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Inventaire - Cotes :

Fonds Malouet et Laurentie (1768-1936)

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Cotes
372AP/1-372AP/22
Date
1768-1936
Nom du producteur
Malouet, Pierre-Victor (baron de) - Laurentie, Pierre-Sébastien
Localisation physique
Pierrefitte

Description

Présentation du contenu

La première parie de ce fonds 1 comprend deux blocs d'importance et d'intérêt inégaux. Le premier, de 5 dossiers (372 AP 1, dossiers 1, 2, 3, 372 AP 2, dossiers 1 et 2), est consacré aux Malouet, le deuxième, de 11 dossiers 372 AP 2, dossiers 3, 4 et 5, 372 AP 3, dossiers 1 à 3, 372 AP 4, dossiers 1 à 5), aux Laurentie.

Sur les barons de Malouet, peu de choses, mises à part les diverses pièces concernant leur carrière. Pourtant, Pierre-Victor (1740-1814) fut une figure intéressante, tour à tour député à la Constituante, commissaire général de la Marine sous le Consulat, conseiller d'État en 1810 et ministre de la Marine à la première Restauration.

Signalons cependant des documents utiles sur ses affaires de Saint-Domingue, 1792-1849 : commissaire dans cette île durant cinq ans, il y avait choisi une épouse, Marie-Jeanne Lataste. Un dossier de lettres écrites à l'occasion de la publication de ses Mémoires par son petit-fils, en 1868, comporte quelques signatures illustres : le comte de Chambord, Monseigneur Darboy, Guizot et Sainte-Beuve.

Les papiers Laurentie seront consultés avec grand profit par les chercheurs désireux de mieux connaître l'entourage du comte de Chambord. Pierre-Sébastien Laurentie (1793-1876), journaliste et historien, fut, en effet, en rapports constants avec celui-ci. Quant à son petit-fils François (1874-1915), historien fécond lui aussi, il fut chargé de classer et publier les archives de Frohsdorf, comme en témoignent de nombreuses lettres à lui adressées et, insigne relique, une enveloppe renfermant les scellés de la caisse n° 4 des papiers du comte de Chambord, datée de Frohsdorf le 5 août 1910. Tous deux ont conservé diverses pièces relatives au comte de Chambord. François Laurentie a travaillé en outre sur Louis XVII et les faux dauphins, sur Barbey d'Aurevilly, d'où une abondante correspondance avec l'égérie de l'écrivain Louise Read (1907-1912). Il fut l'ami de Marc Sangnier et de membres du Sillon avec lesquels il correspondit (1897-1909), comme avec beaucoup d'écrivains, d'artistes et d'historiens de sa génération tels Jérôme Tharaud, Bédier, Brunetière, Rodin, Louis Gillet, Lenôtre, Masson et Madelin.

Ces dossiers provenant des Laurentie contribueront utilement à l'étude des milieux légitimistes et intellectuels de la fin du XIX e et du début du XX e siècle.

Achetée en 1987 à M. François de Mazieux, descendant des Laurentie, la correspondance 2 de Pierre-Sébastien Laurentie (1793-1876) complète le fonds donné en 1976 par M. et Mme Bernard Morice, où sont déjà conservés des documents le concernant, sous la cote 372 AP 2 dossier 3.

Composée principalement de sa partie passive (lettres reçues = 372 AP 5 à 372 AP 20 que suivent quelques dossiers thématiques (lettres envoyées, relations avec Rome, avec le comte de Chambord, dossiers Talleyrand, Royer-Collard, etc. = 372 AP 21 et 22), cette correspondance de plus de 2 500 noms et de près de 12 000 lettres nous permet de revivre une ascension sociale de type balzacien.

Biographie :

Monté à Paris en 1816 à l'âge de 23 ans, armé de son seul talent littéraire et de ses convictions politiques (légitimistes) et religieuses (catholiques), Pierre-Sébastien Laurentie va, en effet, se construire une belle et durable réussite dans le monde de la presse et aura une influence certaine dans les milieux de la politique, des lettres, de l'enseignement et de l'Église où il nouera des relations et des amitiés prestigieuses.

Né au Houga (Gers) en 1793 3, orphelin de père à dix ans, il a d'abord connu une enfance studieuse sous l'œil attentif d'une mère pieuse et d'un oncle paternel prêtre 4. En 1806, il entre au collège de Saint-Sever où il éveille l'attention du directeur, l'abbé Jourdan qui le soutient dans ses études et qui sera pour lui un second père. En 1811, il y deviendra professeur.

Catholique fervent par éducation, Pierre-Sébastien Laurentie découvre l'idée monarchique sous la pression de deux évènements : la conscription de 1813 à laquelle il se dérobe et qui lui fait souhaiter la fin de l'Empire, et le passage à Saint-Sever, en 1815, du duc d'Angoulême qui lui fait connaître la famille royale et son histoire. A travers tous les régimes et toutes les révolutions, il maintiendra sa double croyance en un catholicisme très romain et une monarchie légitime. Il les défendra sans relâche par ses écrits. En 1816, il gagne Paris, laissant l'abbé Jourdan partir seul diriger l'important collège de Pau.

Dans la capitale, il poursuit d'abord sa carrière d'enseignant : en 1817, il est professeur de rhétorique dans la célèbre institution de l'abbé Liautard (plus tard, le collège Stanislas) ; en 1818, il est répétiteur des belles-lettres et d'histoire à l'école polytechnique ; en 1823, enfin, il est nommé inspecteur général des études, poste élevé dans l'administration universitaire. En 1826, cependant, il est démis de ses fonctions pour raisons politiques. Il ne retrouvera plus de place officielle au sein de l'Université mais ne délaissera pas pour autant le monde de l'enseignement. En 1828, en effet, il achète, avec l'abbé Deleuré qui en sera directeur jusqu'à sa mort en 1843 5, l'ancienne institution bénédictine de Pont-Levoy (Loir-et-Cher). Il en reste propriétaire, en compagnie du prince de Chalais et du marquis de Vibraye qui ont repris la part de l'abbé Demeuré, jusqu'en 1854, date à laquelle il vend sa propre part aux deux autres copropriétaires 6. De ce collège, il fait une pépinière du légitimisme et il s'attachera parmi les élèves de dévoués et respectueux disciples politiques. Il ne cesse pas, en outre, d'aborder la question des études dans ses journaux et de publier des essais remarqués sur le sujet 7. Sa compétence dans le domaine est d'ailleurs reconnue : ainsi, en 1849 et 1850, il est nommé membre de la commission qui prépare la nouvelle loi sur l'enseignement secondaire (la célèbre loi Falloux du 15 mars 1850).

Parallèlement au professorat cependant, Pierre-Sébastien Laurentie avait entrepris une carrière d'homme de presse et d'essayiste. Dès 1818, il était devenu un des copropriétaires de La Quotidienne (dirigée par Michaud), où il avait publié son premier article, consacré à Lamennais. En 1819, paraît son premier livre, De l'éloquence et de son influence dans les gouvernements populaires et représentatifs. Après 1826, il s'adonne de façon professionnelle à cette double activité en collaborant à de multiples journaux royalistes d'une part, et en étant responsable de la collection de "la bibliothèque choisie" où il édite lui-même les historiens latins et Montaigne, d'autre part. En 1830-1831, il dirige La Quotidienne, avant de fonder ses propres journaux, Le Courrier de l'Europe et Le Rénovateur, qui fusionneront en 1833 puis disparaîtront sous les coups de la loi, en 1835. Il reprend alors la direction de La Quotidienne et, ensuite, celle de l' Union monarchique (dite L'union dès 1848) qu'il a créé pour succéder à La Quotidienne disparue. Jusqu'à sa mort, en 1876, malgré les poursuites, les procès, les amendes et même la prison (en 1862) que lui feront connaître les différents gouvernements de la France, il persévérera à être le porte-parole du légitimisme dans la presse française, donnant un rare exemple de longévité et de fidélité journalistique et politique.

Il continua, par ailleurs, à publier d'importants ouvrages d'histoire et de philosophie politique ou religieuse dans lesquels il défendait sa cause.

Cependant, il participa, de façon plus active encore, à la vie politique française. On sait ainsi qu'il a tenté, en 1830, de sauver le trône de Charles X 8. Il a été aussi le candidat (malheureux) du parti légitimiste aux élections législatives de 1831 dans les Landes et à celles de 1849 dans le Gers. Après ces deux échecs, il ne briguera plus de mandat électoral mais il n'en jouera pas moins un rôle important au sein du parti légitimisme où il apparaît comme un homme écouté. La qualité de sa pensée, son talent de journaliste et, plus tard, sa longévité lui conférent, en effet, une grande autorité auprès des chefs légitimistes et, surtout, du comte de Chambord lui-même qu'il rencontrera en 1846 et avec qui il entretint une volumineuse correspondance (372 AP 22).

La correspondance, qui est aujourd'hui propriété des Archives nationales rend bien compte de ces multiples facettes de Pierre-Sébastien Laurentie et, à ce titre, ne peut qu'intéresser l'historien du XIXe siècle. On y voit, en effet, l'enseignant, le penseur, le croyant (ami du Lamennais des débuts et défenseur de l'autorité papale), l'homme de presse, l'homme de lettres, l'homme politique, l'amateur de musique aussi (que nous n'avions pu encore évoquer), dialoguer avec les personnalités reconnues de son siècle dans ces divers domaines, parmi lesquelles ont peut citer Balzac, Berryer, le duc de Blacas, Gaston Blanche, Blosseville, Bonald, Adrien de Calonne, le prince de Croy, Cuvier, le comte de Damas, le vicomte Dambray, l'abbé Danielo, Félix Danjou, David d'Angers, le duc Descars, le comte Falloux, Frayssinous, l'abbé Genoude, Adolphe Joanne, Léon Kreutzer, Lamartine, les La Rochefoucauld et les La Rochejacquelein, le comte de Montalembert, le duc de Montmorency, le duc de Noailles, le comte d'Ofalia, Ouvaroff, le comte de Peyronnet, Poujoulat, Proudhon, Quicherat, Rachel, Raoul-Rochette, Henri de Riancey, l'abbé Rio, Saint-Marc-Girardin, le vicomte Walsh, sans oublier le duc de Chambord et sa famille, les papes Léon XII et Pie IX, des prélats romains ainsi que de nombreux évêques.

Cette correspondance ne manquera pas, non plus, d'être utile à l'historien des mentalités dans la mesure où elle permet d'appréhender l'homme privé, du mari heureux de Joséphine Henrion en 1818 au veuf triste de 1864, du père satisfait de quatre enfants au père accablé, qui a la douleur d'en voir mourir trois et n'a plus pour consolation qu'un seul fils (Sébastien) et de nombreux petits-enfants. On y découvre aussi le frère attentionné et affectueux pour son frère cadet, Germain (1798-1889), qui sera prêtre 9, et pour ses nombreuses sœurs, le parent soucieux des joies et des peines d'une famille étendue de cousins, neveux, etc. s'y révèle encore l'ami fidèle qui n'oubliera jamais les amis de sa jeunesse (les Castandet, les Basquiat) et qui gardera l'estime de ses compatriotes pour qui il est devenu un "grand homme" à qui l'on demande soutien et recommandation. On y retrouve, enfin, le propriétaire de la Mahoudière (Loir-et-Cher), achetée en 1828, gérant son domaine de villégiature ( cf. les lettres de ses régisseurs et domestiques, et celles des divers entrepreneurs) et nouant des relations amicales avec les propriétaires voisins. Ainsi émerge de cette correspondance toute une vie familière qui en est un des agréments.

Riche en informations inédites, volumineuse, couvrant cinquante années d'un siècle politiquement tumultueux, la correspondance de Pierre-Sébastien Laurentie apparaît comme une source que l'historien du XIX e siècle ne saurait négliger, qu'il en étudie l'histoire politique, religieuse ou littéraire ou, encore, celle du quotidien.

_____________

1. Entrée n° 2664 du 15 décembre 1976.

2. Entrée n°3599 du 11 juin 1987.

3. Pierre-Sébastien Laurentie est né le jour même de l'exécution de Louis XVI. Il soulignera souvent cette coïncidence "prémonitoire".

4. Son père, Antoine Laurentie, meurt en 1803, à l'age de 44 ans. Il avait été maire du Houga sous la Révolution. Sa mère, Marie Labadie meurt en 1847, âgée de 77 ans.

5. L'abbé Demeuré est remplacé à la direction de Pont-Levoy par l'abbé de Forges.

6. Le collège sera donné en 1872 à l'évêché de Blois.

7. Cf. la Bibliographie des œuvres de Pierre-Sébastien Laurentie qui suit.

8. Sur cette mystérieuse intervention, cf. l'article de J. C. Drouin, cité dans la bibliographie donnée à la suite de cette introduction et les Souvenirs... de Laurentie lui-même.

9. Il sera aumônier des pages du roi en 1830, puis curé de Saint-Nicolas-de-Champs et, enfin, doyen et théologal du chapitre de Paris.

Sources et références

Bibliographie

1. Oeuvres de Pierre-Sébastien Laurentie :

(Nous n'avons pas relevé les nombreuses plaquettes, souvent de caractère biographique, publiées par P. S. Laurentie. Nous ne donnons pas non plus les rééditions qui comportent parfois des variantes de titre).

De l'Éloquence politique et de son influence dans les gouvernements populaires et représentatifs, Paris, Pillet aîné, 1819.

Études littéraires et morales sur les historiens latins, Paris, Méquignon fils aîné, 1822.

De la justice au XIX e siècle, Paris, A. Boucher, 1822.

Considérations sur les constitutions démocratiques et, en particulier, sur les conséquences de la charte portugaise par rapport à la politique de l'Angleterre et de l'Europe, Paris, Librairie classique, 1826.

Introduction à la philosophie ou traité de l'origine et de la certitude des connaissances humaines, Paris, Méquignon junior, 1826.

De l'étude et de l'enseignement des lettres, Paris, Méquignon junior, 1828.

De la Persécution de l'Église catholique ..., Paris, E. Bricon, 1828.

L'Esprit de Montaigne, Paris, "Bibliothèque choisie", 1829.

De la légitimité et de l'usurpation, Paris, E. Bricon, 1830.

Histoire des ducs d'Orléans, Paris, Béthune, 1832.

De la Révolution en Europe, Paris, E. Dentu, 1834.

Lettres sur l'éducation, Paris, Bricon, 1835.

Théorie catholique des sciences, Paris, "Encyclopédie du XIX e siècle", 1836.

Lettres à une mère sur l'éducation de son fils, Paris, Lagny frères, 1836.

Lettres à un curé sur l'éducation du peuple, Paris, Lagny frères, 1837.

Histoire de France..., Paris, Lagny frères, 1839-1843 (6 vol.).

Liberté d'enseignement, Paris, Lagny frères, 1843.

De la Démocratie et des périls de la société, Paris, Lagny frères, 1849.

La papauté, réponse à M. de Tucheff, conseiller de S. M. l'Empereur de Russie, Paris, Lagny frères, 1852.

Le Pape et le Tzar, Paris, E. Dentu, 1862.

L'Athéisme scientifique, Paris, Lagny frères, 1862.

Histoire de l'Empire romain, Paris, Lagny frères, 1862.

Philosophie de la prière, Paris, Louis Vivès, 1864.

Mélanges, religion, philosophie, morale..., Paris, Louis Vivès, 1865.

Épisodes de l'émigration française, Paris, F. Bouquerel, 1868.

L'Athéisme social et l'église, schisme du monde nouveau, Paris, Plon, 1869.

De l'Esprit chrétien dans les études, Paris, J. Claye, 1869.

Les crimes de l'éducation, Paris, H. Plon, 1871.

Souvenirs inédits (publiés par son petit-fils Joseph Laurentie), Paris, Bloud et Barral, s. d. [1892].

Methodus nova instituendae philisophiae..., Paris, Méquignon junior, s.d.

2. Sur Pierre-Sébastien Laurentie :

Outre le livre de souvenirs laissé par Laurentie lui-même, nous ne renvoyons qu'au seul article de J. C. Drouin qui donne une bibliographie complète des ouvrages ou articles le concernant :

J. C. Drouin, "Un écrivain royaliste du XIX e siècle, Pierre-Sébastien Laurentie (1793-1876)" in Revue française d'histoire du livre, Bordeaux, année 1972, tome II (nouvelle série n°4), p.195-217.

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