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Inventaire - Cotes :

Conservatoire national supérieur de musique. Registres de rapports des professeurs sur leurs élèves pour les examens (1842-1925)

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Cotes
AJ/37/260-AJ/37/303
Date
1842-1925
Nom du producteur
Conservatoire de musique et de déclamation (Paris ; 1806-1946)
Importance matérielle
et support
45 articles
Localisation physique
Pierrefitte-sur-Seine
Conditions d'accès

Librement communicable sous réserve des restrictions imposées par l'état matériel des documents.

Conditions d'utilisation

Reproduction selon le règlement en vigueur aux Archives nationales.

Description

Présentation du contenu

Le présent instrument de recherche propose l’analyse et les images numérisées des rapports établis par les professeurs sur leurs élèves du Conservatoire national de musique en amont des examens semestriels. Il couvre les rapports allant de 1842 à 1913 concernant l’ensemble des disciplines et, après le vide laissé par la période de la Première Guerre mondiale, la série ne s’achève que par les rapports d’Eugène Gigout, professeur d’orgue, sur ses élèves entre 1921 et 1925.

Les professeurs remplissaient leurs rapports dans un formulaire pré-imprimé, initialement sous la forme de feuillets double page. Le Conservatoire a procédé à leur reliure et, en majorité, ils s’offrent à la consultation sous la forme de registres.

Cet inventaire est le fruit d’une campagne de numérisation avec une finalité de conservation préventive. En effet, les affres du temps et les multiples manipulations ont désolidarisé les plats et reliures de nombreux registres. De plus, la numérisation de cet ensemble, effectuée en 2016, permet de mettre 21 421 vues à la disposition du public et, ainsi, de faciliter les recherches sur le Conservatoire, notamment de documenter le parcours, et la scolarité des élèves, ainsi que les exigences des corps enseignants. Cette numérisation intervient également dans le contexte de l'élaboration d’une base de données prosopographique des élèves du Conservatoire réalisée dans le cadre d’une ANR sur l’Histoire de l’enseignement de la musique en France au XIXe siècle qui associe le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, le département de la musique de la Bibliothèque nationale de France, l’Institut de recherche en musicologie (Iremus), l’École Pratique des Hautes Études (IVe section, Saprat) et les Archives nationales.

L’organisation des examens

De nombreux examens et concours rythment l’année scolaire au Conservatoire. De l’admission au sein de l’établissement au concours de sortie parfois couronné d’un prix, les élèves connaissent des examens semestriels, voire trimestriels, pour évaluer leur progression et juger de l’intérêt à poursuivre leur formation au sein de la prestigieuse institution.

Une fois le concours d’entrée réussi, l’ensemble des disciplines subissent un contrôle semestriel via des examens d’écriture et de pratique, vocale ou instrumentale. L’évaluation du premier semestre se situe entre la mi-novembre et la fin du mois de janvier et celle du second entre la mi-mai et la fin du mois de juin. Une exception est cependant à souligner pour les élèves de chant et de déclamation lyrique, qui sont jugés trimestriellement par leurs professeurs. Dans leur cas, un troisième examen intervient donc entre les mois de mars et avril. Le règlement du Conservatoire royal de musique et de déclamation en date du 9 novembre 1841 rappelle ces dispositions dans l’article 40 (Titre II. - « Enseignement », Chapitre VI. - « des examens ») : « Il y a des examens semestriels dans toutes les classes. Le premier a lieu dans le mois de décembre et le second dans le mois de juin ; il y en a un troisième dans le mois de mars, pour le chant et la déclamation lyrique seulement. Immédiatement après chaque examen semestriel, les examens pour l’admission des aspirants ont lieu conformément aux articles 28 et 29. Le 1er octobre un examen a lieu pour l’admission aux places devenues vacantes dans les classes de piano. Tous les examens sont de rigueur ». Dispositions renouvelées dans le règlement de l’établissement du 22 novembre 1850 (Titre VI. – Chapitre IX. – « Des examens semestriels, concours et exercices ») : Art. 77. « Toutes les classes sont examinées par les Comités d’enseignement au mois de décembre et au mois de juin, afin de constater les résultats des études ». ; Art. 78. « Il y a en outre un examen supplémentaire, au mois de mars, pour les classes de chant et de déclamation lyrique ».

Ces professeurs titulaires ou adjoints dressent leurs rapports dans un formulaire pré-imprimé, comme indiqué dans l’article 42 du règlement de 1841 : « Les professeurs titulaires ou adjoints remettent au Directeur, le jour de l’examen de leurs classes et avant la séance, un rapport circonstancié sur les progrès, le zèle et l’exactitude de chacun de leurs élèves ».

Ces appréciations rédigées par les professeurs en amont des passages devant les Comités d’évaluation marquent un jalon important dans la scolarité des élèves et doivent être mis en relation avec les procès-verbaux des examens et des concours où les capacités des élèves sont sanctionnées : « Tous les examens sont faits par les Comités, qui jugent les progrès des Élèves, proposent la radiation de ceux qui ne donnent aucune espérance, décident quels sont ceux qui ont terminé leurs études, et se prononcent sur les demandes d’admission. Les examens, une fois commencés, se suivent sans interruption, excepté les dimanches et jours fériés. Au nombre des juges des examens de musique doivent se trouver au moins deux professeurs de chant » (règlement de 1841, titre II, chapitre VI - article 41).

De même, la décision de passage en classe supérieur se tient lors de l’examen du second semestre ainsi que la sélection des élèves aptent à être présentés au concours ou ceux dont il faut mettre un terme à la scolarité : « A l’examen semestriel du mois de juin, les Comités, après s’être entendus avec les professeurs, désignent les élèves qui doivent concourir pour les prix » ; « Les élèves qui, après deux années et demie d’études, n’ont pas été admis à concourir pour les prix, sont rayés des contrôles. Cessent également de faire partie du Conservatoire des élèves qui, ayant concouru trois fois, n’ont pas obtenu de prix, et ceux qui, ayant obtenu un second prix, ont concouru deux fois sans succès pour le premier. Toutefois il peut être fait exception à des deux disposition pour des motifs graves, sur délibération des Comités et avec notre approbation ». (règlement de 1841, titre II, Chapitre VI – articles 43 et 44).

Carrières à venir, carrières à construire...

Cette campagne de numérisation répond également à des attentes scientifiques. Ces rapports ne documentent pas que le travail des élèves, l’implication dont ils font preuve, leurs capacités, leur état de santé comme l’indiquent par exemple les appréciations d’Eugène Gigout, professeur d’orgue de Maurice Duruflé. Ce dernier est signalé souvent malade et, en plus, habitant loin de Paris. Il réside encore à Louviers, département de l’Eure, mais arrive à suivre deux cours par semaine en 1921. De même, les commentaires de M. Gillette, répétiteur de solfège de Georges Marty, sont élogieux : « C’est un très bon élève, il travaille beaucoup. J’en suis très content ». Pourtant ce n’est pas toujours le cas et dans ses commentaires, il stipule que tel ou tel est nouveau, voire très nouveau et souligne ceux qui ne travaillent pas assez. Ces observations permettent également aux professeurs de mettre en avant leurs meilleurs éléments en les encensant et en attirant l’attention sur eux. En juin 1878, quand Marty est présenté par Théodore Dubois en harmonie, ce dernier mentionne à l’encre rouge en dessous de son nom son « 2e prix en 1876 » mais omet qu’il a concouru en 1877 sans recevoir la moindre récompense, élément qui apparaissait pour l’examen de janvier. Il s’agit de ne pas nuire en amont du passage de l’élève et de ne pas influencer négativement le Comité. Ces élements permettent de discerner les stratégies des professeurs pour mettre en valeur leurs étudiants, sortir auréolés du plus grand nombre de lauréats primés et s’assurer une réputation d’excellence en tant que professeur. En juin 1878, T. Dubois formule donc, quelques semaines avant que Marty recoive son 1er prix, d’élogieuses et prometteuses observations : « Excellent élève – musicien très distingué ayant le sentiment fin et délicat de la musique – main sûre et habile. On est en droit de fonder des espérances sérieuses sur l’avenir de cet élève ». A l’inverse, en janvier 1878, un certain Etesse est jugé moins favorablement : « Élève médiocrement doué. Il est militaire et son service lui fait forcément négliger ses études » puis, en juin de la même année, « Ce jeune homme a été reçu sous-chef au dernier concours. - Il n’a pas toujours le sentiment juste de l’harmonie et il n’a pas encore la main très habile – mais il a fait des progrès et désire beaucoup arriver ».

Adolphe Laurent, professeur de piano de Jules Massenet notamment, requête auprès du Directeur le 14 décembre 1853 à la fin de son rapport pour obtenir de droit de présenter un nombre d’élèves plus important : « Je prie Monsieur le Directeur de porter le nombre des élèves, à onze, ou douze, pour que je puisse,en faisant la part des malades, des absents, des déserteurs avoir toujours un cadre suffisant. Je donnerai plus de temps s’il le faut, mais je désire avoir plus d’éléments de succès » puis il dresse une « liste des élèves à remplacer » accompagnée du commentaire suivant « MM. Réty et Pellerunt se sont retirés, après trois ans d’étude, M. Amiyo, étranger, est actuellement à la Havanne. M. Mayer, 1er accessit de cette année, s’établit comme prof. à Nisme. Jugent accessit s’est fait rayer (...) ». Plus que de jouer une future carrière de compositeur ou de virtuose, il s’agit aussi de se construire une solide réputation de professeur en maintenant un haut niveau de réussite.

Langue des documents

Français

Institution responsable de l'accès intellectuel

Archives nationales de France

Historique du producteur

Voir notice producteur : Conservatoire de musique et de déclamation (Paris; 1806-1946)

Entrée et conservation

Modalités d'entrée

Versement du 23 octobre 1962.

Historique de la conservation

Ces registres ont fait l’objet d’une numérisation externalisée réalisée par l’entreprise Arkhenum entre avril et octobre 2016.

Certains registres de rapports ont été déreliés pour satisfaire aux besoins de prêts pour exposition comme lors de la commémoration du compositeur Albéric Magnard organisée au département de la musique de la Bibliothèque nationale en avril 1966. A cette occasion, il semble que des pièces étrangères aux rapports aient été reclassées ailleurs. (cf. Introduction de l’inventaire numérique "Archives de l'École royale de chant, de l'École royale dramatique, de l'École royale de musique et de déclamation, des conservatoires impériaux, nationaux ou royaux de musique ou de musique et de déclamation (1784-1925)").

Voir

Sources et références

Documents de même provenance

Archives nationales

  • Copies d'élèves

AJ/37/197-AJ/37/204/79, AJ/37/259/1-AJ/37/259/11. Copies d'examens et de concours, 1819-1925.

AJ/37/522-AJ/37/523. Copies d'examens, 1947-1950

AJ/37/706-AJ/37/785. Copies d'examens et de concours. 1859-1965

20110270/1-20110270/118. Copies d'examens et de concours, 1945-2005.

20110271/1-20110271/8. Copies de concours de fugue, contrepoint et harmonie récompensées par un prix, 1962-1968.

20110273/1-20110273/23. Copies récompensées par un prix dans les disciplines d'écriture, 1969-2005.

  • Registres des procès-verbaux

AJ/37/192-AJ/37/195, AJ/37/205-AJ/37/257, AJ/37/304-AJ/37/312, AJ/37/386, AJ/37/525-AJ/37/576. Début XIXe-1955.

  • Les sujets des examens et concours

AJ/37/197-AJ/37/204/79, AJ/37/259/1-AJ/37/259/11. 1819-1925

AJ/37/521. 1926-1954.

20150118/1-20150118/46. Sujets hors déchiffrage. 1819-1962.

20150119/1-20150119/41. Sujets de déchiffrage. 1819-1962.

Archives du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (209 avenue Jean Jaurès, Paris XIXe)

  • Registres des procès-verbaux

à partir de l'année scolaire 1955-1956 et jusqu'à nos jours.

Sources complémentaires : Archives de l'Administration des Beaux-Arts

Sources complémentaires

Archives nationales

  • Administration des Beaux-Arts, tutelle sur le Conservatoire national de musique

F/21/

Bibliothèque nationale de France, département musique

Il est toujours intéressant de regarder dans les manuscrits ou les copies des partitions qui documentent les sujets des examens et concours du Conservatoire souvent rédigés par des professeurs ou des compositeurs reconnus.

Bibliographie

  • Constant Pierre, Le Conservatoire national de musique, Documents historiques et administratifs, Paris, Imprimerie nationale, 1900.
  • Anne Bongrain et Yves Gérard (dir.), Le Conservatoire de Paris, 1795-1995. Des Menus-Plaisirs à la Cité de la musique, Paris, Éditions Buchet/Chastel, 1996.
  • Anne Bongrain, Le Conservatoire national de musique et de déclamation, 1900-1930, Belgique, Librairie philosophique J. Vrin, 2012.
  • Le Conservatoire de Paris, regards sur une institution et son histoire, Paris, Association du Bureau des étudiants du CNSMDP, 1995.

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