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Inventaire - Cotes :

Archives de la Maison du Roi : règne de Louis-Philippe (1830-1848)

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Cotes
O/4/1-O/4/2864
Date
1830-1848
Nom du producteur
Orléans (famille d')
Localisation physique
Pierrefitte-sur-Seine

Description

Présentation du contenu

O 4

Maison du roi Louis-Philippe

Nous sommes ici en présence de ce qui reste des archives de la Maison du Roi et de l'Intendance de la Liste civile de Louis-Philippe. L'ensemble des papiers de l'administration proprement dite de la Maison a disparu en 1848, lors des pillages et incendies au palais des Tuileries qui ont eu lieu pendant les Journées de février.

Vavin, qui fit le compte de la liquidation de la Liste civile de Louis-Philippe, le dit clairement dans une note retranscrite dans un registre de correspondance provenant de la Maison du Roi [O/4/*/2630bis] acheté par Gabriel Hanoteaux à un libraire en 1927 : "Nous eûmes, en faisant le dépouillement de ces papiers, la conviction qu'une partie supérieure à celle qui était restée, avait disparu... Tous les papiers, tous les registres du Bureau des secours, tout ce qui pouvait redire les bienfaits du roi et de la famille royale, révéler les noms des obligés, fut brûlé dans la nuit du 24 au 25 février, au milieu du désordre qui existait encore aux Tuileries".

Cette affirmation est confirmée par l'état actuel de certaines liasses et fichiers provenant du Bureau des secours et pétitions qui sont noircis par le feu. Le bordereau de versement de ces archives daté d'août 1848 porte plusieurs fois les mentions "brûlé" ou "en partie brûlé".

L'essentiel des archives de la Maison du Roi et de l'Intendance de la Liste civile conservées dans O/4 s'applique au Trésor de la Couronne. L'explication en est simple. Sous la monarchie de Juillet, les archives de la comptabilité ont été très régulièrement versées aux Archives de la Couronne, installées au Louvre. Elles n'ont pas été touchées par les bouleversements de 1848. En 1851, ces papiers, étant nécessaires au réglement de la liquidation civile de Louis-Philippe, ont donc été versés aux Archives nationales où ils ont rejoint le fonds des Secours et Pétitions reçu en 1848.

Il ne faut donc pas s'attendre à trouver ici de la correspondance, des dossiers d'administration ou des dossiers de personnel : les registres ou liasses de correspondance ont pratiquemente toujours trait à la comptabilité. Une exception à cette affirmation : la présence sous les cotes O/4/977-978 des rapports quotidiens du directeur des Postes sur les courriers en provenance de différentes villes, de 1839 à 1843.

Composition du fonds

Versé en deux fois, en 1848 et 1851, plus un reliquat en 1874, ce fonds a subi des remanimements qui l'ont fait passer de 2954 articles en 1891 à 2855 aujourd'hui. A cause de ces modifications, l'Etat sommaire par séries des documents des Archives nationales de 1891 est totalement périmé et inutilisable. Le classement adopté n'est pas toujours satisfaisant, mais il est naturellement impossible aujourd'hui de procéder aux remaniements qu'il faudrait faire pour obtenir plus de cohérence. Des notes dans le présent inventaire devraient permettre les regroupements qu'il n'est matériellement pas possible de faire.

Sans que tout le fonds soit analysé ici avec précision, on trouvera ci-après des indications sur les groupes de documents qui semblent les plus importants.

Comptabilité

Ces archives constituent la plus grande masse du fonds. Elles comprennent des suites continues de registres et de liasses couvrant la quasi-totalité de la monarchie de Juillet, pour les recettes comme pour les dépenses.

La partie la plus intéressante pour la recherche est celle de la comptabilité annuelle des dépenses, cotée O/4/1326-2375. Dans la mesure où les archives administratives ont disparu, ce sont là les seuls documents permettant de reconstituer l'organisation de la Maison à travers les dépenses des différents services.

Ainsi on connaît la composition du personnel à l'aide des appointements mensuels, la vie de la Cour à travers les paiements aux artistes venus interpréter un spectacle à Compiègne ou aux Tuileries. On suit aussi la vie intellectuelle et artistique de Paris par les achats de livres pour les bibliothèques du Roi et les subventions accordées à tel ou tel concert, soirée à bénéfice ou représentation théâtrale. Les factures pour le service de la Bouche donnent de multiples indications sur les fournisseurs, sur les achats courants comme sur les dépenses des banquets. On pourrait multiplier les exemples dans tous les services, ceux des voyages, des écuries, etc.

Il faut cependant s'arrêter un peu plus longuement sur les dépenses des Bâtiments, du Mobilier, des Musées et des Manufactures qui sont particulièrement intéressantes. A travers les factures, ont peut suivre année par année les aménagements des différents châteaux, comme les importants travaux poursuivis à Versailles pour l'installation des galeries historiques ou ceux plus rapides du petit théâtre de Compiègne créé dans l'ancien Jeu de paume, à l'occasion des fêtes du mariage de la princesse Louise. Le service du Mobilier apparaît pour les nouveaux achats de meubles ainsi que pour l'entretien et les réparations. On notera, aussi, parmi les dépenses de la manufacture de Sèvres, celles des vitraux de la chapelle de Dreux ou d'autres châteaux, Amboise, Compiègne. Les dépenses des Musées nous restituent les achats d'oeuvres d'art les plus diverses, faits au titre de la Liste civile et destinés aux châteaux royaux comme aux musées du Louvre et de Versailles. Ces achats se font aux Salons, auprès des artistes, des collectionneurs ou des marchands de tableaux. Cela recouvre des oeuvres modernes ou anciennes, mais aussi des objets archéologiques et de nombreuses commandes d'originaux ou de copies passées auprès des peintres pour les galeries de Versailles. Ces achats sont totalement différents de ceux qui sont faits au titre des Beaux-Arts et non de la Liste civile de la Maison du Roi et figurent dans la sous-série F/21.

Tous ces documents ont la sécheresse de la comptabilité, mais ils en ont aussi la rigueur. La masse du fonds rend la recherche difficile et ne permet pas l'élaboration d'un inventaire très détaillé. On a dû se contenter d'essayer de créer un fil conducteur dans ce dédale, en explicitant quels types de dépenses figurent dans chaque service. Des exemples ont été donnés ainsi qu'une énumération de ce qui paraissait le plus intéressant. Naturellement, cette sélection reste toujours subjective et ne saurait prétendre à l'exhaustivité.

Les dépenses du service des Musées ont paru trop importantes pour l'histoire de l'art pour ne pas mériter un traitement à part. Les achats d'oeuvres d'art, anciennes ou modernes, leurs restaurations lorsqu'elles étaient identifiables, ont fait l'objet d'un fichier.

Adresses, hommages, pétitions et secours

Ces documents ont comme point commun d'être envoyés au roi par des particuliers, des autorités locales, des corps constitués.

Les adresses [O/4/249-324] sont des protestations de fidélité au régime, envoyées surtout à la suite des attentats qui jalonnent la monarchie de Juillet. Elles proviennent de toute la France. Même si leur rédaction est stéréotypée, faite souvent selon un modèle imposé, ces adresses pourraient certainement servir à une étude des mentalités. Il serait également intéressant de les analyser sur un plan politique et de recenser, selon les régions, les communes où toute la population signe l'adresse et celles où seuls le maire et le conseil municipal le font.

Les hommages, proches des adresses, sont plus variés [O/4/325-326/B, 357 et 903-953]. Ils vont de la poésie au mémoire politique et sont le fait de particuliers.

Les pétitions [O/4/356, 854-860 et 903-976], enfin, font le lien entre adresses et secours. Elles sont, en effet, de tous ordres. Emanant d'autorités locales comme de particuliers, elles constituent des demandes d'emploi, de secours, ou de remises de peine, de subvention pour une église ou un monument commémoratif, mais aussi des hommages au roi qui peuvent prendre la forme de poésies ou de pièces de théâtre.

A cause de leur quantité, ces documents sont peu accessibles. Cependant, deux fichiers alphabétiques des pétitionnaires [O/4/682-713/B, 714/A-748 et 2376-2407] donnent des résumés des demandes et permettent de retrouver un certain nombre de pétitions : certaines fiches portent un numéro qui correspond à celui de dossiers de secours accordés [O/4/448-681]. On retrouve les pétitions dans ces dossiers.

D'autre part, beaucoup de pétitions étaient retransmises aux administrations concernées (Justice, Guerre, Intérieur...). L'inscription de ces renvois fait l'objet des registres O/4/*/327-355 : ces pétitions ne sont naturellement plus dans la sous-série O/4, puisqu'elles ont été envoyées à d'autres administrations.

Les secours enfin sont une résultante des pétitions. Ils se répartissent entre demandes de secours et secours accordés, classés entre Paris et la province, mais aussi selon l'importance du secours, sans oublier les anciennes demandes adressées au roi lorsqu'il n'était que duc d'Orléans [O/4/78-239 et 369-902]. Malgré les destructions de 1848, les dossiers sont incontestablement encore très nombreux. On peut se demander si Vavin en a eu connaissance lors de la liquidation de la Liste civile. Il parait difficile de dire avec lui : "Tous les papiers... du Bureau des secours... furent brûlés".

Parmi tous ces dossiers, seuls ceux des articles O/4/448-681 ont des fichiers qui permettent d'y faire des recherches ; ce sont ceux des pétitions, cités plus haut. Chacun des dossiers regroupe les demandes successives et les divers secours accordés à un même individu au cours de tout le règne de Louis-Philippe. On n'a pas retrouvé de registres on de fichiers facilitant les recherches dans les autres séries de secours.

Domaines

On retiendra deux groupes de documents qui méritent d'être signalés.

Le premier - O/4/2804-2805 - concerne les titres de propriété de terrains appartenant à la Maison d'Orléans et devenus Domaine de la Couronne. Ces titres remontent au XVIIIe siècle et s'appliquent surtout à des immeubles parisiens attenant au Palais-Royal et au Théâtre-Français, mais aussi aux forêts du Vésinet, de Villefermoy et de Saint-Germain-en-Laye (d'où un plan du domaine du château du Belloy à Saint-Germain).

Le deuxième groupe traite des concessions d'eau par les Domaines, principalement à Versailles, ainsi qu'à Saint-Cloud, Meudon, Saint-Germain, Sèvres et Fontainebleau [O/4/2788-2803].

Il s'agit des demandes de concessions d'eau. A première vue de peu d'intérêt, ces dossiers nous livrent de précieux renseignements pour l'histoire locale. Très nombreux pour Versailles, classés par rues, ils nous donnent les noms des propriétaires successifs d'hôtels ou de fabriques, pour les périodes de la Restauration et de la monarchie de Juillet. Parmi les gens illustres qui figurent dans ces dossiers, on peut citer le peintre Horace Vernet, l'actrice Melle Mars, le banquier Fould, propriétaire du château de Roquencourt. Sur le plan économique, on découvre de nombreux établissements de bains, des brasseries, mais aussi les lignes de chemin de fer Paris-Versailles (rive droite et rive gauche). Signalons, pour l'histoire des inventions, une compagnie d'exploitation d'un service régulier de voitures à vapeur en 1835 entre Paris et Versailles. A Saint-Cloud, une demande émane de l'homme de théâtre, Sevestre, exploitant d'une salle de spectacle.

Archives de la Couronne

Ces papiers, entrés aux Archives nationales en 1851 avec le versement des archives du Trésor, n'ont malheureusement pas été différenciés de ces dernières et sont cotés dans le désordre [surtout O/4/240, 2576-2577 et 2843-2844]. Il ne s'agit plus de comptabilité mais de correspondance administrative. Ces papiers donnent le reflet de l'organisation du service, de son personnel ainsi que de son activité.

Gardien de l'état civil de la famille royale, le service des Archives de la Couronne conservait les papiers anciens remontant à l'Ancien Régime. C'est vers cette époque que fut versé aux Archives nationales ce qui constitue aujourd'hui les séries O/1, O/2 et O/3, archives de la Maison du Roi sous l'Ancien Régime, de la Maison de l'empereur Napoléon Ier et à nouveau de la Maison du Roi pour la Restauration. Il était chargé d'y faire les recherches pour la Maison mais aussi pour les particuliers. La partie principale de son activité, vue à travers les papiers conservés, est liée à la liquidation de la Liste civile de Charles X et à l'établissement de pensions au bénéfice des anciens employés. Le service a donc fourni des états de services, des attestations à l'ancien personnel. On a ainsi des renseignements sur le personnel de la Maison de Charles X qu'on n'aurait pas pensé trouver là.

Signalons enfin quelques articles qui présentent un intérêt tout particulier : O/4/240, consacré au cérémonial et à l'étiquette appliqués à la famille d'Orléans sous l'Ancien Régime, mais aussi à l'état civil de la proche famille de Louis-Philippe ; O/4/*/2840, registre composé d'un état statistique de l'armée française en 1822 ; O/4/*/2841 renfermant l'inventaire de la Collection espagnole de Louis-Philippe.

En conclusion à cette introduction, un plan d'ensemble du fonds servira de guide à la recherche, en attendant l'élaboration d'un index de l'inventaire.

Plan général de O4 :

O/4/1-77. Personnel de la Maison du Roi

O/4/78-239. Secours.

O/4/240-248. Etat civil des princes. Archives de la Couronne. Intendance de la Liste civile et liquidation de la Liste civile de Charles X

O/4/249-357. Adresses, hommages au roi, pétitions et secours

O/4/358. Voyages du roi et des princes

O/4/359-368. Personnel de l'Intendance de la liste civile

O/4/369-976. Hommages au roi, pétitions et secours

O/4/977-978. Rapports du directeur des Postes sur les courriers

O/4/979-2855. Comptabilité générale

O/4/979-984. Rapports de la Cour des Comptes sur les comptes de la Maison

O/4/985-1325. Budgets : recettes et dépenses

O/4/1326-2375. Comptabilité annuelle des dépenses

O/4/2376-2855. Comptabilité générale : recettes et dépenses. Service du Trésor. Liquidation des Listes civiles de Charles X et de Louis-Philippe. Archives de la Couronne. Domaines.

O/4/2856-2864. Documents isolés entrés par voie extraordinaire.

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