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Fonds d'archives

DOLTO (Françoise). 752AP.

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Titre :
DOLTO (Françoise). 752AP.
Dates :
XXe siècle
Niveau de description :
fonds

Histoire administrative/notice biographique

Françoise Dolto, née Marette (1908-1988) est une pédiatre et psychanalyste reconnue pour avoir appliquée la cure analytique aux enfants. Auteur d’une œuvre clinique importante, notamment à travers l’analyse de cas, elle utilise et interprète notamment les dessins d’enfants pour les soigner. Proche de Jacques Lacan, elle participe à partir des années 1950 aux multiples scission du mouvement psychanalytique français, avant de s’engager dans la vulgarisation dans les années 1970. Rendue célèbre du grand public après 1976 par son Lorsque l’Enfant paraît sur France Inter, sa méthode et ses résultats suscitent des controverses et des malentendus.

Issue d’une famille bourgeoise de l’ouest parisien, Françoise Marette est la fille d’Henri Marette, ingénieur polytechnicien, et de Suzanne Demmler, issue d’une famille d’ingénieurs et d’industriels, dont le plus célèbre fut Eugène Secrétan (1836-1899), capitaine d’industrie dans le cuivre et l’électrométallurgie, et grand collectionneur d’œuvres d’art.

Après une éducation catholique, monarchiste et traditionnelle, Françoise Marette, quatrième enfant d’une famille de sept, n’est pas destinée par ses parents à suivre un cursus scolaire ou universitaire avant un mariage qui paraît d’autant plus souhaité par son milieu qu’elle est la seule fille de la famille après le décès de sa sœur Jacqueline en 1920.

De 1925 à 1929, elle prend des cours de céramique, de faïence, de moulage, de dessin et pratique la musique et l’écriture personnelle. Désireuse de s’émanciper par elle-même, elle entre en 1929 à l’école d’infirmières de la Croix-Rouge (hôpital-école des Peupliers) et obtient son diplôme l’année suivante. Contre la volonté de sa mère, elle s’inscrit avec son jeune frère Philippe en 1931 en P.C.N. (certificat d’études de sciences physiques, chimiques et naturelles), année préparatoire aux études de médecine qu’elle entame en 1932.

Après une rupture de fiançailles en février 1934, Françoise Marette affronte une phase dépressive qui la conduit à expérimenter ce qui est alors une pratique à la mode dans les milieux aisés : la cure psychanalytique. Durant trois ans, jusqu’en mars 1937, elle accomplit une analyse avec René Laforgue (1894-1962), l’un des premier psychanalyste à exercer en France, tout en se spécialisant peu à peu dans la psychiatrie infantile (stage d’externat en 1936 dans le service du Dr Heuyer, à l’hôpital de Vaugirard, second stage d’externat à l’hôpital des Enfants-Malades dans le service du Dr Darre). Françoise Marette est élue membre adhérant à la Société Psychanalytique de Paris en 1938, six mois avant Jacques Lacan. Inscrite en thèse avec le Dr. Edouard Pichon, elle publie et soutient sa thèse de médecine en juillet 1939 sous le titre Psychanalyse et pédiatrie. Le complexe de castration. Étude générale. Cas cliniques. Réquisitionnée pour effectuer des visites sanitaires de petits Parisiens, réfugiés dans des villages d’Île de France, elle poursuit cette activité pendant les hivers de 1940 et 1941.

Jeune docteure en médecine, Françoise Marette inaugure en septembre 1940, à titre expérimental, au sein de l’hôpital Trousseau à Paris, dans le service de neuropsychiatrie, des consultations pychanalytique pour enfants. Elle assure cette consultation jusqu’en 1978, et accueille des psychanalystes en formation dès 1955.

En février 1942, elle se marie avec un réformateur de la kinésathérapie, d’origine russe, Boris Dolto dont elle aura trois enfants, Jean-Chrysostome, dit Carlos (1943-2008), Grégoire (né en 1944) et Catherine (née en 1946). En décembre 1942, Françoise Dolto est engagée à participer à la création d’un « Centre de la mère et de l’enfant », conçu par la FFEPH (Fondation française pour l’étude des problèmes humains), sous l’égide d’Alexis Carrel, soutenue par le régime de Vichy. Ce projet de recherche ne sera jamais opératoire.

Après la guerre, son activité se diversifie dans des lieux multiples : exerçant comme psychanalyste pour adulte à titre privé dans son cabinet de la rue Saint-Jacques où elle demeure avec sa famille, Françoise Dolto exerce dans de nombreuses institutions avec les enfants. En plus de l’hopital Trousseau, elle consulte à la polyclinique Ney à la demande de Jenny Aubry, au Centre médico-psycho-pédagogique Claude-Bernard à partir de 1947, et enfin au centre médico-psycho-pédagogique (CMPP) Étienne-Marcel de 1964 à 1981.

S’adressant à des publics aussi divers que celui du périodique féminin Femmes françaises dès 1946 ou de la revue Études carmélitaines, Françoise Dolto prend peu à peu sa place dans les débats théoriques qui agitent et divisent le mouvement psychanalytique français, en participant, contre la Société psychanalytique de Paris, à la fondation en 1953 de la Société française de psychanalyse avec Daniel Lagache et Jacques Lacan. En 1960, elle expose un rapport sur la sexualité féminine lors du congrès international d’Amsterdam qui lui donne une place décisive dans ce qui est en train de devenir l’école lacanienne.

Soucieuse de vulgarisation, elle participe en décembre 1962 à la création du secrétariat du Père Noël de la Poste, alors que son frère Jacques Marette est ministre des PTT.

En 1964, elle est membre fondatrice de l’École freudienne de Paris, sous l’égide du même Jacques Lacan. Elle y donne jusqu’en 1980 des cours et des séminaires sur la psychanalyse d’enfants.

Son activité éditoriale se déploie après 1971, avec la réédition aux Editions du Seuil, dans la collection « Le Champ freudien », animée par François Wahl, de sa thèse Psychanalyse et pédiatrie. Le Cas Dominique (1972) rencontre un grand succès dans le public : engagée fortement pour la « cause des enfants » et des adolescents, elle créée et anime sur France Inter, de 1976 à 1978, avec Jacques Pradel et sa fille Catherine Dolto, l’émission quotidienne Lorsque l’enfant paraît, traitant en direct les milliers de cas que le grand public lui soumet sous forme de correspondances. Conformément à son désir d’expérimentation, elle participe en 1979 à la création de la première « Maison verte » à Paris (lieu d’accueil et d’écoute pour les tout-petits de 0 à 4 ans en présence des parents et d’un analyste).

Cet engagement social et médiatique lui vaut des critiques de la part du milieu psychanalytique, d’autant qu’elle s’aventure à confronter la foi à l’analyse ( L’Évangile au risque de la psychanalyse, 1977) tout en transformant son œuvre clinique en conceptualisation théorique ( Au jeu du désir, 1981) : elle forge notamment le concept décisif d’ « image inconsciente du corps » (Editions du Seuil, 1984). Après la mort de son mari en 1980, elle multiple les interventions sur la scène publique, jusqu’à son décès en août 1988. Au lendemain de sa mort en 1989, le livre Paroles pour adolescents ou le complexe du Homard, rencontre un succès éditorial sans précédent.

En 1989, ses élèves et disciples se regroupent dans l’association « Archives Dolto » : avec l’accord de sa fille, ils assurent la transmission de ses documents et papiers de travail, tout en promouvant son œuvre en France et à l’étranger par la publication de textes inédits et l’organisation de colloques et de conférences.

Modalités d'entrée

Dépôt, 2015.

Description

Fonds en cours de classement.

Conditions d'accès

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Conditions d'utilisation

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Langue des documents

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