc. Il ne faut pas trop compter sur les cartons cotés Z/1J/ 1313 et 1314, conservés au Service des plans des Archives nationales ; ils regroupent des plans arbitrairement séparés des expertises, mais ne contiennent que très peu de documents antérieurs à la fin du XVIIe siècle].

Les expertises pouvaient soit porter sur un ensemble de travaux réalisés dans des spécialités différentes : maçonnerie, charpenterie, pavé, etc., soit faire l'objet, pour chaque corps de métier, d'une analyse particulière. Pour les alignements, on voit souvent, le même jour, ou à un bref intervalle de temps, le propriétaire demander l'expertise de ses mitoyennetés avec ses différents voisins ; le greffier, dans le cas précis des alignements, dressait plusieurs exemplaires d'une même minute pour chacune des parties. Nombreuses aussi sont les expertises de vidange de fosses d'aisances, ce qui permet de se faire une idée de l'état de salubrité et de l'hygiène des demeures. Très fréquemment enfin, les experts étaient appelés comme conseils pour des partages de biens et de maisons entre plusieurs héritiers ou pour des évaluations de loyers, en fonction des réparations et des aménagements faits ou à faire.

Dans le cas d'évaluation de travaux, la coutume distinguait les expertises en "forfait" (c'est-à-dire les estimations faites avant le début de l'ouvrage), en "régie" (c'est-à-dire au fur et à mesure de l'accomplissement des travaux), enfin en "toisé" (c'est-à-dire à l'achèvement). Le forfait, rare déjà sous Louis XIII, fut interdit au XVIIIe siècle.

Les clients, qui avaient le droit de désigner nommément l'expert voulu, pouvaient aussi demander une reprise de l'expertise ou une contre-expertise par d'autres jurés. Certains actes enfin étaient dressés non plus pour la défense du client, mais pour celles des exécutants : compagnons contre maîtres maçons, tailleurs de pierres contre, maçons, etc.

PARIS SOUS LOUIS XIII, VU A TRAVERS LES ARCHIVES DES GREFFIERS DES BÂTIMENTS.

Il convient de rappeler ici que le XVIe siècle et le début du XVIIe sont, aux Archives nationales et dans la recherche historique en général, des périodes peu exploitées. Cela s'explique certes aisément. Les grandes séries médiévales, comme le Trésor des chartes, disparaissent à partir du XVIe siècle, pour laisser place aux séries dites " judiciaires " et administratives, classées par juridiction et par ordre chronologique. Ces séries présentent de telles masses de documents que les archivistes hésitent à entreprendre des inventaires qui doivent être analytiques et donc démesurés. D'autre part, l'écriture rend difficile l'accès de ces documents. Citons pourtant les inventaires analytiques du Parlement (pour le Moyen-Âge), du Châtelet (pour les scellés et les insinuations), du Conseil du Roi. Dans les grandes séries V et Z, dites " judiciaires ", seules les collections de lettres patentes ont fait l'objet de travaux.

Le règne de Louis XIII est surtout le grand sacrifié. C'est donc pour répondre à ce double manque (méconnaissances des grandes séries dites " judiciaires " et des sources du règne de Louis XIII) que nous avons poursuivi l'oeuvre entreprise par Mme Reynaud sur les greffiers des bâtiments du Roi. Le dépouillement de ces minutes présentait aussi l'intérêt de compléter les renseignements fournis par l'édition des Registres du Bureau des délibérations de la Ville de Paris, interrompue à la date 1628 [Le dernier volume, publié dans l' Histoire générale de Paris, des Registres des délibérations du Bureau de la Ville de Paris, a été réalisé par Suzanne Clémencet en 1958, et porte sur l'année 1628] et d'apporter des matériaux supplémentaires pour l'étude de Paris, alors en pleine mutation.

Paris, au début du XVIIe siècle, fait peau neuve, comme l'a souligné M. Jean-Pierre Babelon [Jean-Pierre Babelon, Demeures parisiennes sous Henri IV et Louis XIII, Paris, 1965 ; 2e éd. augmentée 1977] . " Si vous revenez à Paris d'ici à deux ans, vous ne le connoistrez plus ", écrit en 1608 Malherbe à Peiresc. Tandis que la Cité, l'Université, les Halles bougent peu, l'attraction vers l'ouest et la périphérie s'accentue. Le centre cependant se modifie, le long de la Seine : construction de quais et de ponts, lotissement de l'île Saint-Louis et accomplissement des grands projets d'Henri IV : Pont-Neuf, place et rue Dauphine, place des Vosges. Les travaux du Louvre se poursuivent en même temps que de splendides ensembles s'édifient : palais du Luxembourg, palais du cardinal de Richelieu, la Sorbonne.

Tout autour, les terrains neufs attirent les convoitises des entrepreneurs : 1° l'ancienne enceinte Charles V : quartier Richelieu, faubourgs Saint-Martin et Saint-Denis ; " Fossés " : rues Mazarine, de l'Ancienne-Comédie, butte de la Villeneuve-sur-Gravois ; 2° les égoûts à ciel ouvert : rues de Turenne, du Ponceau ; 3° les grands domaines vendus comme celui de la reine Margot ; 4° les terrains en friche, comme l'île Saint-Louis, ou encore cultivés, comme les marais du Temple. Il fallait deux axes pour articuler l'extension de la ville vers l'ouest ; ce fut la création de la rue Richelieu et la poursuite de la rue Saint-Honoré, sous le nom de rue Neuve-Saint-Honoré.

Outre l'intérêt purement archéologique du fonds des Greffiers des bâtiments, les métiers et leur implantation dans la ville permettent de se faire une idée assez précise de la répartition des classes sociales dans la capitale. Certaines rues, surtout dans le quartier des Halles, sont presque entièrement peuplées par une profession : bouchers, boulangers, marchands de tissus, merciers, etc. Nos analyses succinctes ne permettaient pas d'indiquer la nature et le coût des constructions. Il convient pour les connaître de se reporter aux documents eux-mêmes.

Ce fonds, qui intéresse surtout Paris - son architecture, son évolution, sa topographie, son histoire, ses métiers, sa vie quotidienne (cadre de vie, hygiène), et sociale (répartition des classes, des professions) -, peut aussi fournir des renseignements sur la jurisprudence et l'histoire du droit. Il peut être utilement complété par des recherches dans d'autres séries des Archives nationales, sous les cotes :

H 1778 à 2081/2/ : Bureau de la ville : délibérations, affaires particulières ;

O/1/ 1324 à 1906 : Châteaux et bâtiments du roi ;

Q/1/ 1039 à 1365 : Titres domaniaux de Paris et des communes de l'ancien département de la Seine ;

Y 3847 à 3877 : Répertoires des saisies réelles à partir de 1635 ;

Y 9541 à 9634 : Police de Paris ;

Z/1F/ 904 à 1071 : Registres et minutes concernant la voierie, les ponts et chaussées de Paris et de sa banlieue ;

ZZ/2/ 835 à 1114 : Dossiers des biens saisis réellement : immeubles sis à Paris et hors Paris, dans lesquels on retrouve fréquemment les copies des expertises de Z/1J [Les maisons saisies, nombreuses dans Z/1J/, sont toutes, pour notre période, sous la juridiction du " commissaire et receveur général " : Jean de Loynes].

Le lecteur devra aussi poursuivre ses recherches au département des Cartes et plans (séries N et NN), au Minutier central des notaires de Paris, ainsi qu'aux Archives de Paris (DQ/12/), à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris (série topographique), au Musée Carnavalet et à la Bibliothèque nationale. Pour la bibliographie, considérable, il est conseillé de se reporter à l'ouvrage déjà cité de M. Jean-Pierre Babelon.

Nous tenons à remercier MM. Taillemite et Le Moël, et nous gardons une grande reconnaissance, pour leur aide et leurs conseils, envers M/lle/ Houriez et M/mes/ Gallet, Mulon et Reynaud. Cet inventaire, enfin, n'aurait jamais pu être mené à bien sans M. Babelon qui, par son érudition, nous a évité bien des erreurs et qui, surtout, a pris la peine de revoir entièrement toutes les rubriques et tous les index.

Odile KRAKOVITCH

NOTE POUR SERVIR A L'UTILISATION DE L'INVENTAIRE

La sous-série Z/1J/ est classée par ordre chronologique des pièces comme toutes les grandes séries judiciaires des Archives nationales, et nécessite un dépouillement analytique pièce à pièce, si l'on veut rendre ce fonds utilisable. Rédiger l'inventaire en observant l'ordre chronologique, outre le peu d'intérêt présenté, aurait nécessité des annexes considérables, avec un triple index des noms de lieux, de personnes et de matières. C'est pourquoi nous avons préféré adopter la méthode déjà choisie par Mme Reynaud pour le dépouillement des actes du XVIIIe siècle : le classement des analyses par ordre alphabétique des noms de lieux. Cette méthode, outre qu'elle paraissait la meilleure pour le fonds, devait être reprise, ne serait-ce que pour donner une unité à l'ensemble des dépouillements.

L'inventaire présent se divise donc en deux parties :

Le corps même de l'inventaire. Il comprend les analyses, constitue en même temps un index des noms de lieux dans les limites du Paris des 20 arrondissements d'abord et hors Paris ensuite.

Le nom du lieu est reproduit tel qu'il est indiqué dans la minute. Nous l'avons fait suivre de son identification moderne. Suivent les analyses rangées sous une même rubrique par ordre chronologique, et qui comportent :

- la nature de l'expertise ;

- le responsable des travaux ;

- le lieu ;

- les propriétaires ou parties ;

- la date ;

- et la cote.

Nous avons pensé qu'il était inutile d'alourdir les analyses en indiquant à cet endroit la profession des propriétaires, qui est par contre mentionnée dans l'index des noms de personnes. Nous avons relevé systématiquement les indications d'enseignes ou de localisations par référence à un édifice connu. Pour les actes ne comportant pas d'indication de lieux, nous avons essayé de suppléer à ce manque par regroupement avec d'autres analyses concernant les mêmes propriétaires. Sinon, nous avons placé l'analyse sous le nom du personnage important, soit l'architecte, soit le propriétaire, soit enfin l'expert. Il ne faudra donc pas s'étonner de trouver quelques analyses dans l'index des noms de personnes.

Pour les minutes sans précision de date, elles ont été classées, soit à la fin du mois quand il était mentionné, soit à la fin d'une année pour les actes ne comportant aucune indication ni de mois, ni de jour, si bien que, pour une analyse se terminant avec la seule indication de mai 1640, on devra chercher l'acte dans le carton, à la suite des actes datés d'un quantième de ce mois. Par contre, on trouvera les actes comportant plusieurs dates à la date indiquée en caractères italiques dans l'analyse.

Nous avons tenu, pour la commodité de la consultation, à faire le plus de renvois possible aux noms modernes de rues, les identifications étant portées en italique, entre crochets carrés. Ces renvois peuvent être de deux sortes :

- soit généraux. Le lecteur, par exemple, trouvera à Rivoli, rue, le rappel de toutes les rues existant sous Louis XIII, qui ont été détruites lors de la percée de ce grand axe.

- soit particuliers. Lorsqu'une maison se trouvait au croisement de deux rues, nous avons placé l'analyse concernant cette maison au nom de l'une des rues, avec une référence à cette analyse à la rubrique de l'autre rue.

La localisation précise a été souvent difficile, surtout en cette période où Paris subit de profondes transformations. Le problème de termes comme fossé, faubourg, rempart était difficile à résoudre. Nous avons classé les actes à fossé lorsque la référence à l'enceinte de Charles V représentait une rue réelle : Fossé-de-l'Abbaye, et Fossé entre les portes de Buci et de Nesle. Au contraire, nous avons préféré classer les actes au nom de la porte, lorsque le terme de fossé ou rempart ne semblait avoir été indiqué que comme un moyen de localisation.

Quand le terme de neuve désigne la prolongation d'une rue qui continuera jusqu'à nos jours à être désignée du nom primitif, comme la rue Saint-Honoré, nous avons classé les actes à Saint-Honoré. Quand la rue, comme la rue Neuve-des-Minimes, a perdu son nom d'origine pour devenir la rue Saint-Gilles, nous avons classé les actes à Neuve.

Les communautés et les hôtels sont classés à leurs noms, et non à celui des rues où ils se trouvent. Les noms de lieux pour Paris sont ceux des limites actuelles de la ville ; les villages de Vaugirard ou de la Villette sont donc compris dans Paris. Par contre Issy est classé dans la seconde partie de l'inventaire : région parisienne.

Les expertises faites en dehors de Paris concernent le plus souvent la très proche banlieue. Mais il arrivait que les experts fussent appelés nommément par des personnes juridiques ou privées, comme ce fut le cas ici lors de l'expertise des biens de l'évêché de Châlons.

L'index des noms de personnes. Les noms de propriétaires, locataires, entrepreneurs, maîtres, compagnons, maçons, charpentiers, etc., ont tous été relevés. Les titres de noblesse et les prénoms sont indiqués à la suite du nom entre parenthèses. Pour les femmes, veuves ou mariées, nous avons indiqué leur nom de jeune fille, suivi d'une référence au nom du mari auquel il faut se reporter.

Tout de suite après les noms, nous avons indiqué les métiers et professions qui, par leur mise en valeur dans cette table plutôt que dans le corps de l'analyse, devraient permettre plus facilement des localisations de métiers dans les différents quartiers de Paris [Nous n'avons pas cru nécessaire d'établir une liste particulière pour les métiers relevant plus précisément du bâtiment. Nous nous sommes beaucoup servi de celle qu'a dressée M. Babelon dans son ouvrage précité. Le lecteur trouvera en outre au verso d'un acte du 28 janvier 1638, dans le carton coté Z/1J/ 256, une liste succincte des maîtres couvreurs et maîtres plombiers de l'époque].

Les noms des experts jurés, s'il avait fallu relever tous les actes où ils faisaient fonction d'experts, auraient été suivis d'une liste très longue de lieux, sans que cela ait beaucoup d'intérêt pour le chercheur. C'est pourquoi nous avons seulement relevé le lieu de l'acte où, pour la première fois, tel maître maçon figure comme expert, sans pour autant mentionner son nom dans l'analyse.

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