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Inventaire - Cotes :

Fonds de la commission des phares : registres de procès-verbaux de séances de la commission permanente

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Cotes
20090296/1-20090296/98
Date
1824-1988
Nom du producteur
Commission des phares et balises
Importance matérielle
et support
 Ce versement comprend 98 registres représentant 5 ml
Localisation physique
Pierrefitte-sur-Seine
Conditions d'accès

Librement communicable

Description

Présentation du contenu

Le fonds comporte 3 répertoires d'entrées par indexation donnant accès à l'ensemble des registres de la commission des phares et balises (20090296/1-20090396/3), 2 registres de rapports pour les années 1824 à 1832 (20090296/4-20090296/5), 93 de procès-verbaux des séances de 1824 à 1988.

Les registres de la Commission constituent des documents essentiels pour comprendre la dynamique de l'éclairage des côtes de France, depuis le projet fondateur de Fresnel et de Rossel (1825), jusqu'à l'apparition de la radionavigation au début du XXe siècle. Ils sont également une source importante pour l'histoire de la navigation, ses pratiques et ses dangers. Les registres permettent de saisir, avec les précautions nécessaires à l'interprétation d'un document historique, la manière dont différentes catégories de gens de mer - commerce, pêche, cabotage - naviguaient sur nos côtes. L'évolution conjointe des systèmes techniques et des risques pris par les marins montre que l'illusion du « progrès technique » ne résiste pas à l'analyse proposée par cette source. Les débats actuels sur la sécurité maritime peuvent être enrichis par l'étude d'une source où l'offre de sécurité maritime est mise en échec par les risques pris par les marins.

La numérisation de ces 98 registres est réalisée en deux phases, dont la première, en 2011, ne concerne que les registres manuscrits cotés 20090296/4 à 42 couvrant une séquence chronologique allant de 1824 à 1923. La seconde, en 2014, porte sur la période 1924-1988. Ces registres forment également un ensemble très homogène tant matériel que typologique.

Mode de classement

Classement chronologique

Langue des documents

Français

Institution responsable de l'accès intellectuel

Archives nationales (France)

Historique du producteur

Le 29 avril 1811, une Commission est créée par une lettre du directeur général des Ponts et Chaussés, le Comté Molé, afin d'examiner un projet d'éclairage « en verres de couleurs » des côtes de l'Empire, de Flessingue à Dieppe. Cette commission est composée de neuf membres : trois savants de l'Institut, trois officiers de Marine et trois inspecteurs des Ponts et Chaussées. Cette composition tripartite est maintenue au cours du XIXe siècle. D'éminents personnages de l'histoire scientifique, technique et maritime de la France siègent à la Commission des phares, dont Augustin et Léonor Fresnel, l'ingénieur-architecte Léonce Reynaud, les hydrographes Charles-François Beautemps Beaupré, Pierre-Alexandre Givry, Paul-Edouard de Rossel, l'amiral Paris, fondateur du musée naval.

François Arago (1786-1853), physicien et professeur à l'École polytechnique, s'impose comme premier patron de cette Commission des phares qui écarte le projet proposé en 1811, mais reste chargée d'organiser l'éclairage des côtes de France. Les choses sérieuses commencent en 1819, quand Augustin Fresnel est appelé pour une série d'expériences qui conduisent à l'adoption des appareils lenticulaires. La Commission offre à Fresnel un cadre institutionnel et un poste qui lui permettent de mener à bien une innovation en rupture avec la technique éprouvée des réflecteurs. La commission élabore en 1825 un ambitieux programme d'éclairage constitué d'une cinquantaine de feux majeurs. Pour le mettre en œuvre, la Commission s'appuie sur le frère d'Augustin Fresnel, Léonor (1790-1869), qui lui succède en 1827 au poste de secrétaire.

Au cours du XIXe siècle, la Commission des phares est une instance puissante : elle joue un rôle déterminant dans la localisation des aides à la navigation et dans les politiques techniques, en particulier des sources lumineuses (huile, électricité, pétrole). Ses débats n'excluent pas les controverses, alimentées par les avis des ingénieurs, des hydrographes et des officiers de la Marine, dont les observations mettent régulièrement en cause la politique menée par la Commission. Notons qu'il faut attendre 1929 pour qu'elle accueille un officier de pont de la Marine de commerce, désigné par le comité des armateurs. La Commission est également saisie des décisions concernant les colonies françaises. De nombreux pays, dont l'Espagne et les États-Unis, mettront en place des institutions dérivées de la Commission française, dont la notoriété dépasse les frontières hexagonales.

Il existe environ 2500 aides à la navigation dans les années 1930, dont 790 phares, feux et grandes bouées lumineuses. Ce chiffre va plus que doubler jusqu'aux années 1980 avec la construction de grands équipements industrialo-portuaires (Fos, Antifer) ainsi qu'avec le développement de la plaisance à partir des années 1960. Cette période est donc importante pour saisir des moments décisifs de l'histoire de la signalisation et de la sécurité maritime.

Sur le plan des innovations techniques, dès 1925, un plan d'équipement du littoral est adopté, comprenant 37 sites de radioélectricité, dont 5 radiophares d'une portée égale à 200 milles. La Commission est au cœur de ces politiques de radionavigation maritime, puis dans les années 1970, à de la mise en place de la surveillance du trafic maritime après de tragiques catastrophes environnementales.

La commission continue tout au long du XXe siècle à se préoccuper du bâti. En particulier, après la Seconde Guerre mondiale, la Commission supervise la reconstruction des nombreux sites détruits à la fin de l'Occupation. Pour la première fois, le Service des phares fait appel à des architectes qui rebâtissent un réseau très endommagé.

Les procès-verbaux offrent enfin une vision intéressante sur l'Outre-mer. En 1933, le directeur du Service des phares, André de Rouville publie un important bilan de l'état de la signalisation de l'Outre-mer, prélude à une reprise en main par son service des politiques de signalisation maritime de ces territoires après la Seconde Guerre mondiale. La Commission sera particulièrement attentive aux conditions de transfert des phares aux anciennes colonies en route vers l'indépendance.

Accès et utilisation

Localisation physique

Pierrefitte-sur-Seine

Conditions d'accès

Librement communicable

Conditions d'utilisation

Selon le règlement de la salle de lecture

Entrée et conservation

Modalité d'entrée

Versement

Historique de la conservation

Les registres de la commission des phares et balises ont été versés aux Archives nationales en 2009 par le bureau des phares et balises (sous-direction de la sécurité maritime).

Au début des années 1990, la destruction du dépôt de Paris (Trocadéro), qui abritait depuis le Second Empire la Direction du service des Phares, a porté un grave coup à l'unité des fonds consacrés aux phares. Créée au XIXe siècle pour conduire une politique nationale de signalisation des côtes de France, cette administration du ministère des Travaux publics avait accumulé une mémoire des phares sous toutes ses formes : objets, archives, livres, plans, dessins, photographies et films. Les objets ont été répartis entre Paris (Musée National de la Marine) et Ouessant (Musée des phares) ; les archives et les plans (3 700) ont rejoint la série F/14 et la section des Cartes et plans des Archives nationales ; les photographies (30 000 tirages ou négatifs) sont conservées au Centre d'études techniques maritimes et fluviales (CETMEF) de Compiègne ; quant à la précieuse « bibliothèque » des phares, elle a été dispersée. De nombreux gisements d'archives sont également disponibles dans les Archives départementales, en particulier en Gironde (Cordouan) ou en Bretagne.

Évaluation, tris et éliminations

Pas de tri après versement, conservation intégrale.

Sources et références

Sources complémentaires

Archives nationales (site de Pierrefitte-sur-Seine).

Service des phares et balises :

F/14/10280 Phares : cartes et plans (1807-1814),

F/14/17507-17534 : Dépôt des phares : plans (XIXe-XXe siècle),

F/14/18367-18386 : Dépôt des phares : atlas, plans, cartes et photographies (XIXe-XXe siècle),

F/14/21487-21499 : Dépôt des phares : atlas, cartes, plans et photographies de ports, phares et balises (XIXe siècle).

FRAN_IR_050620 : Répertoire méthodique des archives du Service des phares et balises (1685-2000)

École nationale des ponts et chaussées.

Le fonds ancien de la bibliothèque des Ponts et Chaussées comporte d'importantes sources relatives à la signalisation maritime (ouvrages généraux, construction des phares, techniques d'éclairage, signaux sonores, balisage et bateaux, etc).

Voir en particulier le site de référence élaboré par l'ENPC : bibliothequedesphares.fr

Musée des phares et balises d'Ouessant.

La collection du musée compte environ 800 objets et retrace l'ensemble des évolutions techniques réalisées depuis plusieurs siècle en matière d'éclairage et de signalisation maritime. La majeure partie de la collection provient de l'ancien musée installé depuis l'exposition universelle de 1878 au dépôt central des phares et balises au Trocadéro, à Paris. Jusqu'à sa fermeture en 1955, ce musée présentait des spécimens de divers appareils d'éclairage conservés dès  le début du XIXe  siècle par le service des Phares. Le reste de la collection est issu de dons et d'acquisitions divers (Phare du Créac'h ; Société Nationale de Sauvetage en Mer d'Ouessant, dépôts d'archéologie sous-marine). Elle comporte également des témoignages sur la construction des phares et la vie des gardiens. Cette collection unique, dont une partie est  présentée au musée de la Marine à Paris, se compose également  de matériel de balisage et de modèles réduits.

Archives départementales.

Les services d'archives des départements du littoral conservent des sources complémentaires sur le balisage des côtes principalement dans la série S et dans les versements des subdivisions des phares et balises. Ces dossiers concernent principalement la construction, la reconstruction, l'équipement, l'entretien et la réparation, l'éclairage, le fonctionnement et la modernisation, le renforcement ou le déclassement des phares, fanaux, feux et balises, tourelles, bouées, signaux, logements de gardiens, dépendances, citernes...

Voir en particulier l'exposition virtuelle « Phares et balises » sur le site des Archives départementales du Finistère : http://www.archives-finistere.fr.

Autres instruments de recherche

F/14/20839 : Organisation de la commission des phares et balises (XIXe-XXe siècle).

Commission des phares et balises : registres des procès-verbaux de séances (1945-1988). Répertoire numérique du versement 19910307.

Bibliographie

Vincent GUIGUENO, « La commission des phares (1811-1825), naissance d'une politique nationale de sécurité de la navigation maritime », Pour Mémoire. Revue du ministère de l' É cologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, n° 10, p. 9-22, hiver 2011-2012.

Salle de lecture de Pierrefitte-sur-Seine

 

Les 27 et 28 juillet, 3 et 4 août, il ne sera pas possible d'obtenir la communication ou de faire la réservation d'archives des ministères de l'Éducation, de la Jeunesse & des Sports, des Affaires sociales et des Beaux-Arts.

Jusqu'au 1er septembre, la communication et la réservation des archives des ministères de l'Intérieur, de la Justice, de l'Outre-Mer et de la Coopération, ainsi que des ministères de l'Éducation, de la Jeunesse & des Sports, des Affaires sociales et des Beaux-Arts (notamment les dossiers des musées nationaux), seront interrompues à partir de 12h.

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