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Fonds d'archives

Société nationale des entreprises de presse. 7AR.

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Titre :
Société nationale des entreprises de presse. 7AR.
Dates :
1828-1992
Niveau de description :
fonds

Histoire administrative/notice biographique

La SNEP a été créée par la loi du 11 mai 1946. Il s’agit d’un établissement public à caractère industriel et commercial. Elle a été chargée à l’origine de gérer les biens des entreprises de presse suspendues à la Libération et transférées à l’État. Ces biens devaient être ensuite pour partie attribués aux journaux issus de la Résistance, moyennant indemnisation des anciens propriétaires, le surplus restant géré par la SNEP. Ces attributions étaient soumises à la promulgation d’un statu des entreprises de presse, qui n’a jamais vu le jour. La SNEP géra donc pendant huit ans la quasi-totalité des 122 imprimeries de presse françaises. Compte tenu du nombre, de la dispersion géographique et des différents modes d’exploitation de ces entreprises, la tâche n’était pas simple.

Le rôle de la SNEP fut profondément modifié par la loi du 2 août 1954. Ce texte de compromis adoptait le principe de l’attribution des biens sans attendre le vote d’un hypothétique statut des entreprises de presse. La SNEP se trouvait désormais investie de deux missions : la liquidation des biens de la presse et, à plus long terme, la gestion d’un secteur public de l’imprimerie.

La liquidation impliquait l’attribution des biens et l’indemnisation des anciens propriétaires grâce à des contrats d’attribution. La loi, en son article 17, confiait à la SNEP la surveillance sur place des biens attribués. Elle devait en outre assurer l’indemnisation des actionnaires de bonne foi des anciens journaux, reconstituer les dossiers de carrière du personnel de ces journaux, assurer la surveillance technique des biens attribués et régler les contentieux éventuels. Cette mission, prévue pour une durée de quinze ans, était achevée pour l’essentiel en 1959.

La gestion d’un service public de l’impression visait à donner à tous les journaux, même les plus modestes, l’assurance qu’ils pourraient être imprimés dans de bonnes conditions, sans nécessairement avoir à acquérir leur propre matériel. Les décrets d’application de la loi de 1954 fixaient les six premières imprimerie appelées à constituer l’embryon de ce service public : Paris (Poissonnière), Lyon (Molière), Clermont-Ferrand (Mont-Louis), Cambrai, Châteauroux, Montbrison ; ces imprimeries ne bénéficiaient pas d’un matériel moderne et leur exploitation révélait un important déficit. Dès 1954, la SNEP prit donc d’importantes mesures de restructuration, passant d’un effectif de 140 personnes cette année-là à 21 en 1958.

Or, les imprimeries les plus modernes et les plus rentables figuraient précisément parmi les biens liquidés et attribués à d’autres journaux. Ces opérations furent même menées avec un tel succès qu’elles laissent apparaître en définitive un solde bénéficiaire important. Dans ce nouveau contexte, le maintien d’un secteur public ne présente plus l’intérêt suscité avant la répartition des biens confisqués. L’ordonnance du 4 février 1959 décide donc la mise en liquidation de la SNEP au 1er janvier 1961 au plus tard.

Mais cette décision est ajournée par une nouvelle ordonnance le 15 juin 1960, mesure confirmée par la loi de finances rectificative du 21 décembre 1963. En effet, il est apparu au gouvernement qu’il disposait avec la SNEP d’un organisme technique de coopération doté de ressources financières autonomes, et donc en mesure d’apporter une aide immédiate aux nouveaux États indépendants francophones d’Afrique noire, pour la création d’imprimeries et de journaux.

Une première série d’opérations est donc élaborée conjointement par la SNEP et le ministère de la Coopération. Il s’agit de créer un journal et une imprimerie à Madagascar et en Côte d’Ivoire, ainsi qu’une imprimerie au Niger. Pour rendre plus discrète l’aide apportée, la SNEP agira par l’intermédiaire de deux filiales, la Société nouvelle des éditions industrielles (SNEI) et la Société de financement du matériel (SOFIMA). Les fonds nécessaires proviennent à la fois du ministère de la coopération et de la SNEP. La nouvelle orientation ainsi donnée aux activités de la SNEP assure sa sauvegarde et son maintien. Mettant fin au sursis de liquidation, la loi du 22 décembre 1966 pérennise l’existence de l’établissement public.

Cependant, la période d’incertitude a été préjudiciable aux activités de la SNEP en France. Pour lutter contre la concurrence croissante des pays étrangers, il était nécessaire de moderniser les équipements du groupe SNEP et d’acquérir des positions commerciales solides. Mais ces mesures étaient difficile à prendre dans la mesure où le sort même de la SNEP était incertain. De plus, les importantes rentrées financières ont été stoppées avec la fin des procédures de liquidation. Les bénéfices cumulés ont permis à la SNEP de vivre sur sa lancée jusqu’en 1963. Puis, les déséquilibres sont apparus au grand jour : l’imprimerie Bellecour, ayant accumulé de lourds déficits, ferme ses portes ; l’imprimerie d’Alger passe aux mains de l’État algérien.

Ces difficultés entraînent une nouvelle réorganisation en 1966 : la plupart des clients potentiels étant à Paris, la nouvelle organisation repose sur une entreprise parisienne qui « sous-traiterait » certains travaux aux imprimeries de province du groupe, qui ont du mal à trouver des clients par leurs moyens propres. Pour ce faire, la SNEP obtient l’autorisation de ses autorités de tutelle d’acheter l’imprimerie Hénon, puis l’imprimerie Paul Dupont, laquelle se trouvait en liquidation judiciaire.

Mais les imprimeries du secteur privé, redoutant d’autres achats du même ordre dans l’avenir, obtiennent qu’il soit désormais interdit à la SNEP d’acquérir des participations dans des imprimeries en France métropolitaine. De plus, pour réaliser ces investissements, la SNEP a été contrainte de se défaire d’une partie de ses actifs : les petites imprimeries de Montbrison, Vervins, Domfront et Cambrai sont vendues dès 1959 ; suivent les immeubles de l’imprimerie Molière à Lyon, de l’imprimerie de Châteauroux, de l’immeuble de la rue du Mont-Thabor à Paris et de divers droits aux baux. Ces aliénations se sont poursuivies dans les années 1970 et 1980 (imprimeries Poissonnière, Tenon, Molière notamment). Parallèlement, la SNEP a réalisé la majeure partie des titres et des valeurs mobilières qu’elle détenait.

Depuis lors, le devenir de la SNEP a été souvent remis en question par les gouvernements successifs. Les perspectives de mise en liquidation ont alterné avec les périodes de reprise de l’activité. C’est finalement en 1990 que la liquidation de la SNEP a été décidée pour de bon, et confiée au Service juridique et technique de l’information (SJTI, Services du Premier ministre).

V. Dalle (1990)

La liquidation de la SNEP est terminée le 30 juin 1992.

Historique de la conservation

Cette décision a entraîné notamment l’entrée aux Archives nationales des archives de la SNEP qui ne s’y trouvaient pas déjà.

Dès 1950 en effet, des contacts avaient été établis avec la SNEP pour obtenir l’entrée des archives des entreprises condamnées à la Section des archives économiques et privées, récemment créée par Charles Braibant. Mais ces premières démarches n’eurent pas d’effet immédiat, en raison des réticences de la société à se séparer de documents qui pouvaient lui être utiles dans l’accomplissement des transferts et le règlement des passifs en cours. Une première entrée eut cependant lieu en 1953, exclusivement composé de plaques de verre et tirages papier en provenance d’agences photographiques.

La loi de 1954 et les procédures de liquidation qui suivirent, puis la cession de l’imprimerie Poissonnière, offrirent de nouvelles possibilités. En 1956, la SNEP verse aux Archives nationales les archives des journaux Le Matin, Les Nouveaux temps, et L’Œuvre, constituant le noyau des archives de presse. Parallèlement, en 1956 ou 1957, les fonds de certains journaux régionaux furent transférés aux Archives départementales : les archives de La Sarthe aux Archives départementales de ce département, celles du Petit courrier aux Archives départementales du Maine-et-Loire et celles du Petit Niçois aux Archives départementales des Alpes maritimes). Simultanément, une circulaire fut envoyée aux détenteurs d’archives de journaux parisiens ou provinciaux condamnés, ainsi qu’aux directeurs d’archives départementales, pour encourager collecte et versements. Les dossiers d’entreprises liquidées furent versés en 1958 et 1959, la SNEP étant parvenue au terme de ses missions d’après-guerre. Suivirent, en 1967, les dossiers de gestion des imprimeries.

Les archives du journal Le Matin, de la Société des éditions Lutetia ( Les Nouveaux Temps) et de L’Œuvre constituent les sous-séries 1 AR, 2 AR et 3 AR et sont conservées aux Archives nationales. Le reste des documents témoignant de la première phase d’activité de la SNEP, hormis les documents envoyés en archives départementales, forment la sous-série 7 AR. Ils ont été transférés au Centre des archives contemporaines (CAC) de Fontainebleau en 1972 et ont reçu ultérieurement le numéro de versement 19771612.

En 1990, le présent versement est parvenu à Fontainebleau. Complémentaire du versement 19771612 pour ce qui concerne les années 1946 à 1957, il apporte deux groupes de documents relatifs à l’organisation et à l’administration de la SNEP, d’une part, à ses filiales de France métropolitaine et d’outre-mer à partir de 1960, d’autre part. Un troisième versement, provenant de la liquidation de la SNEP, a eu lieu en 1992 (versement 19920621).

Modalités d'entrée

Versements, 1972-1996.

Description

19771612/1-2. Imprimerie française (123, rue Montmartre). 1929-1943.

19771612/128-218. Imprimerie Poissonnière. 1910-1956.

19771612/4-8. SNEP, courrier départ de la direction générale. 1952-1956.

19900058/1-11. SNEP, Minutiers. 1966-1987.

19900058/11-12. SNEP, conseil d’administration. 1946-1975.

19900058/13-32. SNEP, présidence. 1946-1987.

19900058/33-82. SNEP, secrétariat général. 1946-1987.

19900058/83-140. Agence comptable. 1946-1988.

19771612/9-13. Service commercial. 1948-1955.

19771612/14-24. Service immobilier. 1946-1956.

19771612/330-360. Direction technique - services d’exploitations. 1945-1956.

19771612/361-401. Service juridique. 1944-1957.

19771612/402-409. Services administratifs et financiers. 1946-1958.

19771612/410-411. Service des assurances. S.d.

19771612/412-711. Dossiers non classés concernant notamment l’agence Inter-France (19771612/414-19771612/624).

19900058/141-277. Filiales métropolitaines : généralités, filiales de gestion et de participation, imprimeries. 1828-1989.

19900058/278-311. Filiales d’Outre-mer et de l’étranger. 1959-1987.

19900058/312-353. Dossiers des journaux dont les biens étaient gérés par la SNEP. 1925-1958.

19771612/219-329. SNEP, liquidation. 1946-1957.

19920621/1-90. Liquidation de la Société nationale des entreprises de presse. 1946-1987.

20040253/1-15. Liquidation de la Société nationale des entreprises de presse (SNEP) et de ses filiales françaises et africaines. 1959-1992.

19771612/25-127. Photographies d’agences de presse françaises (surtout Trampus) et allemandes. 1915-1948.

20130057/1-4000.Plaques de verre.

Évaluation, tris et éliminations

l’entrée 20020211 a été recotée 20130057.

Conditions d'accès

Communication soumise à l’autorisation de la SNEP.

Conditions d'utilisation

Reproduction soumise à l’autorisation de la SNEP.

Langue des documents

Français

Sources complémentaires

11 AR. Fonds du Petit Parisien.

11AR/667-11AR/669. Société nationale des entreprises de presse (S.N.E.P.). 1947-1955.

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