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Inventaire - Cotes :

Fonds Jean-Louis Crémieux-Brilhac (1917-2015)

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Cotes
72AJ/3405-72AJ/3488
Date
1784-2017
Importance matérielle
et support
9,40 ml (84 articles)
Localisation physique
Pierrefitte-sur-Seine
Conditions d'accès

Communication libre, à l'exception des cotes 72AJ/3474-72AJ/3477, dont la consultation est soumise à l'autorisation des auteurs de travaux universitaires concernés

Conditions d'utilisation

Reproduction et publication soumises à autorisation

Description

Présentation du contenu

Les archives de Jean-Louis Crémieux-Brilhac sont à l'image de son exceptionnel parcours, restituant l'inlassable activité qui fut la sienne, de ses vingt ans, lorsqu'il publie une traduction du Beethoven de Richard Wagner, jusqu'à ses derniers travaux sur la France libre et les Juifs. S'y lisent ses fidèles engagements, à Londres pendant la Seconde Guerre mondiale puis auprès de Pierre Mendès France, son action pionnière dans le domaine de l'information et de la documentation d'État et plus encore, la retraite venue, la place majeure qu'il occupa dans le champ historique. Dans cette œuvre exemplaire, dont les archives permettent de saisir la genèse, la préparation de son ouvrage emblématique, La France libre. De l'appel du 18 juin à la libération, revêt une importance particulière, représentant plus du tiers du fonds. Celui-ci révèle aussi le savoir généreux d'un résistant devenu l'un des historiens de référence de la Seconde Guerre mondiale, bienveillant à l'égard des jeunes chercheurs et toujours ouvert au monde, comme en témoigne sa correspondance, que seul vint interrompre son décès au printemps 2015.

Langue des documents

Français
Allemand
Anglais
Russe

Institution responsable de l'accès intellectuel

Archives nationales de France

Historique du producteur

Jean-Louis Crémieux, dit Crémieux-Brilhac, est né le 22 janvier 1917 à Colombes (Hauts-de-Seine).

Issu d’une famille juive démocrate et humaniste qui compte en ses rangs le critique littéraire et écrivain Benjamin Crémieux (1888-1944), Jean-Louis Crémieux est élève au lycée Condorcet, puis étudiant en lettres et en histoire à la Sorbonne. Mobilisé en septembre 1939 et promu aspirant en janvier 1940, il est affecté en mai 1940 à l’extrémité de la ligne Maginot, entre Longwy et Longuyon. Défendant le passage de la Marne, il est fait prisonnier le 11 juin 1940 dans l’Aisne et envoyé en captivité en Poméranie, à l’Oflag II D, puis au Stalag II B.

Il parvient à s’en évader le 4 janvier 1941 avec son camarade Pierre Joriot et passe la frontière germano-lituanienne le 6 janvier, avant d’être arrêté par des soldats russes et conduit dans les prisons de Kaunas, Loubianka, Bourtiki, puis au camp de Kozielsk. Après l’invasion de l’URSS le 22 juin 1941, Jean-Louis Crémieux fait partie, avec Pierre Billotte, Alain de Boissieu ou Louis Mitelberg – dessinateur bientôt célèbre sous le pseudonyme de Tim –, des 186 évadés français qui demandent à rallier Londres et s’embarquent en août 1941 en mer Blanche sur l’Empress of Canada.

Le 9 septembre 1941, il s’engage dans les Forces françaises libres (FFL) et devient Jean Brilhac, du nom de la rue qui l’a abrité à Rennes au printemps 1940 avec son épouse Monique. Il rejoint le Commissariat à l’Intérieur et se voit chargé en janvier 1942 de mettre sur pied un centre de documentation politique sur la France. Il crée aussi avec Angeline de Kerguelen, au printemps 1942, un service d’écoutes radiophoniques, afin d’enregistrer les émissions de Paris, Vichy, Alger, Brazzaville et Moscou en français. En avril 1942, il est désigné secrétaire du Comité exécutif de propagande tout juste constitué, avant de se consacrer à la liaison documentaire et politique avec la résistance intérieure, comme chef du service de diffusion clandestine en France. En 1944, il occupe également les fonctions d’officier de liaison de la France libre auprès de la BBC.

Après la libération de Paris, par l'entremise de Jean-Jacques Mayoux, délégué à l’Information pour la zone Nord, Jean Brilhac est mis en contact avec Marcel Koch, créateur à Alger, dès la fin 1942, d’un service de documentation et d’étude, et porteur d’une conception neuve de la documentation d’État. Tous deux sont à l’origine de la Documentation française, dont Jean-Louis Crémieux-Brilhac devient tour à tour sous-directeur, directeur-adjoint puis directeur, de 1969 à 1982.

Une autre ligne de force de son parcours concerne la politique scientifique française, qu’il s’attache à moderniser dans les années cinquante aux côtés de Pierre Mendès France, dont il est le proche conseiller. Organisateur en 1956 et 1966 des colloques de Caen sur l’enseignement supérieur et la recherche, il est l’animateur, avec Jacques Monod et André Lichnerowicz, du Mouvement pour l’expansion de la recherche scientifique.

Conseiller d’État de 1982 à 1986, Jean-Louis Crémieux-Brilhac se voue, la retraite venue, à l’écriture de l’histoire, qui l’a toujours passionné, enchaînant les ouvrages de référence, parmi lesquels Les Français de l’an 40 (1990), La France libre (1996) ou Prisonniers de la liberté : l’odyssée des 218 évadés par l’URSS (2004). Il consacre en 2010 une biographie à son ami Georges Boris, compagnon au long cours depuis Londres, et travaille jusqu’à son dernier souffle, amassant en vue d’un nouveau livre d’importants matériaux sur la France libre et les Juifs et préparant le récit posthume de deux moments intenses de son existence : la défaite de 1940 et l’espoir porté par la France libre.

Celui qui dans un courrier se définissait avec modestie comme « ancien membre des FFL, ancien directeur de la Documentation française, devenu historien sur le tard » est décédé à Paris le 8 avril 2015.

Entrée et conservation

Modalités d'entrée

Don de ses enfants Françoise Waynberger, Claude Crémieux et Pierre Michel Crémieux (septembre 2015)

Sources et références

Documents de même provenance

  • Archives du Service de diffusion clandestine en France du Commissariat national à l'Intérieur (F/1a/5206-F/1a/5221)
  • Procès-verbaux du Comité exécutif de propagande chargé de donner des directives aux postes clandestins et aux émissions de la BBC contrôlées par la France libre ; documents sur Radio-Gaulle et le poste Honneur et Patrie (49Mi/1)
  • Documents préparatoires de l'ouvrage de Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Ici Londres. Les Voix de la Liberté : programmes d'émissions, slogans et chansons (72AJ/227-72AJ/229)

Sources complémentaires

Compte tenu de l'ampleur des thématiques se rattachant au présent inventaire, il n'est pas dressé ici un état exhaustif des fonds susceptibles de compléter les archives de Jean-Louis Crémieux-Brilhac. Peuvent toutefois être signalés pour mémoire les gisements suivants :

  • Archives numérisées du Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale relatives à la France libre (72AJ/220-72AJ/248), et notamment témoignage de Jean-Louis Crémieux-Brilhac, recueilli par Yvette Gouineau en décembre 1948 et janvier 1949 (72AJ/220, disponible dans la salle des inventaires virtuelle)
  • Archives du Bureau central de renseignements et d'action (sous-série AG/3(2))
  • Archives du Commissariat national à l'Intérieur (F/1a/3710-F/1a/3798)
  • Fonds Pierre Mendès France (sous-série 115AJ)
  • Documents relatifs au colloque de Caen de 1956 sur la recherche et l'enseignement scientifique (F/17/17510)
  • Archives de la Direction de la Documentation française, 1962-1992 (19990007/1-19990007/19)

Jean-Louis Crémieux-Brilhac a par ailleurs confié au Service historique de la Défense la documentation réunie pour la préparation de son ouvrage Prisonniers de la liberté (1 K 957).

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