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Fonds d'archives

ANTHONIOZ (Bernard et Geneviève de Gaulle). 761AP.

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Titre :
ANTHONIOZ (Bernard et Geneviève de Gaulle). 761AP.
Dates :
1893-2001
Niveau de description :
fonds

Histoire administrative/notice biographique

Bernard Anthonioz (Genève, 1921-Paris, 1994) est un éditeur d'art et haut fonctionnaire français.

Fils de Charles Anthonioz, sculpteur, et d'Eugénie Moynat. Il fait des études secondaires au collège de Genève, puis des études universitaires à la faculté des lettres de Lyon et à la faculté de droit de Genève. Il s'engage dès 1940 comme combattant volontaire de la Résistance. De 1941 à 1946, il est secrétaire de rédaction aux éditions des Cahiers du Rhône et aux éditions des Trois Collines, à Genève. Il épouse après la guerre Geneviève de Gaulle et fait la connaissance d'André Malraux. En 1946, il devient responsable des éditions Albert Skira en France, où il édite notamment Le Musée imaginaire (1947) et La Création artistique (1948) de Malraux, dans la collection « Psychologie de l’art ».

De 1947 à 1952, il est chargé des éditions et des affiches au secrétariat national à la propagande du Rassemblement du peuple français (RPF), dirigé par Malraux. De 1952 à 1958, il est chargé de mission au commissariat au Tourisme. En tant que responsable des programmes d’édition et de documentation, il fait appel aux photographes Hélène Adam, Ina Bandy, Brassaï, Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Gisèle Freund, et aux maquettistes Jeanine Fricker et Massin. En juin 1958, il devient chargé de mission au cabinet d'André Malraux, alors ministre délégué à la présidence du Conseil (arrêté du 10 juin 1958). À partir de février 1959, il travaille à l’élaboration du ministère des Affaires culturelles avec Albert Beuret, Geneviève de Gaulle Anthonioz, Pierre Juillet, Georges Loubet et Pierre Moinot.

Bernard Anthonioz reste chargé de mission – responsable notamment de l’Architecture et des Monuments historiques – au cabinet de Malraux jusqu'en mai 1962, où il est nommé, pour quelques mois, conseiller technique au même cabinet (arrêté du 19 mai 1962). En octobre 1962, il devient chef du service de la Création artistique, qui couvre l’activité du Mobilier national et des manufactures nationales (Les Gobelins, Beauvais, La Savonnerie et Sèvres), le contrôle de la politique du 1 % artistique, les achats et commandes de l’État, auxquels est venue s’ajouter ensuite la politique sociale en direction des artistes. En 1966, il est nommé inspecteur général de la Création artistique (décret du 20 avril 1966), et en 1967, il assure la tutelle du Centre national d'art contemporain (CNAC), nouvellement créé. En 1976, il devient président de la commission d'achat du Fonds national d'art contemporain (FNAC) et secrétaire général de la Fondation nationale des arts plastiques et graphiques. Il conserve la direction du service de la Création artistique jusqu'en 1982, où il est chargé de la mise en place des vingt-deux fonds régionaux d'art contemporain (FRAC). Il part à la retraite en 1986. De 1985 à 1994, il préside la fondation La Ruche-Seydoux, et de 1987 à 1994, la fondation Gleizes.

Geneviève de Gaulle naît le 25 octobre 1920 à Saint-Jean-de-Valériscle, dans le Gard. Elle est la fille de Xavier de Gaulle, frère aîné du général de Gaulle et ingénieur des mines nommé en 1922 dans la Sarre où Geneviève passe toute son enfance. En 1935, la Sarre redevient allemande et la famille de Gaulle s'installe à Rennes.

En 1939, Geneviève de Gaulle est inscrite à la faculté d'histoire de Rennes et choisit, dès juin 1940, de résister face à l'occupation allemande, d'abord à Rennes, puis à Paris où elle arrive pour la rentrée universitaire de 1941, inscrite en licence d'histoire à la Sorbonne. Elle est hébergée par sa tante, Madeleine de Gaulle. Après plusieurs missions pour la Résistance en lien avec le groupe du musée de l'Homme, elle se joint en 1943 aux partisans de Défense de la France, mouvement fondé par Philippe Viannay, et qui édite un journal du même nom. Elle devient membre du comité directeur et rédige des articles sous le pseudonyme de Gallia. À partir de 1943, elle entre dans une clandestinité totale et gère une imprimerie à la Sorbonne. Arrêtée le 20 juillet, à la suite d’une trahison, dans une librairie de la rue Bonaparte qui sert de boîte aux lettres, elle est emprisonnée durant six mois à Fresnes. Déportée en février 1944 au camp de Ravensbrück, elle survit grâce aux amitiés fortes qu’elle noue avec d’autres détenues. Himmler isole rapidement Geneviève de Gaulle dans un bunker afin de la garder en vie en vue d’un échange. Geneviève de Gaulle est libérée au mois d’avril et évacuée en Suisse où elle retrouve son père, consul général de France. Cinquante ans après sa libération, Geneviève de Gaulle écrit et publie le 1er janvier 1998 La Traversée de la nuit qui évoque sa déportation à Ravensbrück.

Lors de sa convalescence en Suisse, Geneviève de Gaulle rencontre Bernard Anthonioz, jeune éditeur d'art et ancien résistant. Leur mariage est célébré en 1946 par l'abbé Charles Journet (1891-1975), futur cardinal, qui joue par la suite un rôle important de conseiller et père spirituel auprès de Geneviève. Geneviève de Gaulle Anthonioz est membre active de l'Association nationales des anciennes déportées et internées de la Résistance (ADIR) dont elle a participé à la création, et qu'elle présidera par la suite. Elle témoigne dans les procès de criminels nazis tout en s'impliquant également aux côtés de son mari et d'André Malraux dans l'essor du Rassemblement du peuple français (RPF) fondé en 1947 par Charles de Gaulle.

En 1959, lorsque Bernard Anthonioz est chargé de l'Architecture et des monuments historiques dans le nouveau ministère des Affaires culturelles confié à André Malraux, elle le suit dans ces nouvelles fonctions.

C'est à cette période qu'elle rencontre le père Joseph Wresinski, aumônier du bidonville de Noisy-le-Grand et fondateur en 1957 de l'association Aide à toute détresse qui deviendra le mouvement international ATD Quart Monde. Elle quitte ses fonctions au ministère et s'engage totalement avec lui auprès des familles du bidonville. Elle sera présidente de l'association de 1964 à 1998. Dans la continuité de cet engagement, elle est nommée en 1988 au Conseil économique et social où elle œuvre pendant dix ans pour l'adoption d'une loi d'orientation contre la grande pauvreté. Cette loi n'est votée qu'en 1998.

Première femme élevée à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur en 1997, Geneviève de Gaulle Anthonioz entre au Panthéon le 27 mai 2015 aux côtés de Germaine Tillion, Pierre Brossolette et Jean Zay.

Historique de la conservation

Les archives ont été conservées par la famille jusqu'à leur entrée aux Archives nationales.

Modalités d'entrée

Don de la famille Anthonioz, 2016.

Description

Fonds en cours de classement. Pour toute information, contacter le département des archives privées (dap.an@culture.gouv.fr).

Conditions d'accès

Communication soumise à l'autorisation des ayants-droit.

Conditions d'utilisation

Reproduction soumise à l'autorisation des ayants-droit.

Langue des documents

Français

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