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Fonds d'archives

LALLY-TOLENDAL (famille). 737AP.

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Titre :
LALLY-TOLENDAL (famille). 737AP.
Dates :
1755-1820
Niveau de description :
fonds

Histoire administrative/notice biographique

Les Lally-Tolendal sont une famille d’origine irlandaise, établie en France à la fin du XVIIe siècle, à la suite de la Révolution anglaise de 1688 qui entraîne la destitution du roi Jacques II. Les deux plus illustres représentants de cette famille sont Thomas Arthur (1702-1766) et son fils Gérard-Trophime (1751-1830).

Né à Romans, dans l’Isère, d’une famille originaire d’Irlande, Thomas-Arthur de Lally (1702-1766) fait carrière dans l’armée : en 1732, il est fait aide-major du régiment irlandais de Dillon, et après avoir visité l’Angleterre et 1737 et avoir effectué une mission secrète en Russie pour le cardinal de Fleury, il devient aide-major général du maréchal de Noailles. En 1744, il devient colonel d’un régiment irlandais de son nom créé pour lui ; il se distingue à la bataille de Fontenoy (11 mai 1745) ainsi qu’à Falkirk, en Écosse (janvier 1746), où il fait fonction d’aide de camp du prince Charles-Édouard Stuart, dans la tentative des Jacobites de reprendre le pouvoir. Il prend part encore en juillet 1747 à la bataille de Lauffelt (ou Lawffeld, auj. Belgique) contre les troupes combattant sous les ordres du prince d’Orange et au siège de Maastricht en avril-mai 1748, où il est fait maréchal de camp. Il reçoit la grand-croix de Saint-Louis en 1757.

En pleine guerre de Sept ans, il est envoyé en Inde par Louis XV afin d’en chasser les Anglais : il devient en 1757 gouverneur général des établissements français aux Indes. Lally arrive à Pondichéry en avril 1758. Mauvais diplomate, il entretient des relations difficiles avec la Compagnie des Indes et les autorités de Pondichéry, en particulier Duval de Leyrit. Il ne parvient pas plus à se gagner les populations locales, rejetant les alliances avec les nababs, méprisant les Hindous, qu’il qualifie de sauvages, et les cipayes. Il se brouille aussi avec son second, Bussy. Après quelques conquêtes, il échoue devant Madras (février 1759), et finit, à l’issue d’un long siège par les Anglais, par perdre Pondichéry en janvier 1761.

Fait prisonnier par les Anglais, il est envoyé en Angleterre, où il est libéré sur parole. Il souhaite en effet se rendre à Paris pour se défendre des accusations portées contre lui. Considéré comme le seul responsable de la défaite et de la perte des Indes, il embastillé sur lettre de cachet en avril 1762. Il est jugé par le parlement de Paris qui le condamne à la mort par décapitation en mai 1766. Son exécution en place de Grève, au cours de laquelle le bourreau Sanson dut se reprendre à plusieurs fois, suscite l’indignation de l’opinion publique et de Voltaire, qui prend alors sa défense. À partir de 1773, son fils, Trophime-Gérard entreprend de faire réviser le jugement. Il obtient par arrêt du Conseil du roi du 16 juillet 1778 la cassation du jugement. Le procès est renvoyé devant le parlement de Rouen, qui confirme le 12 mai 1780 le jugement de 1766. Une nouvelle décision du Conseil d’État renvoie le jugement le parlement de Dijon qui rend son arrêt le le 23 août 1783. Lally est finalement blanchi du crime de haute-trahison mais rendu responsable des autres chefs d’accusation et ne sera pas réhabilité.

 Trophime-Gérard de Lally-Tolendal (1751-1830) est le fils légitimé de Thomas-Arthur de Lally-Tolendal. Né de la relation de son père avec Félicité Crafton, il n’apprend sa filiation que le jour de la décapitation de son père (mai 1766). Après avoir fait des études au collège d’Harcourt, il suit la carrière militaire et devient capitaine en second au régiment de cavalerie-cuirassiers. Soutenu par Voltaire, il entreprend de 1773 à 1783 la réhabilitation de son père. S’il ne réussit pas complètement à laver la mémoire de son père, il acquiert une grande popularité et même le soutien du roi Louis XVI qui lui accorde en 1786 le brevet de colonel.

En 1779 il est bailli d’Étampes ; il est délégué de la noblesse aux États-généraux de 1789 pour le bailliage de Dourdan, puis membre de l’Assemblée constituante, contribuant notamment à la rédaction de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Disciple de Montesquieu et de Burke, Lally-Tolendal défend, avec Mounier, Malouet et Clermont-Tonnerre, une monarchie à l’anglaise, avec deux chambres et un pouvoir de veto absolu pour le roi. Après les journées d’octobre 1789 qui ramènent le roi et la famille royale aux Tuileries, Lally-Tolendal donne sa démission de l’Assemblée et émigre à Lausanne. Il revient à Paris en 1792, peut-être pour aider le roi, et est emprisonné le 10 août à la prison de l’Abbaye, dont il réussit à s’échapper pour fuir en Angleterre. Il s’offre pour défendre Louis XVI, qui lui préfère Malesherbes.

En Angleterre, il vit principalement des subsisdes que lui fournit le gouvernement anglais en sa qualité de petit-fils d’officier irlandais, et écrit plusieurs ouvrages : Plaidoyer pour Louis XVI (1793), Essai sur la vie de T. Wentworth, comte de Strafford, principal ministre d’Angleterre et lord lieutenant d’Irlande, sous le règne de Charles I, ainsi que sur l’histoire générale d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande, à cette époque (1795), Défense des émigrés français (1797), Mémoires de Joseph Weber [frère de lait fictif de Marie-Antoinette], (1804-1809).

Lally-Tolendal revient en France en 1814 avec la première Restauration des Bourbons et suit en exil Louis XVIII à Gand en 1814 ; le roi le nomme ministre d’État et membre de la Chambre des Pairs en 1815, marquis de Lally-Tolendal et chevalier de l’ordre de Saint-Louis en 1825. Il entre aussi à l’Académie française en 1816, où il occupe le fauteuil de Sieyès, exlu pour régicide.

Modalités d'entrée

Achat, 2012.

Description

737AP/1-737AP/3. Thomas-Arthur de Lally-Tolendal (1702-1766). 1755-1802.

  • 737AP/1. Fonctions en Inde : correspondances, délibérations. 1755-1761.
  • 737AP/2. Mémoires et pièces présentés au procès. 1762-1766.
  • 737AP/3. Condamnation et révision du procès. 1766-1802.

 

737AP/4. Trophime-Gérard de Lally-Tolendal (1751-1830). 1789-1820.

  • 737AP/4. Ministre d’État et pair de France. 1815-1829.
  • 737AP/5. Correspondance. 1793-1830.
  • 737AP/6. Papiers personnels : titres, papiers concernant la famille Lally et sa fille, mémoires et travaux historiques, factures. 1789-1840.

Conditions d'accès

Communication libre, selon les modalités en vigueur aux Archives nationales.

Conditions d'utilisation

Reproduction autorisée, selon les modalités en vigueur aux Archives nationales.

Langue des documents

Français

Sources complémentaires

Le fonds Duval d’Éprémesnil contient trois cartons (158AP/8-10) au sujet du procès en réhabilitation de Lally-Tolendal : Georges Duval de Leyrit, gouverneur de Pondichéry, s’y était en effet opposé.

Bibliographie

BODINEAU (Pierre), « Lally-Tollendal père et fils », dans Mémoires de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, 2005-2006, tome 141, p. 115-127.

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