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Inventaire - Cotes :

Guerre de 1939-1945. Fonds Paul Durand

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Cotes
72AJ/473-72AJ/508
Date
1935-1970
Importance matérielle
et support
 36 articles (3,15 m.l.)
Localisation physique
Pierrefitte-sur-Seine
Conditions d'accès

Communication libre.

Conditions d'utilisation

Reproduction libre, selon les modalités fixées dans le règlement intérieur des Archives nationales.

Description

Présentation du contenu

Introduction

La préparation par l'inspecteur général honoraire de la SNCF Paul Durand de son ouvrage La SNCF pendant la guerre. Sa résistance à l'occupant, publié en 1968, a été l'occasion de réunir un riche ensemble de documents sur l'histoire des chemins de fer de 1939 à 1945. Loin d’être tous exploités, ces matériaux ont rejoint en 1971 les archives du Comité d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, où ils forment un ensemble de trente-six cartons, objet de la présente numérisation. Avant d’en souligner les thématiques essentielles, et pour en mesurer la valeur, il n’est pas indifférent de voir à quelles sources l’historien a puisé sa documentation.

En premier lieu, il a recouru largement aux archives de l’entreprise publique, mettant à profit sa qualité d’ancien de la SNCF, mandaté par le président Louis Armand, pour recueillir quantité de pièces ou en prendre copie.

Les documents directement prospectés sont de quatre ordres. Si la proportion d’originaux est relativement faible, certains méritent l’intérêt, tels un registre de la division du mouvement recensant des localités bombardées ou mitraillées d’août 1941 à septembre 1944, une collection de rapports journaliers des gares de la région Ouest pendant l'été 1944, ou encore le « livre de rapport » du poste de commandement de l’arrondissement de Paris-Montparnasse, où, au milieu des menus faits quotidiens, enregistrés de mai 1944 à septembre 1945, parvient l’écho des bombardements dans les départements de l’Ouest (72AJ/489-490).

D’autres pièces empruntées à la SNCF sont des minutes issues de services bien identifiés, par exemple les rapports moraux annuels du service central des installations fixes pour les exercices 1939 à 1945 (72AJ/478) ou les rapports du service central du mouvement sur la situation quotidienne à 0 heure, de juillet 1940 à avril 1942 et en août 1944 (72AJ/479-482).

Par ailleurs, Paul Durand a pu disposer des dossiers de travail de divers responsables : M. Marois, chef-adjoint du service commercial et chef de la délégation spéciale de la SNCF auprès de la Hauptverkehrsdirektion (HVD), a ainsi laissé des rapports sur les tournées d’inspection qui l’ont conduit pendant l’été 1940 dans des gares situées sur la ligne de démarcation puis dans la région bordelaise, en compagnie du docteur Schäffer, membre du service économique du Palais Bourbon. On lui doit également des comptes rendus de réunions à la HVD de Paris et des mémentos d’entretiens en 1944 avec l’adjoint au président de la HVD, l’Abteilung-Präsident Kukielka (72AJ/491). Quant à M. Leduc, ingénieur en chef du service des installations fixes et représentant des voies et bâtiments à la délégation auprès de la HVD, il a fourni les comptes rendus sommaires journaliers de l’agent de liaison SNCF-HVD, M. Halsdorf, de février à août 1944, ainsi que les mémentos de ses propres tournées pour la remise en état des installations à la fin de la guerre (72AJ/492 et 499). À cet ensemble se rattachent les papiers communiqués par l’ingénieur Brasseur, relatifs notamment à l’armistice italien ou aux attributions respectives de la SNCF et des autorités allemandes (72AJ/492).

Quatrième composante enfin des archives récupérées auprès de la SNCF, les résultats de deux enquêtes menées successivement, en 1948-1949 et en 1957, par le service de la voie et des bâtiments de la direction régionale du Sud-Est, sur les « Événements survenus au cours des hostilités 1939-1945 », essentiellement constitués de rapports classés par arrondissements (72AJ/500).

Outre ces matériaux bruts, on rencontre en abondance dans la collection des copies de documents provenant de la SNCF, transcriptions toujours dactylographiées « en forme » et portant l’en-tête des services. Certaines ont été visiblement extraites des archives de l’entreprise, comme en témoignent les cotes internes qui y ont été soigneusement reportées (72AJ/474-477). C’est le cas par exemple de procès-verbaux de conférences et d’entretiens avec les autorités allemandes, de notes du directeur général Le Besnerais ou de lettres du ministre Jean Bichelonne. Ces copies sont souvent précédées d’une note circonstanciée faisant la synthèse de l’ensemble du dossier dépouillé sous une cote donnée. D’autres ont peut-être été collationnées auprès des services eux-mêmes, tels les extraits des rapports semestriels des directions régionales ou les « relevés d’accidents, incidents et bombardements survenus dans les gares de toutes les régions SNCF », de mai à octobre 1944, émanant du service central du mouvement (72AJ/483-485).

Paul Durand, non content d’avoir réuni un corpus aussi vaste de documents « SNCF », a encore élargi le champ de ses investigations. Il a d’abord réalisé, sous les auspices du Comité d’Histoire de la Deuxième Guerre mondiale, une fructueuse enquête sur le rôle des cheminots pendant la guerre, récoltant environ deux cents témoignages écrits (72AJ/473, 495-498). Aidé par ce même comité dans ses recherches, il s’est ensuite adressé aux pourvoyeurs naturels de renseignements que sont les services d’archives départementales. Enfin, la moisson a été complétée par un important ensemble de documents remis par M. Sherrington. Cet officier britannique occupait les fonctions de secrétaire général du Railway Research Service, organisme chargé de rassembler des informations sur les transports en pays ennemi, et Paul Durand a reçu par son entremise quelques originaux et de nombreuses reproductions photographiques, où les dépêches de service, les horaires et les livrets de marche des trains côtoient les rapports journaliers, les instructions sur l’utilisation du matériel et les états de trafic (72AJ/504-508).

La matière première ainsi dévoilée suscite principalement deux axes de recherche.

Le premier, qui s’appuie sur la partie la plus fournie de la collection Durand, et la plus susceptible d’être encore exploitée, concerne dans l’acception la plus large la vie de la SNCF pendant la Seconde Guerre mondiale, et plus particulièrement les conditions d’exploitation du réseau et les relations entretenues avec les autorités d’occupation. Cette thématique, qui résulte avant tout de la collecte de documents entreprise directement auprès de la SNCF et représente près des deux tiers de la collection, se trouve illustrée de bien des manières. Les contacts avec les homologues allemands, Wehrmachtverkehrsdirektion (WVD), HVD déjà évoquée et Eisenbahnbetriebsdirektionen (EBD), retiennent évidemment l’attention (72AJ/474, 491-492 et 494), tandis que l’accent est mis sur les réquisitions, les livraisons de matériel à l’Allemagne et le paiement des travaux effectués à la demande de l’occupant (72 AJ 474-476, 491-494). On n’aurait garde par ailleurs de négliger les éclairages suggérés sur l’exploitation de l’ancien réseau d’Alsace-Lorraine ou la situation à la ligne de démarcation (72AJ/475 et 491), sur les conséquences des bombardements (72AJ/483-490 et 508 notamment) ou encore sur les questions liées au personnel, qu’il s’agisse du statut des juifs, des détachements d’agents auprès de la Reichsbahn, du STO ou des arrestations effectuées par les autorités allemandes (72AJ/477 et 498).

Le deuxième apport, moins essentiel, a trait à la perception qu’ont eue les cheminots du conflit et leur propre implication dans les événements. Le corpus de témoignages recueilli par Paul Durand est à ce titre assez significatif : les combats de 1940, la campagne des Flandres et le repliement des services ont frappé les esprits (72AJ/473), tout comme les premiers bombardements de gares (72AJ/495) ; le rôle des divers corps de métier, et en premier lieu celui des mécaniciens (72AJ/497), est mis en valeur ; la résistance enfin a sa part, au travers de récits sur le groupe Commandant Raynal et le réseau Zéro-France (72AJ/495, 496 et 498) ou l’aide fournie aux déportés lors des convois, jusqu'à l’organisation de l’évasion d’enfants juifs en gare de Fives en septembre 1942 (72AJ/498).

L’ampleur des ressources ainsi mobilisées et la variété de leurs thématiques justifiaient pleinement la numérisation du fonds Durand, autant que le souci d’assurer la sauvegarde matérielle de ce fragile ensemble. Mise en œuvre à l’occasion de la tenue de l’exposition Voix cheminotes grâce à un partenariat entre les Archives nationales, Rails et histoire et la SNCF, cette opération permettra à un large public d’accéder via Internet à des documents d’archives dont la réunion ne doit rien au hasard mais s’inscrit bien, au-delà de la publication qui en est issue, comme une première ébauche de la réflexion de la SNCF sur sa propre histoire.

Langue des documents

Français

Institution responsable de l'accès intellectuel

Archives nationales de France

Entrée et conservation

Modalité d'entrée

Fonds intégré en 1971 aux archives du Comité d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, dévolues aux Archives nationales après sa dissolution en 1980, en vertu d'une décision du secrétaire général du Gouvernement.

Historique de la conservation

Le fonds Paul Durand a fait l'objet en septembre 1971 d'un premier inventaire par les soins de J.-P. Hubert. Ce répertoire est consultable sous la cote 72AJ/705/A.

En même temps que les archives de Paul Durand, la SNCF avait transmis au Comité d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale un ensemble de documents provenant du secrétaire général du Railway Research Service, M. Sherrington. Ces pièces, sommairement décrites par F. Mercier, ont été jointes au fonds en octobre 1972.

Sources et références

Sources complémentaires

Témoignages et documents sur la SNCF, recueillis par le Comité d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale (72AJ/74-72AJ/75).

Papiers de Jean Berthelot, secrétaire d’État aux Communications de septembre 1940 à avril 1942 (72AJ/414-72AJ/420).

Papiers de Jean Bichelonne, secrétaire d’État aux Communications de novembre 1942 à août 1944, et de son directeur de cabinet Pierre Cosmi (72AJ/1926-72AJ/1931).

Papiers de Paul Docquois, cheminot résistant (72AJ/2450-72AJ/2461).

Archives de l’Association Résistance-Fer (72AJ/2280-2297).

Voir les instruments de recherche de ces deux derniers fonds :

Bibliographie

Paul Durand, La SNCF pendant la guerre. Sa résistance à l’occupant, Paris, Presses universitaires de France, 1968, 666 p.

Christian Bachelier, La SNCF sous l'occupation allemande, 1940-1944. Rapport documentaire, Paris, IHTP-CNRS, 1996, 1534 p.

Marie-Noëlle Polino, dir., Une entreprise publique dans la guerre : la SNCF, 1939-1945, actes du VIIIe colloque de l’Association pour l’histoire des chemins de fer en France (Paris, Assemblée nationale, 21-22 juin 2000), Paris, Presses universitaires de France, 2001, 414 p., (à signaler : article de Patricia Gillet, « L’apport des archives du Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale à l’histoire de la SNCF », p. 45-50).

Marie-Noëlle Polino, éd., Les cheminots dans la guerre et l'Occupation : témoignages et récits (Revue d'histoire des chemins de fer hors série, 7), Paris, 2002, 284 p.

Voir aussi, sur le site Internet Mémoire orale de l'industrie et des réseaux (http://www.memoire-orale.org/) la collection sonore « Vie et travail au quotidien pendant la Deuxième Guerre mondiale : mémoire et récits de cheminots », corpus de témoignages abordant tous les aspects de la vie quotidienne des cheminots et de leur famille dans la France des années 1930 aux années 1950, réalisé par l'AHICF à la demande de la SNCF.

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