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Fonds d'archives

CARNOT (Lazare et Hippolyte). 108AP.

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Titre :
CARNOT (Lazare et Hippolyte). 108AP.
Dates :
1784-1887
Niveau de description :
fonds

Histoire administrative/notice biographique

Fils d’un notaire bourguignon, Lazare Carnot (1753-1823) est admis à l’École royale du Génie de Mézières en 1771. Malgré son intelligence et les soutiens dont il dispose, il connaît une ascension difficile, en raison de sa naissance : lieutenant en 1773, il n’a que le grade de capitaine en 1789. En pleine période de réaction nobiliaire, il cherche dans la réflexion un dérivatif aux entraves de sa carrière militaire. En 1783, il publie un essai sur les machines en général. L’année suivante, il reçoit le premier prix de l’Académie de Dijon pour son éloge de Vauban. Ce texte qui dénonce le despotisme, l’oisiveté et l’inégalité sociale, lui vaut quelques déboires avec sa hiérarchie. Homme des Lumières pris dans le carcan de l’Ancien Régime, Carnot accueille favorablement la Révolution.

En 1791, il est élu député du Pas-de-Calais à l’Assemblée législative, et se spécialise dans les affaires militaires. Réélu à la Convention en 1792, il devient peu à peu l’un des personnages les plus influents de la Ière République. Réputé pour ses qualités de représentant du peuple en mission, notamment auprès de l’armée du Rhin et des Pyrénées, il est appelé à siéger au Comité de Salut public le 14 août 1793, malgré la méfiance de Robespierre. Il se charge alors plus particulièrement des opérations militaires et, à l’heure où la République est menacée de toutes parts, il théorise et organise un nouveau modèle de combat : la guerre de masse. Il obtient le décret de la levée en masse le 16 août 1793, et va former les armées nouvelles avec Robert Lindet et Prieur de la Côte d’Or. Il rédige lui-même le fameux décret du 23 août 1793 : « Dès ce moment, jusqu’à celui où les ennemis de la République auront été chassés du territoire de la République, tous les Français sont en réquisition permanente pour le service des armées ».

Théoricien, il n’hésite pas pour autant à prendre part aux opérations : le 16 octobre, il est à Wattignies lorsque les soldats de l’an II remportent une bataille décisive contre les Autrichiens. Dans les mois qui suivent, le danger d’invasion est progressivement écarté, et la victoire de Fleurus (26 juin 1794) illustre la puissance de la République. Carnot gagne alors le surnom d’ « Organisateur de la victoire » contre les armées coalisées et compose 14 armées formées de jeunes gens, fait participer femmes et vieillards à l’armement et à la défense de la patrie.

Carnot participe au complot qui renverse Robespierre le 9 thermidor. Inquiété un moment, il poursuit sa carrière : membre de l’Institut dès sa création (octobre 1795), il est élu député de la Sarthe au Conseil des Anciens, puis devient Directeur. Mais son indécision lors du coup d’état royaliste du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) le met dans une situation délicate : il s’enfuit en Suisse. Il regagne Paris en janvier 1800, pour servir Bonaparte, son ancien protégé. Nommé ministre de la guerre en avril 1800, il démissionne dès octobre. Le parcours de Carnot est alors chaotique : il est député du Tribunat de 1801 à 1807, gouverneur de la place forte d’Anvers en 1814, ministre de l’Intérieur lors des Cent-Jours.

Carnot s’adonne à la poésie, faisant partie de Rosati d’Arras, depuis 1786, avant même qu’il soit élu député du Pas-de-Calais. Cette société de poètes admirait entre autre, comme Carnot, le poète persan Saadi, ce qui influença Lazare dans le choix du prénom Sadi pour son fils aîné, mort prématurément, et créa la tradition de ce prénom dans la famille. Pendant cette période, il continue son œuvre scientifique, avec des intérêts les plus divers comme l’hydraulique, l’algèbre, la chimie. Il publie ses importantes Réflexions sur la métaphysique du calcul infinitésimal (1797), et fait paraître en 1803 les Principes fondamentaux de l’équilibre et du mouvement, qui exerceront une influence durable sur la physique mécanique. Il compose par ordre de l’empereur pour l’instruction des élèves du corps du Génie : De la Défense des places fortes en 1810. On recense environ 108 titres d’ouvrages théoriques scientifiques ou d’application militaire écrits et édités par Carnot, sans compter les projets d’ouvrage non édités.

Réfugié en Allemagne, à Magdebourg, après Waterloo et l’abdication de Napoléon Ier, Lazare Carnot finit sa vie en exil. Ses cendres seront transférées au Panthéon en 1889, alors que son petit-fils Sadi Carnot est président de la République.

Son second fils, Hippolyte Carnot (1801-1888), avocat et publiciste, a hérité du républicanisme de son père et l’a suivi en exil jusqu’en 1823. Il partage les idées saint-simoniennes et participe à la Révolution de 1830. Élu député en 1839, il considère la république comme un idéal lointain. En 1847, dans les Radicaux et la Charte, il limite ses requêtes à la responsabilité ministérielle et à une réforme électorale pendant le suffrage universel. En 1848, il devient ministre de l’Instruction : il entend faire des instituteurs ruraux les propagandistes de l’idée républicaine, crée une éphémère École nationale d’administration et introduit l’enseignement agricole à l’école primaire, qu’il voulait gratuite, obligatoire, voire laïque. Mais début juillet 1848, tenant cette dernière proposition comme trop avancée, l’Assemblée constituante obtient sa démission. Élu député de Paris en mars 1850, lors de partielles qui effraient le parti de l’Ordre, il participe avec Victor Hugo et Victor Schoelcher au comité qui souhaite soulever Paris contre le coup d’État de 1851 et doit s’exiler. Réelu en 1852 et 1857, il démissionne plutôt que de prêter serment à l’empereur. Il ne participe à la vie parlementaire que sous l’Empire libéral, après son succès de 1864, et soutient le programme décentralisateur des oppositions et les projets de Victor Duruy. En 1869, il est battu par Gambetta, puis par Rochefort. Réelu en 1871, devenu sénateur inamovible en 1875, il représente toutefois une génération de républicain qui s’efface au moment où la République se met en place. Il est le père du président Sadi Carnot.

Modalités d'entrée

Dépôt, 1955.

Dation, 2015.

Description

Le fonds Lazare et Hippolyte Carnot rassemble des papiers personnels et de papiers de fonction de ces deux hommes politiques.

Concernant Lazare Carnot on y trouve des documents relatifs à ses fonctions comme membre du Comité de Salut public, commissaire aux armées, inspecteur à l’armée du Nord (1793-1795), membre du Directoire (1795-1797), ministre de la Guerre (1800), gouverneur de la place d’Anvers (1814), ministre de l’Intérieur (1815) , mais aussi des documents relatifs à ses travaux scientifiques et littéraires.

Les documents qui se rapporteznt à Hippolyte Carnot regroupent des papiers relatifs à ses activités de ministre de l’Instruction mais aussi de parlementaire. À cela s’ajoutent les notes rassemblées par Hippolyte Carnot concernant son père.

108AP/1. Papiers Lazare Carnot. 1784-1814.

108AP/2-6. Papiers d’ Hippolyte Carnot et de Léonard Sadi Carnot, fils de Lazare Carnot. 1847-1887.

108AP/7-45. Papiers personnles et papier de fonction de Lazare Carnot. 1748-1823

108AP/46-48. Papiers rassemblés par la famille Carnot et par Hippolyte Carnot concernant son père. 1808-1935.

Conditions d'accès

108AP/1-6. Communication soumise à l’autorisation des ayants-droit.

108AP/7-48. Communication libre, selon les modalités en vigueur aux Archives nationales.

Conditions d'utilisation

108AP/1-6. Reproduction soumise à l’autorisation des ayants-droit.

108AP/7-48. Reproduction autorisée, selon les modalités en vigueur aux Archives nationales.

Langue des documents

Français

Bibliographie

Bertaud (Jean-Paul), « Carnot Lazare Nicolas Marguerite », dans Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, PUF, coll. « Quadrige »,‎ 2005, p. 189-191.

Carnot (Hippolyte), Mémoires sur Carnot par son fils, Pagnerre,‎ 1862-1863, 2 volumes.

Charavay (Étienne) (éd.), Correspondance générale de Carnot, Imprimerie nationale,‎ 1892-1907, 4 volumes.

Coulston Gillispie (Charles) et Youschkevitch (Adolf P.), Lazare Carnot Savant et sa contribution à la théorie de l’infini mathématique, Vrin,‎ 1979, 324 p.

Mourre (Michel), Dictionnaire encyclopédique d’histoire, Paris, 1996, 5 volumes, tome 1, pages 922-923.

Reinhard (Marcel), Le Grand Carnot, Hachette,‎ 1950-1952, 2 volumes.

Robert (Adolphe) et Cougny (Gaston), Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, t. 1, 1889, p. 583-586.

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