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Cultes. Circulaire du 15 novembre 1853 relative à la réalisation de plans-types d'églises, presbytères et écoles (1853-1855)

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Reference codes
F/19/4681,CP/F/19/4681
Date
1853-1855
Name of creator
France. Comité des inspecteurs généraux des travaux diocésains (1853-1907)
Physical location
Pierrefitte-sur-Seine

Description

Presentation of content

Par une circulaire du 15 novembre 1853, le ministre des Cultes demande aux architectes diocésains la réalisation de "plans types" pour des églises de village, des presbytères et, comme il est aussi ministre de l'Instruction publique, des écoles. Le but premier est, à partir des meilleurs plans, de "former un corps d'ouvrage qui sera publié aux frais de [son] ministère et envoyé aux autorités administratives des départements, pour servir de modèle aux constructions à venir". Les plans et devis conservés aujourd'hui sous les cotes F/19/4681 et CP/F/19/4681 sont les réponses des architectes diocésains à cette circulaire.

Si l'on peut penser que la majorité des plans dressés en réponse à la circulaire de 1853 présentent une certaine raideur caractéristique du style néo-médiéval du XIXe siècle, on attirera, cependant, l'attention du chercheur sur certains plans dont la qualité, au moins au titre de documents graphiques, paraît indéniable : à savoir, notamment, les plans de Révoil (architecte d'Aix, Nîmes et Montpellier) ; de Guérin (Tours), de Bourrières (Agen), de Maxe (Verdun) ; de Gautiez (Metz). On soulignera aussi l'intérêt des projets d'écoles auxquels, parfois, sont joints ou intégrés des projets de mairies, notamment ceux de Durand (pour la Haute-Marne et la Haute-Saône) ; de Maxe (Meuse) ; de Mallay (Puy-de-Dôme) ; de Gabrie (Seine-et-Oise).

Classification method

Il a été décidé de reconstituer l'ensemble initial sous la cote F/19/4681. L'indication de la cote d'origine permettra au chercheur de faire, si nécessaire, la concordance entre ancienne et nouvelle cote. On a gardé le classement primitif des documents, établi par départements. Les devis sont compris sous la cote F/19/4681 tandis que les plans, tous déposés à la Section des Cartes et plans et de la Photographie pour des raisons de conservation, portent la cote CP/F/19/4681. Il est à noter que les cotes F/19/*/1934 et F/19/*/1935 ont été conservées pour référencer des plans du versement de 1941 qui n'avaient pas de rapport pas avec la circulaire de 1853. La cote F/19/*/1936, en revanche, a été entièrement reversée en F/19/4681.

Creator history

Les architectes diocésains

Créé par un arrêté du 16 décembre 1848, le corps des architectes diocésains a pour mission première de proposer et de suivre les travaux des édifices diocésains (cathédrales, palais archiépiscopaux ou épiscopaux et séminaires) mis à la disposition des archevêques ou évêques, mais qui sont propriété de l'État et dont l'entretien est porté au budget des Cultes depuis 1824. À partir de 1830, l'administration des Cultes s'est dotée d'un service des édifices diocésains pour suivre ce dossier mais le choix des architectes et des travaux reste alors aux mains des archevêques ou évêques et des préfets. Quant au contrôle technique et esthétique, il ressortit toujours au Conseil des Bâtiments civils que viennent concurrencer parfois les Monuments historiques.

C'est à la faveur de la Révolution de 1848 que l'administration des Cultes s'empare totalement de la gestion des édifices diocésains avec la constitution du corps des architectes diocésains et de la Commission des Arts et édifices religieux (précédée de la "Commission des édifices religieux", créée par un arrêté du 7 mars 1848, et par la "Commission des grandes et petites orgues des cathédrales", créée par un arrêté du 20 juin de la même année), qui reprend, pour les édifices publics cultuels, le rôle tenu respectivement par le Conseil des bâtiments civils et par les Monuments historiques.

En 1853, le système mis en place en 1848 est modifié et les attributions de l'administration des Cultes sont encore accrues :

  • Un arrêté du 7 mars double la Commission des Arts et édifices religieux d'un Comité des Inspecteurs généraux des édifices diocésains qui suit effectivement les propositions et les réalisations des architectes diocésains pour les édifices diocésains et qui examine aussi les projets d'édifices paroissiaux (églises, presbytères catholiques) ou consistoriaux (temples, synagogues, presbytères protestants et israélites) pour lesquelles les communes, les fabriques (établissement public ecclésiastique chargé de gérer les biens des paroisses catholiques) et consistoires (établissement public ecclésiastique chargé de gérer les biens des églises protestantes ou des communautés israélites) peuvent demander des secours. L'attribution de secours est liée au statut de culte reconnu attribué par la loi du 18 germinal an X (8 avril 1802) aux cultes catholique, luthérien et réformé et, par les décrets des 17 mars et 11 décembre 1808, au culte israélite.
  • Un arrêté du 20 mai 1853 établit un unique architecte diocésain par diocèse (en 1848, un architecte diocésain se voit confier plusieurs diocèses, formant une "circonscription") et étend ses compétences au-delà des édifices diocésains : "il est chargé en outre de l'examen préparatoire des projets produits par les communes du diocèses, à l'appui des demandes de secours qu'elles adressent à l'administration des Cultes, pour la restauration ou la construction de leurs églises et presbytères" (article 2)
Dans le cadre de cet élargissement des fonctions de l'architecte diocésain, la demande de plans types prend tout son sens. Elle a toute son importance, aussi, si l'on considère qu'au XIX e siècle, 1/4 des églises de France ont été soit construites soit fortement remaniées. Or, le Second Empire, est l'apogée de cette ferveur constructive et la période où le budget des Cultes pour les secours aux travaux paroissiaux se développe massivement et régulièrement (2,5 millions de francs en 1860). L'apogée du budget des secours pour travaux paroissiaux est atteint, cependant, en 1872 avec 3,4 millions de francs.

On doit encore souligner que le renforcement des compétences et du budget de l'administration des Cultes en matière d'édifices cultuels n'a pas seulement des raisons de maîtrise esthétique ou financière. Pour l'administration des Cultes, et cela dès l'an X, la gestion des bâtiments a aussi une fonction politique : doter les prêtres de logements décents et les paroisses d'églises embellies, c'est les aider dans leur rôle de régulateur social au sein d'une France encore largement rurale. C'est aussi avoir en main un moyen de pression sensible aux autorités ecclésiastiques comme aux fidèles, par le choix d'entreprendre ou non, de subventionner ou non des travaux.

Creator history

La circulaire du 15 novembre 1853

Par une circulaire du 15 novembre 1853, le ministre des Cultes demande aux architectes diocésains la réalisation de "plans types" pour des églises de village, des presbytères et, comme il est aussi ministre de l'Instruction publique, des écoles. Le but premier est, à partir des meilleurs plans, de "former un corps d'ouvrage qui sera publié aux frais de [son] ministère et envoyé aux autorités administratives des départements, pour servir de modèle aux constructions à venir".

En cela, l'entreprise copie l'action menée par le Conseil des Bâtiments civils, établi au ministère de l'Intérieur en l'an IV pour contrôler l'ensemble de la construction publique au point de vue technique, financier et esthétique. Le Conseil, en effet, a édité entre 1825 et 1850 3 volumes in-folio rassemblant à titre d'exemples un Choix d'édifices publics projetés et construits en France depuis le commencement du dix-neuvième siècle (Paris, auteurs : Gourlier, Biet, Grillon et Tardieu). La circulaire de 1853 traduit ainsi la volonté du tout récent Comité des Inspecteurs généraux des Édifices diocésains, créé en mars 1853 au sein de l'administration des Cultes (cf ci-dessous), de marquer son territoire par rapport au Conseil et, aussi, par rapport à la jeune administration des Monuments historiques, instituée entre 1830 et 1837 au ministère de l'Intérieur, bien que certains membres de ces diverses institutions concurrentes naviguent de l'une à l'autre.

Il est intéressant de noter, cependant, que l'opposition n'est pas seulement querelle de places et de pouvoir. Elle se double aussi d'une controverse esthétique entre le Conseil des Bâtiments civils, d'une part, et les Monuments historiques et le Comité des Inspecteurs, de l'autre. Le premier est, en effet, adepte de l'archéologie antique et du style néo-classique qui en découle tandis que les deux autres administrations défendent l'art médiéval et sa déclinaison néo-médiévale.

Par leur vison philosophique et antiquisante de l'architecture, les membres du Conseil, conduits par Quatremère de Quincy, promeuvent les formes géométriques claires (le cercle, le rectangle etc.) et des décors de fronton triangulaire et de colonnade quasiment dépouillés de sculpture : ils font ainsi des églises les héritières des temples grecs et des basiliques paléo-chrétiennes. Les architectes du Comité, en revanche, comme ceux des Monuments historiques, étendent leur goût de l'archéologie à l'art médiéval. Ils en vantent le pittoresque, l'inventivité et, même, comme Lassus et Viollet-le-Duc, la rationalité, attribut jusqu'alors réservé à l'art antique… Leur pensée s'inscrit dans le courant romantique qui, de Châteaubriand (Le Génie du christianisme, 1802) à Hugo (Notre Dame de Paris, 1831 ; La bande noire, 1823) en passant par Nodier et Taylor (Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France, 1820-1863) ou encore Millin (Les Antiquités nationales, 1790), voit dans l'art médiéval et, surtout, dans l'art gothique la double expression du génie chrétien et du génie national français. Pour eux, en outre, cet art national s'incarne en particularités locales, auxquelles ils portent une grande attention, adhérant au courant folkloriste alors en vogue. On comprend ainsi les recommandations de la circulaire qui préconise l'usage du style néo-gothique dans le Nord de la France et, de façon détournée, celui du néo-roman dans le Sud.

Un second objectif de l'administration des Cultes est une meilleure maîtrise des coûts des travaux que se partagent les communes, propriétaires des édifices, et l'administration des Cultes, attributrice de secours. C'est ainsi que le ministre fixe dans la circulaire un montant au devis et décourage les architectes diocésains de recourir aux ornements "dispendieux", appuyant son souci d'économie par l'évocation des principes de l'art : "l'art ne consiste pas à couvrir le bois ou la pierre d'ornements dispendieux ; la combinaison des lignes les plus simples, tracées par une main habile, peut donner à une œuvre un cachet remarquable". De ce fait, il prétend à un art néo-médiéval épuré, réduit à la structure architecturale plutôt que caractérisé par un décor foisonnant. Il y a là, non pas une contradiction - car pour les architectes néo-médiévaux le nœud du problème est bien la question de la structure - mais, malgré tout, comme une aporie, car pour ces mêmes architectes, l'art médiéval est un tout où décor et mobilier, voire ornements, sont aussi à prendre en compte systématiquement. Il semble, en vérité, qu'en l'occurrence, et comme souvent, l'argument financier l'emporte sur le désir d'art. Une intéressante circulaire du ministre d'août 1853 allait déjà dans ce sens.

Finalement, le projet initial du ministre ne sera pas suivi d'effet, c'est-à-dire d'une publication officielle par l'administration des Cultes. Mais l'idée sera en partie reprise et menée à bien par Anatole de Baudot, qui sera architecte diocésain et membre du Comité des Inspecteurs généraux et qui publie en 1867 2 volumes consacrés aux Églises des bourgs et des villages (Paris).

Entry and conservation

Mode of entry

Ces documents proviennent de 2 versements distincts. Sous la cote F/19/4681, se trouvaient les devis et un certain nombre de plans. Cette cote correspond à un versement ancien fait aux Archives nationales en 1912 ou en 1920, après la suppression (en 1911) de la Direction générale des Cultes (suite à la loi de Séparation de 1905). Sous les cotes F/19/*/1934 à F/19/*/1936, se trouvaient un groupe de plans, sans doute distraits des autres documents au moment du rattachement du Service des Édifices diocésains à l'administration des Beaux-Arts et, plus précisément, au Service des Monuments historiques en 1906-1907. Ces plans ont été remis aux Archives nationales en juillet 1941, par la Sous-direction des Monuments historiques du ministère de l'Instruction publique.

Sources and references

Bibliography

Législation et administration

Circulaires, instructions et autres actes relatifs aux affaires ecclésiastiques et aux affaires des cultes non catholiques…, Paris, Imprimerie royale puis Paul Dupont, 5 vol. 1841-1899. (Textes complets depuis août 1830 ; relevé chronologique de textes relatifs aux matières ecclésiastiques depuis 1682.)

DUBIEF (A.) et GOTTOFREY (V.), Traité de l'administration des Cultes, Paris, Paul Dupont, 1891-1892, 1891 et 1892, 3 vol. (reprise de L. BÉQUET, Répertoire de droit administratif, article "Cultes", t. VIII, p. 493 à 570 et t. IX, p. 5 à 464, Paris, 1888 et 1891).

LENIAUD (J.-M.), L'Administration des Cultes pendant la période concordataire, Paris, 1988.

Architecture

CHARON-BORDAS (J.), Les Sources de l'histoire de l'architecture religieuse aux Archives nationales de la Révolution à la Séparation, 1789-1905, Paris, 1994. Cet ouvrage fait aussi l'histoire des administrations intervenant dans la gestion des édifices.

1995, Paris, Archives nationales, Musée de l'Histoire de France, catalogue d'exposition : Demeures du sacré.

CHALINE (Nadine-Josette), Ces Églises du XIX e siècle, Amiens, 1993.

LENIAUD (Jean-Michel), Les Cathédrales au XIXe siècle, Paris, 1993.

(Cet ouvrage comporte un dictionnaire sur les architectes diocésains)

Indexing terms

plan ;  devis ;  presbytère ;  église ;  établissement d'enseignement ;  enquête ;  architecte  

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