Traitement en cours
Inventaire - Cotes :

Act Up-Paris

Haut de page
Cotes
20140474/1-20140474/406
Date
1989-2014
Nom du producteur
Act Up-Paris
Importance matérielle
et support
125,55 mètres linéaires
Localisation physique
Pierrefitte-sur-Seine
Conditions d'accès

Communicable selon les articles L.213-1 à L.213-7 du Code du patrimoine.

Conditions d'utilisation

Toute demande de reproduction de documents non librement communicables sera soumise aux Archives nationales.

Description

Présentation du contenu

Le sida a été le déclencheur d'un certain nombre de mouvements sociaux dans le dernier quart du XXe siècle, dont l'inventaire et l'onde de choc dans la société civile restent à évaluer. Aborder les archives d'une association comme Act Up – Paris, qui a été l'association probablement la plus radicale et certainement la plus politisée, c'est à coup sûr, découvrir l'urgence criante de la lutte contre le sida avant l'arrivée des tri-thérapies et son cortège de victimes mais c'est aussi plonger dans l'histoire d'une révolte sociale, et son corollaire, ce que l'on pourrait appeler « les insurgés sociaux », ces anonymes qui s'engagent sans concession, des forçats de l’engagement, même s’il serait naïf de penser que l’association n’a pas pu constituer un tremplin à certains de ses membres, certes une infime minorité. Mais le sida s'est aussi très vite révélé être une peste sexuelle doublée d'une peste sociale et politique dont l'exclusion et la division sont les principaux ferments.

La peste sociale que véhicule le virus du sida, en touchant les populations les plus marginales, de par leurs comportements sexuels ou leur inscription dans l'espace social, devient le révélateur morbide des exclusions et des clivages sociaux tout en incarnant l’un des visages de la violence sociale contemporaine.

La peste sexuelle, qu'est aussi le sida, donne un coup d'arrêt à la libération sexuelle qu'expérimentait depuis peu la population homosexuelle, mais pas seulement, depuis la fin des années 60 et surtout depuis la dépénalisation de l'homosexualité en 1981, entravant par la même occasion la montée du militantisme orienté sur l'acquisition de droits égaux à ceux de la population hétérosexuelle. La position victimaire d’un écrivain comme Hervé Guibert, photographiant dans une mise en scène esthétique, sa propre dégénérescence, et comparant le sida à la Shoah, incarne parfaitement ce malaise.

La subversion de certains des combats et propos portés par l'association, toujours dans une analyse et un positionnement extrêmement libres par rapport à la société et à ses normes, que l'on songe par exemple à certaines revendications de la commission toxicomanie, suffit à faire d'Act Up, l'un des nouveaux mouvements sociaux les plus déroutants et fascinants du paysage social de la France contemporaine de la fin du XXe siècle. Son positionnement revendiqué à l’extrême gauche, flirtant volontiers aussi avec la mouvance libertaire, l’inscrit dans une filiation qui passerait par le mouvement anti-fasciste créé au milieu des années 30, mais aussi par les mouvements anarchistes du XIXe siècle, et les tendances maoïstes de la fin des années 60. Activiste donc, mais militante également, par son pouvoir de manifestation sous toutes ses formes, renouvelant un genre alors quelque peu essoufflé à l’aube des années 80 du XXe siècle. Homosexuelle et sectaire, l’association l’est aussi clairement, lorsqu’il s’agit de défendre cette marge de 5 à 15 % des populations occidentales selon le rapport Kinsey. En somme, Act Up est un « mouvement hybride aux filiations complexes » (Martel, op. Cit., p.504) où le profil sociologique du militant tient moins de l’activiste politique que du militant sincère de la lutte contre le sida.

Incarnant l'essence du combat militant dans la lutte contre le sida en France, avec l'association AIDES, bien que fondamentalement différente, s'adressant aux plus faibles et aux plus marginaux (homosexuels, toxicomanes, immigrés, marginaux), Act Up – Paris s'est imposée par la pertinence et l’intelligence de son discours aux médias, par la radicalité de son action, et par son infatigable énergie face aux personnalités politiques, aux forces économiques et aux administrations publiques. En ce sens Act Up-Paris a bien pris hébergement dans « Le château » de Kafka.

Finalement, les archives déposées aux Archives nationales témoignent de 25 ans de lutte contre le sida en France et dans le monde. Résultat des tris et éliminations réalisés par l'association elle-même, ainsi que des pertes et lacunes, ces archives couvrent l'ensemble des activités et engagements assumés par l'association tout en étant relativement lacunaires en terme de chronologie, selon les commissions et groupes concernées.

Tout d'abord, la période 1989-1991, c'est à dire les premières années d'existence de l'association, n’est quasiment pas représentée, pour les dossiers d'activité en particulier, bien que des pièces de référence puissent s'y trouver, tels que les premiers statuts ou la charte graphique originale de l'association. Les archives des débuts de l'association seraient conservées chez des membres qui ne font plus partie de l'association.

Le fonds a été classé en 9 grands ensembles qui reflètent la structure organisationnelle et les activités de l'association. Il s'agit de :

Administration : gouvernance, instances de décision, vie de l'association

Archives financières et recherche de financement

Ressources humaines

Commissions (commissions thématiques, relations inter-associatives)

Groupes

Archives de militants

Archives photographiques

Affiches

Archives audiovisuelles et électroniques, petits objets

Administration

La première section rassemble les papiers ayant trait à la gouvernance de l’association, aux actes formant son existence juridique, à l'administration de l'association et ses instances représentatives, les statuts de l'association, les déclarations en préfecture et modifications, les règlements intérieurs, essentiels pour la compréhension du fonctionnement de l'association. Les procès verbaux et comptes rendus d'assemblée générale et d'assemblée générale extraordinaire sont conservés pour toute la période d'existence de l'association jusqu'en 2012. Les ordres du jour, listes d'émargement sont conservés en des collections lacunaires pour la même période.

Les autres instances collectives plénières ou représentatives de l'association, telles que le comité de coordination et la réunion hebdomadaire sont conservées dans des collections de comptes rendus pour la même période.

Ces ensembles de documents constituent l'ADN de l'association, puisque une grande partie des décisions et actions y sont consignées ou représentées dans leurs présentations, débats ou délibérations.

Aux côtés de ces archives témoignant des décisions et orientations de l'association, sont classées les archives relevant de la vie interne de l'association et de ses militants : réunion et séminaire des salariés, collection complète des répertoires nominatifs internes de l'association reflétant précisément l'histoire de son organisation. La présentation de ces répertoires nominatifs comporte une présentation par groupe fonctionnel à la manière d'organigrammes, qui n'existaient pas en tant que tels par ailleurs. La vie matérielle de l'association, ses locaux, dont le LAUP (abréviation utilisée par les adhérents pour Local d'Act Up - Paris), sa ligne téléphonique, et les listes de ses adhérents, sont conservés.

L'ensemble de la correspondance isolée, c'est-à-dire non rattachée à une commission ou à un groupe, à l'arrivée et au départ, a été fusionnée et reclassée en deux collections chronologiques distincte, de 1993 à 2012 pour la correspondance au départ, et de 1989 à 2010 pour la correspondance arrivée. Ces pièces de correspondance étaient pour partie dispersées dans le fonds. A des fins de clarté, ces pièces ont été regroupées et reclassées, sous forme de chronos, permettant une analyse facilitée des affaires et dossiers en cours. A côté de la correspondance générale sont conservées deux autres collections de correspondance sérielle de moindre importance matérielle que sont d'une part, les courriers de demandes d'information auprès de l'association et d'autre part, ce que les militants ont appelé « le courrier des fous », ainsi que les cartes de visite et cartons reçus.

Quelques cahiers de militants isolés et notes manuscrites ont été également classés dans cette partie.

Les archives concernant les relations avec les autres associations et antennes d'Act Up en France et à l'étranger, aux États-Unis, sont classées dans cette section du fonds. Cette sous-partie comporte également les archives de l'Inter Act Up, et permet d'appréhender l'association en reflet des autres groupes Act Up existant, parfois brièvement ou de façon très embryonnaire.

Enfin, la première section du classement se clôt avec la revue de presse générale de l'association conservée à partir de 1991, en deux collections, la maquette originale et sa reproduction, ainsi que la collection des rapports d'activité. La conservation des deux collections de la revue de presse, était une demande de l'association dans la mesure où la maquette pouvait revêtir des annotations ou des marques de fabrication.

Le second groupe est constitué des archives comptables et financières sous l'intitulé Finances, ressources, comptabilité. Y sont classés, les rapports financiers, les comptes annuels lorsqu'il sont conservés (les comptes sont volontairement publics de manière à être visibles et à susciter les dons), les dossiers relatifs aux recherches de financement, les listes de donateurs, les collections de reçus fiscaux, ainsi que les dons en nature. On notera que certains dossiers de recherches de financement interfèrent avec les dossiers du groupe Communication et PAPE (Pôle action publique et événementiel), dans la mesure où il s'agit tout à la fois de levée de fonds et d'événementiel. Pour la comptabilité de l'association, le choix a été fait de conserver les livres comptables, offrant un aperçu complet des finances, ainsi que des pièces thématiques pouvant comporter un intérêt symbolique ou historique. A côté de cet ensemble, les archives relatives à la recherche de financement, à la prospective, aux stratégies de recherche de fonds, et à la vente de produits dérivés ont été conservées, de même que les pièces fiscales relatives aux donateurs, en ce qu'elles offrent des informations non négligeables sur le profil sociologique des donateurs.

Le groupe des archives des ressources humaines comporte la gestion des ressources humaines, pour autant qu'on puisse appliquer cette formule à Act Up, tant le turn-over et la volatilité permanente des militants complexifie cette gestion. Il s'agit du regroupement de l'ensemble des fiches de poste trouvées dans le fonds lors du premier tri, des contrats de travail, des lettres de candidature spontanées ou non, des pièces relatives à des litiges, des démissions, les candidatures de stagiaires, etc. De la correspondance, des programmes et supports de cour témoignent des formations offertes aux membres de l'association. Enfin des dossiers de salariés, comportant entre autres pièces nominatives, des bulletins de salaires et contrats, qui ont été classés dans cette catégorie pour la période allant de 1994 à 2013, en tant que témoignage du fonctionnement administratif du militantisme associatif homosexuel de lutte contre le sida dans le dernier quart du XXe siècle en France.

Activités de l'association : commissions et groupes

Une quatrième catégorie, la plus importante du fonds en volume, est constituée des archives relatives aux activités de l'association ventilées en commissions ou groupes, dont les contours et les dénominations ont pu évoluer durant les 25 ans d'existence de l'association, mais dont les missions sont restées pour l'essentiel les mêmes. Il s'agit des archives des commissions suivantes, classées par ordre alphabétique :

Accès aux soins, droits sociaux

Banlieues

Drogues et usages, Toxicomanie

Étrangers

Femmes, Enfants

International, Nord-Sud

Prévention

Prison

Sexpôle

Traitements et recherche

La commission "Traitements et recherche", appelée « commission médicale » à ses débuts, constitue la volumétrie la plus importante de toutes les commissions et groupes.

Les groupes existant en 1994, après 5 années d'existence, sont au nombre de 10. Ce sont les groupes suivants :

Groupe Action publique (GAP).

Groupe Lobbying

Groupe Rédaction de Textes (GRT)

Groupe Médias

Groupe Financement et Sponsoring

Groupe Création d'Objets

Groupe Vente et Création d'Evènements

Groupe Fabrication et Achats

Groupe Local et Agenda

Groupe Accueil

Le tri des archives a permis de constituer 5 groupes. Le groupe Action publique regroupant également le PAPE (Pôle Action publique Évènementiel), le groupe Archives et Documentation (GAD), le groupe Juridique et le groupe Lobby. On notera par ailleurs qu'au groupe Communication sont rattachées les publications de l'association : Protocoles, Protocoles / Sud, Action, Action = Vie, etc.

Pour chaque groupe et commission, lorsqu'ils sont conservés, ont été réunis, les comptes rendus, les documents de présentation générale des activités des commissions concernées et les documents de synthèse et de travail, notes et mémos produits par les commissions, classés par ordre chronologique autant que de possible, de même que la correspondance autonome ou isolée au sein de chaque commission , rapportée le plus souvent et dans la mesure du possible en début de classement, sous l'intitulé pratique de « administration ».

Commission « Accès aux soins & droits sociaux »

La commission Accès aux soins & droits sociaux, est organisée en une partie dévolue à l'administration et en d'autres séquences constituées des dossiers, documents et documentation thématique en rapport avec les différents sujets traités par la commission : accès aux médicaments, logement, prestations sociales, handicap, insertion, discrimination au sein des milieux professionnels, banques et assurances, lutte contre les discriminations. Y figurent notamment les dossiers du combat pour l'assurabilité des PVVIH, et notamment son prolongement avec des documents relatifs à la convention dite « Bellorgey » de 2001. Le tout constitue un ensemble particulièrement intéressant et complet de «négociation » tripartite, Etat/Privé/ Associatif, sur le sujet de l'assurance des personnes malades.

Les archives de la permanence « Droits sociaux » tenue dans les locaux de l'association au téléphone (ligne téléphonique dédiée) et dans le local sont conservées de manière fragmentaire sur la chronologie dans une typologie variée allant de cahiers manuscrits très lacunaires aux comptes rendus de réunion de la permanence.

Un autre volet nommé « lutte contre les discriminations » et « lutte pour l'égalité des droits » est constitué des archives relatives à des affaires d'homophobie, et à des documents relatifs à la lutte contre l'homophobie. S'y trouvent notamment des documents relatifs aux affaires Abadie et Geneste. Abadie, alors sénateur, avait déclaré dans le Nouvel Observateur du 22 juin 2000 : " Je ne peux pas être favorable à ceux que j’appelle les fossoyeurs de l’humanité, ceux qui n’assurent pas l’avenir : les homosexuels. C’est contraire à la normale et il y a un danger permanent, pour les garçons, de pédophilie. La normale, c’est faire des gosses."

Sur l'égalité des droits, on trouvera des archives relatives à l'union civile des personnes du même sexe, à l'observatoire du PACS, aux États généraux « Homosexualité et sida » ou encore à l'organisation de l' «Assemblée générale des pédés » en 2001. L'affaire relative à la menace d'outing par Act Up d'un homme politique défavorable à l'union civile est également conservée dans cette section.

Il faut par ailleurs noter, que nombre de pièces et de dossiers promouvant l'égalité des droits entre hétérosexuels et homosexuels, bi, et trans, ou militant tout simplement pour leur droit à l'existence sociale, se trouvent dans l'ensemble des archives d'Act Up, dans la mesure où l'association elle-même, et même si tous ses militants ne sont pas LGBT, s'inscrivent dans une forme de militantisme LGBT.

Sont également rapportés aux archives de cette commission, les dossiers du projet « Food », aide alimentaire à visée thérapeutique pour les PVVIH, projet mené par l'un des militants d'Act Up – Paris, l'observatoire du droit à la santé des étrangers (ODSE) ainsi que l'observatoire du droit des usagers (ODU). Enfin, l'ensemble des dossiers nominatifs suivis notamment par la permanence droits sociaux, a été placé à la fin des archives de la commission. Ces dossiers, par nature privés, reflètent le travail mené par la commission sur des cas précis, au demeurant nombreux, et dont la conservation fragmentaire de ces spécimen, renseigne sur le travail mené par la commission sur la défense et le soutien d'individus par l'association.

Commission Banlieues

La commission « Banlieues » a existé à partir du début des années 90 pour quelques années et a été assez peu active. « Cette commission est née d'un constat : les habitants des banlieues sont oubliés des campagnes de prévention, et l'accès aux soins leur est beaucoup plus difficile qu'aux autres, faute d'informations, de moyens et d'infrastructures.» Les archives de la commission Banlieues, comportent outre de la documentation quelques comptes rendus de réunion de la commission entre 1994 et 1996.

Commission « Drogues & Usages », « Toxicomanie »

La commission Drogues et Usages s'est d'abord appelée commission Toxicomanie. Elle n'a pas toujours été active, et n'existait plus en 2007. Dès sa création, cette commission « lutte pour que soit mis en place un plan d'urgence, décrit dans la 11ème mesure d'urgence d'Act Up. C'est sans doute la commission d'Act Up – Paris qui s'affronte aux problèmes les plus tabous. Elle a donc engagé un travail de longue haleine pour que des campagnes de prévention leur soit d'un accès facile, sans danger et peu coûteux; pour que des produits de substitution soient mis à la disposition de ceux qui le désirent, et de l'héroïne à ceux qui le préfèrent; pour que les toxicomanes ne soient pas, une fois de plus, les oubliés de la recherche et des soins. Ces objectifs supposent un travail de pression constant auprès du ministère de la Santé comme du ministère de l'Intérieur. » (Bienvenue chez Act Up – Paris, Livret d'accueil, 1994). Les archives de la commission Drogues et Usages sont particulièrement riches sur des sujets comme la dépénalisation de l'usage de certains stupéfiants, l'histoire de l'usage des stupéfiants, et leur sociologie, la prévention et la réduction des risques liés aux toxicomanies, la législation en matière de stupéfiants, les interactions entre sida et stupéfiants, ainsi que les produits de substitution qui constituent une part importante des archives de la commission. On y trouvera également les archives d'une pétition (« L'appel des 111 ») rassemblant les noms de personnalités diverses visant à la dépénalisation de produits stupéfiants.

Commission « Etrangers »

La commission « Étrangers » n'existait pas lors de la création de l'association. Elle s'est probablement créée dès les années 1994-1995, et s'est articulée autour de deux axes que sont la permanence Etranger(e)s d'une part, et d' autre part la commission elle-même. L'ensemble des comptes rendus de réunion de la commission, les communiqués, les tracts, affichettes et flyers divers, y sont conservés. Y sont également conservés une importante collection de dossiers nominatifs instruits ou reçus par la permanence EtrangerEs. Les dossiers abordés relèvent de la défense du droit au séjour, le respect du droit des étrangers, l'accès aux soins et les conditions de vie des étrangers séropositifs, ainsi que la défense des droits des personnes en situation irrégulière. Sont également conservées, les archives d'autres associations œuvrant sur des questions similaires, notamment la défense des personnes en situation irrégulière.

Commission Femmes

Comme la commission Étrangers, la commission Femmes et le « dossier » Enfants, n'existaient pas lors de la création de l'association en 1989, mais constituait pour la partie Enfants un des volet de la commission Droits sociaux relatif à l'accès aux soins et aux traitements des enfants séropositifs. La Commission Femmes et le volet Enfants, créés en 1992, sont chargés de traiter les questions transversales et spécifiques du sida chez les femmes, notamment dans les risques de transmission du virus de la femme à l'enfant. Les archives de la commission Femmes se composent des comptes rendus de réunion de la commission pour les années 1992 à 2005, la correspondance générale pour les années 1993 à 2009, des archives relatives aux Zaps en rapport avec cette commission (Essai Vega par exemple), les supports de communication pour des revendications liées aux femmes et aux enfants, des dossiers thématiques sur des sujets spécifiques aux problématiques féminines, une collection de dossiers de RéPI (Réunion publique d'information) organisées sur des sujets féminins (ex : « Femmes séropositives, on ne soigne pas les femmes comme les hommes », 2007).

Commission « international », « Nord / Sud »

L'une des parties numériquement importante du fonds se compose des archives de la commission Internationale, aussi nommée Nord/Sud. « Cette commission travaille sur les rapports entre l'étendue de la pandémie dans les pays les plus défavorisés et les déséquilibres Nord / Sud. Elle réfléchit sur les politiques à mettre en oeuvre dans le cadre d'une responsabilité collective. Elle fait pression sur le gouvernement français, et plus particulièrement sur le ministère de la Coopération. »

Les dossiers de la commission se répartissent entre archives de gouvernance de portée générale, dossiers de lutte contre le sida dans les pays en développement, notamment en Afrique et d'autres pays, des archives de mission dans les pays concernés (financement, actions menées, compte rendu de mission), des dossiers par pays. On y trouve notamment pour la Roumanie des archives relatives à l'affaire des « sidatoriums » pour enfants. Certains pays, tels que la République de Côte d'Ivoire, le Cameroun, ou le Mali, présentent des dossiers et de la documentation en abondance, attestant de la proximité de relation entre les associations africaines de lutte contre le sida et Act Up. Par ailleurs, l'accès aux traitements dans les pays en développement et la propriété intellectuelle sur les médicaments, les accords internationaux, les conférences internationales et rencontres internationales sur le sida, ainsi que les organisations internationales (Banque mondiale - Fonds mondial, Fonds de solidarité thérapeutique international, Organisation mondiale de la santé, PNUD – Programme des Nations unies pour le développement, UNITAID, Remind the gap [80 associations partenaires de 37 pays à l'initiative d'Act Up – Paris pour l'augmentation de la contribution financière des pays riches au fonds mondial1].) sont bien représentées en des séries importantes de dossiers.

A la commission « International » sont rattachées les archives de l'association Planet Africa, hébergée par Act Up, et plus particulièrement chargée de l'aide aux associations africaines de lutte contre le sida.

Enfin, des archives du projet Plaidoyer Sud et de l'association Copy = Right chargée de défendre le principe de libre accès de l'humanité aux molécules, achèvent le classement de cette commission.

Commission Prévention

La commission Prévention est quant à elle chargée de réfléchir aux politiques de prévention mises en place, « leurs défauts, leurs insuffisances et leurs frilosité. Ils en analysent les causes (manque de moyens, manque de volonté politique, pressions moralisatrices, etc.) et envisagent des solutions alternatives. En collaboration avec les autres commissions, ils élaborent un discours cohérent sur une prévention qui devrait n'oublier aucune population et sur la façon dont elle devrait être dispensée. Ils travaillent en outre sur la question de l'accès aux moyens de prévention. » (AUP, Bienvenue chez Act Up – Paris, livret d'accueil, 1994). Les archives de la commission Prévention conservées dans le fonds se répartissent entre d'une part, les archives de synthèse de la commission (comptes rendus de réunion, documents de synthèses, tracts et communiqués), d'autre part les dossiers relatifs à la prévention dans les établissements d'enseignement du ministère de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur, très bien représentés, ainsi que ceux liés à d'autres contextes et des publics spécifiques.

Commission Prisons

La commission Prisons « est chargée de rassembler toutes les informations relatives à la situation des détenus séropositifs ou malades et à la politique de l'institution pénitentiaire face au sida. » ( AUP, Bienvenue chez Act Up – Paris, livret d'accueil, 1994). La tête du classement des archives de la commission Prisons est occupée par les archives des réunions, de la correspondance générale de la commission, mais aussi de dossiers ayant trait aux rencontres professionnelles, aux différentes actions menées sur le terrain pénitentiaire et aux actions de communication. La commission recevait régulièrement de la correspondance de personnes privées de liberté, et la commission suivait ou avait connaissance d'un certain nombre de dossiers relatifs à ces personnes, dossiers nominatifs qui sont actuellement conservés pour les années 1991 à 2012.

Les dossiers des groupes de travail reflètent la répartition des thèmes au sein de la commission Prisons : santé-répression, suspension de peine, minima sociaux en prison, toxicomanie, prévention et réduction des risques infectieux en milieu pénitentiaire. Une collection de rapports d'inspection de maisons d'arrêts situées sur l'ensemble du territoire français est également conservée pour les années 2006 à 2010. Leur révision pourra être proposée dès lors qu'une collection similaire sera versée par les administrations correspondantes.

« Sexpôle »

Le « sexpôle » n'est pas à proprement parler une commission ni un groupe. Son nom est une référence à un écrit de Larry Kramer, l'écrivain homosexuel fondateur d'Act Up – New York. Il peut être compris comme une référence à l'ensemble des pratiques sexuelles inscrites dans leur dimension sociale. Il s'agit notamment du travail sur les politiques de prévention et de réduction des risques pour les travailleur(-euse)s du sexe. Le « sexpôle » comporte notamment des dossiers produits par le STRASS (Syndicat des travailleurs sexuels), des archives relatives aux problématiques de la prostitution. Les problématiques du transexualisme, de la transidentité, et des LGBTI-phobies y sont également représentées.

Commission « Traitements et Recherche»

La plus importante des commissions, quantitativement, mais également sur un plan symbolique est la commission dite traitements et recherche. « Un an après la naissance d'Act Up-Paris, la commission médicale fut créée. Depuis neuf ans, c'est la plus importante commission de l'association, ce qui signifie que le domaine médical est celui sur Act Up a eu le plus d'influence. […] Le lancement de cette commission découlait donc d'un énorme complexe d'infériorité. Act Up – Paris n'était pas encore formé qu'Act Up – New York était déjà parvenu à imposer le concept du compassionnel, c'est à dire du dispositif permettant aux malades d'avoir accès à des traitements non homologués.» 2

Les archives de cette commission sont réparties en 11 entrées. Elles recouvrent bien sûr les archives du pilotage de la commission, dont la correspondance. On y trouvera donc les sections suivantes :

Administration et pilotage de la commission : les archives de cette partie comportent les comptes rendus de réunion de la commission entre 1993 et 2013, la correspondance générale de la commission ainsi que de la documentation, ainsi que les listes des membres, ainsi que des archives relatives à la permanence téléphonique de la commission, des notes et cahiers manuscrits isolés, des témoignages de personnes touchées par le VIH, des documents de travail et des documents de synthèse faisant état des positions de la commission.

Revendications, affaires traitées  : au sein de ce sous-groupe ont été réunies les archives plus « politiques » de la commission, à savoir, les positions de principe et revendications, liées à une affaire en particulier ou de portée plus générale.

Epidémiologie : dans cette catégorie ont été réunies de la documentation, notamment les bulletins épidémiologiques hebdomadaires (1992-2009) conservés par l'association, des études et enquêtes dans le domaine du VIH, ainsi que des dossiers thématiques.

Manifestations cliniques associées au VIH et à son traitement : cette section regroupe l'ensemble des dossiers constitués sur les affections associées au VIH et à son traitement, la tuberculose, les hépatites, les manifestations cliniques non virales.

Traitements du VIH  : les archives liées au traitement du VIH sont réparties en 5 sous-groupes ; traitements médicamenteux, don et transplantation d’organes, thérapie génique, traitements alternatifs et complémentaires, et traitements non reconnus.

Concernant les traitements médicamenteux, les archives ont été réparties en deux ensembles, selon qu’ils concernent des médicaments antirétroviraux ou non. Il s’agit principalement de dossiers classés par nom de molécule ou de médicament. Les traitements alternatifs et complémentaires sont représentés par des dossiers thématiques, tel que celui sur le cannabis thérapeutique, tandis que les traitements non reconnus, sont représentés par diverses affaires de charlatanisme ou d’arnaques au traitement, dont l’affaire dite Beljanski.

Recherche thérapeutique et vaccinale. Cette section de la commission comporte la série des dossiers par laboratoire conservés dans le fonds général, ainsi que l’importante partie des essais thérapeutiques, essentiels, dans le combat entrepris contre le VIH. Les archives des essais thérapeutiques comprennent la partie des archives sur l’administration, le pilotage et les généralités relatives à ces essais, et d’autre part, les archives, notamment de la documentation, relatives aux essais pilotés par l’ANRS, majoritaires, et les autres essais cliniques, c’est-à-dire menés sous une autre autorité que l’ANRS.

Prise en charge des malades : il s’agit ici des papiers relatifs à trois problématiques que sont le système hospitalier, la prise en charge thérapeutique des personnes infectées par le VIH (collection de rapports, dont les rapports Dormont et Delfraissy), et l’amélioration de la prise en charge des patients. Ces trois entrées sont déclinées par thème en focntion des archives conservées.

Groupe TRT-5 (Traitements et recherches thérapeutiques - 5)  : c’est un collectif associatif créé en 1992 par la commission Traitements et recherches d'Act Up – Paris, Actions – traitements, AIDES, Arcat-Sida et VLS (Vaincre le Sida). « Il est destiné à obtenir une meilleure prise en compte des personnes infectées par le VIH dans la recherche thérapeutique et les traitements. Il s'agit de faire en sorte que les séropositifs et les malades soient associés à toutes les étapes du développement de la recherche. » (AUP, op cit., p.12). Les archives du groupe TRT-5 sont composées d’une partie administrative ayant trait au pilotage et à la gestion du groupe pour la partie Act Up, d’une partie consacrée aux relations avec les laboratoires et industries pharmaceutiques (on y trouve en particulier des dossiers de travail sur divers laboratoires), ainsi que deux parties réservées aux rencontres scientifiques, notamment les « Journée TRT-5 » pour les années 1995 à 2011, ainsi que les communiqués et positions du groupe.

Réunions publiques d'information (RéPI)  : les réunions publiques d'information organisées à Paris et en Province sont un élément essentiel du dispositif mis en place par Act Up en direction de l'information du public. Ces réunions thématiques offrent un état des lieux actualisé et complet d'un thème donné. Les dossiers de RéPI sont intégralement conservés et classés par numéros de 1995 à 2013.

Colloques, congrès, sommets  : cette partie recueille les dossiers relatifs aux manifestations et rencontres scientifiques internationales dans le domaine de la lutte contre le sida. Les dossiers sont classés par année d’événement et par nom de ville hôte.

Documentation générale de la commission. Elle est classée par titre de collections.

Groupes

« Notre travail s’accomplit essentiellement au sein des groupes, dès qu’une proposition d’action est adoptée par les membres d’Act Up-Paris rassemblés en réunion hebdomadaire, les tâches à accomplir sont réparties au sein de chacun de ces groupes, selon leur compétence particulière, afin de mener à bien le projet initial» (Bienvenue à Act Up-Paris, dossier d’accueil, version du 28 avril 1993).

Les archives des groupes « Action publique  / Pôle Action publique événementiel – PAPE - », « Communication », « Juridique », « Lobby » et « Groupe Archives Documentation », recoupent les archives des fonctions supports et opérationnelles de l'association. Qu'il s'agisse des moyens de communication avec l'ensemble des publications Act Up, ou de l'ensemble des tracts, affiches et maquettes de pancartes pour le groupe « Communication », mais aussi les projets de création d'objets, les partenariats extérieurs pour la recherche de financement. Le groupe « Juridique » comporte d'une part une documentation juridique nécessaire au fonctionnement des différentes commissions de l'association, et d'autre part les affaires judiciaires dans lesquelles Act Up peut se trouver directement concerner ainsi que les relations avec la défense juridique de l'association.

Ont été regroupées dans le Groupe Archives & Documentation, les pièces et dossiers clairement produits par le groupe, telles que le premier répertoire des archives de l’association, à savoir un inventaire sommaire des boites et dossiers présents dans le local de l’association, ou encore un projet de GED pour administrer l’association.

Le groupe « Communication » est l’un des groupes stratégiques de l’association. Y ont été classés les archives relatives à l’histoire de l’association, notamment l’ensemble des dossiers d’accueil et dossier de présentation de l’association en diverses versions, comme le premier dossier de présentation réalisé en 1990 et intitulé « Act Up-Paris, An O1 », les archives relatives aux stratégies de communication de l’association. Le groupe est aussi en charge des supports de communication, leur conception et leur production, que ce soit les essais de création de T-Shirt par Christian Lacroix, ou la conception graphique des flyers pour divers événements. C’est dans cette partie qu’on trouvera également les collections de tracts, pancartes, les banques de slogan, slogans pour lesquels l’association ne tarit pas d’imagination, d’humour, d’auto-dérision et de provocation  : « Séropositifs, la France vous préfère morts », « Sida is disco », « Ici, l’État investit pour votre avenir » [dans les cimetières], « Infectée sous Mitterrand, morte sous Chirac », « Des molécules pour qu’on s’encule », « J’ai envie que tu vives ! », etc.

Les publications, nombreuses, produites par Act Up, ont également été classées dans cette section. Reclassées chronologiquement, elles constituent une somme sur la connaissance du sida et sur l’association. L’émouvante P.I.F. (Page des Idées Folles), est un défouloir interne, exutoire et poétique, à l’usage des membres de l’association, tandis que Protocoles, Protocoles Sud, et Action = Vie, sont clairement tournés vers l’autre axiome de l’univers « Actupien » qui est « Information = Pouvoir ». Aux côtés de ces périodiques, sont conservées les archives des glossaires et guides produits par l’association et à usage du grand public.

La défense juridique, des membres de l’association, et des PVVIH, est assurée par le groupe Juridique. Y sont classées les archives à portée documentaire ainsi que des dossiers d’affaires judiciaires relatives à des particuliers, tel le dossier concernant un stewart d’une compagnie aérienne, ou des procès, dont certains ont connu un grand retentissement, l’outing de personnalités politiques, ou le sang contaminé.

Enfin, le groupe Lobby, peu représenté, et chargé des relations extérieures, comporte une collection des comptes rendus de réunion du groupe ainsi que quelques pièces et dossiers témoignant de l’activité du groupe tant auprès de personnalités que de groupes politiques et d’acteurs institutionnels de l’humanitaire.

Les relations avec d’autres associations, très nombreuses, ont été rassemblées sous l’intitulé « Relation inter-associatives ». Il s’agit entre autres des relations avec E.C.S., Ensemble contre le sida, devenue Sidaction par la suite, ainsi que les pièces ou dossiers concernant la kyrielle d’associations entrées en contact avec Act Up, ou dont les traces furent laissées dans le fonds général, sans que la nature du lien puisse être établie à l’analyse des archives.

Les « archives de militants » sont un autre grand ensemble du classement réalisé. En effet, lors du tri initial, des boites d’archives de type « bureau » ainsi que d’autres conditionnements renfermant des archives dont le producteur était clairement nommé ont été mises de côté, pour finir par constituer des ensembles cohérents qu’il eut été illusoire en terme de calendrier et peu respectueux du fonds, d’éclater et de ventiler en fonction de leur objet dans les différentes sections du plan de classement. Au total, ce sont les archives de 13 militants, qui ont été incluses dans cette section, l’intérêt et la quantité des archives conservées étant bien sûr fonction du rôle de chacun de ces militants au sein de l’association. Les archives laissées par Emmanuelle Cosse, première femme hétérosexuelle et séronégative à la tête de l’association, de son passage à la vice-présidence « Lobby » (1995-1998), puis à la présidence de l’association (1998-2001), permettent de découvrir les dossiers prioritaires traités dans l’actualité, notamment les relations avec le ministère de la Santé, et les laboratoires pharmaceutiques. On citera également, les archives de Gérald Sanchez, spécialiste des toxicomanies et addictions, et celles de Claire Vannier, l’une des graphistes et communicante de l’association, et par ailleurs très investie et pilote de la lutte contre le sida dans les pays du Sud (Planet Africa).

La section de la documentation générale de l’association et des publications conservées dans le fonds, ont fait l’objet d’un classement « par défaut », dans l’impossibilité matérielle pour des raisons de délais, de trier les publications « éliminables » de celles qu’il conviendrait de conserver. On distinguera toutefois, la restitution a posteriori de la salle de documentation initiale de l’association, formant de quelque manière un monument documentaire, ou un lieu virtuel témoignant (pour ne pas utiliser l’expression consacrée « lieu de mémoire »), dont les ouvrages sont reconnaissables à leur cotation « maison », et il faut saluer ici le travail d’ « archéo-documentation » qu’a réalisé l’équipe des Archives nationales œuvrant au classement de ce fonds. C’est donc une réévaluation qu’il sera opportun de mener sur un périmètre à déterminer de cette section.

Les derniers ensembles sont constitués, de ce qui est parfois qualifié, d’archive non traditionnelles, en l’occurrence ici les archives iconographiques (photographies, affiches, pancartes, pochoirs, créations artistiques bi-dimensionnelles), ainsi que les archives électroniques (non natives, c’est à dire en réalité du matériel dont la lisibilité reste aléatoire et soumise à la bonne conservation des supports et à des contraintes techniques), et des petits objets.

Le fonds photographique subsistant de l’association se trouve désormais réparti entre d’une part, le Mucem à Marseille et d’autre part les Archives nationales. En effet, Tom Craig, photographe d’Act Up a donné ses photos au Mucem, tandis que l’autre partie a été incluse le fonds général des Archives d’Act Up déposé aux Archives nationales. Le Mucem avait par ailleurs acquis, dans le cadre d’une collecte et de son exposition inaugurale « Le bazar du genre », un ensemble conséquent auprès d’Act Up.

Les photographies conservées aux Archives nationales, ont été classées par format, pour des raisons évidentes de conservation, mais peuvent se répartir entre photographies amateurs, et photographies professionnelles. Les plusieurs milliers de photographies et négatifs dits « amateur » et très majoritairement de format 10x15, témoignent davantage du quotidien des militants, et de la vie au local, tandis que les photographies professionnelles, bien moins nombreuses, sont davantage orientées vers les actions, parfois de grande envergure, menées par l’association. Ainsi la célèbre photographie prise à l’eye-fish d’un grand die-in avec cercueils et pancartes devant la pyramide du Louvre. Une belle impression cibachrome de grand format, photo de groupe des militants à l’école des Beaux-arts de Paris, est également conservée, dans un très bon état. Sont également présents les clichés noir et blanc d’une exposition montée pour les 20 ans de l’association.

Les affiches construisent un passionnant et labyrinthique parcours à travers l’histoire et les combats de l’association, et constituent aussi, à bien des égards, un des sommets de la création graphique en France à la fin du XXe siècle, d’une très grande liberté de ton. Forte de plus 700 affiches, conservées en un maximum de trois exemplaires lorsqu’ils existaient, la collection concerne les affiches produites et co-produites par Act Up ainsi qu’une très intéressante collection d’affiches de la lutte contre le sida provenant du monde entier et de tous les continents est également conservée. On notera par ailleurs, que d’autres thèmes que le sida sont évoqués, notamment l’égalité des droits.

Un travail important reste à effectuer sur les archives sonores et audiovisuelles ainsi que sur les archives informatiques de l'association.

Mode de classement

Lorsque le dépôt des archives d'Act Up-Paris aux Archives nationales fut acté, le fonds devait initialement être traité in situ avant dépôt sur le site de Pierrefitte-sur-Seine des Archives nationales. Des problèmes matériels survenus au sein de l'association firent qu'il s'avéra nécessaire de transférer le fonds dès que possible aux Archives nationales, pour traitement matériel et intellectuel.

Le conditionnement urgent du fonds en 350 cartons dans la perspective du transport de ces archives a été réalisé par une équipe du département Éducation Culture Affaires sociales (DECAS) des Archives nationales et par le Groupe Archives Documentation (GAD) d'Act Up-Paris. Le matériel de conditionnement et de conservation, conformément à la convention de dépôt, a été fourni par les Archives nationales, venant suppléer le matériel mis à disposition par Act Up - Paris.

Sur les 350 dimabs conditionnés, les deux-tiers environ ont été constitués de boites de type archives bureaux dites "inventaires" car inventoriés linéairement par le GAD, selon des entrées thématiques. Aux côtés de ce lot de boites numérotées, un second lot de 69 dimabs a été constitué de vrac, ou plus exactement de vrac pour 56 dimabs, et de semi-vrac pour 13 dimabs. On entend sous l'appellation de semi-vrac, les cartons constitués de boites bureau ou de dossiers dits inventaires (portant un numéro) mêlés à des dossiers ou des pièces en vrac sans rapport entre eux.

Commencé en février 2014, le tri et le classement complets ont occupé quatre agents à tiers de temps pendant deux années.

Langue des documents

Français
Anglais

Institution responsable de l'accès intellectuel

Archives nationales de France

Entrée et conservation

Modalités d'entrée

Dépôt de l'association Act Up - Paris en janvier 2014, transformé en don en septembre 2015.

Historique de la conservation

Les archives de l'association Act Up-Paris relèvent dans l'organisation interne de l'association du Groupe Archives Documentation (G.A.D.). Chargé de l'archivage et de la conservation de la documentation et des archives produites par les militants, ce groupe, de création ultérieure à la naissance de l'association, n'a en réalité été constitué que d'un seul militant bénévole, chargé entre autres de la tenue des archives.

Le fonds subsistant a été transféré des locaux d'Act Up-Paris sis au 45 rue Sedaine dans le 11ème arrondissement de Paris aux Archives nationales, le 14 janvier 2014.

Les archives d'Act Up-Paris ont été bien sûr d'abord conservées dans les bureaux respectifs des militants, à titre d'archives courantes, puis intermédiaires, et enfin centralisées en partie à une date récente par le GAD dans un local dédié. Eu égard à l'organisation de l'association et au turn-over relativement important de ses militants depuis la création d'Act Up-Paris en 1989, et en l'absence de véritable politique d'archivage interne forcément tributaire du bénévolat, il faut admettre la réalité de la conservation partielle de ces archives d'une part, et souligner l'action récente menée par le GAD parmi les militants de l'association afin de permettre la sauvegarde d'une partie des archives produites par l'association. Une importante lacune est à souligner sur les toutes premières années d'activité de l'association, entre 1989 et 1991-1992, dont les dossiers sont rares dans le fonds général.

Au premier noyau entré aux Archives nationales en janvier 2014, deux compléments d'entrée ont eu lieu, en avril et mai 2014. Un premier supplément a été transféré par les Archives nationales du local d'Act Up Paris sis rue Sedaine, et comportant des archives financières et comptables, quelques lots de vrac comportant des archives produites par les commissions Prison, Femmes, Accès aux soins et droits sociaux. 6 disques durs prélevés des ordinateurs des commissions ont également été déposés aux Archives nationales. Ils se sont ajoutés aux autres disques durs déjà déposés, portant au nombre de 12 le nombre total de disques durs.

Un second complément entré en mai 2014, provient également du local Act Up – Paris, et comporte essentiellement des archives issues des commissions Étrangers et Prisons. Un ensemble de dossiers nominatifs « travaillés » par l'association compose entre autres ce supplément, ainsi que de nombreuses pièces isolées, notamment une correspondance avec Matignon au sujet de l'accès aux médicaments en 2010, ou encore un dossier sur des actes de torture qui auraient été commis sur des séparatistes basques.

Évaluation, tris et éliminations

- 28 cartons d'éliminations (petits et grands « dimabs ») : exemplaires multiples, documentation non retenue, pièces comptables éliminables, pièces trop isolées sans intérêt historique ou sans rapport avec le fonds.

Existence et lieu de conservation des documents originaux

Archives nationales, site de Pierrefitte-sur-Seine

Sources et références

Sources complémentaires

Pour les archives publiques relatives à la lutte contre le sida conservées aux Archives nationales, se reporter à l'État des sources d'archives publiques

relatives à l'histoire de la lutte contre le sida conservées aux Archives nationales", disponible dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales, à la rubrique "Conseils pour la recherche > Guides thématiques".

Bibliographie

Bilbiographie sélective  :

Act Up-New York

Larry Kramer, Reports from the holocaust  : the making of an Aids activist , New York, Saint Martin's Press, 1989

United in anger : a history of Act up / Jim Hubbard, réal., aut. ; Ann Philbin, Ken Bing, Frank Jump... [et al.], participants, Act up oral history project [éd., distrib.], cop. 2012, 1 DVD vidéo monoface simple couche toutes zones (1 h 33 min) : 4/3, coul. (PAL), son. (Contient des images d'archives. Document en version originale anglaise non sous-titré)

Tolbiac - Rez-de-jardin - magasin -Salle P

VDVD- 81781

Gould, Deborah Bejosa, Moving politics : emotion and ACT up's fight against AIDS, Chicago, the University of Chicago press, 2009, 1 vol. (XII-524 p.) ; 24 cm

Tolbiac - Rez-de-jardin - magasin

2011- 317852

Schiavi, Michael, Celluloid activist : the life and times of Vito Russo, Madison, The University of Wisconsin Press, 2011, 361 p. : ill. ; 25 cm

Tolbiac - Rez-de-jardin

2011- 294621

Act Up-Paris

Act Up – Paris, Le sida, combien de divisions ?, Paris, éditions Dagorno, 1994

 Lestrade, Didier, Act up : une histoire, Paris : Denoël, 2000

Tolbiac - Rez-de-jardin - magasin

2000- 94083

Engagements homosexuels et lutte contre le sida au sein de l'association Act Up-Paris, Paris, EHESS, 2003

Tolbiac - Rez-de-jardin

2006- 42280

Broqua, Christophe, Agir pour ne pas mourir ! : Act up, les homosexuels et le sida , Paris, les Presses de Sciences po, 2006, 1 vol. (450 p.) ; 21 cm, Bibliogr. p. 407-439.

Act up-Paris, Act up-Paris, Paris, J. di Sciullo, 2009, 1 vol. (non paginé [224] p.)

Tolbiac - Rez-de-jardin - magasin

2010- 1957

ZAP : Act up Paris, été 95 / Vincent Martorana, réal., Paris, IO production [éd.], Paris : IO production [distrib.], 1998 (DL), 1 cass. vidéo (53 min 24 s) : coul., PAL ; 1/2 pouce BETACAM-SP

Tolbiac - Rez-de-jardin - magasin -Salle P (type de place audiovisuelle (vidéo/son))

NUMAV- 28037 support : vidéo dématérialisée

Portrait d'une présidente / Brigitte Tijou, réal. ; Cleews Vellay, participant, Paris, Canal + [prod.], 1995 ; Paris : Artefilm [distrib.], 1999, 1 cass. vidéo (38 min) : coul., PAL ; 1/2 pouce VHS

Tolbiac - Rez-de-jardin - magasin -Salle P (type de place audiovisuelle (vidéo/son))

NUMAV- 93166 support : vidéo dématérialisée

Sida, politique, associations, médecine

  • Daniel Defert  :

« Plus on est honteux, plus on avoue », Libération, 31 octobre 1987

« Aides, nous ne sommes pas Act Up », Gai Pied Hebdo, 24 novembre 1988

« Un nouveau réformateur social  : le malade », Actes/Les cahiers d'action juridique, 1990, n°71-72

« L'homosexualisation du sida », Gai Pied Hebdo, 20 novembre 1990

« Le malade du sida, réformateur social », Revue Esprit, juillet 1994, entretien avec Frédéric Martel

  • Didier Lestrade  :

Act Up, une histoire, Denoël, 2000

Kinsey 6, journal des années 80, Denoël, 2002

The end, Denoël, 2004

Mirmo Grmek, Histoire du sida, Payot, 1989

Emmanuel Hirsch, Aides, solidaires, Le Cerf, 1991

Pierre Favre, Sida et politique, les premiers affrontements, 1981-1987, Paris, L'Harmattan, 1992

Pollak M., Les homosexuels et le sida, sociologie d’une épidémie, Paris, Ed. Métaillié, 1988

Christophe Martet, Les combattants du sida, Paris, Flammarion, 1993

Marie- Ange Schiltz, Les homosexuels masculins face au sida, enquêtes 1991-1992, Paris, CNRS-Ehess, 1993

Michel Setbon, Pouvoirs contre sida, Paris, Éditions du Seuil, 1993

(travail comparatif, France, Grande-Bretagne et Suède)

Bernard Seytre, Les secrets d'une polémique, Paris, PUF, 1993

Simon Garfield, The end of innocence, Britain in the time of Aids, Londres, 1994

Aquilino Morelle, La défaite de la santé publique, Flammarion, 1996

(en particulier l'affaire du sang contaminé)

Barbot J., Les malades en mouvement. La médecine et la science à l’épreuve du sida, Paris, Balland, 2002

Paicheler G., Prévention du sida et agenda politique. Les campagnes en direction du grand public (1987-1996), Paris, Éd. CNRS, 2002

Pinell P. (dir), Une épidémie politique. La lutte contre le sida en France (1981-1996), Paris, PUF, 2002

Dodier N., Leçons politiques de l’épidémie de sida, Paris, Ed. EHESS, 2003

Lert F. & Pialoux G., Prévention et réduction des risques dans les groupes à haut risque vis-à-vis du VIH et des IST, Paris, Rapport de la mission RDRS, 2010

Demange E., Henry E., Préau M., De la recherche en collaboration à la recherche communautaire, un guide méthodologique, Paris, Éd. ANRS, 2012

Daniel Defert, Une vie politique, Paris, Éditions du Seuil, 2013

Girard G., Les homosexuels et le risque du sida. Individu, communauté et prévention, Rennes, PUR, 2013

Rabeharisoa V., Moreira T. & Akrich M., « Evidence based activism : Patients’ organisations, users’ and activists’ groups in knowledge society, Paris, Papiers de recherche du CSI, 2013

Berlivet L., « Une biopolitique de l’éducation pour la santé. La fabrique des campagnes de prévention », in Memmi D. & Fassin D. (dir.) Le gouvernement des corps, Paris, Éd. EHESS, p. 37-75

Gelly M. & Pavard B., Mobiliser les profanes? Analyse comparative de deux expériences militantes de « démédicalisation » (avortement – 1972-1975/ dépistage communautaire du sida – 2007-2011) », soumis pour publication.

Affiches de la BnF

Collection François Louvrier. Affiches de santé. Prévention du sida. Campagnes de prévention de Act Up, Aids. Recueil de pièces de format 60 x 40 cm env.] [Image fixe][S.l.] : [s.n.], [2001-2011], 26 doc. iconogr. (affiches) ; [ca 60 x 40 cm].

Comprend 17 affiches de Aides. - Comprend aussi diverses affiches de Act Up : " Sida, l'autre guerre. Manifestation " (2001) ; " Nokpote = surcontamination " (2 aff., 2004) ; " Nokpote = discrimination " (2004) ; " Celebration & safe week " (2005) ; " Sida. La régression. Manifestation. 1er déc. 2005 " ; " Vivre seul ou mourir. Le projet de loi Hortefeux... (2007) ; " Seul la capote ^protège du sida..., le reste c'est de la science-fiction " (3 aff., 2009) ; "Act Up 20 ans " (2009) ; " Fières d'en mettre... Marche des libertés. 25 juin 2011 " ; " Le bleu marine revient à la mode. Le Pen a gagné les élections " (2 aff., s.d.)

Richelieu - Estampes et photographie - magasin

QZ- 434 (10.1) -BOITE FOL < Originaux > support : affiche-image

Attention ! Restrictions du jour. Cliquez ici pour en savoir plus.

Ajouter l'inventaire
à mes favoris
Télécharger
l'inventaire en PDF
Permalien
de l'inventaire
Export XML
de l'inventaire