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Fonds d'archives

sous-série 120AJ : Archives André Rousselet

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Titre :
sous-série 120AJ : Archives André Rousselet
Dates :
1953-2010
Niveau de description :
fonds

Histoire administrative/notice biographique

Né à Nancy en 1922 et mort à Paris en 2016, André Rousselet est le fils du haut magistrat Marcel Rousselet et d'Yvonne Brongniart. Sa famille s'installe à Paris dans les années 1930 mais c'est à Limoges, où elle s'est repliée du fait de la guerre, qu'il obtient son baccalauréat, option philosophie, en 1940. Il poursuit alors des études de droit, entrecoupées toutefois par 18 mois de travail physique en Allemagne, dans le cadre du STO, auquel son père avait cherché à le faire échapper. A l'issue de sa licence, il réussit le concours d'intégration à l'administration préfectorale. Il sera d'abord affecté dans l'Ariège, puis dans l'Aube, avant de prendre le poste de sous-préfet du Gers. Nommé ensuite à la Guadeloupe, il s'y forge la réputation de haut fonctionnaire incorruptible. François Mitterrand, qui est à la recherche d'un chef de cabinet à son arrivée au ministère de l'Intérieur en juin 1954, l'appelle auprès de lui place Beauvau. C'est le début d'une longue amitié entre les deux hommes. Lorsque Mitterrand est nommé à la Justice par Guy Mollet en février 1956, Rousselet le suit à la Chancellerie. Quand le général de Gaulle arrive au pouvoir en 1958, il obtient de la fonction publique de se mettre en disponibilité et commence dès lors une carrière d'homme d'affaires qui lui permettra de devenir le grand argentier des campagnes électorales de François Mitterrand. Il rentre dans un premier temps chez le constructeur automobile Simca, avant de racheter la compagnie de taxis G7 qu'il va moderniser et développer. Entre mars 1967 et juin 1968, il siège à l'Assemblée nationale comme député de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste, le parti que François Mitterrand a créé en 1965 dans le but de rassembler la gauche non communiste. A l'arrivée de Mitterrand à l'Élysée en mai 1981, André Rousselet accepte de prendre la direction du cabinet du président de la République et reste à ce poste jusqu'en juillet 1982. Il est ensuite nommé à la tête de l'entreprise Havas et crée en 1984 la première chaîne payante de la télévision française : Canal+. Après avoir dirigé cette chaîne pendant dix années, il démissionne avec fracas de son poste en 1994. Rare proche de François Mitterrand à connaître dès 1981 l'existence de sa fille Mazarine, née de sa relation avec l'historienne de l'art Anne Pingeot, il est choisi par le Président comme exécuteur testamentaire. Marié à plusieurs reprises, André Rousselet a eu quatre enfants : Évelyne, Nicolas, actuel PDG du Groupe Rousselet (ex-groupe G7), Philippe et Olivier, mort en bas âge. Il est le frère du médecin Jean Rousselet, auteur notamment des ouvrages L'Adolescent, cet inconnu (1955) ou L'Allergie au travail (1974).

Notices des producteurs d'archives

Historique de la conservation

Reçus ou produits par lui, les différents documents formant les "papiers" d'André Rousselet sont restés en sa possession jusqu'à son décès. Quelques mois après celui-ci et conformément au souhait qu'il avait formulé en ce sens, ses héritiers les ont remis aux Archives nationales.

Description

Fonds mixte, les papiers d'André Rousselet, ami et proche collaborateur de François Mitterrand sous la IVe République et plus tard à l'Élysée, renferment à la fois des documents d'archives publiques et privées. Ces papiers apportent un éclairage intéressant sur la fameuse Affaire des fuites qui ébranla le gouvernement de Pierre Mendès France peu de temps après sa formation en 1954 et dans laquelle François Mitterrand, alors ministre de l'Intérieur, fut mis en cause. Ils laissent aussi entrevoir les liens existant entre François Mitterrand et l'académicien Jean Guitton (1901-1999), qui avaient tous deux fréquenté dans leur jeunesse le "104", célèbre foyer pour étudiants des pères maristes de la rue de Vaugirard. C'est avec ce philosophe, disciple de Henri Bergson, que François Mitterrand s'entretint à plusieurs reprises de la mort et de l'au-delà au cours des années 1980 et 1990. Le dossier constitué lors de la polémique suscitée en 2001 par le général Paul Aussaresses au sujet de la pratique de la torture par l'armée française en Algérie révèle quant à lui le rôle de gardien de la mémoire mitterrandienne assumé par André Rousselet, qui répondit alors publiquement aux accusations de complicité formulées par le général en retraite contre François Mitterrand, garde des Sceaux en 1956-1957.

Évaluation, tris et éliminations

Aucune élimination.

Accroissements

Aucun accroissement.

Mode de classement

Le plan de classement distingue les archives publiques des archives privées du fonds.

Conditions d'accès

En tant qu'archives publiques, les documents conservés sous la cote 120AJ/1 sont communiqués dans les conditions fixées par les articles L213-1 à L213-3 du code du patrimoine.

Les articles 120AJ/2 et 120AJ/3, qui renferment des documents d'archives privées, ne seront librement communicables qu'à l'expiration du délai de 50 ans prévu par l'article L213-2 du code du patrimoine pour la protection de la vie privée. Ce délai est décompté à partir de la date du document le plus récent conservé dans chacun de ces dossiers. Avant l'expiration de ce délai, une autorisation de consultation peut néanmoins être accordée aux personnes qui en font la demande par le Service interministériel des Archives de France.

Quant à l'article 120AJ/4, qui contient lui aussi un document d'archives privées, il ne pourra être communiqué au public qu'à l'expiration d'un délai de 75 ans à compter de la date qui y est portée.

Conditions d'utilisation

Sous réserve des règles de réutilisation des données publiques pour l'article 120AJ/1.

Sous réserve des droits d'auteur et ayants droit, reproduction soumise à l'autorisation du Service interministériel des Archives de France pour les articles 120AJ/2 et 120AJ/3 avant l'expiration du délai de 50 ans prévu par l'article L213-2 du code du patrimoine pour la protection de la vie privée.

Libre reproduction du document de l'article 120AJ/4 à l'expiration d'un délai de 75 ans à compter de la date qui y est portée.

Langue des documents

Français

Sources complémentaires

Archives nationales - Pierrefitte-sur-Seine

AG/5(4) – Présidence de la République sous François Mitterrand.

  • AG/5(4)/2026-2034 André Rousselet, directeur de cabinet du président de la République (mai 1981-juillet 1982)
  • AG/5(4)/3118-3197, 5636-5643, 13835 Jean-Claude Colliard, directeur adjoint de cabinet (mai 1981-juillet 1982), puis directeur de cabinet du président de la République (juillet 1982-juin 1988)
  • AG/5(4)/GM/1-168 et AG/5(4)/1001-1636 Gilles Ménage, directeur adjoint de cabinet (juillet 1982-juin 1988), puis directeur de cabinet du président de la République (juin 1988-juillet 1992)

F/7 – Ministère de l’Intérieur : Police.

  • F/7/16226-16236 Dossier des Renseignements Généraux sur François Mitterrand (1945-1978).

BB/18 – Ministère de la Justice : correspondance générale de la division criminelle.

  • BB/18/4238 Dossiers de l’année 1954. Dossier consacré à François Mitterrand, alors ministre de l’Intérieur.

561/AP – Fonds Georgette Elgey.

  • 561AP/SUPPL/1 Roland Dumas. Affaires des fuites

Bibliographie

Stora (Benjamin) et Malye (François), François Mitterrand et la guerre d’Algérie, Paris, Calman-Lévy, 2010, 302 p.

Wybot (Roger),  Roger Wybot et la bataille pour la D.S.T., Paris : Presses de la Cité, 1975, 543 p.

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