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Inventaire - Cotes :

Campagnes de traite négrière au XVIIIe siècle

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Cotes
MAR/4JJ/15-MAR/4JJ/144/G
Date
XVIIIe siècle
Importance matérielle
et support
 Partie de la sous série Marine 4JJ représentant 2,40 mètres linéaires.
Localisation physique
Paris
Conditions d'accès

Selon les règles en vigueur aux Archives nationales.

Conditions d'utilisation

Consultable sous forme d'images numériques.

Description

Présentation du contenu

Les 169 documents, dont les images numérisées sont présentées avec cet instrument de recherche, proviennent de campagnes de traite des esclaves entreprises par les Français entre 1721 et 1757 et principalement dans le deuxième quart du XVIIIe siècle dans le cadre de la Compagnie des Indes. Conservés aux Archives nationales dans la sous-série Marine 4JJ, consacrée aux journaux de bord, ils constituent un corpus d'une homogénéité exceptionnelle sur la traite. Ils sont la première et souvent l’unique trace de milliers de vies emportées dans les migrations forcées de main d’œuvre qui ont frappé le continent africain, surtout à partir de l’intensification des échanges commerciaux atlantiques depuis l’Europe.

Pour la majorité des documents présentés, il s’agit bien du journal où, quotidiennement, le pilote ou l’écrivain (chargé des écritures et comptes à bord), plus rarement le capitaine, a inscrit la position du bateau et sa marche depuis la veille ainsi que les aléas et événements de la vie à bord pendant les dernières vingt-quatre heures. Le journal qui a été conservé et numérisé, est celui mis au net par l’auteur à bord ou recopié de retour au port d’attache. Remis à l’armateur, il fait foi de ce que le capitaine s’est acquitté au mieux des instructions reçues. Il arrive que le même journal accompagne son rédacteur dans plusieurs campagnes successives qui ne sont pas toutes de traite négrière. On peut aussi avoir pour une même campagne plusieurs journaux émanant d’auteurs différents. Le corpus inclut quelques lettres, le capitaine, en escale aux Antilles par exemple, ayant jugé bon de notifier des incidents ayant perturbé la campagne et qui peuvent justement concerner les opérations de traite et les captifs. Des journaux remis au retour, le corpus présente souvent des copies voire des « extraits » n’en ayant retenu que des mesures, descriptions, dessins, voire levés sommaires des côtes. Ceux-ci ont été exécutés souvent bien après la campagne elle-même, dans la mesure où ils pouvaient servir à améliorer les cartes marines utilisées pour les expéditions de toute nature. La confection des cartes marines relève de l’hydrographie que l’État développe au 18e siècle au sein du Dépôt des cartes, plans et journaux de la Marine, créé officiellement en 1720, à l’origine du Service hydrographique de la Marine, qui rassemble une vaste documentation incluant les journaux de bord originaux, copies, ou extraits provenant principalement de la marine royale.

À l’instar du dépôt central parisien, la Compagnie des Indes constitua le sien à Lorient en 1762 sous l’impulsion du marin et hydrographe de la Compagnie, d’Après de Mannevillette, auteur du Neptune oriental. La Compagnie dissoute (1769), le dépôt de Lorient fut réuni à celui de Paris après la mort de d’Après de Mannevillette, survenue en 1780. Ceci explique que les journaux de bord numérisés proviennent en majorité de la Compagnie des Indes ; quelques-uns montrent cependant la traite pratiquée par d’autres armateurs et le rôle, dans la traite, de la marine royale. N’ont pas été retenus, au contraire, les journaux émanant de bâtiments de la Compagnie ayant, selon d’autres sources, effectivement pratiqué la traite mais n’en faisant aucunement mention.

De façon laconique ou au contraire prolixe, les documents numérisés apportent des informations introuvables ailleurs sur les captifs, depuis leur embarquement – parfois même leur quête et achat –, jusqu’à leur livraison dans une colonie, éventuellement la vente à bord des bâtiments. Les journaux de bord documentent les conditions du voyage (à commencer par les aménagements apportés au bateau) ; la vie quotidienne (nourriture ou disette, séjours sur le pont, mises aux fers) ; les maladies, épidémies, décès mais aussi naissances ; les moments dramatiques, enfin, que constituent les suicides ou révoltes. Les expéditions partent presque toutes de Lorient, centre opérationnel de la Compagnie des Indes ; aux commandes, des pilotes et capitaines qui tournent sur les mêmes bâtiments et se connaissent entre eux. Les bateaux se rendent sur les côtes d’Afrique qu’ils parcourent depuis le Cap Blanc en Mauritanie. Ils opèrent principalement dans deux zones : la Sénégambie, domaine de la Compagnie, à partir des comptoirs de Gorée et du Sénégal (avec des transports locaux qui acheminent vers ces comptoirs les captifs achetés en Gambie) ; et, d’autre part, la côte de Guinée, à partir de Juda (aujourd’hui Ouidah, Bénin) où les Français sont en concurrence avec d’autres Européens. Quelques journaux de bord montrent aussi la traite de captifs en Angola et au Mozambique portugais.

Enfin, pour approvisionner Bourbon [la Réunion] et l’île de France [Maurice], les bâtiments de la Compagnie des Indes pratiquent à Madagascar, parfois à partir des Mascareignes, une traite « volante » portant sur des effectifs bien moindres qu’en Sénégambie ou en Guinée. Lorsque la traite française ne dispose pas de comptoirs sur place, comme à Madagascar, le capitaine et son second ont fort à faire pour composer la cargaison d’esclaves, nouant les contacts, négociant les tarifs et proposant leur marchandise en échange. Les journaux de bord montrent alors deux mondes en contact. On soulignera la grande richesse des informations livrées sur les régions et les sociétés visitées.

Ces journaux de bord concernent au total, outre la France, une quinzaine de pays actuels, notamment : en Amérique, les États-Unis (Louisiane) et Haïti ; en Afrique, le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau, le Bénin, l’Angola, la République démocratique du Congo, le Mozambique, la Tanzanie, l’île Maurice et Madagascar ; et, dans ces deux continents, la France ultramarine : Martinique, Guyane, Guadeloupe et Réunion.

Avertissement

Les journaux ont été regroupés par campagnes ; celles-ci sont présentées dans l'ordre alphabétique des noms de bâtiment puis dans l'ordre chronologique s'il y a lieu.

Mode de classement

En 1776, les journaux du dépôt de Lorient avaient été classés et cotés selon un cadre alphanumérique (A à M suivant la zone géographique) et paraphés en présence de d’Après de Mannevillette par Louis Anne Prévost de Langristin et Louis Toussaint Joseph Archin, commissaires de la Marine à Lorient, tous deux préposés à cette opération (cotes et paraphes sont toujours visibles sur les documents). Après la réunion au dépôt de Paris, ils furent recotés et intercalés au milieu de ceux de la Marine royale qui étaient répartis selon un plan de classement géographique et chronologique.

Langue des documents

Français

Institution responsable de l'accès intellectuel

Archives nationales de France

Historique du producteur

Ces journaux et autres documents proviennent du Dépôt des cartes, plans et journaux de la Marine créé en 1720 au sein du secrétariat de la Marine pour recueillir spécifiquement la documentation nautique jusque-là enfouie dans l’ensemble des bureaux et dépôts de la Marine : cartes marines, instructions nautiques, documents issus des missions hydrographiques de reconnaissance des côtes de France accomplies sous l’impulsion de Colbert et ayant servi à l’élaboration du Neptune français, journaux de bord ou de navigation qui devaient être, aux termes des ordonnances royales, remis aux commandants des ports et envoyés au ministère pour la mise à jour ou la correction des cartes marines. Le dépôt enrichit également sa documentation au moyens d'acquisitions et en 1780 du versement des cartes, plans et journaux de la Compagnie des Indes.

C’est dans le cadre de ce service que travaillèrent de célèbres cartographes comme Jacques Nicolas Bellin (premier « ingénieur hydrographe » en 1741) et surtout Beautemps-Beaupré, considéré comme le père de l’hydrographie moderne.

Le Dépôt s’efforça aussi de promouvoir une navigation scientifique. Sous la Restauration, le corps des ingénieurs hydrographes est organisé officiellement et recrute désormais ses membres à l’École polytechnique. Ceux-ci participent à de nombreuses missions hydrographiques sur toutes les mers du globe.

Le Dépôt prend en 1885 l’appellation de Service hydrographique de la Marine puis en 1971 celle de Service hydrographique et océanique de la Marine.

Entrée et conservation

Modalité d'entrée

Versement du Service hydrographique de la Marine en 1922.

Historique de la conservation

Le Dépôt des cartes, plans et journaux de la Marine suivit d'abord le sort des archives et bureaux ministériels, de Paris (couvent des Petits Pères près de la place des Victoires) à Versailles (transfert en 1763 dans les hôtels de la Guerre, de la Marine et des Affaires étrangères) puis s'en sépara définitivement en 1775. le Dépôt regagne alors Paris et s'installe dans l'ancienne maison des Jésuites de la rue Saint-Antoine (actuel lycée Charlemagne). Pendant la Révolution il est fusionné avec celui de la Guerre et transféré place des Piques (Vendôme), n°17. Retrouvant son indépendance en 1795, il rejoint l'hôtel d'Egmont-Pignatelli (détruit lors du percement de l'avenue de l'Opéra sous le Second Empire) auquel succède sous la Restauration l'hôtel Feydeau, 13 rue de l'Université. Après un déménagement précipité à Rochefort à la fin de la Première Guerre mondiale et un rapatriement difficile rue de l‘Université, le Dépôt, devenu Service hydrographique de la Marine, versa en 1922 une partie de ses archives aux Archives Nationales dont la collection de journaux de bord qui constitue aujourd’hui la sous-série Marine 4JJ.

Évaluation, tris et éliminations

A conserver dans son intégralité.

Accroissements

Sans objet.

Sources et références

Bibliographie

Inventaire des Archives de la Marine. Service hydrographique, sous-série MAR/4JJ (Journaux de bord), par G. Bourgin et É. Taillemite, Paris, 1963, in-8°, 168 p. (deux index des noms de navires et d'officiers : 1° journaux de bord antérieurs à 1800 ; 2° journaux de bord postérieurs à 1800).

METTAS (Jean), Répertoire des expéditions négrières françaises au XVIIIème siècle", 2 tomes (1, Nantes. 2, Ports autres que Nantes). Edité par Serge et Michèle Daget, 1978-1984.

Site Internet


Sur le site Mémoire des hommes du Service historique de la Défense a été mis en ligne un portail Compagnie des Indes donnant accès à des bases de données ainsi qu’à des documents numérisés concernant les armements au long cours, les équipages et les passagers de la Compagnie.

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