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Inventaire - Cotes :

Maison de l’Empereur. Grands officiers de la Couronne (an VIII-1815)

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Cotes
O/2/1-O/2/149
Date
an VIII-1815
Localisation physique
Pierrefitte

Description

Présentation du contenu

INTRODUCTION

Au début du fonds de la Maison de l'Empereur figurent les cent-quarante-neuf articles concernant les grands officiers de la Couronne. L'existence de cet ensemble relativement homogène résulte d'un travail de clarification commencé à la fin du Second Empire, en 1868 très exactement, dans la masse de toutes les archives de la Couronne

Archives du secrétariat, AB V/D/ 2 et AB XIV 3.

. Ces dernières, en effet, dont la Commission du pouvoir exécutif avait disposé par décret du 31 mai 1848, commencèrent à être transportées dès le mois suivant du Louvre aux Archives nationales. Elles y demeurèrent classées " par séries, sans distinction de périodes ni de listes civiles. Il en résultait dans la distribution des papiers des anomalies souvent choquantes et irrationnelles, les listes civiles n'ayant jamais eu la moindre organisation "

Note du 9 août 1877 (AB XIV 3).

.

On peut se rendre compte de ce déplorable mélange à la lecture des états successifs qui furent dressés, notamment en 1854, 1856 et 1858. En 1877, le classement des fonds de l'ancienne liste civile du Premier Empire (appellation désignant la Maison de l'Empereur) par " groupes de services " était achevé.

Au nombre de six, les grands officiers de la Couronne occupent une place et exercent des fonctions sur lesquelles il convient de donner quelques brèves explications. Ces personnages, en effet, font partie du groupe des " titulaires des grandes dignités de l'Empire, ministres et grands officiers " auxquels l'Almanach impérial en ses livraisons successives consacre son chapitre II

Ce groupe de dignitaires a fait l'objet d'une étude particulière. Voir N. Gotteri, Grands dignitaires, ministres et grands officiers du Premier Empire, Paris, 1990, in-8°, 264 p., ill.

.Parmi les grands officiers de l'Empire, le grand aumônier, le grand maréchal du Palais, le grand chambellan, le grand écuyer, le grand veneur et le grand maître des cérémonies forment l'ensemble des grands officiers civils de la Couronne, par opposition aux grands officiers investis de fonctions militaires comme les maréchaux de l'Empire, les sénateurs ayant titre de maréchaux de l'Empire et les inspecteurs et colonels généraux. Ces grands officiers civils sont les seuls représentants de la Maison de l'Empereur à figurer parmi ces dignitaires. On remarquera, en effet, que l'intendant général de la Maison, le trésorier général de la Couronne, l'intendant général du Domaine extraordinaire et le secrétaire d'État de la Famille impériale, en particulier, n'en font pas partie. En raison, peut-être, du caractère plus discret de leurs fonctions de cour, ils n'étaient qu'officiers civils.

Le sénatus-consulte organique du 28 floréal an XII (18 mai 1804) établissant l'Empire prévoyait (titre VI, 48) que les grands officiers civils de la Couronne seraient institués "par les statuts de l'Empereur". En fait, leurs nominations par décret du 21 messidor an XII (10 juillet 1804) précédèrent l'institutionnalisation de leurs fonctions par décret du 28 messidor suivant (17 juillet 1804)

AF IV 132, plaquette 765.

.Ce texte est intitulé : "Organisation et administration du Palais impérial"

AF IV 132, plaquette 770 ; voir sa reproduction photographique entre les pages 8 et 9.

.

Les titulaires de ces charges varièrent peu au cours des dix années du règne. Le cardinal Fesch, oncle du souverain, le duc de Vicence, le prince Berthier et le comte de Ségur conservèrent jusqu'en 1814 leurs fonctions de grand aumônier, grand écuyer, grand veneur et grand maître des cérémonies. Le grand maréchal Duroc, mortellement blessé en Saxe, à Bautzen, le 20 mai 1813, fut remplacé le 25 mai par le grand écuyer Caulaincourt qui cumula ainsi les deux offices jusqu'à la nomination du général Bertrand, le 18 novembre suivant. Quant à Talleyrand, qui était devenu grand dignitaire par sa promotion de vice-grand électeur, il dut renoncer aux fonctions de grand chambellan qu'un décret impérial du 29 janvier 1809 attribua au comte de Montesquiou-Fézensac.

Cette remarquable stabilité ne doit pas faire illusion. Certains grands officiers furent chargés de missions si longues et si importantes qu'ils furent mis dans l'impossibilité d'exercer effectivement leurs fonctions de cour. Ils n'en continuèrent pas moins cependant à percevoir les traitements qui y étaient affectés. Ce fut le cas du grand écuyer Caulaincourt, longtemps ambassadeur à la cour de Russie, du grand chambellan Talleyrand, chargé du portefeuille des Relations extérieures ou du grand veneur Berthier, investi de la grande dignité purement honorifique (mais rémunérée) de vice-connétable, presque constamment accaparé par ses fonctions de major général. Le premier écuyer, le premier chambellan ou le commandant de la Vénerie, simples officiers civils de la Maison, exerçaient alors une sorte d'intérim.

Mais ces remplacements ne s'effectuaient pas suivant des règles strictes. Les événements politiques et militaires justifiaient parfois l'adoption de mesures pragmatiques. Ainsi, en l'absence de Caulaincourt, retenu à Pétersbourg, les fonctions de grand écuyer furent-elles confiées au général Nansouty. Cependant, lors de la seconde campagne d'Autriche, en 1809, ce dernier participa aux opérations à la tête de la réserve de la cavalerie. l'Empereur, pour le remplacer, désigna son aide de camp, le général Savary, qui dut organiser, en particulier, le second voyage que l'Empereur projetait de faire en Espagne pour rétablir la situation gravement compromise après la capitulation de Baylen, voyage que le souverain ne fit jamais. C'est d'ailleurs pour assurer une continuité plus rigoureuse dans l'important service des Écuries que fut instituée la charge d'écuyer commandant, confiée au comte Fouler de Relingue qui, à plusieurs reprises, avait commandé des unités de grosse cavalerie.

Il est important de signaler également la prépondérance de fait exercée par le titulaire des fonctions de grand maréchal du Palais, en raison de l'étendue de ses attributions qui faisaient de ce dignitaire une sorte de secrétaire d'État de la Maison, et de la personnalité de Duroc, duc de Frioul, ancien premier aide de camp du général Bonaparte et ancien gouverneur du palais des Tuileries au début du Consulat, auquel l'Empereur vouait une profonde amitié. Il ne faut pas oublier que le grand maréchal suit Napoléon dans ses déplacements, même en temps de guerre, veillant aux détails habituellement réservés au grand chambellan, au grand maître des cérémonies et même au grand aumônier, notamment pour l'organisation des services religieux auxquels l'Empereur assistait, en Allemagne, en Espagne ou en Russie.

Reflétant l'activité des grands officiers de la Couronne, les archives des services de chacun de ces dignitaires constituent une source de premier ordre pour la connaissance de la vie de cour sous le Premier Empire, que le souverain soit à demeure ou en voyage.

Les grandes heures du règne, couronnement et sacre, mariages de l'Empereur ou des princes, naissance et baptême du roi de Rome, font l'objet de nombreux dossiers à l'intérieur des parties du fonds relatives à chaque charge. Mais les événements qu'on pourrait qualifier de plus "ordinaires" peuvent être étudiés à partir des correspondances, comptes ou mémoires qui s'y rapportent : réceptions de souverains étrangers et entretien de leurs maisons ; remise de cadeaux officiels aux illustres invités et aux membres de leurs suites (tableaux, gravures, livres, vases précieux, orfèvrerie, bijoux, vaisselle) ; spectacles et divertissements (représentations théâtrales, opéras, concerts, ballets, bals et quadrilles) donnés aux Tuileries, à Saint-Cloud, à Fontainebleau ou dans d'autres résidences impériales, avec le concours des Comédiens français, des chanteurs italiens, des artistes des divers théâtres, des membres des conservatoires impériaux, sous la direction notamment des responsables de la Musique et des Théâtres de la Cour, Lesueur et Paer ; organisation de chasses. Il faut mentionner, en outre, les voyages officiels, comme l'entrevue de Bayonne et celle d'Erfurt, ou les déplacements en Belgique et Hollande.

À côté de ces événements exceptionnels, le déroulement de la vie normale de la Cour et l'existence quotidienne des souverains dépendent étroitement de l'intervention des grands officiers. Les services ordinaires de la Chapelle, des résidences impériales, de l'Écurie, de la chasse et de la surveillance des forêts, le cérémonial et l'étiquette font l'objet d'une réglementation précise dans le décret du 28 messidor an XII.

Au-delà, cependant, de la lettre des textes, et indépendamment de la nature des circonstances, l'activité des grands officiers civils s'exerce dans un certain nombre de domaines intéressant divers secteurs de la recherche historique. De nombreux dossiers concernent directement l'histoire de la musique, du théâtre, de la danse, des spectacles et des fêtes en général (organisation, artistes, décors) ; des industries et de l'artisanat de luxe, notamment des arts de la table ; du livre et de la reliure ; du cheval, de la sellerie et de la carrosserie

Voir les sources de l'histoire du cheval dans les archives publiques françaises, Paris, Archives nationales, 1993, in-8°, 184p.

 ; de la mode et du costume. Ces documents, en particulier les devis et les mémoires des différents fournisseurs dont tous les noms ont été relevés, qu'il s'agisse d'établissements illustres (Gobelins, manufacture de Sèvres, Monnaie des médailles) ou de particuliers (les peintres Lefèvre ou Isabey, les orfèvres Biennais ou Nitot, les relieurs Bizouard ou Martin, le tailleur Chevallier, le parfumeur Gervais-Chardin, pour ne citer que quelques noms choisis dans la foule de tous ceux qui travaillaient pour la Cour), permettent de mieux apprécier la nature d'un cadre de vie évidemment exceptionnel mais qui n'en constituait pas moins pour les cours européennes et les aristocraties anciennes ou nouvelles la vitrine exemplaire que la volonté impériale offrait à l'imitation ou à l'inspiration.

Malgré leur caractère homogène, les archives des grands officiers de la Couronne ne constituent qu'une partie de la documentation relative aux objets qu'elles concernent. Aux Archives nationales, celle-ci devra être complétée par des recherches effectuées principalement dans les autres fonds de la Maison de l'Empereur (Intendance générale et Trésorerie générale surtout) ainsi que dans certains groupes d'articles de la Secrétairerie d'État, comme AF IV 1220 à 1224 (Famille et Maison de l'Empereur), 1231 (Conseil d'administration de la Maison de l'Empereur), AF IV* 62 à 79/B/, 81 à 84, 280 et 282 (registres concernant les conseils et budgets, les procès-verbaux des cérémonies, le Trésor de la Couronne, les palais impériaux, les manufactures impériales et les musées). Des recherches complémentaires sont également à effectuer dans les sous-séries F/13/ (Bâtiments civils), F/21/ (Beaux-Arts), AJ/13/ (Archives de l'Opéra de Paris), AJ/19/ (Garde-meuble), AJ/37/ (Conservatoire national de musique). Aux Archives personnelles et familiales, on pourra se reporter aux fonds Duroc (184 AP), Montesquiou-Fézensac (349 AP), Caulaincourt (95 AP), Ségur (36 AP), Daru (138 AP).

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