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Inventaire - Cotes :

Cultes. Dossiers de candidature à l'épiscopal (XIXe-XXe siècles)

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Cotes
F/19/2611-F/19/2646
Date
XIXe-XXe siècles
Localisation physique
Pierrefitte

Description

Présentation du contenu

Introduction

Le groupe documentaire F 19 2611 à 2646 renferme les dossiers des candidatures à l'épiscopat, du moins les dossiers des candidats, pourrait-on dire, malheureux, puisqu'en principe les dossiers des candidats élevés à l'épiscopat sont joints aux dossiers d'évêques. Mais le classement de la sous-série F19 est loin d'être rigoureux et quelques dossiers de candidature d'ecclésiastiques devenus évêques sont restés dans le groupe d'articles F19 2611 à 2646.

Ces trente six cartons contiennent 1641 dossiers qui ne sont pas tous des dossiers de candidatures à l'épiscopat ; s'y trouvent mêlés quelques dossiers de décorations ou relatifs à d'autres objets, l'ouverture d'une chapelle maronite à Marseille, par exemple. Ces dossiers en outre sont très inégalement répartis au cours de la période concordataire, Comme pour beaucoup d'autres fonctions ecclésiastiques ou non, on ne voit apparaître vraiment le dossier administratif qu'avec l'avènement de la Monarchie de Juillet. Sous la Restauration, il s'agit plutôt d'un mémoire ou d'un placet signalant les mérites d'un ecclésiastique au ministre des Cultes ou même au Roi. La répartition chronologique des dossiers s'établit comme suit : Restauration : 61 dossiers.

Monarchie de Juillet : 280 dossiers.

Second Empire : 264 dossiers.

Troisième République : 982 dossiers.

Une cinquantaine de dossiers sont vides ou peuvent être considérés comme tels. Beaucoup de candidatures ne sont pas prises en considération pour diverses raisons, et les dossiers alors n'apportent guére d'éléments biographiques ; ainsi pour un certain abbé Fabre, premier vicaire de l'église Saint-François-Xavier à Paris, le dossier ne comporte qu'une seule note "neveu de Mgr. Affre", ou pour Jean-Marie-Robert de Lamennais dont on reconnaît les mérites bien qu'il soit le frère de l'"auteur". Le dossier de l'abbé Lemire, député du Nord, ne contient que des extraits de presse, tel autre une obscure recommandation ou encore une simple carte de visite. Les dossiers sont donc d'inégale valeur, mais beaucoup sont très intéressants ; ils complètent les dossiers conservés par ailleurs dans la sous-série F19, dossiers de curés, de chanoines, de vicaires généraux essentiellement, et ils les complètent d'une façon particulière puisqu'il s'agit de décider si ces ecclésiastiques sont dignes d'accéder aux fonctions les plus hautes de la hiérarchie catholique, celles de l'épiscopat, et aussi de savoir si le gouvernement du Roi ou de la République aura à se louer de tel ou tel choix. Les écclésiastiques sont donc soumis à l'examen des autorités ecclésiastiques, l'évêque, et des autorités civiles, le préfet. Il manque cependant un élément d'appréciation important pour connaître les raisons du choix ou les motifs du refus opposé à la candidature, l'avis de la nonciature, souvent évoqué dans les dossiers, surtout sous la Troisième République.

Les critères de sélection ont naturellement varié avec le temps. Sous la Restauration, les candidats sont en un certain sens des ecclésiastiques d'Ancien Régime, chargés de titres de noblesse, insermentés, émigrés, loyaux serviteurs de la Couronne. Ces candidatures sont rarement couronnées de succès, cependant le vicaire général Dancel, de famille noble, sans fortune, ayant émigré en Angleterre, est nommé évêque de Bayeux en 1827. On trouve encore quelques candidatures de ce genre sous la Monarchie de Juillet : ainsi l'abbé de Fisicat, d'ancienne famille, chanoine de Lyon à 13 ans, ordonné en 1788, grand vicaire d'Embrun la même année, coadjuteur en 1789 ; en 1839, prédicateur connu de plusieurs membres de la Famille royale, il sollicite le siège de Langres auprès de Madame Adélaïde.

Mais déjà sous la Monarchie de Juillet, d'autres critères se dégagent, qui resteront, avec des nuances, ceux qui ont présidé au choix des évêques au cours du XIXème siècle et jusqu'à la Séparation. Les candidats sont examinés sous plusieurs angles : Fortune (et origine sociale), Carrière, Opinions politiques, Qualités personnelles (instruction, talent pour prêcher, éducation et même aspect physique), et critères importants : l'âge et la santé du candidat. Le souci de ne pas nommer d'évêques trop agés est constant. Les opinions politiques et les tendances religieuses du candidat sont passées au crible. Sous la Monarchie de Juillet on note encore si l'ecclésiastique a prêté ou non le serment à la Constitution civile du clergé ; plus tard, on indique la position du prêtre à l'égard des thèses ultramontaines. Les attaches et les sentiments politiques sont l'objet d'enquêtes des préfets ; on attend du candidat des sentiments d'attachement ou du moins de non hostilité au gouvernement en place, ce qui amène la Direction des Cultes à préférer des candidats qui font montre d'opinions modérées. Au bas des chemises des dossiers de candidatures, une rubrique "Observations" résume pour le ministre le dossier et fait apparaître quelquefois la raison du refus de nomination : ainsi pour l'abbé Fenasse, premier vicaire général d'Auch, en 1832 : "trop vieux (72 ans)". Pour l'abbé Fréchon, chanoine titulaire d'Arras, dont le dossier ouvert à la fin de la Monarchie de Juillet est clos sous la Seconde République : " prudent et capable. Il est considéré. Les renseignements fournis lors de sa nomination de chanoine lui sont favorables. Mais sa naissance est obscure. Il n'a point de fortune. Il a été nommé Représentant du Peuple (1850)". Les évêques et les préfets étaient sollicités parfois par la Direction des Cultes pour signaler les ecclésiastiques dignes d'être proposés pour l'épiscopat "par leurs vertus sacerdotales, l'étendue de leurs connaissances, leur prudence, leur modération, la sûreté de leur jugement, leur aptitude administrative, leur attachement à la Personne de Sa Majesté, à nos institutions..." (1861). En gommant l'expression "à la Personne de Sa Majesté" telle est à peu près la doctrine qui a prévalu jusqu'à la Séparation.

Ces dossiers permettent en outre de toucher nombre d'ecclésiastiques sur lesquels la sous-série F19 fournit en général peu de renseignements : prêtres libres, prêtres missionnaires, prêtres engagés dans l'enseignement, aumôniers, prédicateurs, fondateurs d'oeuvres de charité, évêques in partibus, prélats de la Maison du Pape, religieux et clergé colonial. A ces candidats, on opposait à juste titre leur manque d'expérience pour administrer un diocèse, mais il n'est pas indifférent de trouver sur eux des renseignements qu'on chercherait en vain dans les versements ministériels.

Février 1981,

J. Charon-Bordas.

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