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Fonds Françoise Dolto (1889-2008)

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Reference codes
752AP/1- 752AP/184
Date
1889-2008
Name of creator
Dolto, Françoise (1908-1988)
Material importance
and support
20 mètres linéaires (184 articles)
Physical location
Pierrefitte-sur-Seine
Access conditions

Communication soumise à l'autorisation de l'ayant-droit.

Conditions of use

Reproduction soumise à l'autorisation de l'ayant-droit.

Description

Presentation of content

SOMMAIRE

  • 752AP/1-46. Pratique clinique. 1939-1988.

752AP/1-44. Cure psychanalytique d'enfants. 1939-1980.

752AP/45-46. Analyse d'adultes. 1943-1980.

  • 752AP/47-92. Travaux scientifiques. 1938-2008.
  • 752AP/93-103. Relations avec les institutions pour l'enfance. 1960-2000.
  • 752AP/104-134. Relations avec le monde de la psychanalyse. 1930-2001.

752AP/104-116. Sociétés de psychanalyse. 1938-1990.

752AP/117. Colloques de psychiatrie et de psychanalyse. 1950-1986.

752AP/118. Séminaires de contrôle collectif. 1978-1988.

752AP/119-121. Séminaires de Jacques Lacan. 1964-1974.

752AP/122-123. Relations avec Jacques Lacan. 1930-2001.

752AP/124-134. Textes relatifs à la psychanalyse dits textes psychanalytiques. 1933-1988.

  • 752AP/135-145. Correspondance. 1933-2007.
  • 752AP/146-179. Diffusion médiatique. 1939-2004.

752AP/146-149. Diffusion et relations médiatiques. 1939-2002.

752AP/150-165. Émission de radio « Lorsque l'enfant paraît ». 1976-2007.

752AP/166. Émissions télévisées « Apostrophes ». 1987.

  • 752AP/180-184. Papiers personnels et archives familiales. 1889-1988.

 

CONTENU DU FONDS

Le fonds de Françoise Dolto contient vingt mètres linéaires (hors archives personnelles et familiales qui représentent environ trois mètres linéaires) répartis dans cent quatre-vingts articles.

Si l’état des archives personnelles et familiales ou encore celui de la correspondance, très abondante, laisse supposer une conservation systématique et méticuleuse de l’ensemble de ses archives par Françoise Dolto, il n’en est rien en réalité. Les dossiers des consultations menées à l’hôpital Trousseau, les travaux scientifiques, les courriers reçus à l’occasion de l’émission de France Inter ou encore la collection des textes dits psychanalytiques constituent des séries documentaires quasi complètes, qui rendent encore plus béantes les lacunes. L’affiliation et la participation de Françoise Dolto aux différentes associations psychanalytiques sont peu documentées tout comme sa relation avec Jacques Lacan, dont la correspondance tient dans un volume très mince. Les séminaires qu’elle a tenus sur le thème de la psychanalyse d’enfants ont également laissé peu de traces manuscrites.

Enfin, il est à noter que de nombreux enregistrements sonores de conférences ou d’entretiens, principalement sur des cassettes audios, sont encore conservés dans les locaux de l’association Archives Documentation Françoise Dolto.

 

Les dossiers de consultation d’enfants

Pour les dossiers dits Trousseau, trois séries de dossiers issus des consultations à l'hôpital pour enfants Armand-Trousseau existent. La première série regroupe l'ensemble des dossiers individuels de 1954 à 1977 classés par ordre alphabétique. La deuxième série regroupe les dossiers individuels de 1939 à 1980 sélectionnés pour étude par Françoise Dolto et classés par date de début de cure. La troisième série, beaucoup plus réduite, est constituée par les dossiers individuels de 1943 à 1955 sélectionnés en vue d'une publication par Françoise Dolto elle-même ; ils sont également classés par date de début de cure.

Pour les dossiers des enfants issus de la pouponnière Paul-Manchon d’Antony, les dossiers sont classés par année de fin de cure puis par ordre alphabétique de 1978 à 1985. Pour les années 1987 et 1988, le classement originel lié à l’organisation des consultations au 21 rue Cujas dans le cadre du séminaire « relatif aux troubles précoces du nourrisson » (deux séances par mois par enfant à raison d’un vendredi sur deux) a été conservé.

Pour l’ensemble de ces dossiers, un relevé systématique des prénoms et des noms, des dates de naissance et des dates extrêmes des dossiers a été effectué. Ces dates extrêmes correspondent aux dates du premier document et du dernier document contenus dans les dossiers, et ne coïncident pas toujours avec les dates de cure à proprement parler. Certains dossiers comportent plusieurs sous-dossiers relatifs aux autres membres de la fratrie ayant fréquenté les consultations de Françoise Dolto.

Par ailleurs, les dessins d’enfants présentent des caractéristiques communes quelle que soit la série de dossiers individuels. La plupart du temps, ils sont attachés aux notes manuscrites de la séance correspondante (les épingles ont été remplacées par des agrafes et les trombones par des demies feuilles de papier neutre en guise de pochette). En général, les dessins portent le nom de l’enfant qui les a réalisés et sont datés de la séance pendant laquelle ils ont été effectués ou pendant laquelle ils ont été remis à Françoise Dolto (dessins parfois faits dans la salle d’attente, à l’école ou à la maison pendant la semaine d’intervalle entre deux séances). Certains dessins sont toutefois non identifiés. Les dessins de la main d’enfants jeunes ne sont pas nécessairement figuratifs tandis que ceux réalisés par des adolescents peuvent être aboutis et élaborés (figuratifs, coloriés ou peints).

 

Les dossiers d’analyse d’adultes

Françoise Dolto a détruit avant son décès l’ensemble de ses dossiers de patients. Seuls quelques-uns subsistent, peut-être parce qu’ils n’étaient pas rangés avec les autres. Ils ont été conservés à titre de dossiers témoins sans prétendre être représentatifs de sa pratique de psychanalyste d’adultes, activité qu’elle a exercé la majeure partie de son temps.

 

Les travaux scientifiques

Les travaux scientifiques sont composés des textes des conférences de Françoise Dolto, de ses articles et de ses ouvrages. Ils se présentent sous forme de notes manuscrites et de textes dactylographiés, en autant d’exemplaires qu’il existe de séries de corrections. Ces documents avaient été rassemblés et classés par grandes thématiques (« Inceste », « Pulsion de mort », « image inconsciente du corps » etc…) par la documentaliste de l’association. Afin de retracer le déroulement et l’évolution de la pensée de Françoise Dolto, il a été choisi de les reclasser dans l’ordre chronologique de parution. La filiation des documents a toutefois été respectée, notamment en ce qui concerne les ouvrages.

 

Les relations avec le milieu de la psychanalyse

Les affiliations successives de Françoise Dolto à des associations de psychanalystes et la part qu’elle y a prise sont très peu documentées dans ce fonds.

Trois boîtes de documents étaient initialement consacrées à l’école freudienne de Paris dont le contenu n’était distingué ni thématiquement ni chronologiquement. Des sous-dossiers thématiques ont été constitués et un classement chronologique fin des correspondances liées à la dissolution, avec mise en exergue des dates clés de la procédure, a été réalisé.

Par ailleurs, la collection de textes dits psychanalytiques est constituée de brochures, de tirés à part, d’extraits de revue ou des textes dactylographiés envoyés à Françoise Dolto par ses homologues. Certains documents comportent des dédicaces, d’autres des annotations, certains ont été envoyés pour information ou par courtoisie, d’autres expressément pour relecture et avis. Le classement par ordre alphabétique d’auteur a été maintenu et enrichi de pièces dispersées et retrouvées dans le reste du fonds.

 

La correspondance

Il s’agit des nombreuses lettres manuscrites ou dactylographiées reçues par Françoise Dolto et parfois écrites et envoyées par elle. Plusieurs collections parallèles existaient, pour les mêmes périodes et avec les mêmes scripteurs, constituées au gré des manipulations effectuées pour le travail d’édition. Par souci de cohérence, cette volumineuse correspondance a été reclassée par ordre alphabétique de correspondants puis, pour chacun d’eux, par ordre chronologique. Il s’agit ici de la correspondance « professionnelle », dont le contenu peut être toutefois personnel. La correspondance familiale et amicale d’ordre privé fera l’objet d’un classement ultérieur avec l’ensemble des archives familiales et personnelles.

Il est à noter que le classement de ces courriers conserve la trace du travail d'édition de cette correspondance, à savoir que :

- les courriers originaux reçus par Françoise Dolto ont quasi systématiquement fait l'objet d'une reproduction par photocopie qu'il a été choisi de conserver ici pour des raisons de lecture (le contraste noir et blanc de la photocopie facilite souvent la lecture du document),

- les courriers envoyés par Françoise Dolto ont été collectés, principalement sous forme de photocopies, parfois sous forme d'originaux, par l'association Archives-Documentation Françoise Dolto et l'éditeur Gallimard auprès des correspondants qui les avaient reçus et conservés ; il s'agit donc d'une collection factice constituée de façon posthume mais dont l'intérêt, indéniable, justifie sa conservation,

- les dossiers peuvent comporter également les lettres des correspondants contactés dans le cadre du travail d'édition ; la conservation de ces courriers, accompagnés parfois du formulaire d'autorisation de publication, explique que les dates extrêmes indiquées en regard des noms de correspondants soient très postérieures au décès de Françoise Dolto,

- les sous-chemises de préparation de l'édition, annotées par la documentaliste de l'association ou l'éditeur, ont été conservées lorsqu'elles portaient des mentions signifiantes.

 

L’émission de radio "Lorsque l’enfant paraît" sur France Inter

Ces dossiers contiennent les courriers des auditeurs (en grande majorité des auditrices), classés par semaine d’émission ; le nombre de ces courriers est estimé à environ 15 000. L’organisation initiale de ces dossiers a été respectée, à savoir un classement par saison de diffusion, puis par semaine et enfin par ordre chronologique d'enregistrement. Les numéros d'enregistrement attribués par le secrétariat de l’émission sont composés de la façon suivante : n° d'ordre du courrier/n°de la semaine/SA (par exemple le courrier enregistré sous le numéro 45/16/SA est le 45ème courrier enregistré lors de la 16ème semaine dite semaine A de l'émission).

Il s’agit de lettres manuscrites en forme personnelle, parfois de cartes de vœux ou de cartes postales, auxquelles sont éventuellement joints des dessins d’enfants, des poèmes ou des photographies. Les annotations de Françoise Dolto sont rares, en revanche les passages soulignés montrent une lecture attentive par Catherine Dolto, alors assistante de sa mère pour l’émission. Il existe parfois des réponses personnalisées à certaines lettres, sous forme de papier pelure dactylographié ou de brouillon manuscrit.

Certains courriers portent des inscriptions supplémentaires : soit un numéro à l’encre rouge en haut à gauche qui correspond à une numérotation attribuée par l’éditeur Gallimard lors de la sélection du courrier en 1995 en vue de l’édition du deuxième volume des correspondances, soit la lettre C à l’encre rouge indiquant l’envoi par le secrétariat d’une réponse type par lettre circulaire (d’où la lettre C). Enfin quelques courriers sont catalogués « inclassables » du fait de l’absence de date, de numéro chrono d’enregistrement, ou du fait d’un numéro d’enregistrement incomplet (numéro d’ordre du courrier mais pas de la semaine, par exemple).

Les dossiers hebdomadaires comprennent également la plupart du temps des listes manuscrites recensant et résumant les courriers dans l’ordre chronologique d’enregistrement. Les dossiers généraux relatifs au fonctionnement de l’émission comportent également des conducteurs ou résumés des émissions a posteriori (une fois l’enregistrement fait) ainsi que des listes numérotées des courriers (dactylographie des listes manuscrites contenues dans les dossiers hebdomadaires) et des bilans thématiques des courriers reçus, notamment pour les premières semaines d’émission.

 

Les revues de presse

Les revues de presse sont constituées de coupure de presse, de feuilles extraites de magazines ou de journaux ou de photocopies d’articles. Cette sélection d’articles a été effectuée par l’Argus de la Presse. L’organisation initiale de ces différentes revues de presse a été respectée et détaillée.

Il existe trois types de revues de presse :

- une revue de presse relative à la parution et à la réception critique des ouvrages publiés par Françoise Dolto de son vivant et à titre posthume, classée par ordre chronologique de date de première parution des ouvrages,

- une revue de presse chronologique par grande catégories de citation (simple citation du nom, citation d’une phrase, …),

- et une revue de presse thématique.

 

INTÉRET DU FONDS

Les archives de Françoise Dolto sont susceptibles d’intéresser les historiens, les historiens de la psychanalyse, les psychanalystes, les travailleurs sociaux ou les sociologues.

Le croisement de ces sources avec celles recensées en sources complémentaires devraient permettre de dresser un panorama, sinon complet du moins étendu, de l’état de la psychanalyse, infantile et adulte, dans la seconde moitié du XXe siècle et des débats que sa pratique et sa transmission suscitent.

Ces documents peuvent également alimenter des études d’ordre sociologique ou historique sur la condition féminine, la femme et la parentalité notamment grâce aux nombreux et abondants courriers reçus dans le cadre de l’émission radiophonique de France Inter à mettre en regard, par exemple, de ceux conservés dans le fonds Ménie Grégoire aux Archives départementales d’Indre-et-Loire.

Enfin, la richesse des dossiers individuels d’enfants vus en consultation est indéniable ; bien que très sensibles et difficiles d’accès, ces documents constituent une source rarissime sur la pratique clinique de la psychanalyse d’enfants.

Classification method

Le plan de classement reflète les différents types d’activités professionnelles de Françoise Dolto. La première partie est consacrée à sa pratique clinique, qui fonde ses travaux scientifiques, objet de la seconde partie. Les troisième et quatrième parties décrivent ses activités en faveur des institutions pour l’enfance et son engagement dans les sociétés de psychanalyse. La cinquième partie reflète la médiatisation de ses idées. Enfin, la sixième partie rassemble sa correspondance professionnelle.

Les archives personnelles et familiales constituent la dernière partie de ce plan de classement : il a en effet été décidé de classer ces documents dans un second temps en raison de leur traitement spécifique (principalement constitué de photographies et de courriers, ces documents nécessitent un traitement pièce à pièce) et de leur potentiel d’accroissement (des dons futurs sont susceptibles d’advenir).

Compte-tenu de l’aspect fragmentaire du fonds, lié à l’histoire de sa conservation, un classement fin a été effectué. Un répertoire numérique détaillé a ainsi été établi tandis qu’un conditionnement adapté, décliné au sous-dossier, a été réalisé.

Language of documents

Français

Institution responsible for intellectual access

Archives nationales de France

Creator history

N.B. : Les noms propres suivis d’un astérisque désigne les personnes pour lesquelles il existe une correspondance dans les archives.

 

1. ENFANCE, JEUNESSE, FORMATION ET VIE PRIVÉE

Une position centrale au sein de la fratrie

Françoise Marette est née le 6 novembre 1908 dans une famille catholique, monarchiste et traditionnelle de l’ouest parisien. Elle est la fille d’Henri Marette*, ingénieur polytechnicien, et de Suzanne Demmler*, issue d’une famille d’ingénieurs et d’industriels alsaciens (1).

Elle est la quatrième d'une fratrie de sept enfants, mais qui n’en a compté que six à la fois : le benjamin de la fratrie, Jacques*, naît en 1922, deux ans après le décès de la fille aînée, Jacqueline, survenu en 1920 à l’âge de dix-huit ans. Entre elle et sa sœur aînée, Françoise a deux frères, Pierre* et Jean*, nés respectivement en 1903 et 1906 ; entre elle et son plus jeune frère, elle a également deux frères, Philippe*, né en 1913, et André, né en 1915.

Son enfance est marquée par des deuils successifs. D’abord celui de sa nourrice irlandaise, à laquelle elle est arrachée à l’âge de six mois, ce qui lui provoque une double bronchopneumonie, dont elle guérit miraculeusement après toute une nuit passée dans les bras de sa mère qui la tient serrée contre elle (2). Ensuite, celui de son oncle maternel, Pierre Demmler*, mort au front en juillet 1916, dont elle devient la "fiancée" puis la "veuve de guerre" à l’âge de sept ans (3). Enfin, celui de sa sœur aînée Jacqueline, le premier enfant du couple et la fille préférée de sa mère. Cette dernière accuse Françoise, alors âgée de douze ans, de ne pas avoir prié assez fort pour sauver sa sœur atteinte d’un cancer des os. À la suite de ce décès, Suzanne Marette* sombre dans une forte dépression, dont la naissance de son dernier enfant ne la guérit pas. C’est Françoise qui s’occupe principalement de son plus jeune frère, avec lequel elle entretient des liens privilégiés toute sa vie (4).

 

Des dons d’observation acérés et une curiosité insatiable

Élevée de manière très traditionnelle, la petite Françoise, dite Vava, a cependant une institutrice personnelle formée à la méthode Fröbel (5). Mademoiselle, Elizabeth Weilandt* surnommée Mémé, fait quasiment partie de la famille : d’abord gouvernante de Geneviève Demmler, la jeune sœur de Suzanne Marette*, elle devient l’institutrice de tous les enfants de la fratrie.

Très tôt, Françoise décèle dans la petite société que forment les adultes qui l’entourent, les malentendus, les contresens et les non-dits, particulièrement envers les enfants. Elle développe alors ses dons d'observation et son acuité intuitive qui forgent son talent de psychanalyste. Dès l’âge de huit ans, elle souhaite devenir « médecin d'éducation », qu’elle décrit comme « un médecin qui sait que quand il y a des histoires dans l'éducation, ça fait des maladies aux enfants, qui ne sont pas des vraies maladies, mais qui font vraiment de l'embêtement dans les familles et compliquent la vie des enfants qui pourrait être si tranquille » (6).

Elle est aussi fascinée par ces êtres humains qui entrent en relation sans même qu’il y ait un fil entre eux : la découverte des ondes et de la communication sans fil lors d’une conférence d’Édouard Branly à laquelle son père l’emmène à l’âge de huit ans est pour elle une révélation. Elle se prend de passion pour les sciences, la technique, la télégraphie sans fil et la radio, qui lui donne une ouverture sur le monde auquel elle avait peu accès en restant à la maison ; elle est ainsi, déjà, à l’écoute des autres.

 

Une éducation de « jeune fille de bonne famille »

Pendant dix ans, de la dixième à la première incluse soit d’octobre 1914 à juillet 1923, Françoise Marette fréquente un cours privé, le cours Sainte-Clotilde, au 119, rue du Ranelagh, non loin de chez elle (7). Contre l’avis de sa mère qui ne la destine qu’au mariage, elle va ensuite en classe terminale, en section « philosophie », au lycée Molière (8), pour y préparer son baccalauréat. Elle en obtient la première partie en juin 1924 et la deuxième partie en juin 1925, alors qu’elle n’a pas encore atteint ses dix-sept ans. Malgré des résultats excellents (une mention « Bien », y compris pour son oral d’option libre où elle a choisi la psychanalyse comme matière hors programme), cette réussite marque l’arrêt momentané de ses études.

C’est ainsi, que de 1925 à 1929, elle prend des cours de céramique, de faïence, de moulage, de dessin, de tennis et qu’elle pratique la musique, notamment le violon, et l’écriture personnelle (9). Elle expose ses œuvres au 19e salon des artistes décorateurs qui se tient au Grand Palais du 8 mai au 10 juillet 1929 ainsi qu’au salon d’automne de la même année (10).

 

Des études scientifiques et médicales

En 1929, sa mère l'autorise enfin à entreprendre des études d'infirmière, espérant que cela la détourne de sa vocation de médecin. Françoise Marette entre alors à l’hôpital-école des infirmières de la Société de secours aux blessés militaires (SSBM) (11) et y obtient son diplôme l’année suivante, le 6 juin 1930. Elle dit de cette expérience qu’elle lui a été très profitable : constater les manifestations corporelles des maladies et prodiguer des soins matériels aux patients lui a permis de comprendre la souffrance. Cette expérience renforce surtout son intention de devenir médecin et lui permet également d’en financer les études. C’est ainsi qu’elle s’inscrit en 1931 avec son jeune frère Philippe, de quatre ans et demi son cadet mais chargé de la chaperonner, au certificat d’études de sciences physiques, chimiques et naturelles (P.C.N.), année préparatoire aux études de médecine qu’elle entame en 1932. Elle étudie alors l’anatomie et la climato-hydrologie, elle suit les cours de médecine légale et de médecine légale psychiatrique en 1934 et elle assiste à ses premières conférences de pédiatrie en 1935 avant d’étudier la psychiatrie au cours de l’année universitaire 1936-1937.

En plus des cours théoriques qu’elle suit à l’université de 1932 à 1937, Françoise Marette effectue des stages en hôpital et tout d’abord à l’hôpital Bretonneau (12) dans le service du professeur Leveuf, du 1er mai 1935 au 30 avril 1936. C’est au cours de ce stage qu’elle assure le remplacement d'une interne, du 14 décembre 1935 au 28 février 1936, dans le service du docteur Henri Beaudouin (13) à l’hôpital Maison-Blanche (14). Les conditions d’exercice d’alors en psychiatrie d’adulte – une interne pour mille deux cents patientes (15) - la dissuade de se présenter au concours de l’internat. C’est pourquoi, dès le 5 mai 1936 et jusqu’au 30 avril 1937, elle réalise un stage d’externat chez Georges Heuyer (16) à l’hôpital Vaugirard (17), où elle est formée à la psychanalyse infantile par Sophie Morgenstern (18). Cette dernière est considérée comme la première psychanalyste d’enfant en France ; elle demande à Françoise Marette de se contenter d’écouter les enfants sans leur administrer de soins (19), et, la trouvant talentueuse, l’encourage à se lancer dans l’analyse des enfants (20) au point de la recommander à Edouard Pichon, le président de la Société psychanalytique de Paris. C’est ainsi qu’après avoir réalisé son troisième stage à l’hôpital des Enfants-Malades (21) avec le docteur Darre, du 1er mai 1937 au 1er janvier 1938, Françoise retourne à l’hôpital Bretonneau en 1938 sur la proposition du docteur Edouard Pichon*.

En effet, celui-ci y recherche un jeune psychanalyste pour seconder son assistante, Odette Codet, à sa consultation en psychothérapie. C’est avec lui que Françoise entreprend une thèse qu’elle soutient le 11 juillet 1939 et qui s’intitule Psychanalyse et pédiatrie, dans laquelle elle expose la plupart des fondements de sa méthode analytique pour les enfants, comme le fait de leur parler directement et de leur dire la vérité sur leur vécu. Cette thèse, sous-titrée Le complexe de castration. Étude générale. Cas cliniques est publiée à compte d’auteur en 1939 et 1940 chez l’éditeur parisien Amédée Legrand et diffusée assez largement par Françoise Marette elle-même dans le milieu universitaire et médical ou familial (22).

 

Un désir d’émancipation

Ce désir de « se prendre en main » se manifeste particulièrement à deux reprises. En octobre 1931, flirtant avec l’obésité - elle atteint alors les soixante-quinze kilos – elle décide d’entamer une cure d’amaigrissement. Elle en consigne les menus et les incidences physiologiques dans de tout petits agendas, qui la voient perdre au fil des pages jusqu’en février 1932 plus d’une quinzaine de kilos.

En 1934, après une rupture de fiançailles (23), elle recommence une cure de délestage mais cette fois-ci d’ordre psychique et qu’elle consigne de la même façon dans des carnets journaliers. Il s’agit de la cure psychanalytique qu’elle engage avec René Laforgue*, alors un des rares psychanalystes sur la place de Paris, sur les conseils de Marc Schlumberger*, camarade de médecine. Du 17 février 1934 au 12 mars 1937, elle suit une analyse, tout comme son frère Philippe* un an auparavant, pour se débarrasser du poids de son éducation. Elle appartient bientôt au « club des piqués », dont Philippe, petit groupe formé par les analysants de Laforgue, qui le suivent l’été jusque dans sa maison en Provence, où les séances d’analyse alternent avec des activités plus traditionnelles de vacanciers. Elle y noue des amitiés durables, comme celle avec le ténébreux Alain Cuny, dont les échanges épistolaires sont parmi les plus fournis de sa volumineuse correspondance. René Laforgue, détectant ses aptitudes d’écoute et d’analyse, l’encourage à devenir elle-même psychanalyste, projet qu’elle écarte dans un premier temps.

 

Une vie de femme

Entre mars et décembre 1941, Françoise Marette participe à des séances collectives de « rêve éveillé dirigé » chez Lucie et Robert Desoille*, qui en est à la fois le théoricien et le praticien confirmé. Elle y rencontre puis fréquente un médecin d’origine russe, Boris Dolto (24). Né en 1899 à Simféropol, arrivé en France en 1923, naturalisé en 1929, Boris Ivanovitch Dolto est un rhumatologue réputé, auteur d'une nouvelle méthode de kinésithérapie en France et fondateur de l’Ecole Française d'Orthopédie et de Massage (EFOM).

Doté d'un esprit aussi novateur et ouvert que Françoise, il partage avec elle un intérêt prononcé pour les liens entre le corps et le psychisme ; le couple s’enthousiasme mutuellement pour les travaux et découvertes de l’un et de l’autre au fil de discussions et de réflexions communes passionnantes.

Le samedi 7 février 1942, à dix heures et demie, ils se marient à la mairie du 5ème arrondissement ; la cérémonie religieuse, quant à elle, a lieu le jeudi 12 février à l’église orthodoxe uniate, dite église catholique russe, square Henry-Paté, où la cérémonie est célébrée par le père Christophe Jean Dumont*, prêtre dominicain. Au début du mois d’août 1942, Françoise Dolto quitte son logement et cabinet du 13 square Henry-Paté et emménage avec son mari dans un appartement en location au 260 rue Saint-Jacques.

Trois enfants naissent rapidement de cette union : Jean [Yvan]-Chrysostome en février 1943, Grégoire en novembre 1944 et Catherine en août 1946 (25).

 

2. FRANCOISE DOLTO CLINICIENNE

 

Ses débuts en tant que médecin

Dès le 1er septembre 1939, Françoise Marette développe à son domicile, 13 square Henry-Paté, une pratique libérale de médecin qui devient rapidement une pratique de psychanalyste. Parallèlement, elle fait fonction d’interne en réalisant des remplacements à l’hôpital des Enfants-Malades, où elle assure également des gardes de nuit « pour mettre du beurre dans les épinards ».

En 1940, le professeur Pichon meurt d’un rhumatisme articulaire aigu en ayant pris soin, au préalable, d’adresser ses internes au professeur Cathala, à l’hôpital Armand-Trousseau (26), situé dans le 12ème arrondissement de Paris. Françoise Marette suit les internes, bien qu’elle ait renoncé à l’internat en psychiatrie à la suite de son expérience malheureuse de Maison-Blanche. C’est ainsi que dès septembre 1940, elle inaugure de façon expérimentale, au sein du service de neuro-psychiatrie de l’hôpital, une consultation pour enfants dits psychotiques.

Parallèlement, elle a le titre de médecin neuro-psychiatre de l’Office public d’hygiène sociale du département de la Seine, pour le compte duquel elle prend en charge des consultations au dispensaire d’Asnières, qui prennent fin en avril 1944 faute d’assistante de psychologie disponible.

 

L’expérience de la recherche scientifique

En décembre 1942, Françoise Marette, devenue Françoise Dolto depuis son mariage avec Boris Dolto en février de la même année, est appelée à faire partie de l'équipe de psycho-biologie et d’hygiène mentale du Centre de la mère et de l'enfant conçu par la Fondation française pour l’étude des problèmes humains (FFEPH). Créée par la loi du 17 novembre 1941 sous l’égide d’Alexis Carrel et soutenue financièrement par le régime de Vichy, cette fondation a pour mission d’étudier les moyens de préserver et d’améliorer le développement de la population française et de promouvoir les sciences de l’homme (27). Cette institution, qui compte jusqu’à deux cent cinquante chercheurs, traverse une crise dès 1943 avec le départ de son secrétaire général ; ses activités sont suspendues le 21 juin 1944 et en partie reprises par deux institutions en sciences sociales : l’Institut national des études démographiques (INED), créé en 1945 et dirigé par Alfred Sauvy, et l’Institut national d’hygiène (28) créé en 1941 et dont la présidence est assurée à partir de 1946 par le médecin Robert Debré. Aucun des textes autobiographiques de Françoise Dolto n'évoque cet épisode de sa carrière : on ignore la date à partir de laquelle elle a cessé d’y travailler et il semble que le projet de recherche n’ait ni abouti ni même été opératoire (29).

Les consultations psychanalytiques pour enfants

Après la guerre, elle exerce quasi exclusivement en tant que psychanalyste pour adultes à son domicile du 260 rue Saint-Jacques tandis que son activité à destination des enfants se diversifie dans des lieux multiples. En plus des consultations à Trousseau et de celles qu’elle assure à la polyclinique Ney (30) à la demande de Jenny Aubry* pendant les années 1950-1953, elle exerce successivement au sein de deux centres médico-psycho-pédagogiques : celui de Claude-Bernard de 1946 à 1950, et celui de l’association Étienne-Marcel de 1962 à 1985. Enfin, à partir de 1975, elle reçoit en séance des enfants issus de l’aide sociale à l’enfance et pris en charge par la pouponnière Paul-Manchon à Antony dans les Hauts-de-Seine (31).

 

Les consultations à l’hôpital Trousseau

Ce sont néanmoins les consultations à l’hôpital Trousseau qui restent les plus emblématiques de sa pratique à plus d’un titre (32). Menées pendant près de quarante ans, de 1940 à 1978 (33), gratuitement et à titre bénévole, ce travail de psychanalyse avec les tout-petits, y compris les nourrissons, lui tient d’autant plus à cœur qu’elle considère comme essentiel d’intervenir dès le plus jeune âge pour prévenir des troubles d’ordre psychique. Si elle met fin à ses consultations à l’hôpital Trousseau en décembre 1978, c’est à l’occasion du départ de son assistante Mme Arlette, dont elle n’imagine pas pouvoir se passer. Elle poursuit cependant ses consultations pour les enfants de la pouponnière Paul-Manchon jusqu’à la fin du mois de juillet 1988.

Dans le cadre de cet exercice, elle utilise des techniques mises en place par d’autres psychanalystes pour enfants avant elle, comme le dessin et le façonnage de pâte à modeler, et met au point deux nouveaux outils : la poupée-fleur et le paiement symbolique.

L’équipement de Françoise Dolto est simple : passée au fil des ans d’un simple cagibi à un véritable bureau, « on voit sur la table une poupée-fleur, un biberon, de la pâte à modeler, des crayons et des feuilles » (34).

Le dessin d’enfant

L'analyse d'enfants requiert l'écoute d'un langage qui n'est pas toujours verbal, d’autant plus si l’enfant est mutique ou très jeune, c’est-à-dire un tout-petit ne maîtrisant pas encore le langage articulé. Pour comprendre un enfant, il faut donc lui faire représenter ce qu'il a à dire par des dessins ou des modelages.

En faisant dessiner les enfants qu’elle reçoit en consultation, Françoise Dolto n’innove pas même si « [elle] a produit un énorme travail sur le dessin d’enfant, qui reste une référence incontournable » (35).

Elle s’inscrit en effet dans une lignée de psychanalystes ayant développé ce medium depuis Sigmund Freud lui-même, qui évoque dès 1908 le cas d’un dessin réalisé par un enfant pendant sa cure (cas du petit Hans). Ce sont ensuite Anna Freud et Mélanie Klein qui généralisent l’usage du dessin pour les enfants en cure psychanalytique. Pour la première, il est un matériau médiateur par défaut, « faute de mieux », l’enfant relatant peu ses rêves ou faisant rarement d’associations verbales ; pour la seconde, il est associé à des techniques de jeu comme le modelage, le découpage ou l’utilisation de l’eau ; il est plus spécifiquement adapté aux enfants ayant des relations aux objets de type narcissique : le dessin devient ainsi lieu d’expression des fantasmes et donc source d’interprétation comme les rêves. Mais Françoise Dolto est surtout l’héritière de Sophie Morgenstern, qu’elle côtoie dans le service du professeur Georges Heuyer à l’hôpital Vaugirard. C’est en effet cette dernière qui introduit en France la technique du dessin dans les cures analytiques d’enfant en publiant en 1927 en essai relatant la cure d’un enfant mutique pour lequel le dessin est le moyen d’expression essentiel.

Pour Françoise Dolto, le dessin est le mode de contact privilégié avec l’enfant, qui n’y projette pas seulement ses émotions ou ses fantasmes et désirs inconscients mais représente aussi, et surtout, sa propre image de lui-même, « cette image inconsciente du corps », théorie qu’elle développe tout au long de ces réflexions analytiques.

La poupée-fleur

Muriel Djéribi-Valentin* décrit ainsi l’invention de la poupée-fleur (36) :

« On pourrait croire ainsi que Françoise Dolto a eu l'idée de cette poupée-fleur lorsqu'elle était enfant. En réalité, elle la conçoit en 1946, au cours d'une consultation où sont venues à sa rencontre Bernadette, une petite fille anorexique de 5 ans et demi, et sa mère. Celle-ci se plaint de ce que sa fille n'aime ni les poupées animales ni les poupées humaines. Accablée par la haine envers elle-même qu'elle ressent chez cette petite fille profondément paranoïaque, Dolto lui propose : « Et pourquoi pas une poupée-fleur ?» Aussitôt, elle donne à la mère les indications pour la fabriquer, devant Bernadette, qui saute de joie à cette idée. Recouverte de tissu vert, cette poupée n'a ni devant ni derrière, ni mains ni pieds, et figure la seule forme humaine, la stature droite que l'enfant peut tenir en main. Le volume figurant la tête est juste surmonté d'une corolle blanche de marguerite. Autrement dit, tout comme une interprétation, cette poupée a été conçue entre les différents protagonistes de la scène analytique. »

D’abord fabriquée à l’usage d’une patiente en particulier (Bernadette, reçue à son cabinet privé), la poupée-fleur est réutilisée un an plus tard pour une autre patiente (Nicole, reçue à l’hôpital Trousseau) sur laquelle elle opère les mêmes effets. Françoise Dolto va continuer à proposer cet objet dans ses thérapies d’enfants, demandant même à une de ses patientes adultes, professeur de dessin et confectionneuse de poupée à l’occasion, de lui en fabriquer plusieurs exemplaires au motif que certaines mères d’enfants « anormaux » ne sont pas capables de les coudre elles-mêmes. Devant la réaction de cette dernière, Françoise Dolto constate que cet objet peut aussi avoir son utilité avec des adultes.

« La poupée-fleur semble être alors un objet médiateur […] [En effet] [l]a représentation plastique figurée d’une créature végétale, tenant de la forme humaine par son corps et de la forme florale par sa tête, sans qu’il y ait visage, ni mains, ni pieds, permettrait à l’enfant, et en général à tout être humain, la projection d’émois instinctuels restés fixés au stade oral de l’évolution de la libido, fixés là du fait que l’histoire vécue du sujet a bloqué l’évolution précisément à ce stade ou l’y a fait régresser. […] Enfin, l’utilisation des poupées-fleurs peut être d’un grand secours en psychothérapie analytique comme au début d’une psychanalyse classique, pour faire saisir sur le vif au sujet, par sa propre expérience immédiatement vécue, ce que sont les phénomènes de projection, d’identification et de transfert » (37).

Le paiement symbolique

Ce paiement peut être représenté par un caillou, un ticket de métro usagé, une bille ou encore un faux timbre dessiné sur un petit carré de papier.

Françoise Dolto met cette innovation technique en place pour établir un parallèle avec les paiements des séances de la cure psychanalytique par les adultes. Il s’agit ainsi de s’assurer du consentement de l’enfant à sa propre thérapie, en toute autonomie par rapport aux adultes qui l’accompagnent. Si l’enfant n’amène pas son objet symbolique en paiement, c’est qu’il ne désire pas réaliser la cure. Françoise Dolto peut ainsi faire la distinction entre l’agressivité de l’enfant émise à son égard pendant le transfert et l’opposition manifestée contre la psychothérapie. D’autre part, elle considère qu’un psychanalyste n’a pas à être au service d’une personne, même d’un enfant, sans être payé (38). Elle dit de cette expérience : « Ce qui m’intéressait, c’est que les enfants croient que j’étais payée et que je fasse payer les enfants : ça suffisait » (39).

Les consultations pour enfants comme lieu de la transmission psychanalytique

Par ailleurs, ces consultations psychanalytiques sont publiques, c’est-à-dire ouvertes à des psychanalystes en formation ; d’abord des collègues de l’hôpital puis, à partir de 1955, des professionnels extérieurs. Ces derniers participent pleinement au déroulement de la séance en formant un groupe actif auquel l'enfant peut s'adresser. Ils peuvent également prendre des notes et consigner ainsi les faits et dires de l’enfant et les questions et réactions de Françoise Dolto. Bien que celle-ci soit très attachée à ce mode de transmission, clinique et théorique à la fois et pour le moins original, elle ne considère pas qu’elle fait école ni que ces psychanalystes en formation sont ses élèves. Elle sollicite cependant leurs témoignages au printemps 1978, afin de préparer une table ronde relative à la transmission psychanalytique dans le cadre du XIe congrès de l’École freudienne de Paris, qui se tient du 6 au 9 juillet 1978.

Dans son ouvrage Au jeu du désir (40), elle décrit le dispositif comme suit :

« Je rappelle qu’à l’hôpital ces séances à ma consultation se passent devant un public constitué exclusivement, à part la surveillante, par quelques psychanalystes. L’enfant est assis à la même table, carrée, que moi, non pas en face, mais à ma gauche, sur le côté de la table perpendiculaire au mien. Derrière mon dos, un mur. Derrière l’enfant, personne. Face à l’enfant, une fenêtre. Sous la fenêtre, à ma droite et face à elle, donc, quatre ou cinq personnes en blouse blanche comme moi. Dans la pièce circule l’infirmière.

Les parents qui accompagnent l’enfant sont à côté de l’enfant, sur des chaises, à sa droite et à ma gauche, pendant la première partie de chaque visite. Pendant la seconde partie, l’enfant reste seul avec moi et les assistants qui n’ont qu’un rôle de présence muette. Il arrive souvent que les enfants, en arrivant et en partant, aillent dire bonjour et au revoir à tous. Dans l’ensemble et à part cas exceptionnels, l’assistance est confondue avec moi-même en une même coloration transférentielle. Seule l’infirmière qui entre, va et vient, très discrète, à travers les salles d’attente et de consultation, se voit attribuer une valeur un peu différente ».

 

Les consultations pour la pouponnière Paul-Manchon d’Antony

La pouponnière Paul-Manchon d’Antony est un foyer départemental d’aide social à l’enfance, qui accueille dès 1911 des enfants en provenance de l’hospice dépositaire des Enfants-Assistés qu’il doit désengorger. A partir de 1926, cet établissement annexe situé à Antony se spécialise dans la prise en charge des enfants de moins de trois ans ; en 1946, il devient la pouponnière Paul-Manchon, dont il garde le nom et les fonctions jusqu’à sa fermeture en 2000. Ce lieu accueille aussi bien des enfants abandonnés ou nés sous X en attente de placement familial ou d’adoption que des enfants en placement provisoire dont les parents en difficultés sont sans logement, sans ressources ou défaillants en matière d’éducation (41).

La pouponnière accueille l’ensemble des enfants qui lui sont confiés dans le respect de leurs droits mais aussi en conscience de leur souffrance ; c’est dans cet esprit que la directrice de l’établissement ainsi que la psychiatre et la psychologue qui y travaillent se sont rapprochées de Françoise Dolto depuis la fin des années 1960, jusqu’à lui demander à partir de 1975 de prendre en consultation certains des enfants (42).

Ces consultations ont d’abord lieu à l’hôpital Trousseau jusqu’en 1978, puis au CMPP Etienne-Marcel jusqu’en 1985 et enfin au 21 rue Cujas, dans l’ancien cabinet de kinésithérapie de son défunt mari. A partir de 1986, elles sont ouvertes tous les vendredis à des analystes en formation dans le cadre d’un séminaire de contrôle collectif sur les troubles relationnels précoces du nourrisson. Françoise Dolto organise ainsi sa succession et assure la transmission d’une activité qui lui tient tellement à cœur qu’elle la mène jusqu’au dernier moment avant sa mort (43).

Les séminaires sur la psychanalyse d’enfants

Cette pratique clinique développée lors des consultations d’enfants donne lieu également à deux types de séminaires : les séminaires de supervision ou de contrôle collectif et les séminaires sur la psychanalyse des enfants en général et sur l’usage et l’interprétation des dessins d’enfants en particulier.

Les premiers s’adressent à des psychanalystes en formation qui y posent alors des questions variées auxquelles Françoise Dolto répond en effectuant des comparaisons avec les cas de figure qu’elle a elle-même rencontrés au cours de sa carrière. Pour elle, le rôle du psychanalyste est d’amener les enfants à s'exprimer pour poursuivre la cure tant qu’elle est nécessaire tout en respectant la relation de l'enfant avec ses parents, la cure étant aussi éprouvante pour eux. L’essentiel n’est pas nécessairement de comprendre l’enfant mais de l’aider à aller mieux. Ces séminaires ont lieu à partir de 1978 au 21 rue Cujas ; ils se déroulent tous les premiers et troisièmes mardis du mois et sur des thèmes différents chaque année. A partir de 1986, viennent se rajouter les séminaires liés à l’étude des troubles relationnels précoces les vendredis. Les psychanalystes postulent à ces séances d’une année sur l’autre, le nombre de places étant limité. Les réflexions échangées au cours de ces séances de travail ont été publiées en trois volumes, respectivement en 1982, 1985 et 1988 (44).

Les seconds types de séminaires se déroulent en général à l’Institut océanographique (45) et attirent de plus en plus de monde au fil des années 1960 et 1970, jusqu’à atteindre quatre cents à cinq cents auditeurs les dernières années. De nombreux professionnels, médecins, pédiatres, psychologues, enseignants, puéricultrices ou éducateurs de jeunes enfants y assistent. Il s’agit de conférences sur la psychanalyse d’enfants et notamment sur l’usage du dessin pendant les séances de cure ; ces séminaires n’ont pas donné lieu à des publications, selon la volonté de Françoise Dolto de ne pas vulgariser dangereusement les notions liées aux dessins d’enfants en cure psychanalytique.

 

3. FRANCOISE DOLTO, « PSYCHANALYSTE DANS LA CITE » (46) OU LES RELATIONS AVEC LES INSTITUTIONS POUR L’ENFANCE

 

Citoyenne et engagée, Françoise Dolto souhaite mettre en œuvre concrètement les théories qu’elle a élaborées à partir de sa pratique clinique de médecin et de psychanalyste, qu’elle veut ancrer dans la réalité sociale et culturelle de son époque. Cet engagement reflète son souci constant de faire un travail de prévention et prend plusieurs formes : la participation à la mise en place de centres médico-psycho-pédagogiques, la fondation d’une école particulière, la création d’un lieu d’accueil original pour tous les tout-petits ou encore la prise en compte, sur un mode associatif, des enfants sourds et malentendants.

Aujourd’hui encore, le nom de Françoise Dolto reste attaché à ces notions de pédagogie, de communication et d’ouverture et a été choisi par de nombreux établissements, telles des crèches, des écoles maternelles, des centres aérés ou des collèges (47).

 

Les centres médico-psycho-pédagogiques Claude Bernard et Étienne Marcel

Créé en 1946, le centre psychopédagogique de l’Académie de Paris (48) est placé sous le double parrainage des ministères de la Santé et de l’Education nationale. Sa première implantation a lieu au sein du 16e arrondissement de Paris dans les locaux du lycée Claude Bernard, qui lui donne bientôt son nom. Né dans le climat de reconstruction générale de l’immédiat après-guerre, porté financièrement par la toute nouvelle Sécurité sociale, cet établissement d’un genre nouveau bénéficie de la mise à disposition d’enseignants ainsi que d’une approche pluridisciplinaire favorisée par l’apport des sciences humaines à la pédagogie et l’adaptation des théories psychanalytiques aux traitements des enfants et des adolescents.

Il est donc naturel de retrouver Françoise Dolto parmi ses fondateurs, au nombre desquels on compte d’autres psychiatres et psychanalystes de renom tels Didier Anzieu*, André Berge*, René Diatkine*, Jean-Bertrand Pontalis*, Georges Mauco* ou encore Juliette Favez-Boutonier*.

Si dans un premier temps, il s’agissait de comprendre, pour mieux les traiter, les symptômes d’inadaptation et les désordres mentaux des jeunes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, ces établissements, dénommés centres médico-psycho-pédagogiques à partir de 1963, ont, depuis, vocation à prendre en charge des adolescents atteints de maladies psychiatriques graves. Les activités thérapeutiques y sont organisées sans séparer les jeunes de l’école ni de leur famille et les approches qui les sous-tendent suivent les progrès de la psychiatrie infanto-juvénile.

C’est le cas du centre Etienne Marcel, association reconnue d’identité publique, dont le centre médico-psycho-pédagogique homonyme est doublé d’un hôpital de jour (49).

Conçu à la fin des années 1950 et ouvert en 1961, le centre Etienne Marcel est « un lieu de clinique et de culture psychanalytique diverse où des professionnels de différentes écoles ont expérimenté le traitement psychanalytique appliqué aux enfants et aux adolescents » (50). C’est ainsi que le définit Thérèse Tremblais-Dupré*, co-fondatrice du centre avec Françoise Dolto et Bernard This*, qui en est le directeur jusqu’en 1994. Françoise Dolto y donne régulièrement des consultations de 1962 à 1985, et c’est avec l’équipe du centre qu’elle élabore à la fin des années 1970 le projet de ce qui devient la Maison verte.

 

L’école de la Neuville

Fondée par Fabienne d'Ortoli*, Michel Amram* et Pascal Lemaître, l'école de la Neuville est un internat ouvert en novembre 1973. Cet établissement est doté d’un projet pédagogique original qui s'inspire du mouvement de la pédagogie institutionnelle (51). La scolarité y est mise en œuvre les matins au sein de trois classes multi-âges, allant de la primaire au collège, tandis que les après-midis sont consacrés à des activités variées d’ordre sportif, ludique, artistique ou manuel, parfois au service du fonctionnement quotidien de l'école, comme l'atelier cuisine par exemple.

Contactés à la fin de l’année 1973, Fernand Oury et Françoise Dolto en deviennent le parrain et la marraine et posent les bases du groupe d’action pédagogique (GAP), constitutif du fonctionnement de l’école. Françoise Dolto prodigue ses conseils et adresse à cette école des enfants qu’elle suit en thérapie. Elle participe ensuite régulièrement à des rencontres avec les fondateurs et les animateurs pour des séances de supervision, dites de « contrôles pédagogiques ». Son influence sur cette école a donné lieu à plusieurs publications (52).

Implantée dans un premier temps dans une maison à la campagne à La Neuville-du-Bosc, dans l'Eure en Normandie, l’école est transférée à Chalmaison en Seine-et-Marne, au château de Tachy, en 1982, où elle continue d’accueillir une quarantaine d’élèves (53).

 

L’école des Tournelles

De la même manière que pour La Neuville, Françoise Dolto inspire et devient la marraine de l’institut de rééducation « Les Tournelles ». Cet ancien institut médico-pédagogique, fondé en 1956 par une association de type loi 1901 pour recevoir des enfants déficients intellectuels, s’installe en 1977 dans un château du XIXe siècle en Seine-et-Marne. Une orientation nouvelle est alors choisie par un conseil d’administration renouvelé, composé en partie de magistrats et de fonctionnaires. Il s’agit de prendre en charge des enfants caractériels d’intelligence égale ou supérieure à la moyenne : cinquante garçons âgés de 7 à 17 ans présentant des troubles du comportement, déclarés socialement inadaptés, délinquants pour la plupart, sont ainsi accueillis. Le cadre se veut structurant et humanisant pour des enfants et adolescents ayant souffert de l’absence de repères. Les jeunes sont scolarisés en interne comme en externe, les liens familiaux sont préservés (les enfants rentrent tous les week-ends dans leur famille), les parents sont représentés au conseil d’établissement et tenus d’être présents aux réunions de synthèse concernant leur enfant. Chaque règle édictée a une justification pédagogique et les éducateurs, que Françoise Dolto contribue à former les premières années, ne doivent pas se substituer aux parents. L’établissement bénéficie d’une triple reconnaissance : une habilitation du ministère de la justice, un agrément de l’aide sociale à l’enfance (dépendant du conseil général) et enfin un conventionnement avec la sécurité sociale.

D’abord critiqué dans les années 1980 pour son choix « d’une thérapie par le luxe », le directeur Robert Mégel est mis en cause, ainsi qu’une partie de l’équipe pédagogique, à partir de 1997 pour des faits de violences sexuelles sur des pensionnaires mineurs. L’établissement ferme ses portes en 1999 ; les locaux sont repris par la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales qui y créé un centre d’accueil pour demandeurs d’asile (54).

 

La Maison verte

Le 6 janvier 1979, Françoise Dolto fonde un lieu dédié à « la parentalité et à la petite enfance » avec cinq psychanalystes et éducateurs (Pierre Benoit*, Colette Langignon*, Marie-Hélène Malandrin*, Marie-Noëlle Rebois et Bernard This*), à Paris, dans le 15e arrondissement, dans une boutique qui donne sur la place Saint-Charles, une petite place de quartier. Ouverte les après-midis, cette maison trouve son emplacement définitif au 13 rue Meilhac, dans le même arrondissement, à partir du mois de juin 1981.

Organisée en association loi 1901 et financée par des fonds publics divers (55), la « maison verte », selon un nom choisi par les enfants eux-mêmes, n’est ni une crèche, ni une halte-garderie ni un lieu de soins. Il s’agit d’un lieu d’accueil ouvert à tous, dans la sécurité offerte par l’anonymat, puisque seul le prénom de l’enfant est demandé et inscrit au tableau, avec pour objectif principal la socialisation précoce du tout-petit (de la naissance à trois ans). Accompagné de ses parents ou d’un adulte tutélaire, l’enfant y apprend les interdits structurants au contact des autres enfants et adultes et se prépare ainsi avec ses parents à la séparation au moment de l'entrée à la crèche ou à l'école.

Pour Françoise Dolto, « cette relation précoce interhumaine, corporelle, affective et verbale, est une prévention formidable de souffrances "inutiles" » (56).

Ce projet expérimental prouve son efficacité au point que Françoise Dolto se voit attribuer le prix de la fondation Lego pour cette innovation en 1987. Dans un courrier du 6 décembre, elle remercie le président de cette fondation en lui détaillant la façon dont elle envisage d’utiliser l’argent : « Je compte consacrer la moitié du prix à la Maison verte. Quant à l’autre moitié, c’est pour un projet sur le point d’aboutir […] » (57).

La Maison verte est devenue une institution reconnue aujourd’hui au point que son modèle a essaimé sous des vocables divers en France (la Maisonnée à Strasbourg), en Europe (Maison ouverte à Bruxelles) et dans le monde entier jusqu’en Amérique latine (Casa Verde à Buenos Aires) ou au Canada. Il ne s’agit pourtant ni d’un label ni d’une franchise, chaque établissement adoptant des règles différentes.

 

L’association pour l’enfance communicante Arc-en-Ciel (AEC)

Le combat mené par Françoise Dolto pour le développement de l'apprentissage précoce de la langue des signes par les enfants sourds et malentendants est mal connu. Pourtant, son intérêt pour ces enfants est ancien et remonte à son installation au 260 rue Saint-Jacques en août 1942 : les fenêtres de son bureau offrent une vue plongeante sur la cour de l’école maternelle de l’Institut national des Jeunes Sourds (INJS). Elle les observe souvent et dit d’eux qu’ils se comportent en récréation comme les enfants ordinaires, qu’« ils poussent des cris de joie en sortant de classe » (58).

L’établissement est effectivement sis au 254 de la rue Saint-Jacques depuis son installation dans le petit séminaire des oratoriens de Saint-Magloire en avril 1794. Créé sous la Constituante par la loi du 21 et 29 juillet 1791, l'institution des sourds de naissance devient alors l’institut des sourds-muets avec pour finalité la poursuite de l'œuvre philanthropique de l'abbé Charles-Michel de l'Epée (1712-1789), premier "instituteur gratuit des sourds et muets", dont une rue voisine porte le nom. L’INJS est devenu depuis un établissement public d’enseignement spécialisé placé sous la tutelle du ministère des Affaires sociales et de la Santé. Il accueille des jeunes sourds de 3 ans à 20 ans en proposant différents modes de scolarisation, de la maternelle aux formations post-bacs en passant par des filières de lycée professionnel (59).

Compte-tenu de son statut d’établissement scolaire, l’INJS ne peut officiellement accueillir les enfants de moins de trois ans, dont il pense pourtant qu’une socialisation et une sensibilisation précoce à la langue des signes est nécessaire. Françoise Dolto s’implique d’abord dans un cartel au sein de l’école freudienne de Paris (EFP) relatif à la surdité auquel participent des enseignants de l’INJS, des initiateurs de la pédagogie institutionnelle ou des psychologues et psychanalystes. A la dissolution de l’EFP en 1980, ce cartel devient un groupe de travail, qui se réunit une fois par mois le samedi après-midi au domicile de Françoise Dolto. Les discussions aboutissent à la création d’une association en 1983, appelée Communication précoce des entendants et non-entendants (CPENE) avant de prendre le nom d’Association enfance communicante (AEC) en 1985 (60).

Cette association a trois objectifs principaux : accompagner les parents d’enfants sourds, favoriser l’apprentissage de la langue des signes et accueillir les tout-petits, sourds et malentendants. Françoise Dolto œuvre donc à la création d’un tel espace d’accueil, conçu sur le modèle de la Maison verte : des financements sont sollicités auprès de la Fondation de France en 1986 et l’INJS met des locaux à disposition via une convention signée en 1987. La Maison Arc-en-Ciel ouvre ses portes en 1988, après le décès de Françoise Dolto, et pour trois ans seulement, le succès n’étant pas au rendez-vous.

Cet exemple illustre l’engagement social de Françoise Dolto, qui apporte ici sa caution scientifique et met sa notoriété à profit pour faire éclore ce projet.

 

4. FRANCOISE DOLTO ET LES COMMUNAUTÉS PSYCHANALYTIQUES

 

Une analyste en formation

Du 17 février 1934 au 12 mars 1937, Françoise Marette suit une cure psychanalytique sur le conseil de Marc Schlumberger, camarade de médecine, et à la suite de son jeune frère Philippe, atteint lui-même d’une vague de dépression. Elle s’adresse à René Laforgue, un des rares psychanalystes à Paris. Le début de sa cure est financé par ses parents, qui lui coupent les vivres au bout d’an an. Tentée alors d’arrêter, d’autant qu’elle se sent déjà mieux, Françoise Marette continue cependant pendant deux ans sur l’insistance de Laforgue qui lui permet de financer ses séances elle-même en en baissant le prix. En effet, René Laforgue lui trouve une réelle aptitude à l’analyse et l’encourage à devenir psychanalyste elle-même pour faire face à la demande croissante de cette pratique, alors en vogue dans les milieux aisés. Cette demande s’accroît d’autant à l’automne 1939, avec le début de la Seconde Guerre mondiale, qui voit le départ ou l’entrée en clandestinité de psychanalystes d’origine juive, comme Sacha Nacht, et dont il faut prendre en charge les patients en déshérence.

Voulant en premier lieu être médecin, Françoise Marette se spécialise progressivement dans la psychiatrie infantile, puis, à l’instigation de René Laforgue, elle suit les cours de psychanalyse à l’institut de psychanalyse de Paris.

Ses contrôleurs en analyse sont Rudolf Loewenstein*, didacticien, René Spitz* dont les recherches sur l’enfance suscitent son intérêt, Angel Garma (61), Sacha Nacht et Daniel Lagache*. Pour la psychanalyse d’enfants, ces mentors sont Sophie Morgenstern, qui introduit la discipline en France, et John Leuba*, membre du « club des piqués » (62).

 

Une psychanalyste membre de la communauté psychanalytique française et internationale

 

La société psychanalytique de Paris (SPP)

La SPP (63) est fondée le 4 novembre 1926 par Marie Bonaparte*, Eugénie Sokolnicka, femmes non médecins, Angelo Hesnard, René Allendy, Adrien Borel, René Laforgue*, Georges Parcheminey*, et Edouard Pichon*, jeunes psychiatres ayant fondé la revue L'Evolution psychiatrique en 1925, et Rudolph Loewenstein*, formé à l'Institut de psychanalyse de Berlin. Celui-ci devient le principal didacticien du groupe. Les statuts de la SPP sont officiellement déposés le 25 octobre 1927.

Ces membres fondateurs organisent la première conférence des psychanalystes de langue française en août 1926, éditent la Revue française de psychanalyse (RFP) à partir de 1927 et constituent une commission linguistique pour l'unification du vocabulaire psychanalytique français. Ils inaugurent le 10 janvier 1934 le premier Institut de psychanalyse (IP), grâce à la générosité de Marie Bonaparte qui en devient la directrice. Il s’agit d’un organe de formation situé 137, boulevard Saint-Germain, qui comprend également une bibliothèque et une polyclinique.

En avril 1938, Françoise Dolto est élue membre adhérent de la Société psychanalytique de Paris (SPP), en présentant un exposé intitulé « Sur une névrose de caractère à base d’autopunition » et sous-titré « Cas en cours de traitement. 9ème mois d’analyse ». Après la soutenance et la publication de sa thèse, Psychanalyse et pédiatrie, elle devient membre titulaire de la SPP (64).

La Seconde Guerre mondiale et l'occupation allemande font cesser toute activité officielle. La Revue française de psychanalyse ne paraît plus et l'Institut psychanalytique ferme ses portes.

Après la guerre, Françoise Dolto participe activement à la reprise des activités de la SPP. La Revue française de psychanalyse renaît en 1948, publiée par les Presses universitaires de France (PUF) et dès 1949, il est question de recréer l'Institut de psychanalyse pour faire face à la demande croissante de candidats voulant s'initier à la nouvelle discipline. Trois années de réflexion et de débats au sein de la SPP sont nécessaires pour que celui-ci dispense à nouveau ses enseignements à partir de mars 1953 ; il prend ses quartiers 187, rue Saint-Jacques à compter du 1er juin 1954.

Cette création fait éclater des divergences statutaires qui aboutissent à la première scission. En effet, la formation des psychanalystes, autrement dit la transmission psychanalytique, et l’approche médicale, ou non, de la psychanalyse, c’est-à-dire le fait d’admettre des psychanalystes non médecins, sont des questions clivantes qui traversent tout le mouvement psychanalytique français et qui sont à l’origine de ses multiples scissions. Daniel Lagache*, vice-président de la SPP, et Juliette Favez-Boutonier* s'opposent à la vision médicale de Sacha Nacht, directeur du nouvel Institut de psychanalyse, tandis que Françoise Dolto s'oppose au fait de considérer les futurs psychanalystes comme des élèves, estimant éthiquement qu’il ne peut y avoir d’enseignement de la psychanalyse au sens strict du terme puisqu’ « un sujet se déploie dans l'accomplissement de sa propre parole ».

 

La société française de psychanalyse (SFP) (1953-19 6 5)

C’est ainsi que le 16 juin 1953, un groupe d'analystes formateurs, constitué de Daniel Lagache, Françoise Dolto, Juliette Favez-Boutonnier, Blanche Reverchon-Jouve et Jacques Lacan, démissionne de la SPP et fonde la Société française de psychanalyse (SFP) le 18 juin 1953, dans l’appartement de Françoise Dolto (situé 260, rue Saint-Jacques) ; Jacques Lacan en devient le président.

La coexistence de la SPP et de la SFP (cette dernière n’étant pas reconnue par l’association psychanalytique internationale), génère une émulation créatrice bénéfique pour le milieu français de la psychanalyse.

Alors que la renommée croissante de Jacques Lacan attire un nombre grandissant d’auditeurs et d’adhérents, Françoise Dolto commence à rédiger des articles importants dès 1958, notamment autour du concept de l’image inconsciente du corps, théorie exposée au colloque international de psychiatrie tenu à Royaumont (65).

Elle expose ensuite, lors des journées internationales de la psychanalyse qui se tiennent à Amsterdam du 5 au 9 septembre 1960, le rapport commandé par Lacan sur la sexualité féminine, intitulé "La libido génitale et son destin féminin". Elle devient ainsi au cours de cette période une « figure majeure du mouvement psychanalytique » (66) et forme avec Jacques Lacan « le couple parental de la psychanalyse française » selon Elisabeth Roudinesco.

Ce dernier cristallise par ailleurs toutes les dissensions du groupe. Ce sont encore une fois les questions de doctrine et de formation psychanalytique qui sont au cœur du débat soulevé par la demande de la SFP en 1959 d’adhérer à l’association psychanalytique internationale (API) (67). Cette dernière n’entend délivrer son agrément que si la SFP retire à Jacques Lacan et à Françoise Dolto leurs titres de didacticiens, à l’un, parce que les durées de ses séances didactiques sont inférieures à la norme imposée par l’API, à l’autre, parce que ses séances collectives de psychanalyse d’enfants ne correspondent pas aux critères de pratique analytique individuelle.

La SFP est dissoute en 1965 en donnant naissance à deux nouvelles sociétés dès 1964 : l’association psychanalytique de France (APF) et l’école française de psychanalyse (EFP), devenue école freudienne de Paris.

L’APF est en effet créée le 26 mai 1964. Elle « a pour objet d’apporter sa contribution à la découverte freudienne et à la recherche en psychanalyse, et de former des psychanalystes selon les normes qui lui sont spécifiques ». Elle rassemble autour de Daniel Lagache, son premier président, tous ceux en désaccord avec Jacques Lacan, dont Didier Anzieu, Jean Laplanche*, Jean-Claude Lavie, Jean-Bertrand Pontalis*, Victor Smirnoff, Daniel Widlöcher, Guy Rosolato*, et fait partie de l’association psychanalytique internationale (API) dès 1965 (68).

 

L’école freudienne de Paris (1964-1980)

A la suite de la deuxième scission du mouvement psychanalytique français, Françoise Dolto participe avec Jacques Lacan à la création de l'école freudienne de Paris. Elle y développe au cours des quinze années suivantes la transmission de son expérience, notamment par le biais de son séminaire sur la psychanalyse des enfants.

Fondée dans un premier temps sous le nom d’école française de psychanalyse, l’association fixe d’abord son siège au cabinet de Jacques Lacan, 5, rue Lille dans le 5e arrondissement de Paris avant de s’établir, en 1971, dans des locaux situés 69, rue Claude Bernard dans le même arrondissement (69).

L’association est ouverte aux analystes et aux non-analystes, philosophes ou linguistes. L’adhésion à cette école repose sur « une volonté de travail », des groupes de travail, appelés alors cartels, pouvant se constituer par choix mutuel autour de problématiques particulières. Les statuts de cette école suppriment toute hiérarchie afin de faire émerger des talents nouveaux ; en réalité, au fil du temps, ils ne font que renforcer le fondateur dans une posture incontestée de maître.

Ces statuts prévoient également une distinction non hiérarchique entre trois types de membres : les analystes praticiens inscrits à l’annuaire, les analystes membres de l’école (A.M.E) et les analystes de l’école (A.E.). Les premiers participent aux travaux de l’école ou assistent aux différents cours, les deuxièmes peuvent être reconnus à l’extérieur comme pratiquant réellement une activité d’ordre psychanalytique garantie par leur affiliation à l’école, tandis que les troisièmes sont ceux qui s’impliquent à l’intérieur de l’école pour partager leur expérience et contribuer à la formation et à la supervision des analystes adhérents. Deux dispositifs d’admission existent : le jury dit d’accueil permet d’accréditer les A.M.E tandis que le jury dit d’agrément permet d’agréer les A.E , c’est-à-dire ceux des A.M.E qui souhaitent s’engager personnellement dans la transmission psychanalytique telle qu’elle est proposée par l’école. Ce jury d’agrément a également pour fonction d’authentifier ce que Jacques Lacan nomme « la passe », c’est-à-dire le passage qui permet à un analysant de devenir lui-même psychanalyste, au terme d’une psychanalyse didactique aboutie et résolue (70).

C’est cette notion même qui est à l’origine des dissensions vécues au sein du groupe à la fin des années 1970 : le suicide d’une candidate à la passe en 1977 puis l’exclusion en 1979 de son vice-président, Denis Vasse*, déclenchent une crise dans l’école qui conduit Jacques Lacan à en prononcer la dissolution, le 5 janvier 1980.

Passée une vague d’opposition au principe même de dissolution, une bataille s’ensuit tout au long de l’année 1980, à la fois d’ordre juridique et financier pour dissoudre réglementairement l’association (71), et d’ordre intellectuel pour se partager l’héritage de Lacan (72).

 

La dissolution de l’EFP et la fin du compagnonnage avec Jacques Lacan

La période de 1964 à 1980 est aussi le moment le plus fort du compagnonnage de Françoise Dolto avec Jacques Lacan. Elle rencontre celui-ci une première fois en 1936 à l’occasion d’un exposé sur le stade du miroir qu’il effectue au congrès de l’API à Marienbad, puis elle le retrouve en 1938 au sein de la société psychanalytique de Paris, où le tutoiement est d’emblée de rigueur.

De 1964 à 1973, elle suit assidûment ses séminaires, d’abord à l’hôpital Sainte-Anne (73) et à l’université Paris-VIII. Sans être réellement amis (Françoise Dolto ne va qu’une fois à Guitraincourt, la maison de campagne de Jacques Lacan), ils se vouent une estime réciproque tout au long de leurs carrières respectives : elle lui emprunte quelques concepts, tels l’identification ou l’invention du langage (74), il lui adresse ses cas les plus difficiles.

La dissolution de l’école freudienne de Paris est un épisode douloureux pour Françoise Dolto : non seulement elle voit Jacques Lacan cautionner par son silence et son refus de répondre à ses lettres les insultes et les attaques dont elle est victime au sein de l’association depuis la fin de 1979, mais elle le voit surtout sombrer dans la maladie qui lui fait perdre ses facultés mentales.

Si elle prend acte du départ de Jacques Lacan, elle s’oppose à la dissolution de l’école et prend la tête avec Jenny Aubry* de la deuxième liste qui se présente aux élections du conseil d’administration le 27 avril 1980. La liste de Jacques Lacan l’emporte avec une nette majorité. Une assemblée générale extraordinaire de dissolution se tient lors le 5 juillet 1980, mais la majorité requise n’étant pas atteinte, la dissolution ne sera définitivement votée que lors d’une nouvelle assemblée le 27 septembre 1980 (75).

A la suite de la dissolution, plusieurs associations de psychanalystes émergent : dans le sillage de Jacques Lacan, se créent la Cause freudienne (février 1980) puis l’Ecole de la cause freudienne (janvier 1981) ; parmi les partisans de la non-dissolution, émergent le Collège des psychanalystes (novembre 1980) et le Centre de formation et de recherches psychanalytiques (juillet 1982).

Françoise Dolto ayant mis fin à ses activités de consultation en cabinet choisit de ne plus s’affilier à une école de psychanalystes.

Jacques Lacan meurt le 9 septembre 1981, quelques semaines après Boris Dolto.

 

5. ACTIVITÉS DE VULGARISATION, TRAVAUX SCIENTIFIQUES ET DIFFUSION MÉDIATIQUE

 

« La mère et l’enfant » dans Le Journal des Femmes françaises

Françoise Dolto est soucieuse de vulgarisation : dès 1946, elle souhaite partager avec les autres femmes les enseignements qu’elle-même tire de son quotidien de mère de famille et de médecin psychanalyste d’enfants. De février 1946 à mars 1947, elle publie quasiment toutes les semaines une rubrique intitulée « La mère et l’enfant » dans Le Journal des femmes françaises. Ce périodique est l’organe de presse de l'Union des Femmes Françaises (U. F. F.), née à la Libération, à la fois organisation féminine et organisation de masse du Parti communiste français (76). Les ménagères ainsi mobilisées peuvent lire aussi bien des articles sur l’amour, le mariage et le bonheur que sur le vol chez les enfants ou les punitions.

 

Le secrétariat du Père Noël

En 1962, dans une veine plus familiale encore, Françoise Dolto participe à la création du secrétariat du Père Noël de la Poste, alors que son frère Jacques Marette est ministre des PTT. Ce dernier souhaite officialiser l’initiative privée de deux receveuses des postes, Odette Ménager en Maine-et-Loire et Magdeleine Homo en Seine-Maritime, qui, au cours des années précédentes, répondaient aux lettres que les enfants adressaient au Père Noël. Lancé au mois de décembre, le « Service du courrier du Père Noël », installé à Libourne, traite chaque lettre adressée en rédigeant une carte réponse distribuée par les postiers avant la nuit de Noël. Issu du terrain, et au-delà d’une opération reprise par la hiérarchie qui vise à diffuser une culture commerciale, ce mouvement tient à la fois de la transmission d’une pratique familiale et de la permanence des rêves des enfants (77). C’est probablement en souvenir de ses propres lettres au Père Noël que Françoise Dolto met au point le texte de la carte réponse :

« Mon enfant chéri, ta gentille lettre m'a fait beaucoup de plaisir. Je t'envoie mon portrait. Tu vois que le facteur m'a trouvé, il est très malin. J'ai reçu beaucoup de commandes. Je ne sais pas si je pourrai t'apporter ce que tu m'as demandé. J'essaierai, mais je suis très vieux et quelquefois je me trompe. Il faut me pardonner. Sois sage, travaille bien. Je t'embrasse fort. Le Père Noël. »

 

La radio et le succès médiatique (78)

Attirée dès son plus jeune âge par ce média et désireuse de propager les bienfaits qu’elle-même retire des idées psychanalytiques, Françoise Dolto développe en 1939 un projet d’émission radiophonique qu’elle propose au service de la Radiodiffusion. Malgré un avis favorable de ce dernier, ce projet, resté méconnu, ne voit pas le jour en raison de la déclaration de guerre.

 

L’éducation sexuelle des enfants à la RTF

Il faut attendre le 6 février 1948 pour qu’elle soit invitée à un débat sur la presse enfantine et la délinquance juvénile dans La tribune de Paris, une émission radiophonique de discussion entre des gens d’opinions différentes qui se tient chaque soir sur la chaîne nationale à l’initiative du journaliste Paul Guimard (79). C’est dans ce même cadre qu’en mai et juin 1950, pendant cinq mardis de suite, Françoise Dolto participe avec d’autres spécialistes (80) à une série d'émissions sur l'éducation sexuelle des enfants. Les lettres d’auditeurs commencent à se multiplier, les réponses de Françoise Dolto sont reprises sous forme d’articles dans des magazines comme Elle ou Marie-Claire.

 

« Docteur X » à Europe n°1

Plus d’une quinzaine d’année plus tard, le directeur des programmes d’Europe n°1, Lucien Morisse, propose à Françoise Dolto de répondre en direct aux questions des auditeurs au cours d’une émission hebdomadaire. Diffusée le jeudi après-midi pendant l’année scolaire 1968-1969 et intitulée "Docteur X", selon le pseudonyme imposé par le Conseil national de l’ordre des médecins, cette émission rencontre un vif succès. Pourtant, à la rentrée suivante, Françoise Dolto ne poursuit pas cette expérience. Elle estime que les dialogues en direct avec des parents ou des adolescents sont trop souvent encadrés par de la publicité inappropriée et qu’ils peuvent mener à des dérapages ou provoquer un certain voyeurisme des auditeurs.

A cette occasion cependant, le public a pu apprécier son sens de l’écoute, son langage clair et concis, ses conseils accessibles et bienveillants, jamais jugeants.

 

« Lorsque l’enfant paraît » à France Inter (81)

Pierre Wiehn et Jean Chouquet, respectivement directeur et directeur adjoint de France Inter, s’en souviennent quand à l’été 1976 ils contactent Françoise Dolto pour mettre sur pied dès la rentrée une nouvelle émission radiophonique traitant des problèmes des parents avec leurs enfants. Françoise Dolto commence par décliner l’offre puis, devant l’insistance des deux dirigeants, accepte de les rencontrer à titre de conseil. Elle se laisse finalement convaincre de participer elle-même à l’émission mais impose alors ses conditions : un travail en profondeur à partir de documents écrits, un véritable dialogue et une sélection rigoureuse des thèmes abordés.

En effet, Françoise Dolto exige que les auditeurs la sollicitent par écrit et non par téléphone : « Comment fallait-il procéder ? D’abord ne pas répondre en direct et à n’importe quelle question, même dans l’anonymat. Il fallait susciter des lettres détaillées, en assurant les scripteurs que toutes leurs lettres seraient attentivement lues, bien que peu d’entre elles puissent recevoir réponse, vu la brièveté du temps d’antenne. Formuler par écrit ses difficultés, c’est déjà un moyen de se venir à soi-même en aide » (82).

Elle suggère que les questions de l’animateur Jacques Pradel soient conservées à l’antenne afin qu’un dialogue s’instaure entre elle et le journaliste, reconstituant par là le couple parental aux oreilles des auditeurs.

Elle demande enfin que sa fille travaille avec elle, tout comme elle avait assuré le standard près de dix ans auparavant pour l’émission d’Europe 1. Catherine Dolto devient ainsi son assistante ; elle lit tous les courriers, en fait des résumés, en extrait les thèmes dominants à traiter et les propose à Françoise Dolto. L’éventail thématique de cette sélection est très large pour permettre d’aborder toutes les situations concrètes auxquelles peuvent être confrontés les auditeurs.

Rapidement, des centaines de lettres affluent toutes les semaines. Un secrétariat se met alors en place dans les locaux de France Inter afin d’enregistrer les lettres et d’envoyer des réponses types pour avertir les auditeurs de la date à laquelle la réponse à leur question sera diffusée. Des réponses personnalisées rédigées par Françoise Dolto sont aussi dactylographiées et expédiées.

C’est Jacques Pradel, qui avait également été standardiste à l’émission d’Europe 1 , qui anime l’émission-carrefour de l’après-midi "Le temps de vivre" dans laquelle la rubrique "Lorsque l’enfant paraît" prend sa place, d’abord à 15h15 puis à 15h45 (83). D’une durée d’une dizaine de minutes quotidiennes, l’émission est en réalité enregistrée d’une traite pour la semaine suivante, tous les vendredis, au domicile de Françoise Dolto, auquel se rend Jacques Pradel accompagné d’un technicien. A partir de mai 1978, la rubrique est déplacée dans une émission en matinée animée par Gérard Holz, intitulée "Le téléphone bleu" et supprimée à la rentrée de 1978.

L’arrêt de l’émission est aussi soudain que son succès a été fulgurant (84). Jacqueline Baudrier, présidente-directrice de Radio France, ne souhaite pas reconduire l’émission telle quelle ; elle propose d’autres formules et horaires à Françoise Dolto, qui les décline les unes après les autres, comprenant que sa présence n’est plus réellement désirée à l’antenne (85).

Si ce grand succès médiatique contribue à sa popularité, il incite également Françoise Dolto à prendre sa retraite en 1978. Pour elle, la question de l'éthique dans le travail thérapeutique est fondamentale ; sa notoriété risque de perturber les phénomènes de transfert de ses nouveaux patients. Elle met donc fin à ses consultations de psychanalyste dans son cabinet et se consacre essentiellement à des actions de formation et de transmission comme les contrôles collectifs (en groupe) ou individuels. S’ouvre également une période faste en matière de publications et de conférences.

 

Une activité éditoriale intense

 

La publication de sa thèse Psychanalyse et pédiatrie

Son activité éditoriale commence dès 1939, avec sa thèse « Psychanalyse et pédiatrie », qu’elle publie à compte d’auteur chez l’éditeur parisien Amédée Legrand ; elle la diffuse très largement autour d’elle, dans son cercle amical et familial comme dans son cercle professionnel, au point de la rééditer en 1940. Françoise Marette est très attachée à faire connaître et à défendre la psychanalyse ; pour en diffuser les principes fondamentaux, elle choisit de les illustrer par les cas cliniques des enfants qu’elle voit en consultation, considérant que ceux-ci fournissent les exemples les plus représentatifs des figures psychanalytiques mises au jour par Sigmund Freud, notamment celle de la castration.

Durant les décennies qui suivent, elle participe à de nombreux colloques et conférences toujours dans le domaine de la psychanalyse, dont les textes donnent ensuite lieu à des publications sous forme d’articles dans des revues médicales ou psychanalytiques. Son intervention, intitulée « La libido génitale et son destin féminin », lors des journées internationales de la psychanalyse qui se tiennent à Amsterdam du 5 au 9 septembre 1960, la pose comme un membre éminent de la communauté psychanalytique française et internationale.

 

L’élargissement de son audience auprès du grand public

Il faut cependant attendre 1971 pour que son activité éditoriale se déploie en direction d’un public élargi. La réédition aux éditions du Seuil, dans la collection « Le Champ freudien » animée par François Wahl, de sa thèse Psychanalyse et pédiatrie suivi de la publication du Cas Dominique rencontrent un grand succès auprès du public. C’est à partir de 1977 que le rythme de parution de ses ouvrages s’intensifie : outre les trois volumes publiés à la suite de l’émission radiophonique Lorsque l’enfant paraît (1977, 1978, 1979), elle confronte les textes sacrés et la foi chrétienne à l’analyse dans L’Évangile au risque de la psychanalyse (1977) et La foi au risque de la psychanalyse (1981). En 1982, 1985 et 1988, ce sont ses séminaires relatifs à la psychanalyse d’enfants qui donnent lieu à la parution de trois ouvrages. A la fin de sa vie, deux livres constituent ses mémoires et la font mieux connaître du grand public : Enfance (1986) et Autoportrait d’une psychanalyste (1989).

La plupart de ses ouvrages sont conçus en collaboration avec d’autres auteurs, souvent eux-mêmes psychanalystes (86), soit sur la base d’entretiens, soit sur la base d’articles ou de textes précédemment rédigés et retravaillés ensuite pour une diffusion grand public.

 

La conceptualisation de ses activités cliniques

Par ailleurs, elle conceptualise son action clinique pour former une œuvre théorique (Au jeu du désir : essais cliniques et La difficulté de vivre : le psychanalyste et la prévention des névroses, en 1981). Dès 1956-1958, elle forge notamment le concept décisif d’« image inconsciente du corps », qu’elle développe plus tard dans un ouvrage éponyme en 1984. « L’introduction du concept répond à un constat clinique et à une nécessité théorique. […]. Le concept, forgé à partir de la clinique d’enfants, parfois très jeunes, traumatisés, régressifs, phobiques ou psychotiques, répond également à une nécessité théorique : celle d’appréhender les premiers temps de la vie psychique et de rendre compte d’un vécu archaïque propre à certaines pathologies. [..] L’image inconsciente du corps correspond à une appréhension de soi dans une perspective diachronique […] [qui prend] en compte les dimensions corporelles, sensorielle, relationnelle, fantasmatique et langagière » (87).

 

Une activité aussi intense à titre posthume

Cette activité éditoriale se maintient à titre posthume de la même façon : si près de vingt-cinq ouvrages paraissent entre 1971 et 1988, quelques trente autres sont publiés de 1989 à 2009. Au lendemain de sa mort, le livre Paroles pour adolescents ou le complexe du Homard (1989), rencontre un succès éditorial sans précédent. Des articles et des textes de conférences inédits sont publiés tandis que les précédents ouvrages font l’objet de rééditions commentées et enrichies grâce notamment à l’activité de l’association Archives documentation Françoise Dolto, fondée à l’initiative de Catherine Dolto dès 1990, et à un partenariat avec les éditons Gallimard.

 

La télévision et l’amour du grand public

De la fin des années 1970 à sa disparition en 1988, Françoise Dolto participe à diverses émissions télévisées mais ses interventions les plus marquantes sont indéniablement celles faites au cours de l’émission littéraire « Apostrophes » animée par Bernard Pivot. « Apostrophes » est un magazine télévisé culturel consacré à la littérature sous toutes ses formes qui propose soit des discussions ouvertes entre quatre ou cinq auteurs autour d’un sujet commun soit des entrevues individuelles avec un seul auteur. Diffusée chaque vendredi soir sur Antenne 2 pendant quinze ans, « Apostrophes » (88) devient l'émission littéraire emblématique de la télévision française de cette période, grâce à la personnalité de son présentateur, la diversité et la qualité de ses intervenants, et aux polémiques qui surgissent régulièrement.

Françoise Dolto y apparaît la première fois dans l’émission du 24 mars 1978 consacrée aux « Portraits de Jésus » à l’occasion de la sortie de son livre L’Evangile au risque de la psychanalyse. Elle y est présente une deuxième fois le 14 janvier 1983, cette fois-ci pour son livre La sexualité féminine sur le thème « Les femmes parlent de la sexualité ».

Enfin, le 2 janvier 1987, elle est l’invitée unique de l’émission, enregistrée pour l’occasion à son domicile de la rue Saint-Jacques, dans son ancien cabinet, dont le divan désormais inutilisé est recouvert de monticules de livres. Réalisé à la suite de la parution en novembre 1986 de l’ouvrage Enfances, ce grand entretien revient sur sa jeunesse, les relations avec sa mère, sa vocation de médecin d’éducation, sa vie de psychanalyste ou de mère de famille. Elle s’y montre enjouée, vive, spontanée, et touche le grand public comme elle touche Bernard Pivot lui-même manifestement. Cette dernière émission lui apporte une grande popularité et suscite de nombreuses manifestations de sympathie.

 

6. LE DÉCÈS DE FRANCOISE DOLTO

 

S’il est dans l’ordre des choses que Françoise Dolto voit mourir avant elle son père, en 1947, et sa mère, en 1962, elle voit aussi mourir plusieurs des membres de sa nombreuse fratrie : sa sœur Jacqueline, en 1920, puis trois de ses frères, Pierre en mars 1981, Jacques en avril 1984 et Jean en mai 1985.

Elle accompagne aussi les derniers jours de son mari Boris, de neuf ans son aîné, qui décède le 27 juillet 1981 à Antibes.

Elle-même meurt le 25 août 1988 d’une suffocation respiratoire, liée à la fibrose pulmonaire qui depuis près de deux ans l’oblige à vivre et à se déplacer avec des bouteilles d’oxygène (89). Elle décède à son domicile parisien, entourée de ses trois enfants, plutôt sereine et détachée face à la mort, et surtout curieuse de ce qui l’attend après (90).

Françoise Dolto est inhumée au cimetière de Bourg-la-Reine aux côtés de son mari ; cette sépulture est aussi celle de leur fils, le chanteur Carlos, décédé en 2008. Elle a demandé que soit inscrit sur sa pierre tombale : « N'ayez pas peur ! », l'injonction de Jean-Paul II.

 

NOTES

(1) Dont le plus célèbre est Eugène Secrétan (1836-1899), capitaine d’industrie dans le cuivre et l’électrométallurgie, et grand collectionneur d’œuvres d’art.

(2) DOLTO, Françoise [texte], ANDRADE Alecio de [photographie], Enfances, Paris, Seuil, 1986.

(3) PIGNOT Manon, POTIN Yann, 1914-1918. Françoise Dolto. Veuve de guerre à sept ans, Paris, Gallimard, 2018.

(4) Jacques Marette (1922-1984), ministre des Télécommunications de 1962 à 1967.

(5) Friedrich Fröbel (1782-1852), pédagogue allemand, théoricien des jardins pour enfants. Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Fr%C3%B6bel [consulté en octobre 1918].

(6) DOLTO Françoise, Autoportrait d'une psychanalyste : 1934-1988 ; texte mis au point par Alain et Colette Manier, Paris, [Le Grand livre du mois], 1989.

(7) Françoise Marette habite 2, avenue du Colonel Bonnet dans le 16ème arrondissement de Paris, en face de la clinique psychiatrique du docteur Blanche. Fondée en 1821 par le docteur Esprit Blanche et reprise ensuite par son fils Emile, cette maison de santé est établie sur le modèle d’une pension de famille. Asile d’aliénés d’un genre nouveau, cet établissement devient très connu en Europe notamment pour toutes les célébrités qui y résident, de Gérard de Nerval à Guy de Maupassant.

(8) Le lycée Molière est un établissement d’enseignement français, construit en 1888, regroupant un collège et un lycée. Il est situé 71, rue du Ranelagh à Paris dans le 16ème arrondissement.

(9) Les agendas de cette période font état de l’ensemble de ses activités.

(10) Les ouvrages de SANCHEZ Pierre, La Société des artistes décorateurs - Répertoire des exposants, collaborateurs, éditeurs et liste des œuvres présentées 1901-1950, Dijon, L'échelle de Jacob, 2012 (2 volumes) et SANCHEZ Pierre, MESLAY Olivier Dictionnaire du Salon d'automne : 1903-1945 : répertoire des exposants et liste des œuvres présentées, Dijon, L'échelle de Jacob, 2006, pourraient être consultés avec profit.

(11) Appelé également hôpital de la Croix-Rouge, l’hôpital privé des Peupliers situé 8 place de l’abbé Georges-Hénocque dans le 13ème arrondissement a été fondé en 1908 https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4pital_priv%C3%A9_des_Peupliers [consulté en octobre 2018]

(12) L’hôpital Bretonneau, du nom de Pierre Bretonneau, médecin français du début du XIXe siècle était un hôpital de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) situé rue Joseph-de-Maistre dans le 18ème arrondissement. Il proposait des soins de pédiatrie jusqu’à sa fermeture à la fin des années 1980 où il fusionne avec l’hôpital Hérold pour donner naissance en 1988 à l'hôpital Robert-Debré, dans le 19ème arrondissement. Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4pital_Bretonneau [consulté en octobre 2018].

(13) Henri Beaudouin (1885-1968), docteur en médecine, réalise l’ensemble de sa carrière dans les asiles de la Seine.

(14) L’hôpital de Maison-Blanche est un asile départemental construit à la fin du XIXe siècle par le Conseil général de la Seine au lieu-dit la Maison-Blanche (actuellement 6-10, rue Pierre Bayle 75020 Paris). Hôpital dont la population est majoritairement féminine, Maison-Blanche a été un hôpital de désencombrement pour l’hôpital psychiatrique Sainte-Anne. Actuellement, c’est un établissement public de santé qui couvre les secteurs psychiatriques de l'est parisien. Voir les repères historiques sur le site Internet de l’établissement http://www.ch-maison-blanche.fr/Etablissement/Un-peu-d-histoire [consulté en octobre 2018].

(15) Voir CAIRE Michel, METIVIER Roger, « Françoise Dolto à Maison-Blanche », Maison-Blanche, publication de l’hôpital, rubrique « Un peu d’histoire… » n°9, mars 2005.

(16) Georges Heuyer (1884-1977), médecin fondateur de la pédopsychiatrie.

(17) Hôpital Vaugirard 10, rue Vaugelas 75015 Paris.

(18) Sophie Morgenstern (1875-1940), psychiatre et psychanalyste d’origine polonaise, arrivée en France en 1924.

(19) DOLTO Françoise, Je dois à Mme Sophie Morgenstern, [texte dactylographié, sans date].

(20) Voir FESSAGUET Dominique, « De Sophie Morgenstern l’oubliée à Françoise Dolto la tapageuse », Topique vol. 115 no. 2, 2011, pp. 79-82.

(21) Fondé en 1778 par Mme Suzanne Necker dont il prend le nom à partir de 1802, l’Hôpital Necker des Enfants-Malades est le premier hôpital pédiatrique, où le regroupement des enfants favorise l'étude des maladies pédiatriques. Il est situé dans le 15ème arrondissement de Paris au 161 rue de Sèvres. https://fr.wikipedia.org/wiki/Hôpital_Necker-Enfants_malades [consulté en novembre 2018].

(22) Voir les lettres reçues en 1939 et 1940 dans Correspondance. Tome II, 1938-1988, Paris, Galimard, 2005.

(23) POTIN Yann (directeur), Archives de l’intime [textes de Catherine Dolto, Muriel Djéribi-Valentin, Marion Pignot, et al.], Paris, Gallimard, 2008.

(24) D’autres versions disent que Françoise Marette rencontre Boris Dolto lors d’un dîner chez Jean Rostand, biologiste et écrivain, lecteur et admirateur de la thèse de Françoise. Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7oise_Dolto [consulté en novembre 2018].

(25) Jean/Yvan-Chrysostome Dolto (décédé en 2008) est devenu un chanteur populaire connu sous le nom de Carlos, Grégoire Dolto est devenu ingénieur-architecte naval et Catherine Dolto est devenue un médecin généraliste, psychothérapeute et spécialiste d'haptonomie. Ces trois enfants apparaissent dans la correspondance personnelle et privée sous leurs diminutifs familiaux (Titi pour Jean ; Gricha, Grichouk ou Fouk pour Grégoire ; Katinka ou Katouche pour Catherine).

(26) Hôpital Armand-Trousseau, 12, avenue du docteur Arnold-Netter, 75012 Paris. Ancien hôpital des Enfants-Trouvés, devenu hôpital pour enfants en 1854 et rebaptisé en 1880 du nom d’ArmandTrousseau, médecin des hôpitaux. L’hôpital a été transféré du faubourg Saint-Antoine à son site actuel en 1901.

(27) DROUARD Alain, « La fondation française pour l’étude des problèmes humains et l’organisation de la recherche en sciences sociales en France », in Reprint des Cahiers pour l’histoire du CNRS n°9, 1990.

(28) Devenu en 1964 l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM).

(29) Notamment Enfances, texte de Françoise Dolto ; photographie de Alecio de Andrade, Paris, Seuil, 1986 et Autoportrait d'une psychanalyste : 1934-1988 ; texte mis au point par Alain et Colette Manier, Paris, [Le Grand livre du mois], 1989.

(30) Etablissement de pédo-psychiatrie situé au 124, boulevard Ney 75018 Paris.

(31) ASCOLI-HÉROLD Béatrice, DOUAT Frédéric, Recueillir … accueillir. De l’assistance publique à l’aide sociale à l’enfance. La pouponnière Paul-Manchon à Antony 1911-2000, Nanterre, Archives départementales des Hauts-de-Seine, 2000.

(32) Voir le téléfilm de LE PÉRON, Serge, Françoise Dolto, le désir de vivre, France-Belgique, France télévision, 2008, dont le scénario est centré sur les consultations d’enfants difficiles à l’hôpital Trousseau au lendemain de la seconde guerre mondiale.

(33) Pendant cette période, plusieurs chefs de service se succèdent : le professeur Cathala, le professeur Lainé, le docteur Rouard (1941- ?), le professeur Robert Laplane (?-1977) et le professeur Géraud Lasfargues (1977-1996).

(34) ELIACHEFF Caroline, Françoise Dolto. Une journée particulière, Paris, Flammarion, 2018.

(35) GARCIA-FONS Tristan, « Invention du dessin dans la cure psychanalytique d’enfant », La lettre de l'enfance et de l'adolescence, vol. no 49 (n° 3), 2002, pp. 43-50.

(36) Propos de Muriel Djéribi-Valentin recueillis par Delphine Peras publié le 12 avril 2007 dans un article de l’Express intitulé Dolto au plus près https://www.lexpress.fr/informations/dolto-au-plus-pres_681112.html [consulté en octobre 2018].

(37) « Cure psychanalytique à l’aide de la poupée-fleur », Revue française de psychanalyse, tome XIII, 1, janvier-mars 19749 repris dans DOLTO Françoise, Au jeu du désir : essais cliniques, Paris, Seuil, 1981.

(38) LEDOUX Michel-Henri, Dictionnaire raisonné de l’œuvre de Françoise Dolto, Paris, Payot, 2006.

(39) DOLTO Françoise, Autoportrait d'une psychanalyste : 1934-1988 ; texte mis au point par Alain et Colette Manier, Paris, [Le Grand livre du mois], 1989.

(40) DOLTO Françoise, Au jeu du désir : essais cliniques, Paris, Seuil, 1981.

(41) HÉROLD Béatrice (dir.), ANDRIEU-ROMANEIX Zénaïde, Introduction au Répertoire numérique détaillé 1407 W des archives de la pouponnière Paul-Manchon à Antony, Nanterre, Archives départementales des Hauts-de-Seine, 2006.

(42) Voir la postface de Caroline ELIACHEFF dans ASCOLI-HÉROLD Béatrice, DOUAT Frédéric, Recueillir … accueillir. De l’assistance publique à l’aide sociale à l’enfance. La pouponnière Paul-Manchon à Antony 1911-2000, Nanterre, Archives départementales des Hauts-de-Seine, 2000.

(43) La dernière consultation date du 8 juillet 1988, au moment de son départ en vacances, un mois et demi avant son décès.

(44) Séminaire de psychanalyse d'enfants, tome 1 ; avec la collaboration de Louis Caldaguès, Paris, Seuil, 1982 ; Séminaire de psychanalyse d'enfants, tome 2 ; avec la collaboration de Jean-François de Sauverzac, Paris, Seuil, 1985 et Séminaire de psychanalyse d'enfants, tome 3, Inconscient et destins ; avec la collaboration de Jean-François de Sauverzac, Paris, Seuil, 1988.

(45) L’Institut océanographique de Paris, situé 195, rue Saint-Jacques dans le 5ème arrondissement de Paris, a été fondé en 1906 par Albert Ier de Monaco. Le bâtiment actuel, qui abrite un amphithéâtre de 500 places, a été construit en 1911 et bénéficie d’une protection au titre des Monuments historiques depuis 2004. Voir http://institut-ocean.org/rubriques.php?lang=fr&article=1363179932&pg=1&categ=1265713808&sscategorie=1265717234 [consulté en novembre 2018].

(46) Titre d’un ouvrage. MALANDRIN Marie-Hélène (dir), GROSSER Annie, ROY Christine et SCHAUDER Claude (collab.), Françoise Dolto. Une psychanalyste dans la cité. L’aventure de la Maison verte, Paris, Gallimard, 2009.

(47) Le nom de Françoise Dolto arrive en 22ème position dans la liste des noms les plus fréquemment donnés aux établissements scolaires d’après une étude menée par le journal Le Parisien en septembre 2017 et fondée sur la liste de l'inventaire du ministère de l'Education nationale pour le premier et second degré, public et privé compris http://www.leparisien.fr/societe/ferry-hugo-ou-dolto-votre-etablissement-scolaire-a-t-il-un-nom-courant-28-08-2017-7219032.php [consulté en octobre 2018].

(48) Voir l’historique sur le site Internet du centre médico-psycho-pédagogique Claude Bernard http://centreclaudebernard.asso.fr/historique-du-centre [consulté en octobre 2018].

(49) CMPP Etienne Marcel 10, rue du Sentier 75002 Paris et Hôpital de jour 3, cité d’Angoulême 75011 Paris.

(50) Voir le site Internet du Centre Etienne Marcel http://www.asso-cem.org [consulté en octobre 2018].

(51) Pédagogie institutionnelle : mouvement dont l’appellation est caractérisée ainsi vers 1958 et qui s’inspire des théories de Célestin Freinet notamment. Les institutions sont pensées comme des lieux de vie, au centre desquels est resitué l’être humain, prenant en compte son histoire personnelle et familiale, son contexte socio-culturel, sa personnalité et son comportement propre. D’autres noms sont attachés à ce courant de pensée, notamment ceux d’Anton Makarenko (1888-1939), pédagogue russe fondateur des maisons coopératives pour les orphelins de la guerre civile et de la colonie Gorki, Jean Oury (1921-2014), psychiatre et psychanalyste français, figure de la psychothérapie institutionnelle et fondateur de la clinique de La Borde dans le Loir-et-Cher, Fernand Oury (1920-1998) son frère, instituteur de banlieue et fondateur de la pédagogie institutionnelle avec Aïda Vasquez(1937-2015), psychologue et psychanalyste d’origine vénézuélienne, Fernand Deligny (1913-1996), animateur socio-culturel français, figure majeure de l’éducation spécialisée, ou encore Alexander Sutherland Neill (1883-1973), pédagogue libertaire écossais, fondateur en 1921 de l’école de Summerhill.

(52) AMRAM Michel et ORTOLI Fabienne d’, Françoise Dolto et La Neuville [documentaire], Paris, Frémeaux et associés télévision, 2008 ; ORTOLI Fabienne d’, L’école avec Françoise Dolto, le rôle du désir dans l’éducation, Paris, Librairie générale française, 1992 ; BLANCHET Yannick, Parole, l’héritage Dolto. La chronique d’une année neuvilloise. [Documentaire], Paris, MK2 Production, 2007.

(53) Voir le site Internet de l’école de La Neuville http://www.ecoledelaneuville.fr [consulté en octobre 2018].

(54) DENIS Corinne, « Ces drôles de petits princes », L’Express, 8 avril 1993 https://www.lexpress.fr/informations/ces-droles-de-petits-princes_594039.html et TREMINTIN, Jacques, « Les Tournelles : les masques tombent ! Ou quand le récit épique se termine en drame (Petite pièce en trois actes) », Journal du Droit des Jeunes, n°178, octobre 1998 http://tremintin.com/joomla/index.php?option=com_content&task=view&id=315 [consulté en novembre 2018].

(55) Fonds publics en provenance de l’Etat via la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) devenue Agence régionale de santé (ARS), des départements via les services de protection maternelle et infantile (PMI), des caisses d'allocations familiales (CAF), des communes via les centres communaux d’aide sociale (CCAS).

(56) Françoise Dolto citée par Marie-Hélène Malandrin in MALANDRIN Marie-Hélène (dir), GROSSER Annie, ROY Christine et SCHAUDER Claude (collab.), Françoise Dolto. Une psychanalyste dans la cité. L’aventure de la Maison verte, Paris, Gallimard, 2009.

(57) Voir lettre n°687 dans Correspondance, tome II, 1938-1988, Paris, Galimard, 2005.

(58) Commentaire prononcé dans le préambule de l’entretien accordé à Bernard Pivot diffusé en janvier 1987 dans l’émission télévisée Apostrophes qui lui est totalement consacrée. Voir RIBOWSKI Nicolas (réalisateur), PIVOT Bernard (producteur et interviewer), [Comment devient-on Françoise Dolto ?], émission Apostrophes, Paris, Antenne 2, 1987.

(59) Voir la présentation et l’historique de l’INJS sur son site Internet http://www.injs-paris.fr/ [consulté en octobre 2018].

(60) DONSTETTER Didier, « Les enfants sourds, Françoise Dolto et la psychanalyse », Françoise Dolto aujourd’hui présente. Dix ans après. Actes du colloque de l’UNESCO, Paris Gallimard, 2000 et KRIBIÉ-CHAUMEIL, Jacqueline, intervention lors de la conférence donnée sur Françoise Dolto à l’INJS le 17 mai 2018 et intitulée « Fenêtre sur cour » www.injs-paris.fr/sites/www.injs-paris.../transcriptionconferencedolto17mai2018_0.do... [consulté en novembre 2018].

(61) Ángel Garma Zubizarreta (1904-1993), psychiatre et psychanalyste argentin d’origine espagnole, installé en France de 1936 à 1938, membre de l’association psychanalytique internationale et de la société psychanalytique de Paris. Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%81ngel_Garma [consulté en novembre 2018].

(62) Groupe réunissant les patients du psychanalyste René Laforgue, dont Françoise Marette fait partie avec son frère Philippe et Alain Cuny.

(63) Voir LACOUSSE Magali, PARCÉ Céline et SAGATNI, Tatiana, « Introduction », Instrument de recherche du fonds de la société psychanalytique de Paris (1950-1995), AS 101/I et AS101/II, Paris, Archives nationales, 2004 et le site Internet de la SPP https://www.spp.asso.fr/histoire-et-archives/ [consulté en novembre 2018].

(64) Les membres adhérents sont les membres qui ont satisfait à la formation d’analyste tandis que les membres titulaires sont des membres aptes à transmettre la formation lors de psychanalyses didactiques. Ce sont des analystes formateurs également appelés didacticiens.

(65) DOLTO Françoise, « Personnologie et image du corps », La Psychanalyse, volume 6 ; Paris, Presses universitaires de France, 1961.

(66) GUILLERAULT Gérard, Comprendre Dolto : Une éthique positive du désir, Paris, Armand Colin, 2008.

(67) L’association psychanalytique internationale (API) a été fondée par Freud lui-même en 1910 pour faire face à la propagation de la psychanalyse « sauvage » par des personnes non formées et en réaction à la méfiance du corps médical. L’API regroupe les sociétés de psychanalystes freudiens.

(68) Voir le dossier « Les sociétés de psychanalyse, essai de description », Psychiatrie aujourd’hui, n°6, novembre-décembre 1971 et « Présentation », Instrument de recherche du fonds de l’association psychanalytique de France (1964-…), 209 AS, Paris, Archives nationales, s.d.

(69) Ces locaux sont acquis grâce à un financement participatif des membres qui sont volontaires ; devenus copropriétaires, ces membres se sont constitués en société civile immobilière (SCI) dont ils détiennent chacun des parts en proportion de leur investissement initial. Les locaux, situés dans un immeuble neuf, abritent une bibliothèque et des salles de réunion.

(70) Voir le dossier « Les sociétés de psychanalyse, essai de description », Psychiatrie aujourd’hui, n°6, novembre-décembre 1971.

(71) Ainsi que la société civile immobilière, constituée en 1969 pour l’acquisition des locaux de la rue Claude Bernard.

(72) La crise et ses prémices ainsi que les soubresauts de la dissolution de l’EFP tout au long de l’année 1980 sont racontés en détails par Elisabeth Roudinesco dans « L’école freudienne de Paris : la débâcle, II. La dissolution », Histoire de la psychanalyse en France, tome 2, Paris, Seuil, 1986. Voir également DORGEUILLE Claude, La seconde mort de Jacques Lacan. Histoire d’une crise, octobre 1980-juin 1981, Paris, Actualité freudienne, 1981.

(73) Hôpital Sainte-Anne, 1 rue Cabanis, 75014 Paris. Hôpital psychiatrique, ouvert en 1867 sous le nom « d’asile clinique » ; il est aujourd’hui spécialisé dans le domaine de la psychiatrie et des neuro-sciences.

(74) GOLDER Éva-Marie, « Et si on osait faire discuter Dolto avec Lacan ? Quelques réflexions au sujet de l'identification et de l'invention du langage », Le Coq-Héron, vol. 168 (n° 1), 2002, pp. 111-124.

(75) DORGEUILLE Claude, La seconde mort de Jacques Lacan. Histoire d’une crise, octobre 1980-juin 1981, Paris, Actualité freudienne, 1981.

(76) FAYOLLE Sandra, L'Union des Femmes Françaises : une organisation féminine de masse du parti communiste français (1945-1965), thèse de doctorat en science politique soutenue en 2005 sous la direction de Philippe Braud, Paris, Université de Paris 1-Panthéon-Sorbonne, 2005.

(77) LA VILLE Valérie-Inés de, GEORGET Antoine, Le Père Noël de la Poste : La surprenante histoire de son secrétariat (1962-2012), Bruxelles, PIE Peter Lang, 2014.

(78) Voir ROBERT Guy, « Françoise Dolto, une psychanalyste à la radio », L’année radiophonique 1977, Cahiers d’histoire de la radiodiffusion, n°94, octobre-décembre 2007.

(79) Paul Guimard (1921-2004), écrivain et journaliste français.

(80) Il s’agit de Louis François, inspecteur général de l’Instruction publique, du docteur Joseph Logre, pédiatre et du père Larère, aumônier jésuite du centre Laennec des jeunes étudiants en médecine.

(81) Emission radiophonique diffusée sur France Inter du 4 octobre 1976 au 4 août 1978.

(82) DOLTO Françoise, « Préface », Lorsque l’enfant paraît, tome 1, Paris, Seuil, 1977.

(83) « Quand Catherine Dolto m’a vu à France Inter, elle a été surprise. Elle n’avait pas retenu mon nom, mais elle me connaissait : étudiant, je tenais le standard du Docteur X, en 1967, un programme d’Europe 1 où sa mère répondait anonymement et en direct aux questions des auditeurs », Jacques Pradel interviewé par Anne-Marie Gustave, "Françoise Dolto, la voix qui sauve", hors-série Télérama, 2008.

(84) L’émission dure deux saisons entières, du 4 octobre 1976 au 4 août 1978. Trois ouvrages sont publiés à la suite de ces émissions : DOLTO Françoise, Lorsque l'enfant paraît, tomes 1, 2 et 3 ; entretiens avec Jacques Pradel, Paris, Seuil, 1977-1979.

(85) ELIACHEFF, Caroline, Françoise Dolto. Une journée particulière, Paris, Flammarion, 2018.

(86) Jacques Pradel pour Lorsque l’enfant paraît, tomes 1, 2 et 3 (1977, 1978, 1979) ; Gérard Séverin pour L’Evangile au risque de la psychanalyse (1977), La foi au risque de la psychanalyse (1981) et Jésus et le désir (1982) ; Louis Caldaguès pour les Séminaires de psychanalyse d’enfants, tome 1 (1982) ; Jean-François de Sauverzac pour les Séminaires de psychanalyse d’enfants, tome 2 (1985) et tome 3 (1988) et pour Dialogues québécois (1987) ; Catherine Dolto pour Enfances (1986) ; Juan-David Nasio pour L’enfant du miroir (1987) ; Inès Angelino pour Quand les parents se séparent (1987) ; Alain et Colette Manier pour Autoportrait d’une psychanalyste : 1934-1988 (1989) ; Gérard Guillerault pour Le sentiment de soi : aux sources de l'image du corps (1995) ; Claude Halmos pour Les chemins de l’éducation et Les étapes majeures de l’enfance (1994) ; Muriel Djéribi-Valentin et Elisabeth Kouki pour Le féminin (1998) ; Jean-Pierre Winter pour Les images, les mots, le corps (2002) ; Danielle Marie Lévy pour Parler juste aux enfants (2002).

(87) LEDOUX Michel Henri, Introduction à l'œuvre de Françoise Dolto, Paris, Rivages, 1990.

(88) Créée et animée par Bernard Pivot, journaliste, sur Antenne 2 du 10 janvier 1975 au 22 juin 1990, chaque vendredi soir à 21 h 30 (de 1975 à 1985), l’émission compte 724 numéros et est remplacé par « Bouillon de culture », un magazine culturel également produit et présenté par Bernard Pivot, diffusé sur la même chaîne du 12 janvier 1991 au 29 juin 2001. Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Apostrophes [consulté en novembre 2018].

(89) ELIACHEFF Caroline, Françoise Dolto. Une journée particulière, Paris, Gallimard, 2018.

(90) POTIN Yann (directeur), Archives de l’intime [textes de Catherine Dolto, Muriel Djéribi-Valentin, Marion Pignot, et al.], Paris, Gallimard, 2008.

Pour une vue synthétique, consulter les repères chronologiques de la vie de Françoise Dolto :
Annexe I

Entry and conservation

Mode of entry

Don manuel en 2019.

Conservation history

La création de l’association Archives documentation Françoise Dolto

Le 28 juillet 1988, par testament olographe, Françoise Dolto « nomme pour exécuteur testamentaire [s]a fille Catherine, qu’[elle]investit de l’exercice des attributs de [s]on droit moral d’auteur sur l’ensemble de [s]es œuvres » . A son décès le 25 août 1988, c’est donc Catherine Dolto qui devient la seule dépositaire de toutes les traces écrites et orales laissées par sa mère. Pour assumer cette charge, à la fois morale (assurer la postérité de l’œuvre de sa mère) et matérielle (les archives sont plus conséquentes qu’il n’y paraissait au premier abord), Catherine Dolto fonde avec ses deux frères l’association « Archives-Documentation Françoise Dolto » pour prendre en charge collégialement cet héritage de papier.

Créée en 1990 sur le modèle de la loi 1901 sur les associations, cette association rassemble dans un premier temps une quinzaine d’amis et de « disciples » de Françoise Dolto, des psychiatres, des psychanalystes ou des éducateurs l’ayant bien connue et ayant travaillé avec elle. Un comité scientifique est ainsi constitué afin de garantir une pluralité de points de vue dans l’utilisation des archives, la « première vocation de l’Association des Archives étant de faire mieux connaître l’œuvre et le travail de Françoise Dolto et de créer des liens entre des gens du monde entier, qui se sont découvert une proximité de pensée autour de la sienne ».

 

Les missions et les activités de l’association

La première mission de l’association est de garantir la conservation des documents ; la deuxième mission consiste à organiser la consultation de ces archives, par toute personne qui en formulerait la demande, étudiant, chercheur, professionnel, soit en en permettant la consultation sur place au local de l’association, soit par correspondance sous forme de photocopies, délivrées contre remboursement des frais. Au-delà de ces missions traditionnelles, qui ressemblent à celles d’un service d’archives, l’association s’est également fixé pour objectif l’enrichissement de ce fonds d’archives en assurant une veille documentaire sur les publications relatives, de près ou de loin, à Françoise Dolto et à son œuvre et en constituant une revue de presse, via un abonnement à l’Argus de la Presse.

Concrètement, l’association se lance dans une politique éditoriale intense afin de faire connaître et reconnaître le travail et l’œuvre de Françoise Dolto. La liste des publications réalisées à titre posthume est parlante à cet égard : près d’une trentaine entre 1989 et 2009, qu’il s’agisse de rééditions augmentées et commentées ou de publications d’inédits. Plusieurs colloques ont également eu lieu dont celui tenu en 2008 à l’Unesco et intitulé « Françoise Dolto, actualité d'une pensée ».

Un partenariat scientifique s’instaure avec Coline Faure-Poiré, directrice littéraire aux éditions Gallimard, qui soutiennent financièrement l’association via un contrat d’exclusivité.

 

Le classement et l’utilisation de ces archives

Colette Percheminier, une amie d’adolescence de Catherine Dolto, devient la documentaliste de l’association, dont elle est également la directrice. Elle réalise au fil des années un classement thématique précis afin de pouvoir répondre aux besoins éditoriaux divers. Si la gestion et l’utilisation des archives par l’association est certainement à l’origine de la modification organique du fonds, elle a également contribué à sa transmission et à sa compréhension. Les travaux d’édition, et notamment ceux concernant la correspondance, ont permis l’identification, la datation et la contextualisation d’un grand nombre de documents, qui sans cela seraient restés incompréhensibles ou difficilement exploitables.

 

Les différents lieux de conservation des archives

Retrouvées au domicile principal de Françoise Dolto, souvent au fond de placards, les archives ont d’abord été rassemblées dans une loge de concierge de l’immeuble situé 21 rue Cujas dans le 5ème arrondissement avant d’être rangées dans la grande pièce située au rez-de-chaussée au fond de la cour, dans ce local ayant servi autrefois aux consultations de kinésithérapie de Boris Dolto puis aux séminaires de contrôle collectif de Françoise Dolto.

Au terme de deux décennies riches en projets et en réalisation, un cycle de vie s’achève pour ces archives, dont Catherine Dolto cherche à assurer la transmission.

Le transfert de ces documents aux Archives nationales s’impose peu à peu comme une évidence en ce qu’il correspond aux valeurs initiales qui ont présidé à la création de l’association : conservation des archives, protection juridique, gestion collégiale, diffusion et exploitation scientifique.

Un premier transfert matériel a été effectué en 2015 dans les locaux des Archives nationales du site de Paris pour que le fonds y soit traité. A l'achèvement de l'inventaire, le fonds est déplacé vers les magasins de conservation du site de Pierrefitte-sur-Seine pour une conservation définitive.

Evaluation, sorting and elimination

Évaluation, tri et élimination

Aucune élimination n’a été effectuée au cours du classement à l’exception de photocopies en multiples exemplaires.

 

État sanitaire du fonds

L’ensemble du fonds est dans un bon état sanitaire, ayant bénéficié dans ses locaux d’origine de conditions de conservation apparemment satisfaisantes et n’ayant souffert d’aucun sinistre. Un dépoussiérage sommaire a cependant été effectué sur les dossiers individuels de consultations d’enfants dont les plus récents étaient paradoxalement légèrement poussiéreux. Un document, les actes du colloque de psychiatrie de 1950, présentant des traces suspectes de moisissures a fait l’objet d’un prélèvement dont l’analyse s’est révélée négative (ie les moisissures sont mortes).

 

Reconditionnement

L’ensemble du fonds a bénéficié d’un reconditionnement en matériau de conservation durable, afin d’en assurer la pérennité dans le temps en limitant les transferts d’acidité d’un document à l’autre : chemises et sous-chemises en papier neutre, boîtes de conservation en carton opaque permanent et ignifugé.

Des éléments spécifiques de conditionnement ont été utilisés pour certains types de documents : des pochettes neutres grand format à rabats pour les revues de presse, pour permettre le dépliage des articles de journaux et afin d’éviter la dispersion des coupures de presse ; des pochettes à rabats et des pochettes à soufflet de petit format (format A5) pour les dossiers individuels d’enfants et les notes manuscrites prises par Françoise Dolto pendant les séminaires de Jacques Lacan.

Les chemises et sous-chemises d’origine ont parfois été conservées lorsqu’elles comportaient l’écriture de Françoise Dolto et/ou des mentions signifiantes pour la compréhension de leur contenu ou pour celle de leur transmission ; elles ont toutefois été recouvertes de chemises en papier neutre.

Tous les trombones et épingles ont été retirés ; ils ont été remplacés, au cas par cas, par des agrafes, des feuillets intercalaires ou des sous-chemises afin de préserver la cohérence d’ensemble des documents. De même, les pochettes et sous-chemises en plastique transparent ou de couleur ont été supprimées pour être remplacées par des sous-chemises en papier neutre.

Sources and references

Additional sources

ARCHIVES NATIONALES/Pierrefitte-sur-Seine

 

ARCHIVES PUBLIQUES

 

Dossiers de naturalisation

BB/11/12355 : décret du 22 octobre 1929 et dossier n°22597X29 de naturalisation de Boris Dolto

 

Minutier central (Paris)

MC/ET/XXXIV/1917 : Etude XXXIV, notaire Pierre Marcel Bucaille : contrat de mariage de Françoise Marette et Boris Dolto, 31 janvier 1942 (1942).

 

Archives de la faculté de médecine

AJ/16/6226-6944 Académie de Paris, Faculté de médecine de Paris (an III-1940).

AJ/16/8208 Médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, officiers de santé radiés ou transférés : registres de scolarité (1935-1948).

 

Archives de l’enfance inadaptée

F/17/17959 Recrutement des instituteurs spécialisés (1945-1964).

 

Archives de Radio France

19930177/1-17 et 20130017/8-9 Radio-France : archives de Madame Jacqueline Baudrier, Président-directeur général de Radio France (1975-1981).

19960387/102 Radio-France : dossiers relatifs à l'évaluation de la qualité de la radiodiffusion et de la télévision (1975-1981).

20150345 Radio France.

20150345/66-68 Bulletin Informations Presse. Saison radiophonique (1976-1977).

20150345/69-71 Bulletin Informations Presse. Saison radiophonique (1977-1978).

20170176/245-249 Étudiants à l'Institut de Médecine légale et de Psychiatrie (1911-1946).

 

ARCHIVES PRIVÉES

209 AS Association psychanalytique de France APF (fondée en 1964)

209AS/1 Société française de psychanalyse (1963-1965).

  • Dossier 1. Dissolution de la SFP : note d’information, protocole de réunion, correspondance croisée (1964-1965).
  • Dossier 2. Groupe d’étude de la psychanalyse : correspondance croisée, liste des analystes en formation, acte de fondation de l’École française de psychanalyse par Jacques Lacan, note (1963-1964).
  • Dossier 3. Informations : note et circulaire d’informations (1964).
  • Dossier 4. Liste des membres du bureau et de la commission des études de la commission des études (1960-1964).
  • Dossier 5. Projet d’édition en anglais : devis, circulaire du 26 décembre 1963 avec annexes (W. Granoff, « Acknowledgements », préface de M. Balint, sommaire) (1963).
  • Dossier 6. Conditions de retrait des manuscrits : correspondance croisée (1964).

209AS/2-91 (1944-2015)

209AS/73- 79 Relations avec des organisations françaises (1965-1996)

209AS/73 Collège des psychanalystes (1981)

209AS/75 Quatrième groupe (Organisation psychanalytique de langue française) (1975-1996)

209AS/76-79 Société psychanalytique de Paris (1965-1996)

2099AS/80- 81 Archives personnelles et nécrologies (1955-2004)

209AS/80 Archives personnelles (1944-2004)

Dossier 1. Jean-Bertrand PONTALIS (1955-2004) : né le 15 janvier 1924 et mort le 15 janvier 2013, est un philosophe et psychanalyste français membre de l'Association psychanalytique de France. Après des études de philosophie, il suit une analyse didactique avec Jacques Lacan pendant sept ans. Vers 1960, avec Jean Laplanche, sous la direction de Daniel Lagache, il entreprend un travail important qui aboutira en 1967 à la première édition du Vocabulaire de la psychanalyse. Prenant ses distances avec J. Lacan, il participe à la fondation de l'Association psychanalytique de France en 1964.

  • Fichier terminologique pour la traduction des œuvres de Freud : fiches (s.d.).
  • Correspondance : correspondance croisée (1971-1973).
  • APF : circulaire d’information ; note d’information ; programme des activités scientifiques ; comptes-rendus (1971-1975).
  • Statuts de l’APF : correspondance croisée (1969-2001).
  • Entretiens de psychanalyse : notes personnelles ; programmes ; textes scientifiques (1971-1997).
  • Séminaire « La Répétition » : notes personnelles ; textes scientifiques (1965-1966).
  • Congrès des psychanalystes de langues romanes : correspondance croisée ; invitation ; bulletin d’inscription (1971-1973).
  • « La question de l’analyse profane » et amendement Accoyer : texte manuscrit ; amendement (2004).
  • Jacques Lacan : invitation ; texte ; articles de presse (1955-1967).
  • Notice nécrologique de Daniel Lagache (Sans date).

Dossier 2. Victor SMIRNOFF (1944-1996) : né en Russie en 1919 et mort à Paris le 5 novembre 1995, est un psychanalyste et neuropsychiatre. Après des études de médecine, il travaille avec Georges Heuyer et devient psychiatre. Il fait son analyse avec Jacques Lacan dont il se séparera plus tard. Il est l'un des premiers à promouvoir une pratique psychanalytique en dispensaire, il crée et dirige le Département de psychothérapie à Paris. Membre l'Association psychanalytique de France, il est l'un des premiers membres du comité de rédaction de la Nouvelle Revue de psychanalyse (NRP).

  • Correspondance croisée
  • bulletin
  • programme scientifique
  • rapport
  • photographies.

209AS/81 Nécrologies : Angelo BEJARANO, Georges FAVEZ (1981)

209AS/82-91 Documentation (1958-2014)

209AS/82 Histoire de la psychanalyse en France : Correspondance croisée ; texte scientifique ; notes ; bulletin ; articles de presse ; photographies (1958-1987).

 

AS/101(I)/1 Fonds de la Société psychanalytique de Paris (SPP) (1950-1995)

101AS/I/1-5. Création, organisation (1950-1986) ; comités et commissions de modification des statuts et des règlements intérieurs (1953-1986). 1950-1986.

101AS/I/6-11. Commission des candidatures (1955-1981) ; commission des transferts (1967-1972) ; membres (1950-1991) ; groupes régionaux (1980) ; commission des représentants régionaux (1988-1992). 1955-1992.

101AS/I/12-33. Administration. Assemblées générales (1952-1988) ; conseil d’administration (1963-1993) ; Bureau (1956-1994).1952-1994.

101AS/I/34-35. Comptabilité. 1952-1977.

101AS/I/36-67. Activités scientifiques. 1950-1995.

101AS/I/68-87. Relations avec les sociétés psychanalytiques. 1951-1994.

101AS/I/88-94. Relations avec d’autres organisations. 1958-1989.

101AS/I/95. Dossiers de presse. 1964-1984.

 

AS/101(II) 1-193 Institut de Psychanalyse de Paris (1952-1989)

101AS/II/1-6. Création (1953-1967) ; inauguration (1954) ; statuts (1953-1984) ; commission de réforme des statuts (1974-1975) ; règlements intérieurs (1953-1984).

101AS/II/8-13. Composition. Membres (1955-1979) ; invités permanents (s. d.).

101AS/II/14-34. Administration. Assemblées générales ordinaires (1953-1986) ; assemblées générales extraordinaires (1955-1986) ; assemblées plénières (1954-1960) ; conseil d’administration (1953-1983) ; commission administrative (1976-1978) ; comité de direction (1952-1989) ; Conseil des représentants (1979-1982). 1952-1989.

101AS/II/35-39. Comptabilité. 1952-1986.

101AS/II/40-82, 88. Enseignement. Commissions spécialisées (1953-1985) ; scolarité (1953-1973) ; contenu de l’enseignement : séminaires de perfectionnement, autres séminaires, centre de consultation et de traitement (1955-1989).1953-1989.

101AS/II/83-87, 101AS/II/89-101. Activités scientifiques. Études et recherches (1953-1972) ; bibliothèque (1955-1985) ; prix Nacht (1956-1957) ; représentation théâtrale “ Œdipe roi ” (1962) ; commémorations (1956-1974) ; centenaire de Freud (1956-1958) ; vingtième anniversaire de l’I.P. (1966-1974). 1953-1985.

101AS/II/102-130. Relations avec les sociétés psychanalytiques. 1952-1977.

101AS/II/131-193. Relations avec d’autres organisations. 1952-1982.

101AS/II/7. Dissolution. 1986.

 

103 AP 1-47. Fonds Lucien BONAPARTE et ses descendants (1792-1907) : comprend, notamment, les archives de la princesse Marie BONAPARTE, sous les cotes 103 AP 40, 46 et 47.

 

360 AP 1-34 Fonds Henri WALLON (1898-1989)

Henri WALLON (1879-1962) : psychologue, médecin et homme politique français. Il est directeur d'études à l'École pratique des hautes études et professeur au Collège de France.

360AP/1-2. Papiers personnels : carrière et correspondance. 1898-1958.

360AP/3. Dossiers à caractère administratif (enfance, filmologie, bombe atomique). 1933-1953.

360AP/4-5. Commission d'étude pour la réforme de l'enseignement. 1920-1950.

360AP/6-8. Fiches de malades.

360AP/9-14. Tests, protocoles et résultats. 1929-1937.

360AP/15. Thèse « L'enfant turbulent ». 1911-1925.

360AP/16-19. Cours et conférences. 1919-1959.

360AP/20. Manuscrits de livres et d'articles. 1926-1952.

360AP/21-27. Notes de travail.

360AP/28. Divers, dont photographies. 1924-1955.

360AP/29. Relations internationales, prises de position politiques. 1933-1962.

360AP/30-31. Supplément I : correspondance (1900-1958), anniversaires et commémorations (1949-1989).

360AP/32-34. Supplément II : papiers personnels (photographies, carnets de notes, manuscrit de « Les origines de la pensée chez l'enfant », ouvrages imprimés et tirés à part). 1914-1959.

 

577 AP 1-13 Fonds Georges MAUCO (1914-1987)

Georges MAUCO (1899-1988) : ethnographe et psychanalyste français, membre de la société psychanalytique de Paris, co-fondateur du centre médico-psycho-pédagogique Claude Bernard.

Contient des documents relatifs à la psychanalyse et à la pédagogie sous les cotes 577 AP 8 à 13 :

577AP/8 Création du CPP Claude-Bernard (1er mai 1946) : correspondance, rapports d'activité (1946-1954, 1968-1970), fonctionnement (1946-1949), budgets, personnel et locaux [photographies] (1946-1971) ; Comité d'entreprise (1968-1970), Correspondance avec l'Éducation Nationale et la Préfecture de la Seine (1945-1971), Classe de réadaptation du lycée Claude-Bernard (1947-1954).

577AP/11-13 Activité associative et publications de Georges Mauco (1947-1973).

  • 577AP/11 Correspondance et notes :

- Syndicat National des Psychologues Psychanalystes (SNPP) : statuts, correspondance (1953-1970),

- Correspondance avec diverses associations relative au statut de psychologue (1961-1970),

- Projet de création d'une revue de Psychologie (1955-1966),

- Études et publications de G. Mauco sur les CPP (1952-1954),

- Conférences et articles de G. Mauco sur l'éducation, dossier I

  • 577AP/12 Conférences.

- Conférences et articles de G.Mauco sur l'éducation, dossier II

- Causeries de G. Mauco à la radio sur l'éducation (1962-1964),

- Congrès international (1947-1948) et rapport à l'UNESCO (1952),

- Enquête sur "Les relations élèves-maîtres et maîtres-élèves" : questionnaire, correspondance et rapport (1956).

  • 577AP/13 Dossiers de consultations psychanalytiques et psycho-pédagogiques (1947-1973).

 

208AS(I)-208AS(XLVI) Fonds d’archives de personnes physiques et de personnes morales (associations) œuvrant dans le domaine de l’enfance et de l’éducation spécialisée (XXe siècle).

 

AJ/16/8789-8790 Association des centres psychopédagogiques pour les établissements d'enseignement. (1950-1966) :

AJ 16 8789 Comptes rendus d'assemblées générales, procès-verbaux de conseils d'administration, rapports (1954-1965).

-AJ 16 8790 Budgets des centres : budgets prévisionnels, comptes rendus de séances de la commission budgétaire de l'association (1950-1966) ; Rapports d'activité des centres (France entière) (1953-1965).

AJ/16 8794 Centre psychopédagogique : correspondance, comptes rendus de réunions (1945-1955).

 

19920203/5 Éducation nationale, centres médico-scolaires : comptes rendus des séances de la commission chargée d'attribuer les subventions pour agencement des centres (1946-1950), centres psychopédagogiques (1954-1958).

 

BIBLIOTHEQUE UNIVERSITAIRE DE L’UNIVERSITÉ DE PARIS VIII/Paris

 Fonds Georges Heuyer (1884-1977)

Georges Heuyer (1884-1977) : médecin, professeur à la faculté de médecine de Paris, membre de l'Académie nationale de Médecine. Il est le fondateur en France de la pédopsychiatrie.

Voir GUEY Emmanuelle, BOUSSION Samuel, « Le fonds Georges Heuyer (1884-1977) : un XXe siècle scientifique, à l’orée de la psychiatrie infantile et de ses ramifications » In Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière », Paris, 2010.

 

ARCHIVES DÉPARTEMENTALES D’INDRE-ET-LOIRE/Tours

66 J Fonds Ménie Grégoire (1948-2005) 113 mètres linéaires dont 2000 bandes sonores

Ménie Grégoire (1919-2014) : née Marie Laurentin, elle exerce dès les années 1950 une activité de journaliste de presse écrite et se spécialise dans les questions liées à la condition féminine. De 1968 à 1979, l’émission quotidienne qu’elle anime sur R.T.L. à partir de témoignages écrits ou oraux d’auditeurs, a un retentissement notable.

Ce fonds contient principalement les archives de l’émission quotidienne animée sur R.T.L de 1968 à 1979, à savoir 60 000 lettres, classées par ordre chronologique de passage à l’antenne ou par thèmes pour celles non retenues à l’antenne, ainsi que les agendas préparatoires aux enregistrements. [Dépôt]

 

BIBLIOTHEQUE MUNICIPALE DE LYON/Lyon

Notice issue du site Internet de la bibliothèque municipale de Lyon http://pleade.bm-lyon.fr/toc.xsp?id=FRCGMSUP-693836101-SF03a.xml_LYOF03B0215&qid=sdx_q0&fmt=tab&idtoc=FRCGMSUP-693836101-SF03a.xml-pleadetoc&base=fa&n=1&ss=true&as=&ai= [consulté en novembre 2018]

Ms 7681 Fonds Denis Vasse (1950-2013) 25,5 ml (dossiers matériels), 7,22 Go (dossiers numériques)

Denis Vasse (1933-2018) : médecin et psychanalyste, prêtre jésuite, Denis Vasse est né en 1933 à Aïn Bessem en Algérie. Il a fait ses études de médecine à Alger de 1951 à 1957 et a effectué son service militaire de 1960 à 1962, pendant la guerre d'Algérie. Il s'est ensuite formé à la psychanalyse en suivant les séminaires de Jacques Lacan, de Françoise Dolto et de Serge Leclaire à l’École freudienne de Paris. Membre de la Compagnie de Jésus, il est ordonné prêtre en 1971. Il a officié essentiellement lors de retraites spirituelles et d'événements amicaux et familiaux. Il a également été directeur spirituel.

En tant que psychanalyste, il a d'abord exercé dans la région parisienne. En 1971, il s'est installé à Villeurbanne, ville limitrophe de Lyon. Il a assuré des cures d'adultes et surtout d'enfants. Il a contribué à la création du Jardin couvert à Lyon, une structure du type de la Maison verte créée par Françoise Dolto dont il fut l'ami.

Denis Vasse s'est toujours inscrit dans une démarche de transmission : il a organisé de nombreux séminaires et conférences ; il est par ailleurs l'auteur de multiples articles, contributions et monographies. S'il a toujours refusé de faire école, son œuvre a influencé chercheurs et psychanalystes. Il a placé « la question de l'homme » au cœur de sa réflexion. Ce travail de transmission trouve son achèvement dans le don de ses archives à la Bibliothèque municipale de Lyon, qui les rendra progressivement accessibles aux professionnels et chercheurs intéressés.

Composé de dossiers papier et de dossiers informatiques, le fonds aborde les différents aspects de la vie et de l'engagement de Denis Vasse : sa formation médicale et analytique, son travail de praticien et de transmission de la psychanalyse ; ses œuvres écrites, orales et télévisuelles ; sa formation religieuse, l'exercice de son sacerdoce et sa vie de jésuite ; ses nombreux échanges épistolaires ; sa vie privée.

Denis Vasse a fait don en 2010 de son fonds d'archives à l'Association Psychanalyse et anthropologie, qui elle-même en a fait don en septembre 2013.

 

LIBRARY OF CONGRESS/Washington D.C.

Manuscript Division

82-13169. Archives Marie BONAPARTE (1889-1961) : comprend sa correspondance, ses journaux, des documents autobiographiques et généalogiques, des documents imprimés, des photographies, des aquarelles et d'autres documents relatant l'intérêt et l'investissement de la princesse dans le domaine de la psychanalyse.

94-797697. Collection Sigmund FREUD (1919-1975) : contient des archives de Rudolph Maurice LOEWENSTEIN, de la correspondance, des mémoranda, des rapports, des brevets, des informations biographiques, des photographies et autres documents principalement relatifs à l'œuvre de Rudolph LOEWENSTEIN comme psychanalyste aux Etats-Unis ainsi qu'à son investissement au sein d'organisations psychanalytiques (New York Psychoanalytic Institute, New York Psychoanalytic Society).

Bibliography

ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE RELATIVE A L’ŒUVRE DE FRANCOISE DOLTO

N.B. : Les ouvrages et articles écrits ou préfacés par Françoise Dolto elle-même ainsi que les documents audiovisuels ou enregistrements sonores auxquels elle a participé sont recensés en annexe II.

 

OUVRAGES SUR LA VIE DE FRANÇOISE DOLTO

CHAPSAL, Madeleine, Ce que m'a appris Françoise Dolto, Paris, le Grand livre du mois, 1994 (rééditions 1998 et Paris, Fayard, 1994).

CHÉRER, Sophie, Ma Dolto ; illustrations de Philippe Dumas, Paris, l'École des loisirs, 2009 (réédition Paris, Librairie générale française, 2010).

ELIACHEFF Caroline, Françoise Dolto, une journée particulière, Paris, Flammarion, 2018.

FARKAS Marie-Pierre (scénariste), RATIER Marianne (dessinateur), Françoise Dolto : l'heure juste, Paris, Naïve, 2011.

GRELLET Isabelle, KRUSE Caroline, Des jeunes filles exemplaires : Dolto, Beauvoir et Zaza, Paris, Hachette littératures, 2004.

LUMBROSO Daniela, Françoise Dolto : La vie d'une femme libre, Paris, Plon, 2007.

POTIN Yann (directeur), Archives de l’intime [textes de Catherine Dolto, Muriel Djéribi-Valentin, Marion Pignot, et al.], Paris, Gallimard, 2008.

POTIN Yann et PIGNOT Manon, 1914-1918. Françoise Dolto. Veuve de guerre à 7 ans, Paris, Gallimard, 2018.

SAUVERZAC Odile B. de, Françoise Dolto, Paris, Milan, 2008.

 

OUVRAGES SUR L’ŒUVRE DE FRANCOISE DOLTO

ANTIER, Edwige, Dolto en héritage. Tout comprendre, pas tout permettre, Paris, R. Laffont, 2005 (rééditions : Paris, Éd. France-loisirs / Pocket, 2006).

ANTIER, Edwige, Dolto en héritage. II, Fille ou garçon ? : la naissance de l'identité sexuelle, Paris, R. Laffont, 2006 (rééditions : Paris, Éd. France-loisirs, 2006 et Paris, Pocket, 2008).

ARZEL NADAL, Laurence, Françoise Dolto et l'image inconsciente du corps : fondements et déplacement vers la pulsion, Paris, De Boeck, 2006.

AUBRY Jenny, BARUK Stella, CIFALI Mario... [et al.], Quelques pas sur le chemin de Françoise Dolto, Paris, Seuil, 1988.

AUTHIER-ROUX Frédérique (coordinateur), Madame Dolto, Toulouse, Érès, 2000.

AZZOLINO, Orfeo, Françoise Dolto, la psicoanalista dell'educazione, Paris, Erickson, 2001.

BARRAL Willy (directeur), Françoise Dolto, c'est la parole qui fait vivre : une théorie corporelle du langage : séminaire de l'Association La Harpe-Enfant de droit organisé à Paris en 1990, Paris, Gallimard, 1998.

BINET, Éric, Françoise Dolto pédagogue, Paris, Éditions Don Bosco, 2005.

BRAMI, Élisabeth, Dolto, l'art d'être parents : l'éducation, la parole, les limites, Paris, Albin Michel, 2014.

CHÉBAUX Françoise (éditeur), Françoise Dolto et l'éducation : actes du colloque organisé par le CERSE (Centre d'étude et de recherche en sciences de l'éducation) en juin 1998 à l’Université de Caen, Paris, L’Harmattan, 1999.

CHÉBAUX Françoise (éditeur), L'éducation au désir : de Françoise Dolto à la pédagogie neuvilloise, Paris, L'Harmattan, 2001.

Collectif, Françoise Dolto vue et lue par ses collègues et amis, Paris, Le Coq-Héron, 1989.

DARCOURT, Laurence, 100% Dolto, Paris, Eyrolles, 2011.

DOLTO-TOLICTH Catherine, PERCHEMINIER Colette (directeurs de publication), Françoise Dolto, aujourd'hui présente : dix ans après : actes du colloque de l'Unesco, 14-17 janvier 1999 organisé et supervisé par l'Association Archives et documentation Françoise Dolto, Paris, Gallimard, 2000.

DOLTO-TOLICTH Catherine, PERCHEMINIER Colette (directeurs de publication), Le féminin, filiations, etc. : actes des journées d'étude Françoise Dolto organisées par l'association Archives et documentation Françoise Dolto, Paris, Gallimard, 2005.

FRANCOIS Yannick, Françoise Dolto, de l'éthique à la pratique de la psychanalyse d'enfants, Paris, Centurion, 1990.

FRANCOIS Yannick, Françoise Dolto : la langue des images [2e éd.], Paris, Bayard, 1998.

Groupe de recherches pédagogiques Françoise Dolto, Françoise Dolto et La Neuville, Chalmaison, Ecole de La Neuville, 1989.

GUILLERAULT Gérard, Le Corps psychique : essai sur l'image du corps selon Françoise Dolto, Paris, Éditions Universitaires, 1989.

GUILLERAULT Gérard, L'image du corps selon Françoise Dolto : une philosophie clinique, Paris, Institut Synthélabo pour le progrès de la connaissance, 1999.

GUILLERAULT Gérard, Le miroir et la psyché : Dolto, Lacan et le stade du miroir, Paris, Gallimard, 2003.

GUILLERAULT Gérard, Dolto-Winnicott : le bébé dans la psychanalyse, Paris, Gallimard, 2007.

GUILLERAULT Gérard, Françoise Dolto : la foi dans le désir, Paris, Éditions du Cerf, 2012.

LEDOUX Michel Henri, Introduction à l'œuvre de Françoise Dolto, Paris, Rivages, 1990 (réédition Paris, Payot, 1995).

LEDOUX Michel Henri, Dictionnaire raisonné de l'œuvre de F. Dolto [préface de Juan-David Nasio], Paris, Payot, 2006.

Les archives du Monde : portraits, analyses, critiques et documents / Albert Cohen, Françoise Dolto, Georges Dumézil... [et al.], Paris, Le Monde, 2009

LIAUDET Jean-Claude, Dolto expliquée aux parents, Paris, L'Archipel, 1998 (rééditions : Paris, Le Grand livre du mois, 1998 ; Paris, France loisirs, 1999 ; Paris, J'ai lu, 2000), [nouvelle édition augmentée], Paris, L'Archipel, 2008.

ORTOLI Fabienne d', AMRAM Michel, L'École avec Françoise Dolto : le rôle du désir dans l'éducation, Paris, Hatier, 1990 (rééditions : Paris, Librairie générale française, 1992 et Nîmes, Champ social éditions, 2015).

ORTOLI Fabienne d', AMRAM Michel, La Neuville : l'école avec Françoise Dolto ; suivi de Dix ans après, roman d'aventures pédagogiques, Montrouge, ESF, 2001.

SAAB Vanessa, MEMLOUK William, Françoise Dolto : la mère des mots, Paris, Nomad, 2014.

SAUVERZAC Jean-François de, Françoise Dolto : itinéraire d'une psychanalyste : essai, Paris, Aubier, 1993 (rééditions Paris, Flammarion, 1994 ; Paris, Librairie générale française, 1995 et nouvelle augmentée d'une postface, Paris, Flammarion, 2008).

SCHAUDER Claude (directeur de publication), GOLDER Eva-Marie, GUILLERAULT Gérard, HAMAD Annemarie [et alii], Lire Dolto aujourd'hui, Toulouse, Érès, 2004.

SCHAUDER Claude (directeur de publication), Françoise Dolto et le transfert dans le travail avec les enfants, Toulouse, Érès, 2005.

SÉDAT Jacques (directeur de publication), GUILLERAULT Gérard, Comprendre Dolto : une éthique positive du désir, Paris, Armand Colin, 2008.

TRIBOLET Serge, Freud, Lacan, Dolto enfin expliqués ! Paris, L'Esprit du temps, 2008.

 

OUVRAGES CRITIQUES SUR L’OEUVRE DE FRANCOISE DOLTO

BARET, Guy, Allô, maman Dolto : halte à la Doltomania ! Paris, R. Deforges, 1992.

BARET, Guy, Comment rater l'éducation de votre enfant avec Françoise Dolto ; suivi de Allô maman Dolto, Paris, Ramsay, 2003.

BENSOUSSAN, Patrick, Dolto, si tu reviens, j'annule tout ! Toulouse, Érès, 2008.

FOURRÉ Martine, L'effet Dolto : critique raisonnée des travaux de Françoise Dolto, Paris, EF Editions, 2000.

GARCIA Sandrine, Mères sous influence : de la cause des femmes à la cause des enfants, Paris, La Découverte, 2011.

GRITT Sabine, Un fœtus mal léché. Trois ans avec Dolto, Paris, éditons Sciences humaines, 2015.

MEYER Catherine (dir.), Le livre noir de la psychanalyse. Vivre, penser et aller mieux sans Freud, Paris, Les Arènes, 2005.

PLEUX Didier, Génération Dolto, Paris, Odile Jacob, 2008.

PLEUX Didier, Françoise Dolto, la déraison pure [préface de Michel Onfray], Paris, Éditions. Autrement, 2013.

PLEUX Didier, La Révolution du divan : pour une psychologie existentielle, Paris, Odile Jacob, 2015.

 

DOCUMENTS AUDIOVISUELS

 

Films documentaires

BLANCHET Vincent, Parole, l'héritage Dolto, Paris, MK2, 2006.

BOUTANG Pierre-André, VERHAEGHE Jean-Daniel (réalisateurs), JULLIAN Marcel (interviewer), Françoise Dolto, Paris, Antenne 2 (prod.), 1986.

CORONEL Elisabeth, MEZAMAT Arnaud de (réalisateurs), Françoise Dolto. 1, Tu as choisi de naître, 2, Parler vrai, 3, N'ayez pas peur, Paris, Abacaris Films, 1994 (réédition par le Centre national du cinéma et de l'image animée, 2013).

CORONEL Elisabeth, MEZAMAT Arnaud de (réalisateurs), Françoise Dolto, Paris, Abacaris Films, 1997 (réédition 1998 ; réédition par le Centre national de la cinématographie, 2009).

CORONEL Elisabeth, MEZAMAT Arnaud de (réalisateurs), Françoise Dolto : trois films, Paris, Gallimard, 2005.

JEANTEUR Claire (réalisatrice), Éloge du désir : Françoise Dolto (1908-1988), Paris, Comité français de radio-télévision, 2009.

LE PÉRON Serge (réalisateur), Françoise Dolto, le désir de vivre, téléfilm dramatique, Paris, 2008.

MARTINO Bernard Martino (réalisateur), Le bébé est une personne, Paris, TF1 entreprises, 1989.

MERIEU Philippe, L'éducation en question. Vol. 4, Paris, Mosaïque films, 2004 (réédition, 2007).

MILLER Gérard, FEUILLETTE Anaïs (réalisateurs), La révolution Dolto, Paris, France Télévision, 2018.

ORTOLI Fabienne d’, AMRAM Michel (réalisateurs), Françoise Dolto et la Neuville : une autre manière d'être en société à l'école, Chalmaison, École de la Neuville, 1999 (réédition par Frémeaux & associés télévision, 2008).

RIBOWSKI Nicolas Ribowski (réalisateur), PIVOT Bernard (producteur et interviewer), Comment devient-on Françoise Dolto ? Paris, Antenne2, 1987 (réédition par les éditions du Seuil sous le titre Françoise Dolto, 1990 ; réédition par Gallimard, 2004).

SALOU Jean-Claude (réalisateur), PUYO Jean (auteur), Ils se consacrèrent aux jeunes, Paris, Comité français de radiotélévision, 1992.

SANDRIN Eric (réalisateur), Jacques Lacan : 1901-1981. Françoise Dolto : 1908-1988, Paris, Centre national de documentation pédagogique, 1998.

SERVAN-SCHREIBER Jean-Jacques, Questionnaire, entretien avec Françoise Dolto, Paris, TF1,1977.

VERHAEGHE Jean-Daniel, L’invité de FR3 : Françoise Dolto, Paris, FR3, 1980.

 

Émissions radiophoniques

DROUELLE Fabrice (producteur), Françoise Dolto, une révolution in Affaires sensibles, première diffusion le 6 octobre 2016, Paris, France Inter, 2016.

DROUELLE Fabrice (producteur), Françoise Dolto, médecin d’éducation in Affaires sensibles, première diffusion le 7 octobre 2016, Paris, France Inter, 2016.

ERNER Guillaume, 50 ans de psychanalyse sur France Inter - Françoise Dolto, in Service public, première diffusion le 4 décembre 2013, Paris France Inter, 2013.

METTRA Claude, Françoise Dolto : Jacques Lacan et la formation des analystes, in Les chemins de la connaissance, diffusé la première fois le 10 octobre 1981, Paris, France Culture, 1981.

METTRA Claude, Françoise Dolto, in Les chemins de la connaissance, diffusé la première fois le 11 novembre 1986, Paris, France Culture, 1986.

METTRA Claude, Parents biologiques et parents symboliques, in Les chemins de la connaissance, diffusé la première fois le 14 septembre 1987, Paris, France Culture, 1987.

METTRA Claude, L’homosexualité, in Les chemins de la connaissance, diffusé la première fois le 15 septembre 1987, Paris, France Culture, 1987.

METTRA Claude, Autour de Françoise Dolto et Juan-David Nasio : la place du miroir dans le développement de l’enfant, in Les chemins de la connaissance, diffusé la première fois le 16 septembre 1987, Paris, France Culture, 1987.

METTRA Claude, L’analyse aujourd’hui, in Les chemins de la connaissance, diffusé la première fois le 17 septembre 1987, Paris, France Culture, 1987.

METTRA Claude, Les sentiments inconscients, in Les chemins de la connaissance, diffusé la première fois le 18 septembre 1987, Paris, France Culture, 1987.

 

Enregistrements sonores

ANTIER Edwige, Dolto en héritage, Lyon, Hémix éditions, 2009

ANTIER Edwige, Tout comprendre, pas tout permettre, Lyon, Hémix éditions, 2009

ANTIER Edwige, Fille ou garçon ? : la naissance de l'identité sexuelle, Lyon, Hémix éditions, 2009

Consulter ci-joint :
Annexe II

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