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Fonds d'archives

Abbaye de Chelles (collection d’authentiques de reliques). AB/XIX/3971.

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Titre :
Abbaye de Chelles (collection d’authentiques de reliques). AB/XIX/3971.
Dates :
VIIe-XVe siècles
Niveau de description :
collection

Histoire administrative/notice biographique

Autour de l’oratoire bâti par la reine Clotilde, épouse de Clovis, roi des Francs, dans la villa royale de Chelles au début du VIIe siècle, sainte Bathilde (626-680), veuve de Clovis II, roi de Neustrie et de Bourgogne, fonde vers 658-659 un monastère de femmes où elle se retire à la fin de sa vie. L’établissement voit se succéder, aux époques mérovingienne et carolingienne, plusieurs abbesses appartenant à la famille royale, et en particulier Gisèle (757-vers 810), sœur de l’empereur Charlemagne, qui joue un rôle intellectuel et religieux majeur dans l’histoire du monastère. Aux XIe-XIIIe siècles, on procède à la reconstruction de l’église abbatiale et du cloître (aujourd’hui détruits), ainsi que des églises Saint-Georges et Sainte-Croix. Placé sous la protection des rois de France, l’établissement paraît jouir d’une relative prospérité et compte toujours environ quatre-vingts religieuses entre le XIIIe et le XVIe siècle. L’abbaye est dévastée pendant la guerre de Cent Ans et les moniales trouvent refuge à Paris. Dès la fin du XVe siècle, le monastère connaît un renouveau important et réforme à sa suite plusieurs abbayes de l’Île-de-France dans les premières décennies du XVIe siècle. Le logis est reconstruit sous l’abbatiat de Louise-Adélaïde d’Orléans (1698-1743), fille du Régent. En supprimant les ordres religieux réguliers, le décret du 13 février 1790 met fin à l’existence de l’abbaye de Chelles.

La plupart des bâtiments sont démolis après leur vente comme biens nationaux en 1796. Seuls subsistent quelques vestiges aujourd’hui intégrés dans l’hôtel de ville (bassin, éléments du cloître et de l’abbatiale) ou visibles à ses abords (églises Saint-Georges et Sainte-Croix). Les reliques de l’abbaye sauvées par des habitants de Chelles lors de la fermeture du monastère sont rassemblées, après la Révolution, dans la châsse dite de saint Florus conservée depuis lors dans l’église paroissiale Saint-André.

Historique de la conservation

Conservé à l’origine dans des reliquaires distincts, l’ensemble des reliques avec les authentiques a été rassemblé dans une châsse dite de Saint-Florus en 1792. Reconnues à plusieurs reprises au XIXe siècle, les reliques et les authentiques ont été redécouvertes en 1983 lors de l’ouverture de cette châsse par Monsieur Jean-Pierre Laporte. Il a alors été décidé conjointement par le maire de Chelles et l’évêque de Meaux de déposer cette collection aux Archives nationales. Une autre collection d’authentiques, plus récente, est encore conservée dans les reliquaires de l’église paroissiale de Chelles.

Modalités d'entrée

Dépôt, 1985.

Description

Une authentique est un morceau de parchemin ou de papier, de dimensions généralement réduites, qui est joint à une relique pour en indiquer la provenance. Elle est affixée à la relique et toutes les deux sont placées dans un reliquaire scellé. La collection ici décrite compte 177 pièces dont 139 antérieures à 800. Cette collection est remarquable par son importance qui la place devant celle de la cathédrale de Sens ou celle de la Sancta Sanctorum à Rome. Elle témoigne de la volonté de constituer un large trésor de reliques à Chelles aux périodes mérovingienne et carolingienne. La reine Batilde (+ 681), fondatrice de l’abbaye a peut-être pris le noyau originel de la collection dans le trésor royal ; et c’est sans doute sous l’abbatiat de Gisèle (+ 810), soeur de Charlemagne, que la collection fut considérablement enrichie. L’écriture caractéristique de trente de ces authentiques à permis de définir la spécificité paléographique du scriptorium de l’abbaye de Chelles qui utilisa une semi-cursive à la fin du VIIIe siècle.

Si certaines sont encore lisibles, d’autres ne le sont que difficilement. On a néanmoins fait le choix de reproduire la totalité de la collection.

Conditions d'accès

Images numérisées : communication libre, selon les modalités en vigueur aux Archives nationales.

Documents originaux : communication soumise à l’autorisation des ayants-droit.

Conditions d'utilisation

Reproduction soumise à l’autorisation des ayants-droit.

Langue des documents

Latin

Bibliographie

Atsma (Hartmut) et Vezin (Jean), « Authentiques de reliques provenant de l’ancien monastère Notre-Dame de Chelles (VIIe-VIIIe siècles) », in Chartæ latinæ antiquiores, t. XVIII (n° 669), Zurich, 1985, p. 84-108.

Bertrand (Paul), « Authentiques de reliques : authentiques ou reliques ? », Le Moyen Âge, t. CXII, 2006/2, p. 363-374.

Bischoff (Bernhard), « Die Kölner Nonnenhandschriften und das Skriptorium von Chelles », Karolingische und Ottonische Kunst : Werden, Wesen, Wirkung / [VI. Internationaler Kongress für Frühmittelalterforschung], Wiesbaden, 1957.

Galland (Bruno), Les authentiques de reliques du Sancta Sanctorum, Vatican, 2004, 170 p.

Galland (Bruno), « Vénérables étiquettes », Historia, février 2004.

Laporte (Jean-Pierre), Le trésor des saints de Chelles, Chelles, Société archéologique et historique de Chelles, 1988, 290 p.

McCormick (Michael), Origins of the European Economy : Communications and Commerce AD 300-900, Cambridge, 2001, 1069 p. (notamment p. 308-312 : « Collecting relics at Chelles »).

Ortego-Boldo (Sara), « Les authentiques de Chelles : enjeux de conservation et de restauration », in Le labo des archives, 9 février 2015, en ligne : http://labarchiv.hypotheses.org/212.

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