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Fonds abbé Grégoire (1775-1884)

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Reference codes
510AP/1-510AP/4
Date
1756-1989
Name of creator
Grégoire, Henri (1750-1831)
Material importance
and support
4 cartons
Physical location
Pierrefitte-sur-Seine
Access conditions

510AP/1-3 : consultation sur autorisation.

510AP/4 : librement communicable.

Description

Presentation of content

Introduction

Au moment même où les cendres de Henri Grégoire (1750-1831) sont transférées au Panthéon, les Archives nationales accueillent une partie de ses papiers.

À la fin de sa longue vie, l'abbé Grégoire avait confié au fils de son ami Lazare Carnot, « l'Organisateur de la Victoire », le jeune Hippolyte Carnot (1801-1888) le soin de publier un manuscrit couvrant la période 1750-1808 de son existence et de le compléter à l'aide de divers dossiers et d'une collection d'autographes provenant des personnalités les plus diverses qu'il avait fréquentées.

Hippolyte s'en acquitta et, en 1837, paraissait en deux volumes la première édition des Mémoires dont J.M.Leniaud et J.N. Jeanneney ont donné une nouvelle édition en 1989.

Les manuscrits originaux et la plupart des dossiers ayant servi à la publication furent versés à la Bibliothèque de l'Arsenal – où Grégoire avait été un temps conservateur – par les soins d'Hippolyte qui conserva les dossiers qui font l'objet du présent inventaire.

Connus et utilisés seulement par de rares historiens, ces documents passèrent inaperçus au point que, se fondant sur une assertion avancée par l'historien du jansénisme, Augustin Gazier, l'auteur de la rubrique « Grégoire » du Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques (Le Touzey) pouvait naguère définir leur existence comme "une rumeur tenace [...] dont les spécialistes n'ont retrouvé aucune trace à ce jour". La famille Carnot elle-même, qui avait déposé ses propres archives aux Archives nationales en 1979, pouvait répondre de bonne foi qu'elle en ignorait l'existence.

En effet, Monsieur Pierre Sadi Carnot avait confié ces papiers – dont il ne s'estimait que dépositaire – au Secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer avec l'espoir qu'elle les mettrait à la disposition des chercheurs dans l'institution de son choix. C'est ce que vient de faire son successeur Monsieur Gilbert Mangin.

Les « papiers Grégoire », importance et intérêt.

Les quatre cartons qui constituent désormais la sous-série 510AP des Archives nationales ne composent évidement pas toutes les archives de l'ancien évêque de Blois. De nombreux autographes, une importante correspondance et le manuscrit de ses Mémoires sont conservés à la Bibliothèque de l'Arsenal tandis que les dossiers à caractère plus spécifiquement religieux – les plus précieux pour l'histoire de la Révolution – ont été légués par le secrétaire de Grégoire, l'abbé Rondeau, à la Bibliothèque de la Société de Port-Royal (Paris) où ils forment un fonds particulier. D'autres membra disjecta – il suffit pour cela de consulter la liste des correspondants étrangers de Grégoire (510AP/2) – doivent enfin se trouver dans des archives de diocèses, d'universités, de séminaires étrangers : néerlandaises (Amersfoort), suisses, allemandes (Göttingen), italiennes et même américaines.

L'intérêt du premier carton est capital. Il rassemble en effet les notes prises par Grégoire lui-même durant la réunion des États généraux sous la forme de quatre journaux ou récits qui émanent des curés délégués du clergé avant la réunion des trois ordres dont Jallet, curé de Chérigné, fut le principal artisan. Une correspondance échangée entre le docteur Sauzé, maire de la Mothe-Saint-Heraye, et Sadi Carnot, en 1884, prouve que ce dernier avait mis en 1871 la copie du manuscrit – l'original semble perdu – à la disposition de son premier éditeur Jean-Louis Brethé.

En 1932, un chercheur, s'abritant derrière le pseudonyme de Chancelay se souciait de savoir dans l' Intermédiaire des chercheurs et des curieux si les trois autres journaux conservés dans le même fonds (ceux des abbés Gennetet, Aury et de Grieu) étaient connus et édités. L'universel chanoine Uzureau fut le seul à répondre par la négative. Le questionneur – dont le pseudonyme évoque la Bourgogne – ne pouvait être qu'un proche des propriétaires du fonds.

Le dossier comprenait d'autres trésors, comme le récit des derniers jours des États généraux, écrit par Grégoire et recopié par un secrétaire, des texte de discours, des notes sur les cardinaux de Bernis et Loménie de Brienne, des mémoires adressés à Grégoire et à l'Assemblée par divers citoyens.

L'intérêt du second carton réside en ce qu'il contient un certain nombre de lettres reçues par Grégoire avant le 9 thermidor.

De ces 472 pièces, émanant de 187 personnalités différentes et classées par ordre alphabétique, 26 seulement sont antérieures à l'an III. Il s'agit sans doute d'une sorte de collection d'autographes, peut-être constituée par Grégoire lui-même, puisque les noms des correspondants sont identifiés de sa main, mais conservée comme telle dans la famille Carnot, ainsi qu'en témoigne un fragment d'inventaire ancien.

On compte en effet, sur ces 26 lettres antérieures à l'an III, des billets anodins ou des lettres de personnages émigrés ou disparus depuis comme Brissot, Buzot ou Clavière, déja exécutés lors du procès des Girondins. Cette même liste indique toutefois des déficits qui ont pu se produire avant l'entrée des papiers Grégoire à l'Académie des Sciences d'Outre-Mer ; elle mentionne en effet – pour la seule chemise existante qui concerne les lettres C et D – l'absence des lettres de Champfort, Champollion, Chenier, Benjamin Constant, Cousin d'Avallon, Deleuze et Denon alors que des lettres d'Ameilhon ou de La Porte du Theil, par exemple, ont été aisément retrouvées et remises à leur place.

Il convient cependant de signaler, parmi ces correspondants illustres à des titres souvent très différents, des lettres de Dulaure, François de Neufchateau, Mme de Genlis, Jefferson, Lamarck, La Tour d'Auvergne et Le Brigant, l'astronome Lalande, Lanjuinais, Lafayette (13 lettres), Alexandre et Fanny de Beauharnais, Joseph Bonaparte – dont l'abbé fut un temps l'hôte à Mortefontaine –, Mac Caulay, Humboldt (11 lettres) etc...

Si l'on excepte une copie de 1775, la plus ancienne des pièces remonte au printemps de 1789, la dernière précède de peu sa mort et l'on peut penser que le critère de conservation de cette collection reposait autant sur la variété du fonds que sur le souci de relater les grands moments d'une existence fertile en événements ; les principaux thèmes retenus étant – outre ceux qui devaient donner lieu à des dossiers organiques conservés à la Bibliothèque de Port-Royal et à l'Arsenal – le rapport sur le vandalisme et la mise en place de la politique culturelle de la Convention, les liens privilégiés avec les universitaires et les théologiens étrangers, le combat pour les noirs, les juifs et les protestants et, à la fin de sa vie, la monumentale Histoire des sectes religieuses. Plusieurs lettres, dont certaines annotées de la main de Grégoire, montrent comment, à partir de notices envoyées par des correspondants français et étrangers, il mit en forme les divers chapitres de son livre.

Une place importante est aussi réservée au dernier épisode de la vie politique de Grégoire : l'élection manquée de l'Isère en 1818, dont témoigne un important dossier de correspondance poursuivie après 1831 par les Carnot avec la famille Bérenger et complété par de nombreuses notes biographiques et généalogiques. C'est à cette péripétie qu'il faut attribuer l'utilisation par Carnot, pour l'édition des Mémoires, de la lettre adressée par d'Argenson à Grégoire le 7 octobre 1819 dont deux copies authentiques sont conservées avec l'original et montrent à l'évidence que cette collection avait d'autres buts que la simple curiosité.

Les utilisateurs du fonds.

L'oubli volontaire dans lequel la famille Carnot semble avoir voulu tenir les papiers Grégoire à partir de 1889 est lui-même un gage d'inédit.

L'étude des différents historiens ayant eu naguère accès à ces papiers nous montre en effet que, s'ils furent communiqués à Jean-Louis Brethé en 1871 et connus du docteur Sauzé en 1884, on se refusa à les soumettre à Augustin Gazier lui-même – qui en avait soupçonné l'existence – et qu'à part des chercheurs locaux, aucun des historiens récents de Grégoire, malgré des recherches actives, n'y avait eu accès.

L'étude attentive des dossiers de correspondance et surtout des chemises qui les accompagnent, nous montre en effet que trois personnes seulement semblent avoir utilisé ces documents.

La première est un historien Blésois, M.R. Chrétien, qui opéra vers 1962 un classement sommaire des lettres, la seconde un chercheur suisse anonyme, probablement originaire du Jura bernois, dont seuls les dossiers constitués – des journaux locaux des environs de la Chaux-de-Fond – permettent l'identification.

La troisième est une personne d'origine anglo-saxonne dont les copies de lettres de Zachary Macaulay ont été jointes au fonds. Il est toutefois exclu qu'il s'agisse de Miss Ruth Necheles, spécialiste américaine de Grégoire et grande chercheuse d'inédits, car la lettre originale de Jefferson que conserve notre fonds – et dont elle a reproduit le texte – lui est connue par la minute qui en est conservée à la Bibliothèque du Congrès de Washington, et que le fonds privé anonyme cite comme lui ayant été communiqué en France contient des documents étrangers au nôtre.

Dès leur découverte dans le bureau du défunt M. Cornevin, précédent secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer, Madame Gibour, la bibliothécaire, entreprit de coter " à la suite" les différentes pièces du fonds Grégoire. Nous avons volontairement maintenu ces cotes (inscrites au crayon en haut et à gauche de chaque pièce), nous contentant de rétablir l'ordre alphabétique original de la correspondance passive et de constituer des dossiers distincts pour les pièces organiques (cartons 1 et 3).

Language of documents

Français

Institution responsible for intellectual access

Archives nationales de France

Entry and conservation

Mode of entry

510AP/1-3 : dépôt en 1989.

510AP/4 : achat en 1992.

Sources and references

Additional sources

De nombreux écrits de l'abbé Grégoire sont conservés par la Bibliothèque de l'Arsenal, mais aussi par la Bibliothèque de la Société de Port-Royal et par la Bibliothèque municipale d'Orléans.

Bibliography

HERMON-BELOT (Rita), L'abbé Grégoire. La politique et la vérité, Paris : Éditions du Seuil, 2000.

PLONGERON (Bernard), L'abbé Grégoire ou l'Arche de la Fraternité, 1750-1831, Paris : Letouzé et Ané, 1989.

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