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Fonds d'archives

sous-série AJ/19 : Garde-Meuble

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Titre :
sous-série AJ/19 : Garde-Meuble
Dates :
1807-1934
Niveau de description :
fonds

Histoire administrative/notice biographique

Héritier d'institutions remontant au Moyen Âge et réorganisé en 1663 par Louis XIV et Colbert, le Garde-Meuble (ou mobilier de la Couronne) est un service appartenant à la maison du souverain - empereur ou roi - jusqu'en 1870, hormis la courte période révolutionnaire (1792-1804). Ses missions sont de fournir et entretenir le mobilier des résidences du souverain, depuis les meubles à usage direct du celui-ci et de son entourage jusqu'au plus minime objet relevant des cuisines ou des écuries, en passant par le mobilier spécifique des fêtes.

Durant les périodes républicaines, le Garde-Meuble est rattaché soit au ministère de l'Intérieur (1792-1804), soit au ministère des Travaux publics (1848-1851, 1870-1881, 1890-1895) , soit au ministère de l'Instruction publique, direction des Beaux-Arts (majoritairement après 1870). Ses missions sont alors élargies à la fourniture de mobilier pour les ministères et les administrations publiques nationales. Au sein des Beaux-Arts du ministère de l'Instruction publique, le Mobilier national dépend d'abord, en 1882-1889, de la direction des Bâtiments civils, rattachement en lien avec la fourniture de mobilier aux palais nationaux et autres bâtiments publics nationaux. Ce qui explique qu'il suive ceux-ci aux Travaux publics.

Après son retour aux Beaux-Arts en 1896, le Mobilier national appartient de façon durable, au niveau de la direction des Beaux-Arts, au bureau des « Théâtres, conservation des Palais et Mobilier national » (1896-[1929]). Cependant, il garde un fort lien avec les bâtiments civils et palais nationaux, comme le montre sa position dans l'Almanach, pour la rubrique des services extérieurs des Beaux-Arts, qui le situe dans la mouvance des bâtiments civils et palais nationaux.

À partir de 1930, le renouveau de la vocation du Mobilier national comme soutien à la création artistique dans le domaine du mobilier se marque par son insertion dans un bureau de « l'enseignement, des manufactures et du Mobilier national ». Cette option se confirme dans les années 1934-1936 par son inclusion dans un bureau des « travaux d'art, musées, expositions et Mobilier national ». En 1936, cependant, le Mobilier national retourne au bureau de « l'enseignement et des manufactures nationales » et, en 1937-1938, il se voit rattacher les manufactures nationales de Beauvais, des Gobelins et de la Savonnerie (décrets des 11 février 1937 et 1er novembre 1938). Le Mobilier national appartient, ensuite, à la direction des arts et lettres (DAL), créée en 1944 au sein de l'Instruction publique et qui absorbe le bureau des enseignements.

Comme avant 1870 au sein de la maison du souverain, cependant, le Mobilier national garde une relative auto­nomie.

Lors de la création du ministère de la Culture, en 1959, le Mobilier national forme l'un des trois bureaux de la direction générale des arts et lettres (DGAL), successeur de l'ancienne DAL. En 1962, à la suite d'une réorganisa­tion la DGAL, il s'insère dans le service de la création artistique puis, de 1979 à 1981, il est directement rattaché au cabinet du ministre. Mais en 1982, il rentre sous la tutelle de la Délégation aux arts plastiques (DAP), qui ressuscite l'ex-DGAL, et constitue un des éléments du Centre national des arts plastiques (CNAP), établissement public administratif (EPA) constitué cette même année 1982. Tout en restant rattaché à ces deux structures, aujour­d'hui toujours en place, le Mobilier national a reçu depuis le statut de service à compétence nationale par un décret du 1er janvier 2003. Ce statut confirme une ancienne autonomie de fait, notamment géographique, par rapport à l'administration centrale des Beaux-Arts, justifiée par la charge d'objets matériels (stockage, répara­tions, commandes).

Notices des producteurs d'archives

  • Maison de l'Empereur : intendance générale (1804-1815).
  • Ministère de la maison du roi : intendance particulière (1814-1825) ; direction des Beaux-Arts (1825-1830) ; intendance générale (1830-1848).
  • Ministère des Travaux publics : direction des Bâtiments civils et Palais nationaux, service des magasins (1848-1851).
  • Ministère d'État et de la maison de l'Empereur : maison de l'Empereur, domaines de la Couronne (1852-1863).
  • Ministère de la maison de l'Empereur et des Beaux-Arts : maison de l'Empereur, domaines de la Couronne (1863-1870).
  • Ministère des Travaux publics : direction des Bâtiments civils (1870-1881 ; 1890-1895).
  • Ministère de l'Instruction publique : sous-secrétariat d'État, direction ou division des Beaux-Arts, bureaux divers (1881-1890 ; 1896-1959)

Historique de la conservation

Versements du Garde-Meuble, 1936 (cotes AJ/19/1 à 995) ; de la direction générale des arts et lettres du ministère de l'Instruction publique, 1956 (cotes AJ/19/996 à 1195) et non datés (cotes AJ/19/1196 à 1201). Certains articles d'AJ/19 ont été transférés en O/3 et AJ/37 ; d'autres articles, en raison de la nature factice de la sous-série, sont encore susceptibles d'être transférés, notamment vers la série O.

Installé au 103 du Quai d'Orsay, le Mobilier national, qui va bientôt recevoir la gestion des manufactures nationales de tapisserie, se transfère en 1936 au 1 de la rue Berbier-du-Mets dans un immeuble conçu par Auguste Perret. C'est au moment de ce déménagement que s'effectue aux Archives nationales un versement de registres anciens qui sont cotés en AJ/19. Le choix d'une cotation dans la série AJ - en principe réservée aux archives internes « d'établissements » nationaux (établissements d'enseignement, de spectacle, de santé, etc., tels l'École nationale supérieure des beaux-arts, l'Opéra de Paris ou l'Asile de Charenton) - est archivistiquement injusti­fiée pour des documents provenant d'un service d'administration « centrale », bien que celui-ci possède des locaux géographiquement séparés de sa direction ministérielle (la direction des Beaux-Arts étant établie au 3 rue de Valois depuis 1871). Ces registres auraient dû être cotés, selon leur période de constitution, dans les sous-séries O/2 à O/4 (maison du souverain) et F/21 (versements de la direction des Beaux-Arts du ministère de Instruction publique), où l'on trouve la majeure partie des archives du Garde-Meuble ou Mobilier national.

Le versement fait en 1956 par la direction générale des arts et lettres du ministère de l'Instruction publique confirme cette analyse : il concerne, en effet, des registres datant des débuts du Second Empire aux années Trente, laissés rue de Valois, lors de la réorganisation de la direction des Beaux-Arts du ministère de l'Instruction publique, en 1944. À cette date, sont créées les deux directions de l'architecture et des arts et lettres. Or, la direction de l'Architecture, qui reste rue de Valois, a perdu depuis longtemps la gestion du Mobilier national : elle verse donc aux Archives nationales les registres anciens provenant du Mobilier national qui est alors rattaché à la direction des Arts et Lettres, dont les bureaux sont partis rue Saint-Dominique. Ces registres, augmentés de ceux produits par le Mobilier national après 1896, vont à leur tour rejoindre la sous-série AJ/19, au lieu d'intégrer la sous-série F/21, qui aurait été leur point d'accueil naturel.

Les six derniers registres cotés en AJ/19 proviennent eux aussi de versements de la direction des Beaux-Arts du ministère de l'Instruction publique et semblent avoir été dissociés des autres articles, cotés en F/21, en raison de leur complémentarité avec les registres déjà présents en AJ/19, ainsi que l'explique S. Nicolas, qui les a invento­riés en 1982, dans une note en tête de la page d'inventaire qu'elle leur consacre.

Modalités d'entrée

versement

Description

La présentation de la sous-série AJ/19 qui suit, sous forme de tableau méthodique, s'appuie sur les données fournies par les inventaires actuellement disponibles. Cependant, à l'occasion de la préparation de certains registres pour microfilmage ou reliure, on s'est aperçu que certaines analyses - surtout pour les cotes AJ/19/1 à 995 - étaient en partie erronées, pour les fourchettes de dates ou même pour la description du contenu (par ex. : « correspondance » au lieu « d'inven­taire » ou mention de « sorties » à ajouter à « l'inventaire »). Quand cela a été possible, on a corrigé les analyses fautives mais de nombreuses approximations demeureront tant que l'inventaire de la sous-série n'aura pas été entière­ment repris. Dans l'ensemble du tableau, le terme de « meuble » s'entend comme celui de « matériel » : il peut s'agir aussi bien de vrais meubles (tables, chaises, bureaux etc.) que de linge ou ustensiles divers.

Pour plus d'informations, consulter l'état général ci-joint
AJ19_2010.pdf

Conditions d'accès

Communicables selon les articles L.213-1 à 213-7 du Code du patrimoine et sous réserve des restrictions imposées par l'état matériel des documents.

Conditions d'utilisation

Reproduction selon le règlement en vigueur aux Archives nationales.

Sources complémentaires

Autres parties du même fonds :

Archives nationales :

  • La majeure partie des archives du Garde-Meuble (ou Mobilier de la Couronne) rattaché à la maison du souverain se trouve dans les sous-séries O/1 à O/5 (maison du roi ou maison de l'Empereur) et, incidemment, F/70 (Ministère d'État). Des sondages, en effet, ont permis de constater que tant dans les sous-séries de O que dans la sous-série AJ/19, on retrouve des registres parfaitement complémentaires. Ainsi, pour les Tuileries en 1807, le registre coté AJ/19/140 est-il le brouillon du registre O/2*/675 ; pour Saint-Cloud en 1807, les registres AJ/19/292 et O/2*/731 sont au départ semblables, même si le registre AJ/19/292 a été tenu à jour ; pour Saint-Cloud, encore, en 1818, les registres O/3*/2071 et AJ/19/296 sont les mêmes, ce dernier étant le brouillon du premier ; enfin, pour les Tuileries en 1818, on trouve la même main dans les registres O/3*/2008 et AJ/19/149.
  • Pour l'époque révolutionnaire après la chute de la monarchie (septembre 1792), voir la sous-série F/17 (Instruction publique).
  • Pour les périodes républicaines (1848-1851 et après 1870), il faut voir la sous-série F21 (Beaux-Arts).
  • Se reporter aussi aux versements 19880465, 19900424, 19900425 et 19960366.

Mobilier national (rue Berbier-du-Mets) :

  • Sont conservés : quelques épaves de papiers XIXe s. (après 1848) ; des archives de plus d'ampleur postérieures à 1900, relatives notamment au budget, à la comptabilité, au personnel (traitement) et à la « marche du travail » (fournitures, entrées et sorties, entretien etc.) ; des plans et maquettes, pour le XXe s. S'ajoutent à cet ensemble d'importantes archives pour les manufactures de Beauvais et des Gobelins (XVIIIe-XXe s.) et des épaves pour la Savonnerie.

Archives d'autres producteurs en relation :

  • - Archives nationales, pour les manufactures et les expositions universelles, compléter la recher­che par la consultation de la sous-série F/12 (Commerce et Industrie).

Sources complémentaires sur le plan documentaire .

Archives nationales (Archives privées) :

  • fonds 497 AP provenant des Duvivier, administrateurs de la Savonnerie de 1743 à 1826.
  • fonds 531 AP provenant de G. Janneau, administrateur du Mobilier national dans l'entre-deux-guerres.
  • fonds 535 AP provenant des frères Perret, constructeurs du nouvel immeuble du Mobilier national rue Berbier-du-Mets en 1934.
  • Archives nationales (Paris) : sous-série F/21 (Beaux-Arts) : F/21/3982/A ; 3983 (d.16, c) ; 4711.
  • Au Mobilier national : cotes MM 1021 ; MM 1027.

Bibliographie

J.-P. Mothiron, Archives du ministère de la Culture et de la Communication : état des sources d'archives du ministère, Archives nationales, 1991.

- Site Internet du Mobilier national : mobiliernational.culture.gouv.fr/

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