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Enseignement supérieur et universités ; Ecoles normales supérieures (ENS) ; Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm (1916-1992)

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Reference codes
19930595/1-19930595/220
Date
1916-1992
Physical location
Pierrefitte

Description

Presentation of content

PRÉSENTATION

Le présent répertoire décrit le fonds des archives de l'École normale supérieure des années 1950 - parfois depuis la guerre - à la fin des années quatre-vingt. Il s'agit essentiellement de deux ensembles : archives de direction (directeur, directeur adjoint, secrétaire général) et archives des concours (candidats, résultats, copies). On n'a pas cherché à y réunir les papiers des autres services administratifs, des départements extérieurs, ou des associations.

Les dossiers classés sont le résultat de tris et de regroupements opérés dans la masse des archives de l'École, n'excluant pas de nombreuses éliminations dont on trouvera le détail dans les pages qui suivent.

Tel qu'il se présente, le fonds fait suite d'aussi près que possible à la sous-série 61 AJ des Archives nationales - archives de l'Ecole jusqu'en 1945 environ -, dont il n'a cependant pas paru utile de reprendre strictement le plan de classement.

Par ailleurs, le lecteur trouvera un écho des voix de Jean Hyppolite, Robert Flacelière, Jean Bousquet et Georges Poitou, les directeurs successifs de l'École entre 1953 et 1989, dans les archives de tutelle de l'établissement : les fonds du rectorat de Paris - non classés à ce jour - et ceux du ministère de l'Éducation nationale.

INTRODUCTION

Quarante ans de la vie d'un établissement alliant prestige et états d'âme ; les ambitions, les découvertes... les déceptions de centaines de jeunes gens dans le parcours le plus glorieux de leurs études ; l'originalité des idées qui leur ont ouvert le sanctuaire de la pensée... Les archives de l'École normale supérieure classées et versées aux Archives nationales à l'occasion de son bicentenaire permettront d'approfondir l'histoire de son passé récent, où l'institution vénérable, ballottée par les événements et par la vigueur d'un débat intellectuel qu'elle se flattait de provoquer, a longuement cherché sa voie.

De son succès témoigne, dans ces papiers, le constant resserrement de ses liens avec l'extérieur - université, pays étrangers, plus récemment entreprises. De ses hésitations, le nombre des rapports, des groupes d'experts plus ou moins officiels, des "réflexions", "projets" et "contre-projets", qui jalonnent en particulier les années soixante-dix et quatre-vingt. L'effervescence intellectuelle, politique ou "canularesque" de ses hôtes laissait pendant ce temps plus d'une trace dans les archives, même si elle ne peut se réduire à ce qui a été écrit, puis sauvegardé.

Il convient d'ailleurs de ne pas se méprendre sur la portée du présent versement, qui n'est jamais (rappel évident mais pas toujours inutile !) que l'histoire administrative des lieux. Une nuance pleine de sens pour une institution qui marque l'histoire intellectuelle et scientifique de son temps !

Les limites du fonds

. Limites chronologiques. Les archives déposées dans la cave remontent pour l'essentiel au début des années cinquante ; celles des directeurs commencent exactement avec l'installation de leur secrétariat, en 1953. Les dossiers de la décennie précédente se comptent à l'unité.

Il n'y a donc pas continuité absolue entre le fonds coté 61 AJ aux Archives nationales, dont les séries s'arrêtent pour la plupart entre 1938 et 1947, et le présent versement. Qui plus est, les rares documents relatifs à cette période creuse émanent du secrétariat général, gestionnaire du quotidien plus que de l'événement. S'y trouvent cependant des dossiers sur l'occupation de l'École par les troupes allemandes, diverses réflexions sur l'École ou le concours, et deux rapports annuels des années 1940, les derniers, semble-t-il, qu'ait produits l'École.

Autre série remontant au-delà de 1953, les relevés de notes aux concours commencent ici en 1916. C'est là la date la plus ancienne dont on trouvera la trace dans ce versement.

Quant à la date où prennent fin les séries, elle varie elle aussi, dans une fourchette cependant plus étroite. La plupart d'entre elles étaient encore alimentées lors du classement et couvraient donc parfois même l'année 1992. Sauf dans quelques cas particuliers, il était délicat d'éloigner des bureaux des documents à ce point contemporains ; on a donc tendu à laisser sur place au moins les deux ou trois dernières années, parfois plus.

. Limites administratives. On l'a vu, l'administration de l'École met en jeu plusieurs services dont les archives sont inégalement représentées ici. Autant que possible, on a laissé de côté ceux qui pratiquent la gestion la plus quotidienne, dont les "affaires" remontent en général facilement jusqu'au niveau de la direction.

Scolarité. Est restée sur place l'importante série des dossiers individuels des élèves-fonctionnaires depuis 1940. Encore utiles au service (ne serait-ce que pour le calcul des pensions, après trente-cinq ans), ces dossiers ne livreraient au chercheur que peu de renseignements sur les élèves.

En voici cependant une brève description. Rangés par années, par sections (lettres/ sciences) puis par ordre alphabétique, ils se subdivisent en deux. Le dossier de scolarité proprement dit comprend au mieux, outre quelques renseignements d'état civil et une photographie, de rares documents relatifs aux années d'école. Le courrier échangé entre l'élève et la direction était plutôt intégré aux recueils chronologiques de courrier reçu ou au départ : des sondages attentifs n'ont fait apparaître que quelques lettres insignifiantes, telles des condoléances à un élève. Il s'agit véritablement des dossiers du service gestionnaire des élèves-fonctionnaires.

Chacun contient encore la pochette cartonnée du dossier d'inscription au concours d'entrée, dont l'intérêt est encore bien moindre.

Notons qu'il existe d'autres documents individuels sur les élèves, en particulier un fichier au secrétariat du directeur adjoint. Chaque fiche y est soigneusement renseignée pendant les cinq ou six ans suivant l'entrée à l'École, et porte le détail des études de son titulaire, avec une photographie depuis la fin des années 1980. Ces fiches sont donc plus riches que les dossiers.

Le secrétariat n'a pas souhaité se défaire de cette documentation qui lui reste utile ; les renseignements de ce fichier se retrouveront cependant sans peine dans les "situations d'études" rédigées chaque année par les élèves et leurs caïmans (cartons 81 et 82).

Personnel. De la même façon, les dossiers constitués par le service du personnel sont restés à sa disposition. À beaucoup d'entre eux correspondait cependant un doublon au secrétariat général, qui disposait aussi de renseignements globaux (listes, affaires générales, décorations...), si bien que la série "personnel" du présent versement offre une abondante documentation.

Intendance. Le "pot" (intendant) est à la fois le responsable des travaux et de l'équipement, et l'ordonnateur comptable. On a laissé sur place les archives comptables, toutes éliminables, ainsi que les dossiers sur les bâtiments, que l'intendant tient à garder sous la main. Apportent-ils d'ailleurs beaucoup plus de renseignements que ceux du secrétariat général (cartons 29 à 31) ? Les gros travaux étaient de toute façon gérés par le SCARIF

Servcice constructeur des académies de l'île-de-France, qui doit en 1994 verser ses archives, parmi lesquelles les dossiers concernant l'École normale supérieure, aux Archives nationales.

Laboratoires. Les archives de direction livrent un très grand nombre de renseignements administratifs sur les laboratoires, qui ont été reclassés dans l'ordre où ceux-ci apparaissent dans les brochures de présentation de l'École. Même si les séries sont lacunaires, on peut y lire les mutations qui ont marqué la gestion de chaque laboratoire ou département, y trouver trace de mainte affaire individuelle. Les questions de crédits n'en sont pas absentes, non plus que, de temps à autre, les rapports d'activité scientifique. Mais il ne faut pas attendre de cette série trop de données sur ce dernier aspect, de toute façon irréductible aux traces écrites.

Disposant de ces documents, on n'a pas cru devoir aller rechercher auprès de chaque secrétariat de laboratoire les archives de son administration. Cette démarche aurait-elle permis de retrouver des papiers plus scientifiques, liés de plus près aux recherches entreprises, donc aux chercheurs de l'École ? D'après quelques visites en vue d'une exposition sur l'École (pour le bicentenaire de sa fondation), il semble que ce type de papiers, peu valorisé, disparaisse rapidement dans les laboratoires, où l'on ne trouve souvent trace que des recherches en cours. Sur ce terrain, du reste, la frontière entre archives publiques et papiers personnels est difficile à établir et seule une enquête auprès des chercheurs eux-mêmes aurait des chances d'être significative.

Enfin, malgré la fusion des écoles de jeunes gens et de jeunes filles en 1985, le présent versement ne concerne pas les archives de l'école de Sèvres, toujours en place à son ancien siège du boulevard Jourdan.

Le traitement du fonds

. Méthode et principes. Il s'agissait de traiter, pour l'essentiel, les archives de direction de l'École de la rue d'Ulm, afin de les conserver - au centre des archives contemporaines des Archives nationales -, de les classer et de les doter d'un inventaire. Le travail a été réalisé par trois vacataires à temps partiel, sous la direction d'un conservateur d'archives, puis terminé par la mission des Archives nationales auprès du rectorat de Paris, au cours des huit premiers mois de l'année 1993. La durée de l'opération s'explique moins par le volume du versement - finalement modeste - que par les difficultés d'un reclassement général qui s'imposait mais qui devait être fin pour ne pas trahir les dossiers.

. Le fonds avant traitement. Descendues au fil des années dans une cave du quadrilatère du 45, rue d'Ulm, les archives de direction et de scolarité étaient conservées dans une centaine de tiroirs métalliques à dossiers suspendus (les dossiers individuels d'élèves y sont encore). Deux autres caves contenaient également des liasses de documents, soit en dossiers suspendus, soit dans des cartons plus ou moins étiquetés, plus ou moins à l'abri des inondations, soit encore en vrac sur les tables. À la première cave, méticuleusement rangée, répondait donc un ensemble disparate et particulièrement incohérent, parfois malgré tout lié organiquement au précédent.

En dehors des dossiers d'élèves, la première cave comprenait trois groupes distincts.

Les papiers des directeurs, rangés scrupuleusement en minces dossiers thématiques annuels et classés par ordre alphabétique des titres, année par année, de 1953 à 1982, s'apparentaient plus à un recueil chronologique qu'à un fonds organisé ; il était très difficile d'y suivre le développement d'une affaire. Leur réorganisation s'imposait donc, et a suivi dans la mesure du possible les rubriques existantes.

Les archives du secrétariat général obéissaient à un classement méthodique, dont le point de départ général est légèrement antérieur à celui des papiers de direction (fin des années quarante).

On trouvait enfin, dans des cartons empilés, les dossiers du directeur adjoint constitués au cours des dix ou quinze dernières années (jusqu'en 1991). Leurs intitulés recoupaient le plus souvent ceux des séries précédentes.

Les autres caves contenaient quelques dossiers "évadés" de l'une ou l'autre de ces séries, ainsi que des dossiers moins officiels, comme par exemple ceux du chargé de mission Michel Spector. À de rares exceptions près, ces dossiers - volumineux - ne livraient aucune pièce nouvelle.

. La fusion des séries. Après un examen approfondi des trois séries principales, on a pris le parti de les réunir en un seul ensemble documentaire organisé thématiquement. Si chacune, en effet, témoignait d'un champ d'activité privilégié, elle n'en recoupait pas moins les deux autres, d'où de nombreux dossiers presque identiques (on verra là l'indice d'une diffusion systématique des documents dans les différents bureaux et de l'usage généralisé de la photocopie). Mieux valait dès lors, en créant une série unique, privilégier la lisibilité du fonds, tout en limitant son volume : à conserver l'ensemble des séries, on aurait au moins doublé le nombre des cartons. Quant au rôle exact des uns et des autres, les recueils de courrier, tous conservés, devraient permettre de s'en faire une idée correcte.

Précisons cependant les domaines respectifs de chacun. Au directeur et aux chargés de missions reviennent en général les dossiers de réflexion, ce qui concerne le statut de l'École et de ses laboratoires, et toutes les affaires individuelles, en particulier les nominations d'enseignants ou de chercheurs. Appartient au secrétaire général la gestion courante du personnel et des élèves (absences, périodes à l'étranger, service militaire, notation, avancement...). C'est chez lui également qu'on a retrouvé quelques dossiers de travaux. Mais les séries "concours" ou "laboratoires" de l'inventaire sont le résultat d'une patiente confrontation de dossiers souvent très proches, trouvés chez le directeur et le secrétaire général. Il était bien entendu impossible d'éviter absolument les doublons, et même dangereux de viser à une trop grande précision dans ce domaine.

Bien souvent enfin les dossiers du directeur adjoint prennent la suite chronologique de ceux du directeur (qui s'arrêtent vers 1982), sans qu'on puisse observer de grande différence de contenu.

. Distribution des dossiers. Une fois repérés les objets des dossiers, on a choisi de constituer quelques grandes séries, dont certaines portent les intitulés même des anciens dossiers, et de les ranger en gros du plus administratif au plus anecdotique, ou au plus personnel. On a ainsi :

1. La gestion de l'École (crédits, bâtiments, personnel, services extérieurs) ;

2. La gestion des élèves, pendant ou après leur scolarité (débouchés offerts aux normaliens) ;

3. Tout ce qui concerne la vie des élèves et, plus généralement, de l'École, en dehors du quotidien (incidents, événements, vie politique...) ;

4. Les papiers personnels des directeurs, c'est-à-dire la partie de leur correspondance conservée dans les caves qui ne ressortit pas à leurs activités en tant que directeur de l'École. Cette série, qui peut être comparée aux papiers Célestin Bouglé de 61 AJ dans son principe, n'en a malheureusement pas l'intérêt.

5. Les copies de concours des années 1978 à 1990, qui ressortissent au deuxième ensemble, constituent pour des raisons matérielles la seconde moitié du versement.

Le détail des rubriques a parfois posé problème. Un exemple. Parmi les archives du directeur se retrouvaient chaque année des dossiers de correspondance avec les différents ministères leurs objets variaient bien entendu en fonction du domaine administratif de chacun. Aux chemises "Éducation nationale", gonflées de bordereaux d'envoi - textes officiels pour information -, répondaient celles du ministère de la Recherche avec les conventions de recherche ou de gestion des laboratoires. La confrontation de dossiers aussi hétérogènes n'apporte rien : aussi s'est-on efforcé, sans y parvenir complètement, d'insérer chacun à l'endroit le plus logique, ou même de les supprimer s'ils faisaient clairement double emploi.

. Volume des dossiers. La masse des documents postérieurs à 1980 supplante largement tout ce qui est plus ancien. Beaucoup de dossiers, de fait, ne remontent pas au-delà d'une quinzaine d'années. Mais surtout ils se sont notablement épaissis au fil du temps, et spectaculairement entre 1970 et 1980. L'élimination soigneuse des exemplaires inutiles ne peut masquer la tendance à multiplier les courriers sur une même affaire, générale à cette époque, et leur diffusion généreuse, où l'École se distingue.

On ne sera donc pas surpris de trouver évoquées le même nombre d'affaires dans une mince sous-chemise du début de la période et dans un gros dossier des dernières années.

Présentation du fonds

Quelques remarques globales préciseront le contenu de chaque série ; les points de détail ont fait l'objet de notes assez nombreuses au cours de l'inventaire.

Statut, réflexions sur l'École

En tête du fonds a été placé tout ce qui concerne le statut de l'École et les nombreuses réflexions sur la place qui doit lui revenir dans l'enseignement supérieur. Parmi ces dossiers, qui commencent un peu avant la guerre, figurent en particulier les traces des rencontres du groupe informel réuni par le directeur, le "Bouclier", au début des années quatre-vingt. L'ensemble frappe par la longueur et le détail des analyses, émanant de tous les horizons : direction de l'école, élèves, anciens, mais aussi direction de l'enseignement supérieur, ou consultants extérieurs.

Il vient compléter les dossiers de séances des assemblées de l'École, ceux du conseil scientifique en particulier.

Administration

. Rapports annuels. Les deux seuls rapports qui ont été retrouvés prennent la suite directe de la série 61 AJ ; l'École ne semble plus en avoir rédigé par la suite.

. Assemblées. La gestion très collégiale de l'École a plus d'une fois frappé les observateurs extérieurs (inspecteurs des finances par exemple) : plusieurs conseils hebdomadaires, restreints ou pléniers, gravitent autour du directeur, tandis que chaque décision à prendre entraîne des réunions supplémentaires. C'est pourquoi les dossiers d'élections et de séances des différentes assemblées et conseils de l'École fournissent les renseignements les plus suivis et les plus homogènes. Sur le rôle de chaque conseil au début des années quatre-vingt, on se reportera au rapport de Michel Heilbronner (1981, carton 11 1). Notons que le conseil scientifique examine à partir de 1976 les candidatures des enseignants et chercheurs, dont on trouve là un grand nombre de références (CV, résumés des travaux) ; la commission des études se prononce sur la scolarité et sur l'organisation des concours.

. Budget. On trouvera trace ici de la préparation et de l'exécution du budget de l'École ; pour les documents budgétaires proprement dits, on aura parfois recours, sur les indications de l'inventaire, aux pièces annexes du conseil d'administration.

. Courrier. On a choisi, après réflexion, de conserver la totalité des chronos de courrier retrouvés, émanant de chaque secrétariat de direction. C'est là en effet, après la fusion des trois séries d'archives de direction, qu'on observera le mieux le partage des rôles, fluctuant, au sein de l'équipe (manque hélas la trace de l'activité non négligeable de l'intendant). C'est là aussi qu'étaient conservées, jointes à la réponse, les lettres des élèves, dont on a constaté l'absence dans leurs dossiers individuels. La série supplée enfin aux lacunes des dossiers thématiques conservés par ailleurs, avec lesquels elle fait bien entendu en patrie double emploi.

Quant à l'enregistrement du courrier, conservé en raison de son faible volume, il servira de contrôle des recueils chronologiques. Il manque cependant bien des registres.

À la fin de la série, quelques dossiers de correspondance avec les ministères et l'École nationale supérieure de Sèvres témoignent du classement originel des archives du directeur, où le critère pouvait être le correspondant s'il s'avérait plus commode pour la gestion quotidienne. Lorsque l'objet des lettres était bien défini, on s'est efforcé, on l'a vu, de leur retrouver une place logique dans l'inventaire ; on a donc ici un reliquat à l'intérêt inégal.

. Travaux. Le petit volume des dossiers de travaux surprendra, comme la rareté des documents figurés. On pourra s'y faire une idée des circuits administratifs mis en jeu par les constructions ou aménagements de l'École, et notamment du rôle prépondérant du SCARIF (le service constructeur académique) : celui-ci dirigeait et dirige toujours les opérations, et détient les archives qu'il aurait été logique de trouver ici.

Il a tout de même été possible, au cours du classement, de reconstituer un petit dossier concernant la construction du 46, rue d'Ulm, la grosse opération de la période.

. Personnel. Il s'agit surtout des archives du secrétaire général (certains dossiers, cependant, se retrouvaient dans les archives du directeur, comme les dossiers de propositions aux décorations). Les dossiers individuels - dossiers "administratifs" et non "de carrière", selon le vocabulaire des Archives nationales

En d'autres termes, produits dans le cadre de la gestion interne de personnel et non par les services gérant la carrière des agents, au rectorat ou au ministère de l'Éducation nationale par exemple.

- émanent du secrétariat général et sont peu homogènes, mais parfois intéressants par les documents les moins administratifs (ainsi des dossiers Althusser ou Derrida). Pour la reconstitution d'une carrière, le dossier du ministère se révélera indispensable.

Fonctionnement des services

Des dossiers fictifs ont été reconstitués à partir des archives du directeur aussi bien que du secrétariat général, pour chaque entité gravitant dans ou autour de l'École normale supérieure : les laboratoires et unités de recherche, associés ou non au CNRS, et deux "services communs" (c'est le terme employé par l'École) qui sont la bibliothèque des lettres et le centre de calcul.

Les laboratoires sont présentés dans l'ordre où ils figurent dans les brochures les plus récentes éditées par l'École, regroupés en cinq grands départements scientifiques (physique, chimie, mathématiques, biologie, géologie/TAO) à la suite desquels se succèdent les groupes littéraires, beaucoup moins organisés.

Pour chacun on a respecté autant que possible un plan régulier : création, statuts, évolution ; conseils, comités ; crédits, travaux, locaux, équipement ; personnel (là aussi, beaucoup de dossiers de candidature à des postes scientifiques) ; colloques et autres activités. Les projets de conventions (rarement des pièces originales et signées) figurent dans la section qu'ils concernent, tantôt le personnel, tantôt l'équipement.

Rappelons que cette importante série n'éclaire directement que la gestion des laboratoires mais à travers elle, il n'est pas difficile de lire la complexité des liens unissant l'École à chacun de ses composants, et de percevoir l'activité bouillonnante de la recherche. Plus d'une personnalité s'y trouve aussi mise en valeur d'une façon concrète.

Scolarité

La scolarité est ici comprise au sens large, de la préparation du concours à la recherche de débouchés après les années d'École.

. Classes préparatoires. Les relations avec les différentes associassions de professeurs de classes préparatoires concernent en général la conception du concours et de ses épreuves.

. Concours. Les dossiers se retrouvaient chez le secrétaire général (plus complets) et chez le directeur, et ont été refondus en une seule série. On trouvera ici, pour chaque session :

les notes depuis 1916 ;

les numéros d'anonymat, qui seuls permettent de retrouver les copies d'un candidat donné (l'absence de ces numéros entravait jusqu'ici l'exploitation des copies conservées en 61 AJ) ;

les listes de candidats admissibles et admis, ainsi que les lettres d'acceptation des candidats reçus ;

les rapports sur les concours ;

les dossiers de conception et d'organisation des concours, parmi lesquels de nombreuses notes complètent les réflexions placées en tête du versement.

Enfin, les copies se trouvent à la fin du versement.

. Situations d'études. C'est grâce à ces documents qu'on palliera l'absence des dossiers d'élèves. Chaque normalien remplit une fois par an, avec son caïman (directeur d'études), un questionnaire sur son cursus et ses projets. S'y ajoute, depuis 1983, une note en forme libre rédigée à l'entrée à l'École. Il y a là un précieux éclairage annuel sur la scolarité et les perspectives de chaque normalien.

. Discipline. Les procès-verbaux du conseil de discipline donnent l'image d'un établissement somme toute bien calme ; quelques affaires "politiques" ont cependant été évoquées par le conseil.

. Affaires militaires. L'obligation de service national pèse lourd sur des élèves tous masculins (jusqu'en 1986) âgés de vingt à vingt-cinq ans. Sauf dispense, et malgré quelques aménagements, les études s'en trouvent bien souvent interrompues, et l'École intervient couramment pour faciliter les relations avec la Défense nationale : à l'occasion des bals, elle essaie d'obtenir une permission pour tel de ses administrés... Peu de faits remarquables dans une série qui concerne presque tous les normaliens.

. Stages, bourses, allocations de recherche. Ce sont pour les normaliens des moyens de poursuivre leurs recherches, par le biais de stages en entreprises ou bien en postulant à des bourses, souvent étrangères. La bourse de la Fondation ÉNS est au contraire un prix décerné par l'École à partir de 1986.

. Enseignement, examens. Ce sont les seuls documents qui laissent entrevoir le détail des cours donnés à l'intérieur de l'École et des contrôles du niveau des élèves ; encore trouvera-t-on surtout l'écho de l'organisation des séances. Cette série peut néanmoins compléter les dossiers d'invitations de professeurs étrangers (voir ci-dessous "échanges avec l'étranger ", ou la correspondance étrangère des directeurs en fin du versement).

. Débouchés. C'est sur la réussite de ses anciens que se juge une grande école : même si elle est obligée de pousser ses élèves, autant qu'ils l'acceptent, vers l'agrégation, l'ÉNS est soucieuse de leur faciliter l'accès aux débouchés les plus prestigieux. Ce balancement entre l'issue "normale ", peu valorisée au cours de la période, et un vaste éventail de perspectives plus riantes, a produit la présente série, aussi riche de renseignements individuels que de traces du travail de fond de l'École auprès de tous les organismes susceptibles d'accueillir ses élèves. On constate ainsi l'étroitesse des liens avec l'École française de Rome, avec la Bibliothèque nationale, mais aussi les tractations pour ouvrir les autres grandes écoles aux normaliens par le biais de places réservées aux concours.

Vie de l'École

Cette série composite est un assemblage de fragments émanant pour l'essentiel des papiers des directeurs, dont l'objet était moins sériel, plus événementiel que les documents antérieurs. C'est la somme de tout ce qui concerne, dans le présent versement, la vie matérielle et les différentes activités des élèves en dehors de leurs études. Réunions politiques, syndicales, sportives ou culturelles, vie associative, incidents (peu nombreux) ont laissé sur le papier des traces discrètes et hétérogènes, bien inférieures sans doute à ce que recèlent les archives des associations d'élèves ou les mémoires de certains protagonistes... Ce sont cependant quelques cartons indispensables pour évoquer l'ambiance de l'Ecole ou la vie quotidienne.

Certains événements du reste, et de façon générale l'effervescence des années soixante et soixante-dix, sont plus densément représentés, par des tracts, des manifestes, ou des rapports sur des "affaires ".

De plus, on y trouvera une série de photographies prises en 1959 par l'Institut national pédagogique dans les différents locaux de l'École, avec le parti de montrer ses habitants dans leurs occupations courantes, ainsi que ce qui concerne les diverses cérémonies dont l'École a été le cadre.

Papiers des directeurs

La correspondance des directeurs successifs de l'établissement se divise en deux parties distinctes : le courrier administratif écrit dans l'exercice de leurs fonctions à la tête de l'école, placé au début de l'inventaire ; et ce qui concerne leurs activités personnelles (recherches, responsabilités à l'intérieur de structures universitaires), pour lesquelles ils employaient le secrétariat de l'École. Il a paru nécessaire de distinguer ces deux ensembles.

Il est clair que les papiers considérés ici comme personnels informent plus sur les quatre directeurs que sur l'ENS. La dissociation n'est cependant pas parfaite, et nombreuses sont les lettres - notamment envoyées à des correspondants étrangers - où se mêlent questions d'érudition et préoccupations relatives aux élèves. L'historien de l'École ne devra donc pas se dispenser de ces papiers.

On a d'autre part choisi de conserver nombre de dossiers concernant des commissions ou assemblées dont les directeurs sont membres, tant pour ainsi pouvoir dresser la carte de leur champ d'activité, que parce que bien souvent l'on ne connaît pas d'autre exemplaire de ces dossiers, pourtant largement diffusés, dans les archives publiques. C'est le cas, malheureusement, des procès-verbaux du conseil de la faculté des lettres dans les années soixante, ou des papiers de la commission des antiquités des Pays de la Loire...

Copies de concours

Les copies de concours des futurs grands hommes de la France suscitent des intérêts inégaux : questionnements sur le niveau intellectuel de l'élite, sur son évolution, sur l'opportunité des moyens de sélection retenus, curiosité pour les manuscrits de personnes célèbres... Si toute curiosité est légitime, le volume des copies de concours (4 à 6 mètres linéaires par an) rend illusoire leur éternelle conservation intégrale. Devant l'impossibilité matérielle de trier les devoirs des normaliens de ceux des candidats non reçus, on a choisi de garder chaque année soit l'une des dissertations, soit un ensemble d'options, pour chaque filière du concours, afin d'avoir une copie au moins de tout élève (et même de tout postulant) de l'École normale supérieure. D'autre part, selon l'habitude prise sous l'impulsion des méthodes de la sociologie, on a conservé l'ensemble des copies des années terminées par 0 ou par 5. Seule exception : l'année 1986, intégralement conservée comme 1985, comme première année de concours mixte (en 1985, la fusion des écoles d'Ulm et de Sèvres n'avait pas empêché le recrutement des filles et des garçons d'être distinct).

L'organisation du concours est complexe, marquée par les deux filières principales - lettres et sciences - qui à leur tour se ramifient en deux sections pour les lettres (la seconde, Sciences sociales, ne datant que de 1983) et en quatre pour les sciences, selon la science dominante. Les années représentées ici ne sont pas très nombreuses : de 1978 à 1990, avec un reliquat de copies de lettres des années 1970 retrouvées avec les autres. Les années antérieures ont déjà été versées aux Archives nationales, dans la sous-série 61 AJ.

Conservées dans les locaux de l'ancienne école de jeunes filles dite de Sèvres, boulevard Jourdan, les copies du concours mixte BL (sc. sociales) de 1986 et AL (lettres) à partir de 1987 portent les tout derniers numéros du versement.

Sommaire

Art 1-220. Archives de direction et de scolarité de l’Ecole normale supérieure de la Rue d’ULM, 1916-1992. Art 1-3 : Rapports annuels (1943-1945), réflexions, statuts et projets sur l’évolution de l’école, 1936-1990. Art 4-9 : Conseils, Assemblées : Elections, dossiers de séance, 1957-1989. Art 9-11 : Budgets (préparation, justificatifs, comptes), relations avec l’inspection des finances et la cour des comptes, 1954-1990. Art 11-29 : Courrier arrivée et départ, chronologique et par correspondant, 1958-1991. Art 29-31 : Travaux, gestion des locaux, 1964-1990. Art 31-41 : Personnel enseignant et administratif : Recrutement et gestion, documents généraux et dossiers individuels, 1945-1990. Art 42-59 : Fonctionnement des services communs (bibliothèque, centre de calcul), des laboratoires et des départements : Organisation et personnel, activités, relations extérieures, 1951-1990. Art 60-103 : Scolarité des élèves et des élèves étrangers (relations avec les classés préparatoires, résultats des concours, déroulement des études, bourses, stages, débouches des normaliens) : Dossiers généraux, listes et statistiques, dossiers individuels, 1916-1990. Art 104-108 : Vie de l’école (activités culturelles, politiques, syndicales), 1940-1944, 1959-1992. Art 109-114 : Papiers personnels des directeurs (Jean Hyppolite, 1954-1963 ; Robert Flacelière, 1965-1971 ; Jean Bousquet, 1971-1981 ; Georges Poitou, 1981-1989) : Participation aux conseils, correspondance, rapports avec l’université, activités scientifiques, 1954-1989. Art 115-220 : Copies du concours d’entrée (échantillonnage), 1972-1989.

Classification method

Classement chronologique

Indexing terms

vie universitaire ;  vie politique ;  stage ;  scolarité ;  réforme administrative ;  recherche ;  personnel ;  opinion publique ;  laboratoire de recherche ;  informatique ;  guerre 1939-1945 ;  grande école ;  événements de mai 1968 ;  étranger ;  établissement d'enseignement ;  équipement ;  enseignement supérieur ;  construction universitaire ;  commission scientifique ;  conseil d'administration ;  concours ;  classe préparatoire aux grandes écoles ;  budget ;  bourse d'étude ;  bibliothèque ;  action culturelle ;  ecole normale supérieure (france) ;  france. cour des comptes ;  étude ;  budget ;  sujet (examen et concours) ;  statistique ;  rapport d'activité ;  rapport ;  procès-verbal de séance ;  procès-verbal d'élection ;  pièce comptable ;  chrono ;  liste ;  dossier individuel ;  dossier de séance ;  correspondance ;  copie (examen et concours) ;  convention ;  compte financier ;  enseignant ;  personnel administratif ;  élève ;  relations du travail ;  recrutement ;  préparation budgétaire ;  gestion logistique ;  gestion du personnel ;  formation ;  exécution budgétaire ;  étude ;  coopération ;  coordination ;  activité syndicale ;  activité politique ;  Poitou, Georges ;  Hyppolite, Jean ;  Flacelière, Robert ;  Bousquet, Jean  

New conditions for access to archives.

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