Traitement en cours
Inventaire - Cotes :

Fonds Barbedienne (XXe siècle)

Haut de page
Cotes
368AP/1-368AP/8
Date
XXe siècle
Nom du producteur
Leblanc-Barbedienne, Gustave - Barbédienne, Ferdinand (1810-1892)
Localisation physique
Pierrefitte

Description

Présentation du contenu

Les papiers Barbedienne, ou plus exactement ce qui subsiste des archives de la Maison Collas-Barbedienne, ont été données aux Archives nationales en novembre 1962 par Mme veuve Leblanc-Barbedienne, belle-fille de Gustave Leblanc, lui-même neveu du fondateur de la firme.

Bien qu'assez incomplètes - elles ne se composent que de huit cartons - les archives Barbedienne reflètent bien l'activité de l'homme et de la Société qu'il fonda. Un premier carton fournit d'intéressantes précisions sur Ferdinand Barbedienne et son ami Achille Collas, plus méconnu ; il conserve en outre 92 lettres d'artistes, épaves rassemblées en forme de collection d'autographes, de ce qu'avaient du être avant 1870 les dossiers de clients. Le second carton résume - trop brièvement au gré des historiens - l'activité de la firme entre 1875 et 1938 tandis que l'on a rassemblé en ordre alphabétique dans les cartons 3 et 4 ce qui subsiste des contrats passés avec les sculpteurs, de Rude à Landowski en passant par Gérôme. Collection un peu artificielle où l'on s'étonnera de ne pas trouver trace de Barry et de Clésinger dont on connaît d'autre part la place qu'ils tînrent dans la production des Barbedienne.

Les quatre derniers cartons regroupent les livres comptables des années 1912 à 1955 - date de la liquidation du fonds - qui fournissent, sous l'apparence de documents que l'on classerait volontiers dans la catégorie des "archives économiques" de précieuses indications quant à l'histoire de l'art et des fortunes dans la première moitié du XX° siècle.

Historique du producteur

Né en 1810 à Saint-Martin de Fresnay (Calvados), Ferdinand Barbedienne était le fils d'un modeste cultivateur ; mis en apprentissage chez un sellier parisien à l'âge de 13 ans il entra très tôt, son maître ayant fait faillite, dans la boutique d'un papetier de la rue de l'Arbre-Sec qu'il quitta ensuite pour un magasin de papiers peints dont il devait devenir associé.

Très tôt, son goût pour les arts se développa, favorisé par l'atmosphère du romantisme naissant et affiné par la visite des musées de la capitale. C'est vraisemblablement dans le magasin de papiers peints qu'il tînt de 1833 à 1838 que Barbedienne fit la connaissance d'Achille Collas, autodidacte comme lui, mécanicien et inventeur, en 1829, d'un modèle de cylindre pour l'impression des toiles peintes et indiennes, industrie florissante qui fut, au moment où se répandait la machine à vapeur et où se développaient les techniques modernes de teinturerie, à l'origine de l'essor industriel de la banlieue parisienne. Imprimeurs sur étoffe, peintres et graveurs, sans cesse en rapports les uns avec les autres, formaient en outre un milieu ouvrier évolué à la limite du monde des arts et ce au moment où les idées libérales, souvent véhiculées par le colportage des figurines politiques, étaient en honneur.

Collas, lorsqu'il rencontra Barbedienne, en 1838, étudiait précisement depuis une dizaine d'années un procédé de réduction mathématique des statuettes inspiré du panthographe récement perfectionné par Gatteaux qu'il appliqua plus tard aux bronzes. Le goût des hommes de 1830 pour les arts et, comme l'écrivit plus tard le journal Le Travail, "les dimensions exigües de nos demeures et de nos palais" favorisèrent la diffusion des copies puis des créations originales sorties de l'atelier Barbedienne.

Dès 1839, les deux associés obtenaient un prix à l'Exposition mais éprouvaient des difficultés qui devaient les conduire, écrit un de leurs biographes "à deux doigts de la perte" en un temps où les faillites des ciseleurs et des bronziers, malgré le montant modeste du salaire de leurs ouvriers, se multipliaient au point que l'on pouvait croire éteinte la tradition parisienne illustrée sous Louis XV et Louis XVI.

D'autres procédés, chimiques ceux-ci, permirent bientôt aux deux associés d'obtenir de nouvelles patines et des bronzes colorés grâce auxquels on put aborder les reproductions antiques en un temps où le goût des recherches archéologiques se répandait. De 1850 à 1854 les établissements de la rue de Lancry, puis du Faubourg Poissonnière obtenaient l'adjudication des bronzes du nouvel Hôtel de Ville de Paris. Quand, en 1859, Collas disparut, la maison employait près de 300 ouvriers et s'était annexée une fonderie de gros bronzes. La carrière de Barbedienne, ponctuée par les grandes expositions internationales qui lui vallurent à chaque fois une promotion différente dans l'ordre de la Légion d'Honneur - promotion qu'il obtenait à son tour pour ses principaux collaborateurs - fut à peine interrompue par le guerre de 1870 et la Commune et reprit de plus belle avec l'essor économique que la France connut aux débuts de la République, période faste du bronze d'art et de la statuaire urbaine. Seule, la grande grève qui précéda l'Exposition universelle de 1867 - à peine évoquée dans ces archives - et un procès retentissant avec le sculpteur Clésinger, posant la question importante du plagiat et des droits d'auteur, devaient interrompre l'ascension sociale du fondeur qui, à partir de cette époque traita directement avec les artistes et leur réserva un pourcentage sur la reproduction de leurs oeuvres.

Barbedienne mourut à Paris le 21 mars 1892 et fut inhumé au Père-Lachaise où l'on érigea son buste, dû au ciseau d'Alfred Boucher, deux ans plus tard. Il avait été, suivant la formule heureuse de l' Evening Telegraph de Philadelphie annonçant sa disparition "un grand artiste-artisan" doublé d'un homme d'affaire avisé qui sut comprendre les besoins et les moyens de son époque.

Son neveu et successeur, Gustave Leblanc-Barbedienne - dont proviennent la plupart des archives commerciales qui nous sont parvenues - continua de gérer une affaire qui, à la mort de son fondateur, comprenait 600 employés de tous états. Il développa la fonderie de grosses pièces, signant des contrats avec les plus grands artistes de son temps tant pour les bronzes monumentaux que pour les reproductions dont certaines furent popularisées comme prix des sociétés de tir et de gymnastique qui se multipliaient alors.

Au lendemain de la première guerre mondiale les monuments aux Morts maintinrent dans un style très particulier, le renom de la maison Barbedienne tandis que l'on continuait à répandre sur le marché les fameuses réductions pour lesquelles Collas avait obtenu, un siècle plus tôt, son brevet.

Ajouter l'inventaire
à mes favoris
Télécharger
l'inventaire en PDF
Permalien
de l'inventaire
Export XML
de l'inventaire